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Vivez (et revivez) un Oratorio de Noël d'exception!

Le 8 décembre 2019, Les Temperamens Variations donneront l'intégrale de l'Oratorio de Noël en un concert inédit à Paris.
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Paris

IR 2019 / IS 2019

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Tout l'Oratorio de Noël de Bach en un concert!

Six cantates pour Un oratorio...

Il s’agit d’une expérience unique à laquelle vous convie le chœur de chambre Les Temperamens Variations, le dimanche 8 décembre 2019: entendre tout le "Weihnachtsoratorium"  et  l'appréhender  dans sa globalité.

Composée de six cantates destinées aux six jours de fête du temps de Noël, cette œuvre a en effet été conçue comme un tout, au même titre que les Passions. Pourtant, des deux côtés du Rhin, jamais elle n’aura été chantée, sans coupures, en un seul concert*.

Avec la participation exceptionnelle du ténor allemand Jan Kobow comme évangéliste et l’éclairage de Gilles Cantagrel, auteur de nombreux ouvrages sur le Cantor de Leipzig, c'est pour Les Temperamens Variations, l’aboutissement de cinq années d'interprétation de l'œuvre. 

*… à une exception près, le 9 décembre 2017 à Wiesbaden, lors des adieux de Martin Lutz comme chef du Bach-Ensemble Wiesbaden qu’il avait fondé.  

 

Der Kammerchor « Les Temperamens Variations » lädt Sie am 8. Dezember 2019 zu einem einmaligen Ereignis ein : Das Weihnachtsoratorium als Ganzes zu hören. Bis auf eine Ausnahme wurde dieses für die 6 Festtage der Weihnachtszeit konzipierte Werk jedoch nie in seiner vollen Länge aufgeführt, weder in Deutschland noch in Frankreich. Unter Mitwirkung des bekannten deutschen Tenors Jan Kobow als Evangelist  und dem begleitendem Kommentar durch Gilles Cantagrel wird das Konzert die Krönung einer fünfjährigen Arbeit unseres Kammerchors an diesem Werk sein.

Participez avec nous à cette aventure inédite

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À projet exceptionnel, dispositif exceptionnel... 

L’exécution des six cantates requiert un effectif élargi  de 23 musiciens et 5 solistes, plus un surcroît de répétitions.

Et notre objectif, c'est de vous embarquer avec nous, fans de Bach! Pour ce concert unique, notre budget global s'élève à 23 000€ .  

Ensemble, visons 7500€ : votre participation nous permettra de réaliser ce projet dans les meilleures conditions et vous contribuerez en partie: 

  • aux cachets des interprètes à hauteur de  3000€
  • aux frais de répétitions choeur-orchestre supplémentaires à hauteur de 2500€
  • à la captation vidéo  du concert et la production d'un DVD à hauteur de 2000€

 

 

Für die Aufführung aller Kantaten benötigen wir 5 Solisten, sowie ein erweitertes Orchester mit 23 Musikern - und mehr Proben, denn unser Ziel ist es, unseren Bach-Fans das Beste zu bieten !

Das Budget beträgt 23000 €. Um für diese  Produktion die besten Bedingungen zu schaffen, brauchen wir 7500 €.

Partager la joie de l'Oratorio de Noël dans sa plénitude

Une date dans l'histoire de l'Oratorio de Noël !

En devenant mécène de notre "WO" 2019, votre nom sera  associé à un véritable événement dans l'histoire des concerts de l'Oratorio de Noël.

La production d'un DVD réservé aux seuls mécènes, en gardera la mémoire.

Le 8 décembre, nous pourrons  grâce à vous partager  la joie de l'Oratorio de Noël, cette fois-ci  dans toute sa plénitude... mais aussi vin chaud et pains d'épices offerts par l'église allemande à l'entracte! 

Alors d'avance ...  un grand merci!

 

 

Als Sponsor für unser WO 2019 wird Ihr Name in Verbindung mit einem Konzert erscheinen, das in der Geschichte der Aufführungen eine Sonderstellung hat. 

Eine DVD – in exklusiver Herstellung für unsere Sponsoren – wird davon zeugen.

 

Dank Ihrer Unterstützung werden wir die Freude des Weihnachtsoratoriums am 8. Dezember in ihrer ganzen Fülle miteinander teilen können … dazu verwöhnt uns die Christuskirche in der Pause mit Lebkuchen und Glühwein!

Mit herzlichem Dank für Ihre Mithilfe !

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La vie du projet

17 oct.

"Mon W.O. en V.O."

 

Le témoignage d'Emmanuelle, soprano.

 

Mon premier souvenir du W.O. ?


En clôture, la reprise du premier choeur Jauchzet, frohlocket en compagnie de nos fabuleux solistes intégrés dans notre ensemble et surtout, notre première timbalière au punch incroyable.
La chaleur du Ré majeur annonçant déjà le parfum des épices du vin chaud.

 

Meine erste Erinnerung an das W.O. ?
Als wir in der Zugabe gemeinsam mit unseren wunderbaren Solo-Sängern noch einmal das « Jauchzet, frohlocket, auf preiset die Tage» der ersten Kantate anstimmten, begleitet von unserer ersten Paukistin mit ihrem unnachahmlichen Schwung, schien der Klang der warmen D-Dur-Akkorde schon den würzigen Glühwein-Duft anzukündigen.

 

 

Mon choral préféré ?


Seid froh dieweil emprunt d'un recueillement touchant. Il annonce le caractère pastoral du début de la 4ème cantate.

 

Mein Lieblingschoral ?
Der andächtige Chor Seid froh dieweil berührt mich besonders, er leitet über zu dem pastoralen Beginn der vierten Kantate.

 

 

Si j'étais une aria du W.O. ?


Ce serait plutôt le duo soprano basse Herr, dein Mitleid de la 3ème cantate, précédé d'un irrésistible prélude au hautbois d'amour. Que de rondeur et d'euphonie dans cette pièce !

 

Wäre ich eine Arie des W.O. …
Das Duett für  Sopran und Bass "Herr, dein Mitleid, dein Erbarmen" in der dritten Kantate, dem das betörende Präludium der Oboe d’amore vorausgeht. Welch sanfter Wohlklang in diesem Stück !

 

 

Un souvenir de W.O. à l’église allemande ?


L'aria Flösst, mein Heiland interprété si joliment par Sara pour le solo, et par Florence, ma chère collègue soprane, pour l'écho. Un casting vraiment réussi.

 

Eine Erinnerung an das W.O. in der Christuskirche Paris ?
Die Arie "Flößt, mein Heiland, flößt dein Namen" ist mir in besonderer Erinnerung, so wie sie von Sara Magenta Schneyer als Solistin und meiner lieben Soprankollegin Florence als Echo gesungen wurde – das war eine wunderbare Besetzung für diese Arie !

 


Mon W.O. en trois mots ?


Énergie - douceur - lumière

 

Mein W.O. in drei Worten? 

Energie – Sanftheit - Licht
 

15 oct.

La petite histoire de l'Oratorio de Noël à Paris (2ème épisode)

Gabriel Marie… la soprane et le baryton !

 

                                                         Le chef (G. Marie), la soprano (B. de Montalant), le baryton (N. Auguez)

 

Trois cantates ...  

Près de cinq ans après le fameux concert de Vincent d’Indy, les trois premières parties de l’Oratorio de Noël (plus le premier chœur de la quatrième exécuté comme intermède entre la seconde et la troisième !) sont enfin offertes au public parisien sous les auspices de la Société des grandes auditions musicales*, toujours avec l’orchestre de la Société nationale de musique, cette fois-ci sous la baguette de Gabriel Marie**. Le concert a donc lieu le 22 janvier 1892 au Théâtre du Vaudeville***.

 

... et un duo... d'amour !

Le Ménestrel en rend compte sous la plume savoureuse de Julien Tiersot**** qui détaille dans un grand article l’élaboration de l’Oratorio de Noël, et insiste sur la parodie des airs profanes originels, comme le duetto pour alto et ténor de la cantate Hercules auf dem Scheidewege (Hercule à la croisée des chemins*****) BWV 213, devenu le duetto n°29 pour soprano et basse…

« qui commente l’adoration des bergers à la crèche :  "Ta clémence , ta sagesse me ramène et me conduit"***** ; mais quelles en étaient les premières paroles ? Les voici : "Je suis à toi ! – Tu es à moi ! – Embrasse-moi. – Je t’embrasse." Il est vrai que ces tendres épanchements entre un baryton et un soprano***** avaient lieu entre Hercule et la Vertu, ce qui est irréprochable. (…)

En tout cas, il est bien certain que jamais Bach n’a pu entendre exécuter les soli de ses oratorios par des virtuoses tels que (…) M. Auguez, toujours sûr, [et] Mlle de Montalant, avec sa voix étendue et richement timbrée (…). »

 

La suite de l’histoire ?

La soprane Berthe de Montalant et le baryton Numa Auguez se marient le 21 février 1893 à la mairie du 18ème arrondissement !

 

 

         Si leur liste de mariage est depuis bien longtemps clôturée, notre campagne de mécénat, elle, se poursuit...  

 

 

 

 

 

 

 

 

 


*Fondée en 1890 par la Comtesse Greffulhe, muse et mécène.
** Timbalier, puis chef de chœur des Concerts Lamoureux, Gabriel Marie (1852-1928) dirigea l’orchestre de la Société nationale de musique de 1887 à 1894, créant Shylock de Fauré, La Damoiselle élue de Debussy ou encore le Poème de l’amour et de la mer de Chausson.
***À l’angle du Bd des Capucines et de la rue de la Chaussée d’Antin. Devenu en 1927, après d’importants travaux, le cinéma Gaumont-Opéra.
**** Auteur de nombreux ouvrages remarquables parmi lesquels J.-S. Bach (1934), Julien Tiersot (1857-1936) fut aussi un pionnier de l’ethnomusicologie.
***** 1) "Hercule au carrefour" (sic) dans l’article du Ménestrel.
2) Traduction plus exacte: "Ta compassion, ta pitié nous consolent et nous libèrent." 3) Ténor et alto !


Source : Le Ménestrel  3175 – 58ème année N°5 – Dimanche 31 janvier 1892

 

En annexe, quelques souvenirs des solistes de 1892…

Professeur de chant au Conservatoire et à l’École Niedermeyer, le baryton Numa Auguez (1847-1903) fut le Héraut lors de la création parisienne de Lohengrin en 1887 (version de concert sous la direction de Charles Lamoureux).
Berthe Auguez de Montalant (1865-1937) était une berliozienne accomplie (Roméo et Juliette, L’Enfance du Christ, La Damnation de Faust). On peut l’entendre dans un extrait de Robert le Diable sur Youtube (enregistrement de 1908).
Quant au « jeune ténor »* nantais Léon David (1867-1962) « dont la voix a un timbre charmant dans le registre aigu »*, il monta justement à Paris en 1892 pour l’Oratorio de Noël. (Extrait du Barbier de Séville, en français bien sûr, sur Youtube, enregistrement de 1908).
Blanche Deschamps-Jehin (1857-1923), « admirable contralto»*, fut Brangäne lors de la création française de Tristan et Isolde en 1897. Sur Youtube, Mon cœur s’ouvre à ta voix (Samson et Dalila) en 1906 ; Ô mon fils (Le Prophète) en 1908.

* dixit Julien Tiersot dans Le Ménestrel

14 oct.

"Mon W.O. en V.O."

Le témoignage de Patrice et Mireille, fidèles auditeurs et passionnés de Bach ... 

Notre premier souvenir de W.O. ?

Novembre-décembre 1965, la Jeune chorale Jean-Sébastien Bach de Paris, ancêtre du futur Ensemble Bach de Paris, tout juste réunie dans la « Sacristie à mariages » de l’église Saint-Germain-des-Prés : Justus von Websky nous initie aux délices du Weihnachts-Oratorium, pour le chanter en concert à Saint-Gervais-Saint-Protais quelque temps plus tard.

Unser erstes WO ?
November 1965: mit dem Chor « Jeune Chorale Jean-Sébastien Bach de Paris » werden wir in der Sakristei der Kirche von Saint Germain-des Prés, wo die Trauungen stattfinden, von Justus von Websky in die Wonnen des Weihnachtsoratoriums eingeweiht, das wir dann etwas später in der Kirche von Saint Gervais-Saint-Protais im Konzert singen. Aus diesem Chor geht später das Pariser Bach-Ensemble hervor.

 

Notre choral préféré ?

Wie soll ich dich empfangen du premier jour. C’est une berceuse d’accueil pour un enfant « Dieu parmi les hommes ».

Unser Lieblingschoral ?
Wie soll ich Dich empfangen, aus der ersten Kantate. Es ist ein Wiegenlied für einen Neugeborenen 
«Gott unter den Menschen».

 

Notre chœur préféré ?

Ehre sei dir Gott du 5ème jour… Il représente la quintessence même du chœur plein de joie et de reconnaissance que Bach nous fait chanter dans nos vies tout au long de sa musique.

Unser Liebling unter den Eingangschören ?
Ehre sei Dir Gott aus der fünften Kantate : die Quintessenz des von Freude und Dankbarkeit erfüllten Chors, mit dem Bach unser ganzes Leben begleitet.

 

Si nous étions une aria du W.O. ?

Flößt, mein Heiland, cette extraordinaire aria pour soprano et soprano écho, deux voix liées par le hautbois, chacune des voix faisant exister l’autre. Elle est le symbole même du dialogue entre Dieu et l’Homme… Particulièrement émouvante quand on l’écoute chantée par la voix angélique, parce que vraiment pure, de Gundula Janowitz…

Wären wir eine Arie des Weihnachtsoratoriums, so wären wir …
Flößt, mein Heiland, diese außerordentliche Arie in der vierten Kantate für Sopran und Sopran-Echo, zwei Stimmen, einander gegenseitig bedingend und durch die Oboe miteinander verbunden – wahres Symbol für die Beziehung zwischen Gott und Mensch …  besonders ergreifend gesungen von Gundula Janowitz mit ihrer engelsgleichen, da wahrhaft reinen Stimme …


 

Un souvenir de W.O. à l’église allemande ?

Cette même aria chantée avec intensité et une émotion inouïe en décembre 2018 : exceptionnel dans toute sa simplicité.

Ein Weihnachtsoratorium in der Christuskirche ?
Eben diese Arie, wie sie im Dezember 2018 mit größter emotionaler Intensität aufgeführt wurde : einmalig in ihrer ganzen schlichten Schönheit.

 

Notre W.O. en un mot ?

C’est une « Renaissance »… Au sens de naissance sans cesse renouvelée de l’Humanité, comme on le chante tous les ans !

Unser Weihnachtsoratorium in einem Wort ?
Eine « Renaissance », eine « Wiedergeburt » im Sinne eines sich stets wieder erneuernden Menschseins, wie wir es jedes Jahr neu besingen.

 

12 oct.

"Mon W.O. en V.O."

Le témoignage de Maria, soprano... et Présidente des Temperamens Variations !

 

Mon premier souvenir de W.O. ?

Je l’avoue, avant le premier W.O. que nous avons donné en décembre 2014,  je ne connaissais pas l’Oratorio de Noël ! Quel choc : au premier roulement de timbales, ça y est, le chœur est en transe et n’attend qu’une chose : chanter !

 

Mon choral préféré ?

Le premier, parce que l’on entend très souvent sa mélodie chantée dans les églises, même catholiques !

 

Si j’étais une aria du W.O.?


Je ne me suis jamais prise pour une aria … mais celui d’alto de la première cantate me touche particulièrement pour son calme et sa confiance . L’entendre chantée par Tobias est à chaque fois un émerveillement. En le voyant de dos, on a l’impression que la musique lui traverse le corps.

 


Un souvenir de W.O. à l’église allemande ?


Avoir apposé la mention « complet » sur les affiches à l’entrée de l’église, trois jours avant le concert du 14 décembre 2014: une grande première pour un concert des Temperamens Variations !

 

Mon W.O. en un mot ?


MAGIQUE ! Dès les premières notes, la fatigue et le stress accumulés avec la billetterie, les contrats, les imprévus … s’envolent, et il ne reste que le plaisir de faire partager cette musique sublime hors du temps.

11 oct.

Vincent, Jean-Sébastien et Le Ruisseau...

... ou les prémices de l'Oratorio de Noël à Paris

 

                                                                                                       Vincent d'Indy (1851-1931)

 

 C’est le 2 avril 1887, dans l’ancienne salle Pleyel de la rue de Rochechouart, à côté de la manufacture, que furent donnés pour la toute première fois à Paris, des extraits de l’Oratorio de Noël, en français bien entendu: « Chœur Jour de triomphe, Air de basse Dieu vivant, Choral Ah ! cher enfant, Air de contralto Dors, mon bien-aimé, Chœur Jour de triomphe» indiquait le programme.

Vincent d’Indy  dirigeait ce concert de la Société nationale de musique.*  

 

Le Ménestrel en rend compte huit jours plus tard:

« Samedi, 2 avril, première audition par la Société, à la salle Pleyel, d’une œuvre qui n’avait jamais été jouée à Paris : d’importants fragments de l’ Oratorio de Noël  de Bach, traduits spécialement par M. Maurice Bouchor**. Cette sélection se composait du chœur d’introduction, grandiose et magnifique comme du Hændel, avec un style plus serré, une plus grande richesse de combinaisons ; du superbe air de basse avec trompette de la première partie ; d’un choral dont les pures harmonies vocales sont entrecoupées, de vers en vers, par des répliques de trois trompettes, du plus singulier et du plus beau caractère ; enfin d’une page exquise de forme et de sentiment, le chant de la Vierge berçant l’enfant Jésus : rien n’en égale la suavité, la pureté divine ; les longues ritournelles de l’orchestre, avec leur parti pris de sonorité de musette, ont un délicieux caractère archaïque et pastoral ; elles font tableau. Pour finir, on a repris la première partie du chœur d’introduction. L’exécution a été excellente et l’accueil enthousiaste (…).

Un couplage improbable en forme de clin d'œil... 

(...) Le grand Bach nous a fait un peu, pour une fois,  négliger les compositeurs français : bornons-nous à signaler, pour le même concert, (…) Le Ruisseau***, chœur pour voix de femmes, et l’Élégie pour violoncelle de M. Fauré, compositions bien connues du public ordinaire de la Société nationale et qui retrouvent toujours devant lui le franc succès auquel elles ont droit.»

 

À cette époque, l'Oratorio de Noël avait déjà besoin de mécènes...    

Dans son Rapport sur l’exercice 1886-1887 de la Société nationale de Musique, Vincent d’Indy écrit pour finir : « Et maintenant, chers Sociétaires, nous venons vous demander de nous aider à réaliser de nouveaux projets d’agrandissement ; nous avons l’intention de donner cette année plusieurs séances  avec chœur et petit orchestre, dans le genre de celle qui vous a fait connaître l’an dernier les fragments de la Cantate de Noël de Bach. Tout cela est malheureusement subordonné à l’état de notre budget [que] nous voudrions encore plus gigantesque afin de pouvoir mettre sans danger tous nos projets à exécution. Parlez donc autour de vous de votre Société, recrutez-lui de nouveaux adhérents, voilà ce que nous vous demandons, c’est ainsi que vous pourrez aider votre Comité qui ne peut rien sans vous… »

On ne saurait mieux dire !

                                                            Jadis comme aujourd’hui, les petits ruisseaux…

 

 

 

 

 

 

 


* Fondée en 1871 pour « réaffirmer la grandeur de la musique française face à la tradition germanique » (sic), la Société avait pour devise « Ars gallica ». La promotion de musique étrangère par César Franck et Vincent d’Indy provoqua en 1886 la démission de son fondateur Camille Saint-Saëns…
** Ami d’Ernest Chausson (secrétaire de la Société depuis 1883), le poète et auteur dramatique Maurice Bouchor (1855-1929) traduisit de nombreuses cantates de Bach en français.
*** Le Ruisseau, op. 22, pour Mezzo, chœur de femmes et piano, sur un poème anonyme (1881). Faut-il rappeler que Bach signifie ruisseau ?...

 

Sources :

Le Ménestrel, 2927- 53ème année N° 19- Dimanche 10 avril 1887
Vincent d’Indy et son temps,  Mardaga 2006
Écrits de Vincent d’Indy, Actes Sud/Palazzetto Bru Zane 2019

08 oct.

"Mon W.O. en V.O."

 

Le témoignage de Rudolf, basse.

Mon premier souvenir du W.O. ?


Décembre 2014 : la première fois que Les Tempéramens Variations ont donné le W.O. en concert. Je venais de rejoindre le chœur, je n’avais jamais chanté une seule partition de Bach. J’eus des frissons en entendant le son des timbales, ensuite les trompettes , les cordes reprenant le thème pour le Jauchzet Frohlocket. Je me trouvais au milieu des 6 chanteurs basses, et j’eus l’impression que nous chantions d’une seule voix.

 

Mon Choral préféré ?


En fait, c’est  plutôt un chœur préféré, celui qui ouvre la 4e cantate. Cette pastorale,  Fallt mit Danken, fallt mit Loben, ne me laisse jamais indifférent, tant pour la musique que pour le texte. Les basses commencent par la longue tenue sur le mot ‘Danken’, ‘reconnaissance‘, ensuite les ténors ont une longue tenue sur le mot ‘Loben’, ‘louanges’. Dans la deuxième partie, c’est au tour des sopranes, et ensuite aux alti. Une très belle mélodie au mouvement équilibré, qui avance comme une calligraphie, et les paroles nous assurent que le fils de Dieu viendra nous délivrer.

 

Si j’étais une aria du W.O. ?


Forcément Großer Herr de la première cantate, pour l’avoir travaillé non sans difficulté avec ma prof de chant, et de constater que les solistes l’interprètent toujours avec une déconcertante facilité. Aussi pour le jeu entre la trompette et la voix chantée. Et évidemment pour les paroles, saluant la venue au monde du fils de Dieu, dans une étable.

 

Un souvenir du W.O. à l’église allemande ?

 

Le jour où le soliste souffrant n’a pas pu chanter la veille du concert, et qu’il a été remplacé au pied levé par Sébastien Obrecht.

 

Mon W.O. en un mot ?


Réconfort, en ce sens que cette belle musique me réconforte, me réconcilie avec cette existence.

06 oct.

"Jauchzet, frohlocket !"

                                                              Manuscrit du Weihnachtsoratorium, premier chœur de la première cantate

 

Une entrée en fanfare !


Première des six cantates de l’Oratorio de Noël, Jauchzet,frohlocket, auf, preiset die Tage (Jubilez, exultez, louez ce jour) est le parfait exemple de la « parodie poétique ».
Sur une musique déjà existante, celle de la cantate profane BWV 214 Tönet, ihr Pauken ! Erschallet, Trompeten ! exécutée le 8 décembre 1733 pour l’anniversaire de la reine de Pologne, Bach a mis un an plus tard pour le jour de Noël, de nouvelles paroles, après avoir barré les anciennes comme on peut  voir sur le manuscrit.  Les instruments, eux, sont toujours là…

 

Alors, Résonnez, timbales, retentissez, trompettes !

 

C’est un concert exceptionnel à l’église allemande que préparent Thibault Lam Quang et Les Temperamens  Variations : l’intégrale de l’Oratorio de Noël en une seule soirée.

 

FAITES PARTIE DE L’AVENTURE EN DEVENANT MÉCÈNES !

 

Ein fulminanter Auftakt !

Die erste der sechs Kantaten des Weihnachtsoratoriums, Jauchzet, frohlocket, auf, preiset die Tage ! bildet das perfekte Beispiel einer Parodie : die profane Kantate BWV 214 Tönet, ihr Pauken ! Erschallet, Trompeten ! , die am 8. Dezember 1733 anlässlich des Geburtstags der Königin von Polen aufgeführt wurde, liefert im Jahr darauf die Musik für die Weihnachtskantate ; im Manuskript sind noch die durchgestrichenen Worte der ursprünglichen Kantate zu sehen – Neue Worte verbinden sich nun mit der Musik, die Instrumente sind die gleichen geblieben – also :  
Tönet, ihr Pauken ! Erschallet, Trompeten !

Zu diesem einmaligen Konzert laden Thibault Lam Quang und die Temperamens Variations in die Christuskirche ein : Das gesamte Weihnachtsoratorium an einem Abend.

 

Werden Sie Teil dieses Abenteuers als Sponsor !

 

05 oct.

"Mon W.O. en V.O."

 

Le témoignage de Pierre, ténor.

Mon premier souvenir de W.O. ?


Les premières notes de notre ensemble dans le premier choeur de la première cantate de notre tout premier WO : quel enthousiasme, quelle dynamique !

 

Mon choral préféré ?


Le dernier choral de la dernière cantate : ample, dynamique, et rayonnant... Quasi ensoleillé ! Même si on retrouvera le thème tout au long de la Passion selon saint Matthieu.

 

Si j’étais une aria du W.O ?


L'aria de ténor Ich will nun dir zu Ehren leben dans la quatrième cantate, ça "pulse", dans la joie et la confiance.

 

Un souvenir de WO à l’église allemande ?


Le même que ci-dessus : j'ai littéralement découvert le WO en le chantant à l'église allemande (une expérience tellement plus forte que l'audition d'un enregistrement, fût-il "de référence")

 

Mon WO en un mot ?


Jouissif ! (ou jubilatoire, au choix)

 

03 oct.

"Mon W.O. en V.O."

Le témoignage de Thierry, basse. 

 

Mon premier souvenir de W.O. ?


En entendant les trois premières notes données aux timbales, je me suis senti comme au théâtre : le rideau se lève et nous sommes immédiatement transportés ailleurs.

Mon choral préféré ?

Brich an, o schönes Morgenlicht (n°12). Il est très apaisé, plein de promesses et d'espoir comme le jour qui se lève.

Si j’étais une aria  du W.O. ?

Großer Herr (n°8), évidemment ! C'est une aria pour basse rayonnante, sans l'ombre d'une hésitation. Impossible de ne pas chanter avec le soliste.

Un souvenir du W.O. à l'église allemande ?

L'échange avec le public après le concert. Autour d'un vin chaud, nous retrouvons le plancher des vaches après avoir escaladé l'Everest de la musique. C'est grisant.

Mon W.O. en un mot ?

Épuisant ! Mais tellement généreux.

 

 

 

 

01 oct.

"Mon W.O. en V.O."

 le témoignage de Luc, ténor.

  

Pour les chanteurs des Temperamens Variations, "W.O." est le nom de code pour "Weihnachts-Oratorium"... Chaque semaine, découvrez les témoignages de ceux qui font notre Oratorio de Noël: chanteurs du chœur, solistes, instrumentistes, fidèles auditeurs et mécènes... 

Aujourd'hui, Luc, ténor !

Mon premier souvenir de W.O. ?

En 2014, et en 2015, j'ai eu la chance d'avoir le ténor soliste à côté de moi pour le bis, selon la tradition allemande, chaque soliste rejoint
son pupitre pour reprendre le premier chœur de la première cantate. Pour moi, ça a été comme monter dans une formule un avec le pilote,
maîtrise de la vitesse, précision des trajectoires, une grande concentration dans les virages et une grande fierté de franchir la ligne d'arrivée avec les félicitations de Jan Hübner !

Mon choral préféré ?

Je reste très attaché au tout premier choral de la première cantate : Wie soll ich dich empfangen. Pour moi, c'est Bach qui parle, il pose une question simple qui résonne encore aujourd’hui dans bien des domaines.

Si j’étais une aria du W.O. ?

L'air d'alto de la deuxième cantate : Schlafe, mein Liebster. C'est une voix intermédiaire qui le chante (entre terre et ciel), c'est  profondément humain et émouvant.

Un souvenir de W.O. à l’église allemande?

En temps normal, pour nous chanteurs des Temperamens Variations, l'église allemande est un lieu de concert. Pour le "W.O.",  c'est très différent par son ambiance festive et chaleureuse, j'ai l'impression de partager la musique et la joie bien plus encore à cette occasion.

Mon W.O en un mot ?

La joie !

https://www.commeon.com/fr/projet/vivez-et-revivez-un-oratorio-de-noel-d-exception#ORST

 

29 sep.

POURQUOI L’INTÉGRALE EN UN SEUL CONCERT ?

« L’ orchestre de l’Oratorio de Noël est plus complet que celui des Passions (…). À part les hautbois et les hautbois d’amour employés de façon permanente dans les six parties, les instruments à vent varient d’une partie à l’autre, quand les trompettes disparaissent, ce sont les cors qui apparaissent. Cette variété dans la composition de l’orchestre donne un caractère bien particulier à chaque partie, variant d’un caractère triomphant et éclatant, à un caractère gracieux ou plus recueilli. Il s’ensuit que l’exécution de l’Oratorio de Noël, en une seule séance, et avec des coupures opportunes, donne une grande impression d’unité et de variété, tout à la fois. » (p. 158-159)

Ainsi s’exprimait l’organiste Alexandre Cellier* dans son délicieux petit livre** dédié à Gustave Bret*** « en souvenir des heures de fidèle collaboration à la Société Bach ».

Gustave Bret et Alexandre Cellier furent en France les héritiers d’une tradition de l’Oratorio de Noël au concert, initiée en Allemagne avec l’exécution des deux premières parties à Breslau en 1844, des trois premières à Hambourg en novembre 1857 suivies des trois dernières en 1859. Le premier Oratorio de Noël « complet » fut donné à Berlin le 17 décembre 1857, sous la direction d’Eduard Grell, le successeur de Zelter à la Sing-Akademie.
Mais Grell était malheureusement persuadé qu’une exécution complète de l’Oratorio n’était pas réalisable et qu’elle ne trouverait pas de public, même en deux soirées… C’est pourquoi il fit des coupures dans neuf des douze arias, supprima les trois autres (les nos 4 et 31pour alto et le Terzetto no51) plus des récitatifs et des chorals, pour en fin de compte dénaturer l’œuvre et n’en faire qu’un « enfantillage », comme le dit férocement un critique de l’époque !
Car en coupant les fils conducteurs que sont la voix d’alto et les chorals de la Passion tout au long de l’Oratorio, on le prive de son sens profond, la venue du Christ et l’idée d’unité mystique, du berceau au tombeau…

La fâcheuse habitude des coupures  perdura cependant jusqu’aux années trente, même si l’on se cantonna de plus en plus aux trois premières cantates durant l’Avent. De nos jours, on y ajoute assez souvent la sixième qui mobilise le même instrumentarium.

Il faudra attendre décembre 2012 pour qu’un célèbre chef flamand, Philippe Herreweghe pour ne pas le nommer, offre à Toronto, Montréal, New York et Bruxelles, l’authentique intégrale de l’Oratorio de Noël, six journées groupées en une seule soirée, comme écrivait il y a quatre-vingt-dix-ans l’organiste de l’Étoile !

À nous de relever le défi !

 

 

https://www.commeon.com/fr/projet/vivez-et-revivez-un-oratorio-de-noel-d-exception#ORST

 

 

*Organiste du Temple de l’Étoile de 1910 à 1967 ( !), Alexandre Cellier fut aussi l’organiste attitré de la Société J.-S. Bach de 1912 à 1939.

** Les Passions et l’Oratorio de Noël de J. S. Bach, Paris 1929. On y trouve ce document rarissime, la photo du tombeau de Bach qui était dans la crypte de l’église Saint-Jean de Leipzig entre 1894 et 1943.

*** Avec le soutien d’Albert Schweitzer et de Gabriel Fauré, Gustave Bret (1875-1969) fonda en 1904 à Paris la Société J.-S. Bach qui donna de nombreux concerts jusqu’en 1939.

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