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Vivez (et revivez) un Oratorio de Noël d'exception!

Le 8 décembre 2019, Les Temperamens Variations donneront l'intégrale de l'Oratorio de Noël en un concert inédit à Paris.
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Paris

IR 2019 / IS 2019

Les dons donnent droit à une réduction fiscale

Tout l'Oratorio de Noël de Bach en un concert!

Six cantates pour Un oratorio...

Il s’agit d’une expérience unique à laquelle vous convie le chœur de chambre Les Temperamens Variations, le dimanche 8 décembre 2019: entendre tout le "Weihnachtsoratorium"  et  l'appréhender  dans sa globalité.

Composée de six cantates destinées aux six jours de fête du temps de Noël, cette œuvre a en effet été conçue comme un tout, au même titre que les Passions. Pourtant, des deux côtés du Rhin, jamais elle n’aura été chantée, sans coupures, en un seul concert*.

Avec la participation exceptionnelle du ténor allemand Jan Kobow comme évangéliste et l’éclairage de Gilles Cantagrel, auteur de nombreux ouvrages sur le Cantor de Leipzig, c'est pour Les Temperamens Variations, l’aboutissement de cinq années d'interprétation de l'œuvre. 

*… à une exception près, le 9 décembre 2017 à Wiesbaden, lors des adieux de Martin Lutz comme chef du Bach-Ensemble Wiesbaden qu’il avait fondé.  

 

Der Kammerchor « Les Temperamens Variations » lädt Sie am 8. Dezember 2019 zu einem einmaligen Ereignis ein : Das Weihnachtsoratorium als Ganzes zu hören. Bis auf eine Ausnahme wurde dieses für die 6 Festtage der Weihnachtszeit konzipierte Werk jedoch nie in seiner vollen Länge aufgeführt, weder in Deutschland noch in Frankreich. Unter Mitwirkung des bekannten deutschen Tenors Jan Kobow als Evangelist  und dem begleitendem Kommentar durch Gilles Cantagrel wird das Konzert die Krönung einer fünfjährigen Arbeit unseres Kammerchors an diesem Werk sein.

Participez avec nous à cette aventure inédite

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À projet exceptionnel, dispositif exceptionnel... 

L’exécution des six cantates requiert un effectif élargi  de 23 musiciens et 5 solistes, plus un surcroît de répétitions.

Et notre objectif, c'est de vous embarquer avec nous, fans de Bach! Pour ce concert unique, notre budget global s'élève à 23 000€ .  

Ensemble, visons 7500€ : votre participation nous permettra de réaliser ce projet dans les meilleures conditions et vous contribuerez en partie: 

  • aux cachets des interprètes à hauteur de  3000€
  • aux frais de répétitions choeur-orchestre supplémentaires à hauteur de 2500€
  • à la captation vidéo  du concert et la production d'un DVD à hauteur de 2000€

 

 

Für die Aufführung aller Kantaten benötigen wir 5 Solisten, sowie ein erweitertes Orchester mit 23 Musikern - und mehr Proben, denn unser Ziel ist es, unseren Bach-Fans das Beste zu bieten !

Das Budget beträgt 23000 €. Um für diese  Produktion die besten Bedingungen zu schaffen, brauchen wir 7500 €.

Partager la joie de l'Oratorio de Noël dans sa plénitude

Une date dans l'histoire de l'Oratorio de Noël !

En devenant mécène de notre "WO" 2019, votre nom sera  associé à un véritable événement dans l'histoire des concerts de l'Oratorio de Noël.

La production d'un DVD réservé aux seuls mécènes, en gardera la mémoire.

Le 8 décembre, nous pourrons  grâce à vous partager  la joie de l'Oratorio de Noël, cette fois-ci  dans toute sa plénitude... mais aussi vin chaud et pains d'épices offerts par l'église allemande à l'entracte! 

Alors d'avance ...  un grand merci!

 

 

Als Sponsor für unser WO 2019 wird Ihr Name in Verbindung mit einem Konzert erscheinen, das in der Geschichte der Aufführungen eine Sonderstellung hat. 

Eine DVD – in exklusiver Herstellung für unsere Sponsoren – wird davon zeugen.

 

Dank Ihrer Unterstützung werden wir die Freude des Weihnachtsoratoriums am 8. Dezember in ihrer ganzen Fülle miteinander teilen können … dazu verwöhnt uns die Christuskirche in der Pause mit Lebkuchen und Glühwein!

Mit herzlichem Dank für Ihre Mithilfe !

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... ET JE DÉCOUVRE MES CONTREPARTIES

  • Un grand merci !
  • Vous figurez en tant que mécène sur le programme du concert
  • Vous figurez en tant que mécène sur le DVD
  • Vous recevez un DVD par voie postale
  • Vous recevez un programme souvenir du concert
  • Vous êtes invités à la répétition générale le 7 décembre 2019 (épuisé)
  • Vous recevez deux DVD par voie postale
  • Vous recevez 4 DVD par voie postale
  • Vous recevez une invitation pour le concert du 8 décembre 2019 (épuisé)
  • Après le concert, vous rencontrerez le chef et les solistes autour du vin chaud traditionnel (épuisé)
  • Vous êtes invités à une répétition d'orchestre à l'issue de laquelle vous pourrez rencontrer le chef
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... ET JE DÉCOUVRE MES CONTREPARTIES

  • Un grand merci !
  • Vous êtes invités à la répétition générale le 7 décembre 2019 (épuisé)
  • Vous recevez 8 DVD par voie postale
  • Votre logo figure sur le programme
  • Après le concert, vous rencontrerez le chef et les solistes autour du vin chaud traditionnel (épuisé)
  • Votre logo figure sur le DVD
  • Vous recevez 2 invitations au concert
  • Vous recevez 15 DVD par voie postale
  • Vous êtes invités à une répétition d'orchestre à l'issue de laquelle vous pourrez rencontrer le chef
  • Vous recevez 4 invitations au concert
  • Vous recevez 25 DVD par voie postale

La vie du projet

16 nov.

Un immense MERCI à nos 87 mécènes!

Grâce à vous, toutes les conditions sont réunies pour que cet oratorio de noël tienne toutes ses promesseS!  

Notre programme de répétitions s'intensifie jusqu'au concert.  Nous vous en rendrons compte sur notre page Facebook. 

Nous espérons pouvoir vous rencontrer et vous remercier de vive voix le 8 décembre prochain. Notre intégrale de l'Oratorio de Noël  rencontre un vif intérêt.  Aussi nous vous invitons à réserver vos places sans tarder, par téléphone au 06 75 32 69 36  ou par internet weezevent.com/oratorio-de-noel-2019

 

À TRÈS BIENTÔT! 

      

 

10 nov.

Quand Bach dessinait des petits cœurs...

Que mon cœur avec ferveur...*

 

                                                                                                         * daß es mein [Herz] recht eifrig

 

 

Oui, c’est bien un petit cœur qu’a dessiné Bach, à la mesure 32 de l’aria de ténor N°41 dans la 4ème Cantate de l’Oratorio de Noël. Le troisième, après ceux de la mesure 19 du même morceau, et de la mesure 9 du Recitativo con Chorale N°38.

 

Tellement discrets qu’ils n’ont pas retenu l’attention des exégètes de Bach (à l’exception du Président de l’American Bach Society, Markus Rathey de l’Université de Yale), ces petits dessins qui remplacent bien sûr le mot Herz (cœur), méritent deux explications.
La première est simplement pragmatique : Bach a d’abord copié la musique (celle de l’aria est exactement la même que dans la cantate profane BWV 213 qui a servi de modèle), avant d’ajouter les paroles, parodie oblige…  Pas assez de place ! Il aurait pu se contenter de l’initiale H, mais non, et c’est la seconde explication, toute spirituelle : omniprésent  dans la littérature piétiste et l’iconographie du temps, le cœur symbolise la relation intime entre le croyant et Jésus, ce qu’expriment justement tous les mouvements de la 4ème partie de l’Oratorio.


Eh bien, le petit cœur de Bach, le voici en plus grand pour vous exprimer toute notre reconnaissance…

Avec un immense merci pour votre enthousiasme et votre générosité !

09 nov.

"Mon W.O. en V.O."

Le témoignage d'Élisabeth, alto.

 

Mon premier souvenir de W.O. ?


Le 6 décembre 1987 en l’église Saint-Martin de Fribourg-en-Brisgau: mon premier WO en terre germanique, en période de l’Avent, le traditionnel marché de Noël tranquillement déployé aux portes de cette église du centre historique et dans les ruelles adjacentes. Bien plus qu’un concert, un rendez-vous incontournable et une sensation unique : une atmosphère d’attente, de fête, de partage. Pour l’apprentie germaniste que j’étais alors, un inoubliable moment de « civilisation » et l’impression d’être conviée à une fête de famille…


Martinskirche, Freiburg im Breisgau, 6. 12. 1987: mein erstes WO auf deutschem Boden, in der Adventszeit, mit dem kleinen traditionellen Weihnachtsmarkt rings herum. Weit mehr als ein Konzert: ein richtiges Erlebnis! Ein fester Termin im Leben der Stadt, eine einzigartige, erwartungsvolle und festliche Stimmung – als wäre man wie selbstverständlich zu einem Familienfest eingeladen worden!

 

Mon choral préféré ?


Ceux dans lesquels les interventions du chœur et les ritournelles instrumentales se répondent, en particulier Ach mein herzliebes Jesulein, qui clôt la première cantate : la tranquille confiance des trompettes et timbales et l’impression d’être littéralement portés sur un coussin moelleux !


Diejenigen, in denen sich Chor und Orchester abwechseln. Darunter vor allem „Ach mein herzliebes Jesulein“ am Ende der 1. Kantate, wegen der Ruhe und der Zuversicht, die Trompeten und Pauken ausstrahlen. Man fühlt sich dabei wie auf einem sanften und festen Kissen getragen!

 

Si j’étais une aria ?


D’alto, évidemment ! J’ai toujours une émotion particulière à l’écoute de la partie d’alto de l’aria terzetto de la 5ème cantate : discrète mais imperturbable – c’est d’ailleurs elle qui finit par avoir le dernier mot !

Eine Arie für Altstimme natürlich! Ganz besonders mag ich den Alt-Part in der Aria Terzetto der 5. Kantate, der so diskret ist wie unerschütterlich – nicht von ungefähr beschliesst der Alt die Arie!

 

Un souvenir de W.O. à l’église allemande ?

Les concerts de 2015, après les attentats de novembre. Un moment de grâce après la peur et la stupeur, et la sensation d’être reconnecté à la terre et à la vie.


Die beiden Konzerte im Dezember 2015, ein paar Wochen nur nach den Terroranschlägen. Ein Moment der Gnade nach all der Angst und dem Schrecken; das Gefühl, wieder geerdet und am Leben zu sein.

 

Mon W.O. en un mot ?

Gratitude

Dankbarkeit

 

 

 

 

 

 

 

08 nov.

"Mon W.O. en V.O."

Le témoignage de Jacques, Fidèle parmi les fidèles.

Mon premier souvenir du W.O. ?

En 1991 avec l’Ensemble Bach de Justus von Websky, dans le pupitre Ténor.
J’ai découvert l’Oratorio de Noël en le chantant. Cantates IV, V, VI.
La cinquième a ma préférence. Je connais encore par cœur  Ehre sei dir, Gott, gesungen. Quel rythme!


Mon choral préféré ?

Difficile de choisir.
Tout de même, Ich steh an deiner Krippen hier  s’impose.
Une telle beauté, contenue…


Si j’étais une aria ?

Ich will nur dir zur Ehren leben.
Ce dialogue à brûle-pourpoint entre le ténor et le violon.


Un souvenir de W.O. à l’église allemande ?

La première fois que les Temperamens Variations l’ont donné.
L’ambiance si chaleureuse de l’église allemande en ce moment particulier…
Et la découverte de merveilleux solistes.


Mon W.O. en un mot ?

Une joie humble

05 nov.

Le regard de Thibault Lam Quang sur la musique de Bach et l'Oratorio de Noël

 

L'intégrale de l'Oratorio de Noël en un concert: comme un arc tendu... 

 

 

Thibault Lam Quang, fondateur et directeur musical des Temperamens Variations, nous dit comment le WO s'inscrit dans le parcours de son ensemble et partage sa vision de l'œuvre. 

 

Les Temperamens Variations et Bach, un lien privilégié, une rencontre au sommet ?


Bach a toujours été un point de repère dans le parcours des Temperamens Variations. Dès sa première saison, le chœur a fréquenté la musique de Heinrich Schütz, le « père de la musique allemande » et n’a cessé de le faire, car pour moi, il était important de savoir ce qui avait précédé J.S. Bach. La densité, la virtuosité, la poésie de la musique de Bach est, je le pense, la pierre angulaire de tout travail choral conséquent. Entre 2008 et 2015, le chœur a progressivement monté ses sept motets avec continuo et les a donnés en intégralité lors d’une série de concerts mémorables. Par ailleurs, Bach et sa musique ont beaucoup compté dans mon parcours musical. Lors de mes études à la faculté de musicologie de l’Université Paris-VIII, j’avais rédigé un document sur la vie et l’œuvre de Bach qui a été ensuite utilisé comme document de référence pour les nouveaux étudiants. Enfin, le chœur compte quelques membres du fameux Ensemble Bach de Paris fondé par Justus von Websky. La rencontre entre Les Temperamens Variations et Bach n’est donc pas fortuite.

 

Le WO à l'église allemande, comment est-ce arrivé, quelle en est la genèse ?


La Passion selon saint Jean devait être notre première œuvre de Bach avec orchestre et était programmée pour le printemps 2016. La rencontre avec l’attaché culturel de l’ambassade d’Allemagne en poste à Paris en 2014 en a décidé autrement car il cherchait un ensemble pour y lancer une tradition de Weihnachtsoratorium (Oratorio de Noël), projet sans doute courant outre-Rhin, mais très original dans la capitale française. C’est ainsi qu’en décembre 2014, nous inaugurions une série ininterrompue de représentations annuelles de ce chef-d’œuvre.

 

Pourquoi l'intégrale cette année ? Quelles sont vos motivations ?


Lors des quatre premières éditions de ce projet, nous avons donné trois des six cantates. En 2018, nous en donnions quatre. Les chanteurs du chœur, ainsi que certains des solistes et musiciens de l’orchestre, n’attendaient qu’une chose, donner les six au cours de la même édition. Bien entendu, je n’étais pas le dernier à y penser. Le Jubilé de l’Église protestante allemande de Paris-Christuskirche dont le « hotpoint » a été fixé le même week-end que la sixième édition du Weihnachtsoratorium, est une parfaite occasion de concrétiser ce projet exceptionnel et inédit à Paris. Nous réfléchissions encore au fait de donner les six cantates en un ou deux concerts, et c’est Gilles Cantagrel qui a tranché lors d’une discussion amicale en s’exclamant : « Il faut les donner en un seul concert ! ».

 

Est-ce que donner l'intégrale du WO en un seul concert modifie l'approche de l'œuvre et son interprétation ?


Donner l’intégrale d’un corpus d’œuvres, quand bien même elles n’ont pas été conçues pour être données au cours du même concert, est toujours instructif et formateur. Avec la musique de Bach, on est certain que cela a un sens. Un ami, le pianiste Laurent Cabasso, vient d’enregistrer les sept toccatas pour le clavecin, un autre, Jérôme Granjon en a fait de même pour les deux livres du Clavier bien tempéré (il donne régulièrement et avec succès l’intégralité de l’un ou l’autre en concert). Bach a cette capacité à se saisir d’un genre musical et à l’explorer dans ses multiples facettes sans rien perdre en intensité et diversité. C’est ensuite à ses interprètes de découvrir, goûter et classer les différentes « personnalités » de chacune des œuvres d’un corpus. Quand en mars 2015, nous avons donné les sept motets en un seul concert, cela m’a amené à distinguer davantage chacun d’entre eux pour ne pas créer de monotonie et pour trouver un ordre d’enchaînement logique en termes de contrastes et de cohérence. C’est ce que nous sommes en train de faire avec ces six cantates du WO, sauf que cette fois-ci, l’ordre est donné.

 

Quel est votre  travail spécifique avec le chœur ? Quelles sont les particularités des  Temperamens Variations  ?


Dans ce projet, il faut rendre sensible aux chanteurs du chœur la progression, la construction de ce long voyage de deux heures et demie afin qu’ils puissent incarner cela et le transmettre au public. Quand on sait que Bach utilise la même mélodie de choral pour le premier de la première cantate et le dernier de la sixième, on comprend qu’il y a là un arc tendu qu’il va falloir dessiner, remplir de manière sensible et mettre en perspective tout ce qui se passe entre ces deux points. Nous avons dans un premier temps travaillé chaque grand chœur pour lui-même, et l’ensemble des chorals en les classant par intensité progressive sur le plan des dynamiques. Tout doit maintenant être revu dans ce souci de mise en perspective. Évidemment, la fréquentation régulière de ces six cantates nous permet d’avoir, à moi et aux chanteurs du chœur, une connaissance de cette musique qui fait qu’inconsciemment, au moins, le travail du détail n’est jamais déconnecté de l’ensemble de l‘œuvre.
Après avoir chanté ces cantates du Weihnachtsoratorium, la Messe en si, la Passion selon saint Jean, les sept motets, mais également grâce à une régulière fréquentation de la musique de Heinrich Schütz, je pense que les chanteurs des Temperamens Variations possèdent une connaissance vraiment particulière de la musique de cet inépuisable génie qu’est Jean-Sébastien Bach.

 

Le WO en un mot ?

La Joie.

Pas au sens où l’on prend ce mot habituellement, mais dans son acception profonde en tant que résultante de la prise en compte des moments malheureux et heureux. Cette Joie dans laquelle la force de vie triomphe des éléments morbides de l’existence sans les ignorer et en passant par le sentiment de compassion.
Cette Joie qui est sans doute la principale signature de la musique de Bach.

05 nov.

"Mon W.O. en V.O."

  Le témoignage de Daniel, basse.                   

Mon premier souvenir de W.O. ?

Cela remonte à la première fois où le WO a été monté par Ph. Herreweghe et sa Chapelle Royale, les 15 & 16 novembre 1983 en l’église Saint-Germain-l’Auxerrois; les six cantates en deux soirs consécutifs, avec des solistes de rêve à l’époque : le tout jeune Sebastian Hennig en soprano, Paul Esswood en alto, Kurt Equiluz en évangéliste & ténor, Gregory Reinhardt en basse et Jan Willem Jansen à l’orgue. Deux soirées fantastiques dont la captation avait été retransmise sur France Musique en mars de l’année suivante. Ce soir-là, je n’avais qu’une seule cassette C90 disponible (certains se souviendront de ce que c’était) pour enregistrer le plus possible (imprévoyante jeunesse !) : il m’a fallu choisir en temps réel devant ma platine K7 ce que j’avais le temps de sauvegarder sur 90 min…. Néanmoins, cette cassette m’a longtemps accompagné dans mon « walkman ». Entre-temps, je m’étais procuré le beau coffret rouge des vinyles enregistrés par N. Harnoncourt avec quasiment les mêmes solistes ; on avait en prime une copie de l’intégralité de la partition. Merci M. Harnoncourt !  Et j’ai toujours en mémoire la stupeur ressentie en posant la tête de lecture de ma platine sur le disque de la 1ère cantate, à l’audition de ces impressionnants coups de timbales, et des tierces des flûtes de l’époque…

 

Mon choral préféré ?


Pour moi, un choral de Bach est un moment très particulier. N’étant pas « germanophone courant », il m’est difficile de rester proche de la signification exacte du texte de chaque choral : c’est la sublimation du texte par le langage musical de Bach qui me parle plus directement pour m’élever dans un monde meilleur. Je me souviens à ce propos d’un chef de chœur qui faisait systématiquement travailler les chorals en faisant chanter alternativement 3 voix pianissimo, et une seule des 4 voix au niveau habituel, afin que chaque chanteur s’habitue à profiter pleinement des autres lignes de chant.

 

Si j’étais une aria ?


L’air de ténor Ich will nur dir zu Ehren leben dans la 4ème cantate, pour la joie bondissante et communicative du duo de violons en canon. Il me fait vraiment penser aux concertos pour clavecin(s) plutôt qu’aux concertos pour violon(s) de Bach. Et le meilleur moment, c’est quand, arrivé à la fin, il y a le da capo qui nous ramène à cette introduction rebondissante…. A ce moment-là, je me dis toujours : « Chouette, ça recommence ! ».

 

Un souvenir de W.O. à l’église allemande ?


Lors de notre première production du WO à l’église allemande en 2014, ce concert pour lequel nous avions dû coller des bandeaux « complet » sur les affiches quelques jours avant, j’avais été impressionné par ce public si nombreux dans l’église, et surtout par les visages des spectateurs des tribunes qui se tenaient debout pour mieux voir. Cela me faisait penser à un tableau hollandais dans lequel un peintre méticuleux aurait si bien représenter, dans la pénombre, toute l’attente de ces regards tendus vers le lieu d’où allait jaillir la musique. C’était à la fois impressionnant et très émouvant.

 

Mon W.O. en un mot ?


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04 nov.

Notre premier objectif est atteint: un immense merci à nos 68 premiers mécènes !

Grâce à votre générosité, nous L'avons même dépassé ! 

 

Ensemble, visons un nouvel objectif... 

En faisant connaître notre projet autour de vous, vous pouvez nous aider à atteindre un deuxième palier à 8 800 euros: les dons supplémentaires nous pemettront de renforcer le dispositif son et vidéo de la captation du concert, afin d'en garder un souvenir fidèle pour tous nos mécènes.

 

Gilles Cantagrel présente les interprètes  

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Avec la complicité de Claude Nicol et l'Air de Rien Production pour la vidéo   

03 nov.

La petite histoire de l'Oratorio de Noël à Paris - 5ème épisode

 

Sur les traces de ... 

 

La Société J.-S. Bach (salle Gaveau) annonce pour le vendredi 26 novembre [1909], l’Oratorio de Noël avec une interprétation vocale réunissant les noms, justement célèbres en Allemagne, de Mlle Hamburger, Mlle Maria Philippi*, MM. Baldzum et Haas. L’orgue sera tenu par M. Albert Schweitzer. Orchestre et chœurs sous la direction de M. Gustave Bret.

 

On l’aura deviné, ce nouvel Oratorio de Noël, annoncé par Le Ménestrel, est tout à fait exceptionnel pour l’époque : il est en effet le fruit d’une collaboration franco-allemande… inaugurée cinq ans auparavant par deux fervents admirateurs de Bach, Albert Schweitzer et Gustave Bret.

 

À la fin de l’automne 1904, alors qu’il corrige les dernières épreuves de l’édition française de son Bach, le musicien-poète qui paraîtra en janvier 1905 avant la version allemande, l’Alsacien se lie d’amitié avec le Parisien. Celui-ci est en train de fonder une véritable Mission musicale : la Société Jean-Sébastien Bach, vouée à la connaissance et la diffusion de l’œuvre du Cantor à Paris.

 

Le comité de parrainage compte les grands noms du moment, Fauré, d’Indy, Dukas, Roussel, Widor, ou encore Alexandre Guilmant qui sera l’organiste attitré de la Société durant deux ans. Le premier concert de la Société Bach a donc lieu le 11 mars 1905, avec la grande Cantate BWV 75 Die Elenden sollen essen  (« Il faut que les pauvres aient à manger ») en 14 mouvements, et le Concerto pour clavecin en sol mineur BWV 1058 sous les doigts de Wanda Landowska.

Albert Schweitzer qui rédigeait déjà tous les programmes et notices, prendra le relais en mars 1907 pour 17 concerts. C’est le très dévoué Alexandre Cellier qui lui succédera en mai 1912 et restera fidèle au poste jusqu’à la fin…

La guerre de 14 interrompt les activités de la Société qui reprendront heureusement de plus belle dès 1919 à l’église réformée de l’Étoile, dotée d’un excellent Cavaillé-Coll dont le titulaire est justement Alexandre Cellier.

Les Concerts spirituels de l’Étoile auront toujours lieu le vendredi à 9 heures du soir, et à raison de 12 concerts par an, dont 6 pour chœur et orchestre, on ne comptera plus les auditions de cantates, Passions ou Messe en si.

 

L’Oratorio de Noël se fait plus rare…

On en recense en tout et pour tout cinq exécutions: les 10 février 1922, 19 décembre 1924 (seulement des extraits), 21 décembre 1928, 18 décembre 1931, 18 décembre 1936.

La très prochaine consultation des archives de l’Étoile nous donnera peut-être des réponses aux questions en suspens : programmes, parties exécutées, coupures, langue adoptée…
Les enregistrements des cantates et les éditions des Passions en français par la Société Bach nous font supposer que l’Oratorio de Noël n’échappait pas à la règle, du moins dans l’entre-deux-guerres. Mais le mystère reste entier, s’agissant du premier concert de 1909, les solistes étant tous allemands ou alémaniques…
Quant aux coupures, les conseils de Schweitzer à Bret sont sans ambiguïté: « Vous voyez que je coupe plus que vous, mais par grands morceaux. Le public se lasse plutôt des airs que  des chœurs et des chorals. »

 

La coupure définitive survient en 1940 quand Gustave Bret se retire à Fréjus où il sera l’organiste titulaire de la Cathédrale jusqu’à sa mort en 1969, à l’âge de 94 ans.  Pour sa part, Alexandre Cellier reste à la tribune du temple de l’Étoile qu’il quittera en 1967, après 57 ans de bons et loyaux services…

 

                                              … pour "la grandeur de Bach" à la seule gloire de Dieu !

 

 

 

 

 

 

 

 

* Mezzo bâloise (1875-1944), interprète renommée des Passions de Bach. Romain Rolland l’entendit dans la Matthäus-Passion, le 10 mars 1917 à la cathédrale de Bâle, « avec un renforcement d’orchestre, que J.-S. Bach n’avait pas prévu : la canonnade d’Alsace, comme basse continue. C’était très émouvant. » (lettre du 11 mars 1917 à Sofia Bertolini)

 

Sous la direction de Gustave Bret, quelques belles surprises…

Sur Youtube 
1) Le premier enregistrement de la Cantate des paysans BWV 212 (28 mars 1934)
Version abrégée chantée en français par la soprano Jeanne Guyla et le baryton Martial Singher (gendre de Fritz Busch et futur professeur attitré de …Thomas Hampson)
2) L’aria « Nimm mich dir zu eigen hin » de la cantate BWV 65 pour l’Épiphanie, enregistrée le 27 juin 1936 par… Georges Thill, en français bien sûr: « Prends mon cœur, il t’appartient, Tout entier, je suis à toi… »

 

 

 

 

 


   Sources :

Le Ménestrel 4104 – 75e Année - No 47, Samedi 20 novembre 1909

« Albert Schweitzer, un musicien à Paris »,
Conférence de Jean-Paul Sorg, président honoraire de l’Association Française des Amis d’Albert Schweitzer, vendredi 17 mai 2013, Mairie du 6ème Arr.

« Les Organistes français, interprètes et compositeurs, au concert à Paris de 1919 à 1939 », Alain Carteyrade, Bulletin No 12 / 2012 de l’Association Duruflé.

Plus une allusion à « La grandeur de Bach », le beau livre de Joël-Marie Fauquet et Antoine Hennion, Fayard 2000

02 nov.

"Mon W.O. en V.O."

Le témoignage de Carsten Krüger, basse. 

Formé à Brême auprès de Harry van der Kamp, Carsten qui chante la partie de basse solo, est régulièrement l'invité des Temperamens Variations à Paris. La musique baroque allemande est son répertoire de prédilection.  

 

Meine erste Erinnerung an das W.O. ?

Mein erstes WO sang ich im Schulchor. Es gab jede Menge Schülerinnen, die mitsangen, Jungs waren Mangelware, und wenn, dann sangen sie Bass. Da mein Lehrer aber meinte ich würde das mit der Höhe schon hinkriegen, war ich der einzige Schüler im Chortenor. Zum Glück kamen dann später noch ein paar Eltern und Lehrer dazu. Ich bin aber dankbar, dass ich die Rolle eintauschen konnte.


Mon premier souvenir du W.O. ?
J’ai chanté mon premier W.O. dans une chorale scolaire. Il y avait toute une foule de filles qui participaient. Les gars étaient une denrée rare, et ceux qui étaient là chantaient basse. Mais comme mon professeur pensait que j’arriverais à me débrouiller dans les aigus, j’étais le seul ténor. Par chance, quelques parents et professeurs sont venus plus tard en renfort. Je leur suis vraiment reconnaissant d’avoir pu changer de pupitre.

 


Mein Lieblingschoral ?

Musikalisch sind alle wunderbar. Da ist es schwer zu entscheiden. Mit ist inhaltlich aber der „Dein Glanz all Finsternis verzehrt“ sehr wertvoll geworden.


Mon choral préféré ?
Ils sont tous merveilleux musicalement. C’est dur de trancher. Mais pour ce qui est du contenu, "Dein Glanz all Finsternis verzehrt" m’est très cher.

 


Wenn ich eine WO-Arie wäre ?

... wäre es mir eine Freude, wenn es mir gelänge, andere Menschen im Gemüt zu berühren, ihnen Frieden für ihr Herz zu schenken.


Si j’étais une aria ?
Ce serait pour moi une joie si j’arrivais à toucher le cœur de mes semblables, à leur donner la paix.

 

Eine Erinnerung an das W.O. in der Christuskirche Paris ?


Der aufkommende Duft des „Vin chaud“ vor dem Schlusschoral.


Un souvenir de W.O. à l’église allemande ?
Le fumet du vin chaud qui monte avant le choral final.


 

Mein W.O. in einem Wort ?


Frieden


Mon W.O. en un mot ?
Paix

01 nov.

"Mon W.O. en V.O."

Les témoignages de Florence, soprano... et Philippe, basse.   

                                                                                                       Devant la Meije et le Glacier Claire

 

Mon premier souvenir de W.O. ?

Philippe : Je suis tombé dedans un dimanche soir de septembre 1976, dans la crypte de l’église d’Auteuil où répétait la « Chorale Justus von Websky, ensemble  de 140 Étudiants qui donn[ait] l’Audition intégrale des cantates de J.-S. Bach » comme l’indiquait le tract de recrutement. L’Oratorio de Noël était au répertoire depuis longtemps, tout le monde le savait par cœur, et moi je débarquais dans  Jauchzet, frohlocket. Les voix fusaient de tous les côtés, je regardais à droite, à gauche, je me cramponnais à la partition, j’étais complètement largué !  J’ai été pris à l’essai, je suis revenu le mardi suivant. Il y avait deux répétitions par semaine…

Florence : Quelques années plus tard, au temple de Pentemont, le nouveau lieu de répétition de l’Ensemble Bach de Paris, je découvre Justus… et  Philippe, toujours là !
Je me souviens du bonheur que notre Maître avait à diriger cette œuvre : les premières mesures aux timbales, le chœur  Ehre sei dir, Gott, gesungen – la joie à l’état pur,  ou encore les chorals où il obtenait de nous, son chœur de 80 étudiants amateurs, des nuances et un legato incroyables.

 

Mon choral préféré ?

Ph : Ich steh an deiner Krippen hier ! C’est le couronnement de mes deux « petits » chœurs préférés, Lasset uns nun gehen et Wir haben seinen Stern gesehen qui sont des marches contemplatives. Là aussi, il y a du mouvement, et ça remue… On est d’abord à genoux devant la crèche, on se relève tout doucement, et puis ça y est, on décolle, c’est l’extase, on se sent pousser des ailes, on est le ravi qui se prend pour les Rois mages… Pendant tout l’été 77, celui qui a suivi mes premiers WO,  j’ai fredonné ce choral dans les montées aux refuges, en songeant aux paroles Mon cœur, mon âme et mon courage, prends-les tous… Tout ce que l’on donne à la haute montagne… et à la grande musique !

Fl : Schaut hin dort liegt im finstern Stall : l’adoration des bergers émerveillés ; toute la douceur et le mystère de la nuit de Noël dans une mélodie et un texte tout simples.  


 

Si j’étais une aria ?

Ph : Großer Gott, forcément ! Le morceau de bravoure pour basse et trompette ! La noblesse avec du peps, c’est tout Bach !

Fl : Nur ein Wink von seinen Händen. Quel chic dans cet air où la soprano dialogue avec le hautbois d’amour, entre les ritournelles des cordes, avec ses motifs ascendants en doubles-croches qui conduisent au la aigu, piqué ! Un air plein de confiance, qui invite à la danse et nous met debout !          


 

Un souvenir du W.O. à l’église allemande ?

Ph : D’année en année, toujours le même : les retrouvailles avec nos solistes et instrumentistes préférés, et bien sûr les ancien(ne)s de l’Ensemble Bach, toujours fidèles au rendez-vous. Le vin chaud partagé après le concert, c’est une vraie fontaine de jouvence !

Fl : La première fois que nous avons entendu Sara lors de la répétition générale en  2015 dans le merveilleux récitatif, Fürchtet euch nicht : une voix claire,  puissante, rayonnante et enveloppante tout à la fois,  la voix de l’Ange !   


 

Mon  W.O. en un mot ?

Philippe : La ferveur !

Florence : L’Amour !!!


                                                                                                                       À Leipzig...  

31 oct.

Plus que 10 jours pour atteindre (et dépasser?) notre objectif...

Un grand merci à nos 60 premiers mécènes !

Grâce à vous,  grâce à eux, nous sommes tout près du but, tout près de pouvoir donner notre WO en intégrale le 8 décembre prochain  dans les meilleures conditions ! 

 

 Mais comme dans l'ascension d'un sommet, la dernière longueur  est sans doute la plus difficile à gravir.

 

Alors, chers mécènes, vous êtes nos meilleurs ambassadeurs pour inviter les fervents défenseurs de la grande musique à nous rejoindre !     

 

  

 

 

 

 

 

 

 

30 oct.

La petite histoire de l'Oratorio de Noël à Paris - 4ème épisode

1907: un millésime remarquable

                                                                                       Georges Marty (1860-1908), chef d’orchestre

Quatre dimanches de suite…

« Pour la séance d’inauguration de sa quatre-vingt-unième année d’existence, la Société des concerts du Conservatoire nous a fait entendre pour la première fois les trois premières parties de l’Oratorio de Noël, de Jean-Sébastien Bach (les trois autres formeront le programme du concert suivant). *»

C’est André Pirro, l’éminent spécialiste de Bach, qui dans Le Ménestrel du 7 décembre 1907, rend compte de l’événement : pour la toute première fois à Paris, l’Oratorio de Noël est exécuté en entier, certes en français dans la version toute récente de Paul Collin, mais sans coupures. Les 1er et 8 décembre 1907 pour les trois premières cantates, les 15 et 22 décembre pour les trois dernières ! 

Un sacré programme

« Les trois [premières] parties [nous ayant] été offertes durant deux heures pleines, il eût été impossible de nous faire entendre le tout en une seule séance.* » Voilà qui donne une idée des tempi… Faut-il encore préciser que le premier « concert avait commencé par la première symphonie de Beethoven* » et que le second « s’ouvrait par l’ouverture de Faust, de Wagner** » et « se terminait par la belle marche des trois saints rois du Christus de Liszt** » !…

… et une belle distribution !

Chez les solistes, nous retrouvons Berthe Auguez de Montalant, la « délicieuse soprano» de 1892. Mme Georges Marty, l’épouse du chef, chante « magistralement » la partie d’alto. Le ténor est un certain M. Bernard qui « à l’aide de vocalises, lutte de virtuosité avec les instruments** ». Jan Reder (1) fait son entrée dans « le choral (n°7), d’un caractère charmant et plein de douceur, [avant] l’air de basse : Seigneur grand (n°8), très nerveux, de grande allure, avec ses curieuses entrées de trompette.*»
Justement, « avec ses trilles stridents et ses "piccati" suraigus, la trompette prend un rôle extraordinaire dans le dernier choral n°64 [qui] a valu une véritable ovation à M. Lachanaud (5), dont la sûreté et la hardiesse sont vraiment prodigieuses**.»
Et les chœurs sont à la hauteur…  dès  « le chœur d’introduction, page monumentale et superbe, mais d’une extrême difficulté, surtout pour les soprani et les trompettes, écrits sur un diapason cruellement élevé.* »

« C’est à peine s’il me reste assez d’espace pour féliciter comme ils le méritent, M. Guilmant (2), qui était assis à l’orgue* », et « M. Marty (3), dont la direction est d’une sûreté absolue**. » conclut André Pirro (4).

 

De lointains prédécesseurs qui nous obligent…

Dans la dernière ligne droite, notre planning de rÉPÉtitions se resserre, pour que le dimanche 8 décembre 2019 soit tout aussi faste et festif !

 

 

* extraits du Ménestrel n° 4002 du samedi 7 décembre 1907.
** extraits du Ménestrel n° 4004 du samedi 21 décembre 1907.
(1) « Jan Reder est un chanteur excellent, le meilleur qu’on puisse entendre à Paris pour Beethoven et Schubert. » (lettre de Romain Rolland à Elsa Wolff, 29 février 1908)
(2) On ne présente pas le grand organiste Alexandre Guilmant (1837-1911), fondateur de la Schola Cantorum avec Vincent d’Indy, éditeur des Archives des Maîtres de l’Orgue avec André Pirro. Il est aussi l’éditeur de l’Oratorio de Noël, avec Paul Collin.
(3) Professeur de la classe d’ensemble vocal au Conservatoire de Paris dès 1892, Georges Marty dirigea l’orchestre de la Société des concerts du Conservatoire de 1901 à 1908. Il fut un grand serviteur de l’œuvre de Bach.
(4) Tout à fait remarquables pour l’époque, les deux très beaux livres d’André Pirro, Jean-Sébastien Bach (1906) et L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach (1907), sont consultables en ligne. Sur l’Oratorio de Noël, p. 188-193 dans le premier, et p. 338-345 dans le second.

 

(5) Pour  les amateurs de très vieilles cires…
Sur Youtube, The Wind Pioneers – France 1899-1927, se trouvent trois enregistrements (1899 et 1904) de Jean « Édouard » Lachanaud (Bordeaux 1854 – États-Unis après 1915, à vérifier), cornet à pistons de la Garde Républicaine et trompette solo de l’Opéra de Paris.

 

Et pour être complet:

Le Mercure musical du 15 novembre 1907 annonçait, sans plus d'informations, une audition de l'Oratorio de Noël avec la Société musicale de la Sorbonne (Paul de Saunières) pour ce même 22 décembre, un dimanche décidément faste...

29 oct.

"Mon W.O. en V.O."

Le témoignage d' Eva Maria Schieffer, traverso

Musicienne accomplie, Eva-Maria pratique avec bonheur tous les styles de musique et joue de toutes les flûtes... Depuis notre premier W.O. en 2014, elle est notre première flûte solo.    

 

Mon premier souvenir du W.O. ?

Le W.O. est l’œuvre qui m'accompagne le plus depuis mon enfance. J'avais dix ans environ quand j'ai chanté les trois premières cantates en soprano dans la chorale d'élèves, de parents et de professeurs de mon école. Deux ans plus tard, j'ai joué le deuxième violon en groupe, et encore deux ans plus tard le premier violon en groupe. Quelques années plus tard, j'ai joué la partie de la deuxième flûte avec une flûte traversière moderne. Depuis que je suis étudiante, je joue du traverso.

 


Mon choral préféré ?

Wie soll ich Dich empfangen. C'est le premier choral que j'ai chanté et il m'impressionne toujours par son humilité.

 


Si j'étais une aria du WO ?

Certainement Schlafe, mein Liebster qui parle de l'amour et de la paix.

 


Un souvenir du WO à l'église allemande ?

Le concert après le 13 novembre en 2015. Le WO est une œuvre d'espoir et nous avons tous senti une ambiance très spéciale dans ces temps sombres.

 


Mon WO en un mot ?

La joie !

27 oct.

La marche à l'étoile

"Nous avons vu son étoile au pays du levant... "

 

                                                                    5ème Cantate - N°45: Wir haben seinen Stern gesehen im Morgenlande... 

 

Nous vous entrouvrons les portes d'une séance de travail, il y a quelques semaines déjà...  

... avec l'aide et la complicité de Claude Nicol et L' Air de Rien Production

.

 

Un fugato très figuratif

Avec ses entrées successives des quatre voix, de la plus grave à la plus aiguë, ce chœur illustre la marche des Rois mages intrigués,  puis guidés par l'étoile, le regard tourné vers l'Infini.

 

À la recherche d'un idéal musical, répétition après répétition, nous allons nous aussi de l'avant,  car ...

 ..." pour réaliser le possible, il faut toujours tenter l'impossible" *

                                                                                                                                     (Hermann Hesse).        

 

 

 

*"Damit das Mögliche entsteht, muß immer wieder das Unmögliche versucht werden."

26 oct.

"Mon W.O. en V.O."

Le témoignage de Tobias Hechler, contre-ténor: la voix d'Alto

 

Fidèle depuis le début de l'aventure du W.O. à l'église allemande en 2014, Tobias incarne avec ferveur et tendresse, la voix d'Alto, fil rouge de l'Oratorio.  


Meine erste Erinnerung an das W.O. ?

Ich erinnere mich daran, dass meine Mama in der Weihnachtszeit im Wohnzimmer das Weihnachtsoratorium über die große Anlage laufen ließ. Schon als Vier - oder Fünfjähriger war ich vor allem von den Trompeten im Eingangschor fasziniert.

Mon premier souvenir du W.O. ?

Je me souviens que ma maman à Noël mettait le disque de l’Oratorio de Noël sur la chaîne hi-fi dans la salle de séjour. Déjà à quatre ou cinq ans, j’étais avant tout fasciné par les trompettes du chœur d’entrée.

 

Mein Lieblingschoral ?

Ganz klar: „Ich steh’ an deiner Krippen hier“. Dieser Choral löst in mir ein ganz besonderes Gefühl von Innigkeit und Intimität aus. Dieses Gefühl ist für mich der Inbegriff von Weihnachten.  

Mon choral préféré ?

C’est clair, "Ich steh’ an deiner Krippen hier". Ce choral déclenche en moi un sentiment tout à fait spécial d’intériorité et d’intimité. Ce sentiment est pour moi le sens de Noël.


 

Wenn ich eine W.O.-Arie wäre ?

„Frohe Hirten“ - Die Arie ist so positiv. Ich liebe den leichten Klang der Traversflöte und die perlenden Koloraturen.

Si j’étais une aria du W.O. ?

"Frohe Hirten". L’aria est tellement positive. J’aime la sonorité légère du traverso et les coloratures perlées.

 

Eine Erinnerung an das W.O. in der Christuskirche Paris ?

2014 habe ich beim ersten W.O. in der Christuskirche mitgewirkt. Es war mein zweites WO überhaupt und ich war schrecklich aufgeregt. Vor allem vor der „Schließe, mein Herze“ - Arie hatte ich einen riesigen Respekt, weil Hélène Schmitt das Geigensolo spielte und ich mich als Anfänger einer solch fantastischen Geigerin nicht würdig fühlte. Natürlich spürte sie meine Aufregung und sie lud mich daraufhin zum Essen ein, um mich zu beruhigen und um mir zu sagen, dass wir die Arie nur dann gut musizieren können, wenn wir uns aufeinander einlassen und wenn wir uns auf Augenhöhe gegenüberstehen. Diese Begegnung hat mir gezeigt, was es bedeutet miteinander Musik zu machen, nämlich, dass unterschiedliches technisches Können nicht ausschlaggebend für gutes Musizieren ist, sondern vielmehr das Gefühl des Miteinanders.
 

Un souvenir de W.O. à l’église allemande ?

J’ai participé en 2014 au premier W.O. à l’église allemande. C’était seulement mon deuxième W.O. et j’étais terriblement ému. J’étais très impressionné, avant tout par l’aria "Schließe, mein Herze", parce que c’est Hélène Schmitt qui jouait le violon solo, et qu’en tant que débutant, je ne me sentais pas digne d’une violoniste aussi fantastique. Elle sentait bien entendu mon émotion et elle m'a invité à déjeuner pour me rassurer, en me disant que nous ne pourrions bien jouer l’aria  qu’à condition de s’apprivoiser l'un l'autre en jouant les yeux dans les yeux. Cette rencontre m’a montré ce que veut dire faire de la musique ensemble: pour bien jouer ensemble, la différence de niveau technique importe moins que la sensation de complicité.


 

Mein W.O. in einem Wort ?

Wohltuend.

Mon W.O. en un mot ?
Bienfaisant.

 

25 oct.

"Mon W.O. en V.O."

Les témoignages de Philippe et Hervé (dit le Nantais), ténors ! 

 


Mon premier souvenir de W.O. ?

Philippe: En 2014, la première répétition avec instrumentistes et solistes, lorsque j'ai entendu notre évangéliste. Je ne parle pas allemand (je le chante) mais j'étais suspendu aux lèvres de l'évangéliste qui nous racontait une histoire ! C'est vrai qu'en tant qu'Allemand, il doit chanter ça depuis qu'il est petit, mais il y avait une énergie et une conviction communicatives.
Hervé : Un vieux vinyle de mon père sur le tourne-disque du salon.

 

Mon choral préféré ?

Ph : Seid froh dieweil, à la fin de la troisième cantate. C'est le seul choral en mineur de l'œuvre de Bach, alors qu'on annonce la naissance du Christ. Le passage "der Herr und Christ" est plein de majesté.
H : Le même ! Je ne sais pas bien pourquoi, peut-être simplement l’insistance du chef sur ses particularités…

 

Si j'étais une aria du W.O. ?

Ph : Großer Herr, le premier air de Basse. Il y a une énergie et un enthousiasme qui donnent envie de chanter avec le soliste. Qui plus est, la partie de trompette est virtuose et nous avons la chance d'avoir un trompettiste extraordinaire qui donne l'impression que c'est facile, quitte à rajouter quelques ornements !
H : Ich will nur dir zu Ehren leben, l’air de ténor dans la quatrième cantate.

 

Un souvenir de W.O. à l'église allemande ?

Ph : L’entrée en scène pour notre premier WO en 2014. Nous avions dû coller COMPLET sur nos affiches plusieurs jours avant le concert, et des chaises avaient été rajoutées dans l'allée centrale ! Il a fallu rentrer à la queue leu leu avec les instrumentistes.
H : Lorsqu’après un concert dans l’église pleine à craquer, l’évangéliste (Jan Hübner) est venu se joindre aux ténors pour le bis.

 

Mon W.O. en un mot ? 

Philippe : Jubilatoire !
Hervé : Frohlocket !

 

 

25 oct.

La petite histoire de l'Oratorio de Noël en France - 3ème épisode

Un petit saut en province … ou la Folle Soirée de Nantes !

 

 

                                                                                      Jascha Horenstein, chef d'orchestre 

 

 

Nous sommes le lundi 31 mars 1930 au Théâtre Graslin, la salle d’opéra de Nantes.

 

À l’affiche, l’Oratorio de Noël et le jeune chef allemand *(sic) Jascha Horenstein qui  dirige avec une précision inédite, mais parfois rigide dans les vocalises : des doubles-croches de fer, dit [le chef] de façon imagée. Tour à tour dévotieux ou fulgurants, éthérés ou triomphaux, les chœurs de la Schola** interprètent ce poème de la Joie dans la version française de Paul Collin***. Les  coupures habituelles inspirent au critique Paul Ladmirault**** un seul reproche qui est un compliment:

 

"Nous aurions voulu entendre l’Oratorio de Noël intégral. On nous donne bien à Graslin  du Meyerbeer  ou du Donizetti jusqu’à 1 heure du matin. On peut bien nous offrir du Bach jusqu’à minuit 45."

 

 

Nous allons donc  réaliser à Paris, 90 ans plus tard, le vœu du critique visionnaire.  Rejoignez-nous dès maintenant! 

 

 

Toutes les citations en italique ou entre guillemets sont extraites de la Chronique musicale de Paul Ladmirault « Au concert de la Schola : l’oratorio de Noël », dans L’Ouest-Éclair du 2 avril 1930.

 

 

* Né en Ukraine et de mère autrichienne, éminent brucknérien et mahlérien, Jascha Horenstein (1898-1973) fit aussi le premier enregistrement des Concertos brandebourgeois sur instruments anciens (1954).
** Créée en 1913 par Marguerite Le Meignen, la Schola Cantorum de Nantes reçut son appellation définitive l’année suivante, lorsque Vincent d’Indy, encore et toujours lui, vint la diriger dans la Passion selon saint Jean et l’affilia à la Schola Cantorum de Paris dont il était le fondateur.
*** Poète et librettiste, ami de Fauré, Franck et Massenet, Paul Collin (1843-1915) est l’auteur de l’adaptation française de l’Oratorio de Noël la plus courante. (Choudens, 1908 – réduction pour piano d’Alexandre Guilmant)
****Élève de Fauré, condisciple de Ravel, Koechlin et Florent Schmitt, le Nantais bretonnant Paul Ladmirault (1877-1944) fut un critique musical plein d’esprit et un compositeur aussi doué que discret.

 

Du côté des solistes de cet Oratorio de Noël de 1930…
La soprano était Jeanne Montjovet (1887-1955) qui rencontra Louis Vierne en 1910.  Après six ans de vie commune, elle l’abandonna. On peut l’entendre  sur Youtube dans Le Rideau de ma voisine,  poème de Musset, musique de Maxime Jacob, le futur bénédictin Dom Clément Jacob… (Enregistrement des années vingt).
« Contralto d’un joli timbre », l’Argentine Dolores de Silvera fit une courte carrière à l’Opéra Comique. Sur Youtube, Mon cœur s’ouvre à toi (Samson et Dalila) 1928.
Le ténor Henri Saint-Cricq (1901-1973) « dont la voix semble glisser sur la soie ou le velours », débuta à l’Opéra de Paris en 1932 dans un mémorable Lohengrin. Sur Youtube, nombreux extraits d’un double CD du label Malibran (enregistrements de 1928-1930), ou encore la Sérénade de Schubert (1931).

Le baryton-basse André Balbon (1902-1984) fut un pilier de l’Opéra Comique. Sur Youtube, de nombreux extraits, par exemple             J’ai des yeux  (Les Contes d’Hoffmann), où l’on peut apprécier sa truculence…

(Les citations de Paul Ladmirault sont entre guillemets.)

 

 

 

 

 

Sources :

L’Ouest-Éclair, édition de Nantes, 31e Année – 11200, Mercredi 2 avril 1930

Michelle Bourhis, La Schola Cantorum dans la vie symphonique à Nantes de 1913 à 1947.
Thèse soutenue à l’Université de Rouen Normandie le 20 décembre 2017

23 oct.

"Un projet extraordinaire, jamais réalisé en France" selon Gilles Cantagrel

 

Ancien directeur de France Musique, musicologue et grand spécialiste de Bach, Gilles Cantagrel soutient le projet avec enthousiasme: 

 

Vidéo réalisée par L'Air de Rien Production

 

Comme Gilles Cantagrel,

vous pouvez  vous aussi apporter votre pierre à l'édifice:

nous devons encore collecter 2000 EUR pour la pleine réussite de ce projet!  

 

Un grand merci! 

21 oct.

"Mon W.O. en V.O."

Le témoignage de Sara Magenta Schneyer, soprano: la voix de l'Ange !

Lauréate de la Bach-Stiftung au concours de chant de Berlin 2014, Sara a chanté pour la première fois à Paris en 2015 la partie de soprano soliste avec Les Temperamens Variations dont elle est depuis régulièrement l'invitée.

 

Meine erste Erinnerung an das W.O. ?


Mein erstes W.O. musizierte ich an einem heiligen Abend um 22 Uhr in der ältesten und kleinsten Kirche Berlins, Berlin-Marienfelde. Ich musste mich total zurücknehmen, um die Zuhörer in der ersten Reihe nicht total anzuschreien.

Mon premier souvenir du W.O. ?
J’ai chanté mon premier W.O. à dix heures du soir à la veillée de Noël dans la plus ancienne et petite église de Berlin, Marienfelde. Je devais vraiment me retenir pour ne pas crier sur les auditeurs du premier rang !

 

Mein Lieblingschoral ?

Wie soll ich dich empfangen. Auf jeder Ebene. So innig und reich.

Mon choral préféré ?
Wie soll ich dich empfangen. À tous les niveaux. Tellement riche et profond.

 

Wenn ich eine W.O.-Arie wäre ?


Großer Herr !!! Lange bevor ich das WO in Gänze kannte, war das meine absolute Lieblingsarie. Sie trägt eine wahnsinnige Mischung aus Euphorie und Kontrolle in sich.

Si j’étais une Aria du W.O. ?
Großer Herr !!! Bien avant que je ne connaisse le W.O. dans son intégralité, c’était sans conteste mon aria préférée. Elle porte en soi un mélange dingue de maîtrise et d’euphorie.

 

Eine Erinnerung an das W.O. in der Christuskirche Paris ?

Ich war bei meiner ersten Teilnahme in der Christuskirche sehr nervös. Immerhin war es ja nicht irgendwo, sondern Paris und dann auch noch mit so einem guten Ensemble! Das hat man sicher in der ersten Probe auch gemerkt, aber spätestens nach der ersten Soirée in 'La Rotonde', das mittlerweile unser Stammlokal geworden ist, fühlte ich mich so liebevoll willkommen, dass ich frei musizieren konnte.

Un souvenir de W.O. à l’église allemande ?
J’étais très nerveuse lors de ma première participation en 2015. Ce n’était tout de même pas n’importe où, mais à Paris, et en plus, avec un si bon ensemble ! On l’a sûrement remarqué à la première répétition, mais après la première soirée à « La Rotonde » [celle du métro Trinité...] qui est devenue depuis notre  cantine, je me suis sentie tellement bien accueillie que j'ai pu  chanter pleinement libérée.

 

Mein W.O. in einem Wort ?

Tradition.

Mon W.O. en un mot ?
Tradition.

17 oct.

"Mon W.O. en V.O."

 

Le témoignage d'Emmanuelle, soprano.

 

Mon premier souvenir du W.O. ?


En clôture, la reprise du premier choeur Jauchzet, frohlocket en compagnie de nos fabuleux solistes intégrés dans notre ensemble et surtout, notre première timbalière au punch incroyable.
La chaleur du Ré majeur annonçant déjà le parfum des épices du vin chaud.

 

Meine erste Erinnerung an das W.O. ?
Als wir in der Zugabe gemeinsam mit unseren wunderbaren Solo-Sängern noch einmal das « Jauchzet, frohlocket, auf preiset die Tage» der ersten Kantate anstimmten, begleitet von unserer ersten Paukistin mit ihrem unnachahmlichen Schwung, schien der Klang der warmen D-Dur-Akkorde schon den würzigen Glühwein-Duft anzukündigen.

 

 

Mon choral préféré ?


Seid froh dieweil emprunt d'un recueillement touchant. Il annonce le caractère pastoral du début de la 4ème cantate.

 

Mein Lieblingschoral ?
Der andächtige Chor Seid froh dieweil berührt mich besonders, er leitet über zu dem pastoralen Beginn der vierten Kantate.

 

 

Si j'étais une aria du W.O. ?


Ce serait plutôt le duo soprano basse Herr, dein Mitleid de la 3ème cantate, précédé d'un irrésistible prélude au hautbois d'amour. Que de rondeur et d'euphonie dans cette pièce !

 

Wäre ich eine Arie des W.O. …
Das Duett für  Sopran und Bass "Herr, dein Mitleid, dein Erbarmen" in der dritten Kantate, dem das betörende Präludium der Oboe d’amore vorausgeht. Welch sanfter Wohlklang in diesem Stück !

 

 

Un souvenir de W.O. à l’église allemande ?


L'aria Flösst, mein Heiland interprété si joliment par Sara pour le solo, et par Florence, ma chère collègue soprane, pour l'écho. Un casting vraiment réussi.

 

Eine Erinnerung an das W.O. in der Christuskirche Paris ?
Die Arie "Flößt, mein Heiland, flößt dein Namen" ist mir in besonderer Erinnerung, so wie sie von Sara Magenta Schneyer als Solistin und meiner lieben Soprankollegin Florence als Echo gesungen wurde – das war eine wunderbare Besetzung für diese Arie !

 


Mon W.O. en trois mots ?


Énergie - douceur - lumière

 

Mein W.O. in drei Worten? 

Energie – Sanftheit - Licht
 

15 oct.

La petite histoire de l'Oratorio de Noël à Paris (2ème épisode)

Gabriel Marie… la soprane et le baryton !

 

                                                         Le chef (G. Marie), la soprano (B. de Montalant), le baryton (N. Auguez)

 

Trois cantates ...  

Près de cinq ans après le fameux concert de Vincent d’Indy, les trois premières parties de l’Oratorio de Noël (plus le premier chœur de la quatrième exécuté comme intermède entre la seconde et la troisième !) sont enfin offertes au public parisien sous les auspices de la Société des grandes auditions musicales*, toujours avec l’orchestre de la Société nationale de musique, cette fois-ci sous la baguette de Gabriel Marie**. Le concert a donc lieu le 22 janvier 1892 au Théâtre du Vaudeville***.

 

... et un duo... d'amour !

Le Ménestrel en rend compte sous la plume savoureuse de Julien Tiersot**** qui détaille dans un grand article l’élaboration de l’Oratorio de Noël, et insiste sur la parodie des airs profanes originels, comme le duetto pour alto et ténor de la cantate Hercules auf dem Scheidewege (Hercule à la croisée des chemins*****) BWV 213, devenu le duetto n°29 pour soprano et basse…

« qui commente l’adoration des bergers à la crèche :  "Ta clémence , ta sagesse me ramène et me conduit"***** ; mais quelles en étaient les premières paroles ? Les voici : "Je suis à toi ! – Tu es à moi ! – Embrasse-moi. – Je t’embrasse." Il est vrai que ces tendres épanchements entre un baryton et un soprano***** avaient lieu entre Hercule et la Vertu, ce qui est irréprochable. (…)

En tout cas, il est bien certain que jamais Bach n’a pu entendre exécuter les soli de ses oratorios par des virtuoses tels que (…) M. Auguez, toujours sûr, [et] Mlle de Montalant, avec sa voix étendue et richement timbrée (…). »

 

La suite de l’histoire ?

La soprane Berthe de Montalant et le baryton Numa Auguez se marient le 21 février 1893 à la mairie du 18ème arrondissement !

 

 

         Si leur liste de mariage est depuis bien longtemps clôturée, notre campagne de mécénat, elle, se poursuit...  

 

 

 

 

 

 

 

 

 


*Fondée en 1890 par la Comtesse Greffulhe, muse et mécène.
** Timbalier, puis chef de chœur des Concerts Lamoureux, Gabriel Marie (1852-1928) dirigea l’orchestre de la Société nationale de musique de 1887 à 1894, créant Shylock de Fauré, La Damoiselle élue de Debussy ou encore le Poème de l’amour et de la mer de Chausson.
***À l’angle du Bd des Capucines et de la rue de la Chaussée d’Antin. Devenu en 1927, après d’importants travaux, le cinéma Gaumont-Opéra.
**** Auteur de nombreux ouvrages remarquables parmi lesquels J.-S. Bach (1934), Julien Tiersot (1857-1936) fut aussi un pionnier de l’ethnomusicologie.
***** 1) "Hercule au carrefour" (sic) dans l’article du Ménestrel.
2) Traduction plus exacte: "Ta compassion, ta pitié nous consolent et nous libèrent." 3) Ténor et alto !


Source : Le Ménestrel  3175 – 58ème année N°5 – Dimanche 31 janvier 1892

 

En annexe, quelques souvenirs des solistes de 1892…

Professeur de chant au Conservatoire et à l’École Niedermeyer, le baryton Numa Auguez (1847-1903) fut le Héraut lors de la création parisienne de Lohengrin en 1887 (version de concert sous la direction de Charles Lamoureux).
Berthe Auguez de Montalant (1865-1937) était une berliozienne accomplie (Roméo et Juliette, L’Enfance du Christ, La Damnation de Faust). On peut l’entendre dans un extrait de Robert le Diable sur Youtube (enregistrement de 1908).
Quant au « jeune ténor »* nantais Léon David (1867-1962) « dont la voix a un timbre charmant dans le registre aigu »*, il monta justement à Paris en 1892 pour l’Oratorio de Noël. (Extrait du Barbier de Séville, en français bien sûr, sur Youtube, enregistrement de 1908).
Blanche Deschamps-Jehin (1857-1923), « admirable contralto»*, fut Brangäne lors de la création française de Tristan et Isolde en 1897. Sur Youtube, Mon cœur s’ouvre à ta voix (Samson et Dalila) en 1906 ; Ô mon fils (Le Prophète) en 1908.

* dixit Julien Tiersot dans Le Ménestrel

14 oct.

"Mon W.O. en V.O."

Le témoignage de Patrice et Mireille, fidèles auditeurs et passionnés de Bach ... 

Notre premier souvenir de W.O. ?

Novembre-décembre 1965, la Jeune chorale Jean-Sébastien Bach de Paris, ancêtre du futur Ensemble Bach de Paris, tout juste réunie dans la « Sacristie à mariages » de l’église Saint-Germain-des-Prés : Justus von Websky nous initie aux délices du Weihnachts-Oratorium, pour le chanter en concert à Saint-Gervais-Saint-Protais quelque temps plus tard.

Unser erstes WO ?
November 1965: mit dem Chor « Jeune Chorale Jean-Sébastien Bach de Paris » werden wir in der Sakristei der Kirche von Saint Germain-des Prés, wo die Trauungen stattfinden, von Justus von Websky in die Wonnen des Weihnachtsoratoriums eingeweiht, das wir dann etwas später in der Kirche von Saint Gervais-Saint-Protais im Konzert singen. Aus diesem Chor geht später das Pariser Bach-Ensemble hervor.

 

Notre choral préféré ?

Wie soll ich dich empfangen du premier jour. C’est une berceuse d’accueil pour un enfant « Dieu parmi les hommes ».

Unser Lieblingschoral ?
Wie soll ich Dich empfangen, aus der ersten Kantate. Es ist ein Wiegenlied für einen Neugeborenen 
«Gott unter den Menschen».

 

Notre chœur préféré ?

Ehre sei dir Gott du 5ème jour… Il représente la quintessence même du chœur plein de joie et de reconnaissance que Bach nous fait chanter dans nos vies tout au long de sa musique.

Unser Liebling unter den Eingangschören ?
Ehre sei Dir Gott aus der fünften Kantate : die Quintessenz des von Freude und Dankbarkeit erfüllten Chors, mit dem Bach unser ganzes Leben begleitet.

 

Si nous étions une aria du W.O. ?

Flößt, mein Heiland, cette extraordinaire aria pour soprano et soprano écho, deux voix liées par le hautbois, chacune des voix faisant exister l’autre. Elle est le symbole même du dialogue entre Dieu et l’Homme… Particulièrement émouvante quand on l’écoute chantée par la voix angélique, parce que vraiment pure, de Gundula Janowitz…

Wären wir eine Arie des Weihnachtsoratoriums, so wären wir …
Flößt, mein Heiland, diese außerordentliche Arie in der vierten Kantate für Sopran und Sopran-Echo, zwei Stimmen, einander gegenseitig bedingend und durch die Oboe miteinander verbunden – wahres Symbol für die Beziehung zwischen Gott und Mensch …  besonders ergreifend gesungen von Gundula Janowitz mit ihrer engelsgleichen, da wahrhaft reinen Stimme …


 

Un souvenir de W.O. à l’église allemande ?

Cette même aria chantée avec intensité et une émotion inouïe en décembre 2018 : exceptionnel dans toute sa simplicité.

Ein Weihnachtsoratorium in der Christuskirche ?
Eben diese Arie, wie sie im Dezember 2018 mit größter emotionaler Intensität aufgeführt wurde : einmalig in ihrer ganzen schlichten Schönheit.

 

Notre W.O. en un mot ?

C’est une « Renaissance »… Au sens de naissance sans cesse renouvelée de l’Humanité, comme on le chante tous les ans !

Unser Weihnachtsoratorium in einem Wort ?
Eine « Renaissance », eine « Wiedergeburt » im Sinne eines sich stets wieder erneuernden Menschseins, wie wir es jedes Jahr neu besingen.

 

12 oct.

"Mon W.O. en V.O."

Le témoignage de Maria, soprano... et Présidente des Temperamens Variations !

 

Mon premier souvenir de W.O. ?

Je l’avoue, avant le premier W.O. que nous avons donné en décembre 2014,  je ne connaissais pas l’Oratorio de Noël ! Quel choc : au premier roulement de timbales, ça y est, le chœur est en transe et n’attend qu’une chose : chanter !

 

Mon choral préféré ?

Le premier, parce que l’on entend très souvent sa mélodie chantée dans les églises, même catholiques !

 

Si j’étais une aria du W.O.?


Je ne me suis jamais prise pour une aria … mais celui d’alto de la première cantate me touche particulièrement pour son calme et sa confiance . L’entendre chantée par Tobias est à chaque fois un émerveillement. En le voyant de dos, on a l’impression que la musique lui traverse le corps.

 


Un souvenir de W.O. à l’église allemande ?


Avoir apposé la mention « complet » sur les affiches à l’entrée de l’église, trois jours avant le concert du 14 décembre 2014: une grande première pour un concert des Temperamens Variations !

 

Mon W.O. en un mot ?


MAGIQUE ! Dès les premières notes, la fatigue et le stress accumulés avec la billetterie, les contrats, les imprévus … s’envolent, et il ne reste que le plaisir de faire partager cette musique sublime hors du temps.

11 oct.

Vincent, Jean-Sébastien et Le Ruisseau...

... ou les prémices de l'Oratorio de Noël à Paris

 

                                                                                                       Vincent d'Indy (1851-1931)

 

 C’est le 2 avril 1887, dans l’ancienne salle Pleyel de la rue de Rochechouart, à côté de la manufacture, que furent donnés pour la toute première fois à Paris, des extraits de l’Oratorio de Noël, en français bien entendu: « Chœur Jour de triomphe, Air de basse Dieu vivant, Choral Ah ! cher enfant, Air de contralto Dors, mon bien-aimé, Chœur Jour de triomphe» indiquait le programme.

Vincent d’Indy  dirigeait ce concert de la Société nationale de musique.*  

 

Le Ménestrel en rend compte huit jours plus tard:

« Samedi, 2 avril, première audition par la Société, à la salle Pleyel, d’une œuvre qui n’avait jamais été jouée à Paris : d’importants fragments de l’ Oratorio de Noël  de Bach, traduits spécialement par M. Maurice Bouchor**. Cette sélection se composait du chœur d’introduction, grandiose et magnifique comme du Hændel, avec un style plus serré, une plus grande richesse de combinaisons ; du superbe air de basse avec trompette de la première partie ; d’un choral dont les pures harmonies vocales sont entrecoupées, de vers en vers, par des répliques de trois trompettes, du plus singulier et du plus beau caractère ; enfin d’une page exquise de forme et de sentiment, le chant de la Vierge berçant l’enfant Jésus : rien n’en égale la suavité, la pureté divine ; les longues ritournelles de l’orchestre, avec leur parti pris de sonorité de musette, ont un délicieux caractère archaïque et pastoral ; elles font tableau. Pour finir, on a repris la première partie du chœur d’introduction. L’exécution a été excellente et l’accueil enthousiaste (…).

Un couplage improbable en forme de clin d'œil... 

(...) Le grand Bach nous a fait un peu, pour une fois,  négliger les compositeurs français : bornons-nous à signaler, pour le même concert, (…) Le Ruisseau***, chœur pour voix de femmes, et l’Élégie pour violoncelle de M. Fauré, compositions bien connues du public ordinaire de la Société nationale et qui retrouvent toujours devant lui le franc succès auquel elles ont droit.»

 

À cette époque, l'Oratorio de Noël avait déjà besoin de mécènes...    

Dans son Rapport sur l’exercice 1886-1887 de la Société nationale de Musique, Vincent d’Indy écrit pour finir : « Et maintenant, chers Sociétaires, nous venons vous demander de nous aider à réaliser de nouveaux projets d’agrandissement ; nous avons l’intention de donner cette année plusieurs séances  avec chœur et petit orchestre, dans le genre de celle qui vous a fait connaître l’an dernier les fragments de la Cantate de Noël de Bach. Tout cela est malheureusement subordonné à l’état de notre budget [que] nous voudrions encore plus gigantesque afin de pouvoir mettre sans danger tous nos projets à exécution. Parlez donc autour de vous de votre Société, recrutez-lui de nouveaux adhérents, voilà ce que nous vous demandons, c’est ainsi que vous pourrez aider votre Comité qui ne peut rien sans vous… »

On ne saurait mieux dire !

                                                            Jadis comme aujourd’hui, les petits ruisseaux…

 

 

 

 

 

 

 


* Fondée en 1871 pour « réaffirmer la grandeur de la musique française face à la tradition germanique » (sic), la Société avait pour devise « Ars gallica ». La promotion de musique étrangère par César Franck et Vincent d’Indy provoqua en 1886 la démission de son fondateur Camille Saint-Saëns…
** Ami d’Ernest Chausson (secrétaire de la Société depuis 1883), le poète et auteur dramatique Maurice Bouchor (1855-1929) traduisit de nombreuses cantates de Bach en français.
*** Le Ruisseau, op. 22, pour Mezzo, chœur de femmes et piano, sur un poème anonyme (1881). Faut-il rappeler que Bach signifie ruisseau ?...

 

Sources :

Le Ménestrel, 2927- 53ème année N° 19- Dimanche 10 avril 1887
Vincent d’Indy et son temps,  Mardaga 2006
Écrits de Vincent d’Indy, Actes Sud/Palazzetto Bru Zane 2019

08 oct.

"Mon W.O. en V.O."

 

Le témoignage de Rudolf, basse.

Mon premier souvenir du W.O. ?


Décembre 2014 : la première fois que Les Tempéramens Variations ont donné le W.O. en concert. Je venais de rejoindre le chœur, je n’avais jamais chanté une seule partition de Bach. J’eus des frissons en entendant le son des timbales, ensuite les trompettes , les cordes reprenant le thème pour le Jauchzet Frohlocket. Je me trouvais au milieu des 6 chanteurs basses, et j’eus l’impression que nous chantions d’une seule voix.

 

Mon Choral préféré ?


En fait, c’est  plutôt un chœur préféré, celui qui ouvre la 4e cantate. Cette pastorale,  Fallt mit Danken, fallt mit Loben, ne me laisse jamais indifférent, tant pour la musique que pour le texte. Les basses commencent par la longue tenue sur le mot ‘Danken’, ‘reconnaissance‘, ensuite les ténors ont une longue tenue sur le mot ‘Loben’, ‘louanges’. Dans la deuxième partie, c’est au tour des sopranes, et ensuite aux alti. Une très belle mélodie au mouvement équilibré, qui avance comme une calligraphie, et les paroles nous assurent que le fils de Dieu viendra nous délivrer.

 

Si j’étais une aria du W.O. ?


Forcément Großer Herr de la première cantate, pour l’avoir travaillé non sans difficulté avec ma prof de chant, et de constater que les solistes l’interprètent toujours avec une déconcertante facilité. Aussi pour le jeu entre la trompette et la voix chantée. Et évidemment pour les paroles, saluant la venue au monde du fils de Dieu, dans une étable.

 

Un souvenir du W.O. à l’église allemande ?

 

Le jour où le soliste souffrant n’a pas pu chanter la veille du concert, et qu’il a été remplacé au pied levé par Sébastien Obrecht.

 

Mon W.O. en un mot ?


Réconfort, en ce sens que cette belle musique me réconforte, me réconcilie avec cette existence.

06 oct.

"Jauchzet, frohlocket !"

                                                              Manuscrit du Weihnachtsoratorium, premier chœur de la première cantate

 

Une entrée en fanfare !


Première des six cantates de l’Oratorio de Noël, Jauchzet,frohlocket, auf, preiset die Tage (Jubilez, exultez, louez ce jour) est le parfait exemple de la « parodie poétique ».
Sur une musique déjà existante, celle de la cantate profane BWV 214 Tönet, ihr Pauken ! Erschallet, Trompeten ! exécutée le 8 décembre 1733 pour l’anniversaire de la reine de Pologne, Bach a mis un an plus tard pour le jour de Noël, de nouvelles paroles, après avoir barré les anciennes comme on peut  voir sur le manuscrit.  Les instruments, eux, sont toujours là…

 

Alors, Résonnez, timbales, retentissez, trompettes !

 

C’est un concert exceptionnel à l’église allemande que préparent Thibault Lam Quang et Les Temperamens  Variations : l’intégrale de l’Oratorio de Noël en une seule soirée.

 

FAITES PARTIE DE L’AVENTURE EN DEVENANT MÉCÈNES !

 

Ein fulminanter Auftakt !

Die erste der sechs Kantaten des Weihnachtsoratoriums, Jauchzet, frohlocket, auf, preiset die Tage ! bildet das perfekte Beispiel einer Parodie : die profane Kantate BWV 214 Tönet, ihr Pauken ! Erschallet, Trompeten ! , die am 8. Dezember 1733 anlässlich des Geburtstags der Königin von Polen aufgeführt wurde, liefert im Jahr darauf die Musik für die Weihnachtskantate ; im Manuskript sind noch die durchgestrichenen Worte der ursprünglichen Kantate zu sehen – Neue Worte verbinden sich nun mit der Musik, die Instrumente sind die gleichen geblieben – also :  
Tönet, ihr Pauken ! Erschallet, Trompeten !

Zu diesem einmaligen Konzert laden Thibault Lam Quang und die Temperamens Variations in die Christuskirche ein : Das gesamte Weihnachtsoratorium an einem Abend.

 

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05 oct.

"Mon W.O. en V.O."

 

Le témoignage de Pierre, ténor.

Mon premier souvenir de W.O. ?


Les premières notes de notre ensemble dans le premier choeur de la première cantate de notre tout premier WO : quel enthousiasme, quelle dynamique !

 

Mon choral préféré ?


Le dernier choral de la dernière cantate : ample, dynamique, et rayonnant... Quasi ensoleillé ! Même si on retrouvera le thème tout au long de la Passion selon saint Matthieu.

 

Si j’étais une aria du W.O ?


L'aria de ténor Ich will nun dir zu Ehren leben dans la quatrième cantate, ça "pulse", dans la joie et la confiance.

 

Un souvenir de WO à l’église allemande ?


Le même que ci-dessus : j'ai littéralement découvert le WO en le chantant à l'église allemande (une expérience tellement plus forte que l'audition d'un enregistrement, fût-il "de référence")

 

Mon WO en un mot ?


Jouissif ! (ou jubilatoire, au choix)

 

03 oct.

"Mon W.O. en V.O."

Le témoignage de Thierry, basse. 

 

Mon premier souvenir de W.O. ?


En entendant les trois premières notes données aux timbales, je me suis senti comme au théâtre : le rideau se lève et nous sommes immédiatement transportés ailleurs.

Mon choral préféré ?

Brich an, o schönes Morgenlicht (n°12). Il est très apaisé, plein de promesses et d'espoir comme le jour qui se lève.

Si j’étais une aria  du W.O. ?

Großer Herr (n°8), évidemment ! C'est une aria pour basse rayonnante, sans l'ombre d'une hésitation. Impossible de ne pas chanter avec le soliste.

Un souvenir du W.O. à l'église allemande ?

L'échange avec le public après le concert. Autour d'un vin chaud, nous retrouvons le plancher des vaches après avoir escaladé l'Everest de la musique. C'est grisant.

Mon W.O. en un mot ?

Épuisant ! Mais tellement généreux.

 

 

 

 

01 oct.

"Mon W.O. en V.O."

 le témoignage de Luc, ténor.

  

Pour les chanteurs des Temperamens Variations, "W.O." est le nom de code pour "Weihnachts-Oratorium"... Chaque semaine, découvrez les témoignages de ceux qui font notre Oratorio de Noël: chanteurs du chœur, solistes, instrumentistes, fidèles auditeurs et mécènes... 

Aujourd'hui, Luc, ténor !

Mon premier souvenir de W.O. ?

En 2014, et en 2015, j'ai eu la chance d'avoir le ténor soliste à côté de moi pour le bis, selon la tradition allemande, chaque soliste rejoint
son pupitre pour reprendre le premier chœur de la première cantate. Pour moi, ça a été comme monter dans une formule un avec le pilote,
maîtrise de la vitesse, précision des trajectoires, une grande concentration dans les virages et une grande fierté de franchir la ligne d'arrivée avec les félicitations de Jan Hübner !

Mon choral préféré ?

Je reste très attaché au tout premier choral de la première cantate : Wie soll ich dich empfangen. Pour moi, c'est Bach qui parle, il pose une question simple qui résonne encore aujourd’hui dans bien des domaines.

Si j’étais une aria du W.O. ?

L'air d'alto de la deuxième cantate : Schlafe, mein Liebster. C'est une voix intermédiaire qui le chante (entre terre et ciel), c'est  profondément humain et émouvant.

Un souvenir de W.O. à l’église allemande?

En temps normal, pour nous chanteurs des Temperamens Variations, l'église allemande est un lieu de concert. Pour le "W.O.",  c'est très différent par son ambiance festive et chaleureuse, j'ai l'impression de partager la musique et la joie bien plus encore à cette occasion.

Mon W.O en un mot ?

La joie !

https://www.commeon.com/fr/projet/vivez-et-revivez-un-oratorio-de-noel-d-exception#ORST

 

29 sep.

POURQUOI L’INTÉGRALE EN UN SEUL CONCERT ?

« L’ orchestre de l’Oratorio de Noël est plus complet que celui des Passions (…). À part les hautbois et les hautbois d’amour employés de façon permanente dans les six parties, les instruments à vent varient d’une partie à l’autre, quand les trompettes disparaissent, ce sont les cors qui apparaissent. Cette variété dans la composition de l’orchestre donne un caractère bien particulier à chaque partie, variant d’un caractère triomphant et éclatant, à un caractère gracieux ou plus recueilli. Il s’ensuit que l’exécution de l’Oratorio de Noël, en une seule séance, et avec des coupures opportunes, donne une grande impression d’unité et de variété, tout à la fois. » (p. 158-159)

Ainsi s’exprimait l’organiste Alexandre Cellier* dans son délicieux petit livre** dédié à Gustave Bret*** « en souvenir des heures de fidèle collaboration à la Société Bach ».

Gustave Bret et Alexandre Cellier furent en France les héritiers d’une tradition de l’Oratorio de Noël au concert, initiée en Allemagne avec l’exécution des deux premières parties à Breslau en 1844, des trois premières à Hambourg en novembre 1857 suivies des trois dernières en 1859. Le premier Oratorio de Noël « complet » fut donné à Berlin le 17 décembre 1857, sous la direction d’Eduard Grell, le successeur de Zelter à la Sing-Akademie.
Mais Grell était malheureusement persuadé qu’une exécution complète de l’Oratorio n’était pas réalisable et qu’elle ne trouverait pas de public, même en deux soirées… C’est pourquoi il fit des coupures dans neuf des douze arias, supprima les trois autres (les nos 4 et 31pour alto et le Terzetto no51) plus des récitatifs et des chorals, pour en fin de compte dénaturer l’œuvre et n’en faire qu’un « enfantillage », comme le dit férocement un critique de l’époque !
Car en coupant les fils conducteurs que sont la voix d’alto et les chorals de la Passion tout au long de l’Oratorio, on le prive de son sens profond, la venue du Christ et l’idée d’unité mystique, du berceau au tombeau…

La fâcheuse habitude des coupures  perdura cependant jusqu’aux années trente, même si l’on se cantonna de plus en plus aux trois premières cantates durant l’Avent. De nos jours, on y ajoute assez souvent la sixième qui mobilise le même instrumentarium.

Il faudra attendre décembre 2012 pour qu’un célèbre chef flamand, Philippe Herreweghe pour ne pas le nommer, offre à Toronto, Montréal, New York et Bruxelles, l’authentique intégrale de l’Oratorio de Noël, six journées groupées en une seule soirée, comme écrivait il y a quatre-vingt-dix-ans l’organiste de l’Étoile !

À nous de relever le défi !

 

 

https://www.commeon.com/fr/projet/vivez-et-revivez-un-oratorio-de-noel-d-exception#ORST

 

 

*Organiste du Temple de l’Étoile de 1910 à 1967 ( !), Alexandre Cellier fut aussi l’organiste attitré de la Société J.-S. Bach de 1912 à 1939.

** Les Passions et l’Oratorio de Noël de J. S. Bach, Paris 1929. On y trouve ce document rarissime, la photo du tombeau de Bach qui était dans la crypte de l’église Saint-Jean de Leipzig entre 1894 et 1943.

*** Avec le soutien d’Albert Schweitzer et de Gabriel Fauré, Gustave Bret (1875-1969) fonda en 1904 à Paris la Société J.-S. Bach qui donna de nombreux concerts jusqu’en 1939.

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