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Variations autour d'une oeuvre musicale

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Soutiens
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Debussy par Debussy

  • C'est l'histoire d'un collège qui porte le nom d'un célèbre compositeur, Claude Debussy.
  • C'est aussi l'histoire d'une classe de 6ème qui part à la rencontre de ce compositeur et de ses Children's corner, avec l'aide d'un musicien, d'un peintre et d'un vidéaste,
  • C'est l'histoire de petites mains, plutôt habituées à tapoter sur les claviers des ordinateurs, des tablettes ou des téléphones portables, qui se mettent soudain à frapper sur des casseroles et des tambourins ; qui dessinent des traits et des points de toutes les couleurs sur une fresque éphémère, au rythme de la musique de Debussy ; qui déchirent ensuite le papier pour découvrir ce qui se cache derrière ; qui courent sur des pages blanches en jetant dessus des mots en résonance avec le pas de l'éléphant...
  • C'est l'histoire d'une caméra qui enregistre les voix, les rires, les exclamations, les soupirs, les silences, les doutes et les interrogations des différents protagonistes.
  • C'est l'histoire de vingt deux enfants auxquels on accorde le droit de faire ce qu'on veut, ce qui nous passe par la tête, laisser libre cours à son imagination, mélanger les couleurs, les notes, les sons, dans la joie et la liberté de créer ensemble une œuvre collective.
  • C'est l'histoire de trois professeurs, d'arts plastiques, de français et de musique, ainsi que d'une documentaliste qui se lancent dans cette aventure et qui découvrent avec bonheur les talents de leurs élèves et la richesse de leur imaginaire.
  • C'est l'histoire d'un spectacle qui se construit au fil de l'année et qui sera présenté le jeudi 8 juin, dans la galerie du collège Claude Debussy.

 

 

 

La vie du projet

Présentation du projet

                                                                                                                                                                            

Variations autour des Children's corner de Debussy

« Les parfums, les couleurs et les sons se répondent »

Charles Baudelaire, Correspondances

 

 

Quand Claude Debussy rentre en 6ème : une expérience artistique multidisciplinaire qui allie la musique, la réalisation plastique, l'écriture et la vidéo.

Le projet des 6èmes 5, Variations autour de Children's Corner de Debussy, est une collaboration entre le 106, Centre d'art et de création et les professeurs d'arts plastiques, de français et de musique.


Autour de six pièces du compositeur dont leur collège porte le nom, les élèves de la 6ème 5 réaliseront des improvisations musicales et plastiques qu'ils présenteront lors d'un spectacle qui précèdera celui des artistes.

Ecouter, repérer des rythmes, les reproduire, créer un petit orchestre, associer aux sons des mots et des gestes picturaux sur une vaste fresque collective, tel est le défi que relèvera la classe face au public avec l'aide du musicien J.C. Feldhandler et du plasticien Marc Feld, sous le regard JJ Nguyen.


Venez les applaudir le 8 juin 2017 au collège Debussy !

 

I La genèse du projet

 

Comment est né notre projet ?

  On voulait savoir comment était né notre projet et on est allé interroger Madame Martin, notre professeur de français et Madame Haltrecht, la principale de notre collège.

  Ce sont des artistes du 106, le centre d’art et de création de Margny, qui sont venus voir nos professeurs de français, de musique et d’arts plastiques pour leur proposer de travailler sur Claude Debussy, vu que notre collège porte son nom. Personne ne sait pourquoi d’ailleurs, même pas la principale ! Madame Haeltrecht nous a dit que ce projet était une chance pour nous et qu'elle aimerait être une élève de la classe de 6ème 5.
  Ces trois artistes (un peintre, un musicien et un vidéaste) vont faire eux-mêmes un spectacle autour des Children’s corner de Debussy et ils voulaient qu’on fasse pareil qu’eux, en plus petit. Nous avons donc des ateliers avec eux tout au long de l’année et nous présenterons notre spectacle le 8 juin au collège, dans l’ancienne salle de couture qui va devenir une salle d’expositions.
  Nous avons demandé à madame Martin si elle aime ce projet. Oui, elle l’adore ! Nos autres professeurs aussi. Elles aiment nous voir créer, inventer, travailler ensemble, exprimer notre imagination et voir nos visages heureux. Et puis on a appris des tas de choses sur Debussy, la musique, la peinture et la vidéo.

Taïna, Minelle, Hugo, Ilian, Loïc et Paolo

II A la rencontre de  Claude Debussy 

 

 

 

III Les Children's Corner

  Children's Corner (le coin des enfants) est une suite de six pièces musicales pour piano seul, composée par Claude Debussy entre 1906 et 1908. Il l'a dédiée à sa fille, surnommée Chouchou, et âgée alors de trois ans. La partition porte d'ailleurs en dédicace : «  A ma très chère Chouchou... avec les tendres excuses de son père pour ce qui va suivre. »

 

Présentation du travail du créateur et du métier du partenaire culturel

I Le 106, centre d'art et de création

https://fr-fr.facebook.com/106-Centre-dart-et-de-cr%C3%A9ation-1466218000336436/

 

Le 106, un centre d’art et de création en devenir à Margny

  Nos trois intervenants, Marc Feld, Jean-Christophe Feldhandler et Jean-Jacques Nguyen ont créé avec d’autres artistes le 106, un centre d’art et de création à Margny-les-Compiègne, au 106 rue du 1er Septembre, dans l’atelier du tailleur de pierres Eric Petitpoisson. Ils voudraient que ce lieu soit rénové pour pouvoir être ouvert au public toute l’année et accueillir des spectacles, des expositions, des concerts, des lectures, des projections, et plein de manifestations. En attendant que ce soit possible (il faut beaucoup d’argent), ils se produisent dans différents endroits, parfois dans des cafés ou même chez l’habitant.
  Ils ont envie de travailler ensemble et de partager avec les habitants de Margny leurs œuvres collectives.

Inès

 

II Le métier des partenaires culturels

 

Trois hommes, trois métiers, trois passions

Le plasticien, Marc Feld

http://marcfeld.fr/index.html

Interview de Marc Feld, peintre

  Marc a toujours aimé dessiner depuis son enfance. Il a commencé à peindre à dix-huit ans. Il avait fait l’école du cirque car il voulait devenir clown ! Puis il a rejoint une grande école de théâtre. Il a arrêté le lycée en seconde.
  Il fait toutes sortes de peintures, mais surtout de l’art abstrait. Il travaille aussi sur les couleurs et les rythmes : ça se rapproche de la musique. C’est un métier de recherche et d’imagination. Il adore dessiner des choses inattendues.
  Il prend plaisir à être artiste et à travailler avec nous : c’est le plaisir du partage.


Noa

 

Le videaste, Jean-Jacques Nguyen

https://www.facebook.com/JJ-Nguyen-Images-Cr%C3%A9ation-816781538376640/timeline/

 

Interview de Jean-Jacques Nguyen, vidéaste

  Jean-Jacques a commencé à faire des films en 1983. Il nous a dit qu’il aimait les gens et qu’il aimait les rencontrer, les filmer et les montrer à d’autres personnes : ce qu’il veut, c’est créer des liens. Quand on lui a demandé pourquoi il avait choisi ce métier, il a répondu : « C’est le métier qui m’a choisi ! »
  Il a fait de nombreux spectacles avec Marc et Jean-Christophe. Il travaille souvent avec des collégiens et des lycéens pour partager avec eux et leur transmettre sa passion.

Sofia

 

Le musicien, Jean-Christophe

http://www.jcfeldhandler.com/

Interview de Jean-Christophe Feldhandler, musicien

  Nous avons demandé à Jean-Christophe combien d’années d’études il fallait faire pour devenir musicien. Il a répondu : « Cinq ans pour jouer à peu près bien, dix ans pour bien jouer, quinze ans d’études supérieures pour devenir un musicien professionnel et, finalement, toute une vie !
  Plusieurs d’entre nous détestons le solfège, alors nous voulions savoir si on pouvait s’en passer : « Non, on ne peut pas s’en passer. Le solfège, c’est la grammaire musicale. On l’apprend en même temps que les instruments. »

  Justement, quels instruments joue-t-il ? Du piano et des percussions.
  La musique, pour lui, est autant une passion qu’un métier. Il se produit sur scène, joue avec d’autres musiciens et aime transmettre aux enfants comme nous.

Taïna

 

Les ateliers de pratique

L'histoire d'un trait...

  Le premier jour, dans la salle d'arts plastiques, Marc nous a dit de tracer des traits au fusain sur des feuilles blanches. Nous n'avions pas le droit de lever la main de la feuille. Chaque trait racontait une histoire différente, longue, courte, rapide, lente, triste, joyeuse, passionnante ou ennuyante. Avec ces traits et du fusain, on a créé une œuvre collective.

  La fois suivante, quand nous sommes arrivés dans la salle, tous les dessins étaient étalés par terre. Marc nous a demandé simplement de regarder . Nous nous sommes mis à tourner autour, comme un troupeau de moutons ! Nous avions du mal à fixer notre attention et à regarder vraiment toutes ces lignes et tous ces traits.
  Nous avons ensuite mélangé toutes nos feuilles pour recomposer un autre tableau. Nous avons eu le droit d'utiliser des couleurs : rouges, bleues, jaunes.  Nous avons tracé des traits de toutes ces couleurs. Quelques-uns appuyaient de toutes leurs forces, d'autres dessinaient les initiales de leur prénom. Personne n'a osé commencer par le bord d'une feuille : nous allions tous au centre. Nous étions parfois à quatre pattes pour peindre.
  Ensuite nous nous sommes mis à faire des points, entre un et cinq. Des gouttes tombaient parfois de nos pinceaux. Nous pouvions les faire où nous voulions, mais parfois nous avions du mal à suivre la consigne. Certains se sont mis à faire des fleurs, ou des cœurs, ou des petits personnages. Il suffisait que l'un commence, pour que le suivant copie. Nous nous sommes bien amusés avec les histoires de notre classe.
  Pour finir cette séance, Marc nous a proposé de frapper les feuilles avec un bâton : debout, nous tenions la feuille et nous la tapions avec notre branche ! Déchirer, c'est passer derrière. Alors nous nous sommes mis à déchirer, froisser, plier et déplier le papier, avec de grands rires joyeux. Pour une fois qu'on avait la liberté de faire ce que nous voulions, nous en avons bien profité!

  Lors de la troisième séance, nous nous sommes rendus dans la future galerie d'expositions du collège. C'est une ancienne salle de couture. Madame Garnier, notre professeur d'arts plastiques, avait fixé des bâches sur un mur et par-dessus une grande nappe de papier. Sur les tables, il y avait des pinceaux, de la peinture, des fusains, des brindilles, des pastels. Cette fois-ci, nous avons créé une œuvre collective, une grande fresque, en venant peindre à tour de rôle et tracer des lignes et des traits à notre guise. La seule difficulté, c'est qu'il a fallu se taire pendant vingt minutes ! Au fur et à mesure que le temps passait, la fresque devenait de plus en plus sombre et le papier a commencé à se déchirer.
  Nous avons pris du temps pour regarder notre travail, les rythmes, les déchirures et les oppositions. Cela ne ressemblait à rien du tout. Il y avait des traits à la verticale, des courbes, des fleurs, des mots, des bonshommes, des gribouillis, des cassures. Certains trouvaient que c'était triste, d'autres non. On peut imaginer tout ce qu'on veut, a dit Corentin.  Nous étions fiers de notre œuvre collective.

Sofia et Noa

 

L'histoire d'un rythme...

  Frapper, frapper et encore frapper... Nous avons tapé dans nos mains et sur nos genoux, après avoir écouté la phrase de Debussy. Doux et un peu gauche : c'est le pas de l'éléphant, avec ses grosses pattes. L'éléphant marche, il hésite, il se repose un peu et il rêve...
  Ce qui est difficile, c'est de se taire et d'écouter, comme nous le demande Jean-Christophe. Il faut être concentré. Nous sommes assis en cercle et nous tapons à tour de rôle les rythmes qu'il nous a appris. Ding dam, di di dam, ding dam, di di dam ! Au bout de deux heures, nous sommes fatigués et certains décrochent.

  La fois suivante, nous avons apporté des casseroles, des couvercles, des petites cuillères, des baguettes chinoises, des sacs de riz et de lentilles, des sachets en papier : une vraie batterie de cuisine ! Nous devons d'abord chanter des rythmes. Au début, nous n'osons pas trop le faire et on entend une sorte de bourdonnement. Ensuite nous reprenons nos battements de mains, jusqu'à ce que nous soyons au point. Puis nous formons un petit orchestre : Jean-Christophe distribue des tambourins, un triangle, un xylophone et les ustensiles de cuisine. On a déversé le riz et les lentilles dans les casseroles. Chacun a son instrument. Tantôt nous jouons tous ensemble, tantôt nous nous répondons, tantôt nous passons à tour de rôle. Nous devons faire attention de ne pas couvrir le son des autres : on doit tout entendre, y compris les froissements du papier.

  J'adore taper sur des casseroles ou secouer des sacs de riz. C'est bizarre et surprenant.

Matthieu

L'histoire d'un plan...

Action !

  Dans l’atelier vidéo, on a appris à bien regarder dans le petit écran, à écouter le son, à changer de plans, à bien cadrer, à zoomer et dézoomer et à bloquer le trépied pour ne pas que ça bouge. On doit être très concentré.
  Notre moment préféré, c’est quand on dit ACTION !!!
  On préfère être derrière la caméra que devant. On voit les autres différemment : ils sont plus timides que d’habitude et ils doivent nous obéir et nous écouter. On a l’impression de les diriger et on est très fier de les filmer.

Ilian, Loïc, Paolo et Louis

10 fév.

Présentation des travaux d'écriture

Les mots ont une couleur et une musique. Ils peuvent colorer la vie, danser sur la feuille blanche, échapper à toute intention consciente pour s'accorder au rythme de Debussy.  Certains sont lourds, pesants, volumineux et d'autres légers, insaisissables. Ils peuvent être courts ou longs, aériens, subtils, transparents, doux ou piquants. Il y a des mots gris, des mots qui dorment, enfouis en soi, des mots maladroits, des mots muets, des mots qui rêvent en chuchotant, dans la tête des enfants.  C'est à cette pêche aux mots que nous sommes partis, lors d'un atelier d'écriture, ponctué par la musique de Debussy. Mis bout à bout, ils n'ont pas forcément un sens, mais ils sont grisants et ressemblent à des notes, alignées sur une portée, qui s'échappent de la partition pour voleter à travers la classe...

                                                                                                                                                P. Martin, professeur de français

Déchirer, c'est passer derrière...

  C'est l'histoire d'un trait qui danse avec le pinceau et les couleurs. Il trace surtout des lignes sombres, mais avec quelques points et quelques touches, il essaie de trouver la lumière de la peinture que nous  avons  tous à l'intérieur de nous. Y compris vous, qui lisez ceci.

  Les dessins sont vraiment simples, mais nous nous efforçons de les rendre compliqués.

  Dessine, si cela te rend heureux : sois en harmonie avec tes œuvres. Dessine autant que tu respires. Aime redevenir un enfant, aussi longtemps que tu vivras.

  Nous avons déchiré toute notre tristesse et notre colère pour laisser place à la joie et à l'imagination.

  Et pour vous, qu'y a-t-il de l'autre côté de vos œuvres ?

Sofia et Noa

Variations autour de la berceuse des éléphants...

  Un jour, devant un collège qui s'appelait Claude Debussy, il y avait une parade d'éléphants de cirque. Un musicien raté, le docteur Gradus, endormit tous ces éléphants avec une flûte. Il voulait leur ouvrir le ventre pour leur voler les notes de musique qu'ils avaient avalées. Une petite fille, Chouchou, se mit à pleurer, car elle voulait que les éléphants se réveillent. Alors, Claude Debussy, le célèbre compositeur, joua les Children's Corner.  Le docteur Gradus s'enfuit à toutes jambes, pendant que les éléphants se mettaient à danser.

  C'est la magie de Debussy !

Quentin

  Il était une fois un cirque, avec des éléphants. Ces éléphants jouaient avec un sac de riz qu'ils secouaient ; d'autres s'amusaient à faire crescendo, decrescendo avec un piano sauvage : c'était celui d'un petit berger qui passait son temps à cultiver des fruits et des légumes. Enfin, cinq autres éléphants jouaient les rythmes des Children's corner en tapant sur des casseroles. Debussy en personne les applaudissait, sur le bord du trottoir, à Margny-les-Compiègne. Les éléphants s'endormirent heureux et contents de leur spectacle.

Matthieu

  Il y a bien longtemps, en 1862, naquit un homme nommé Achille-Claude Debussy. Il avait une grosse bosse sur le front ! Il fit ses débuts dans la musique : son instrument de prédilection était le piano.
  Un jour, quand il eut vingt ans, il alla consulter le docteur Gradus qui lui apprit comment bien jouer du piano. Debussy était très content d'avoir enfin son premier cours, mais le docteur Gradus était très savant et ennuyeux. Debussy, lui, voulait être en harmonie avec la musique. Tout venait de sa bosse qui était source d'énergie. Il se mit donc jouer tant et si bien qu 'il créa La berceuse des éléphants.
  C'est alors qu'un éléphant surgit du piano. C'était Jimbo et cinquante autres le suivirent. Les éléphants dansaient et le docteur Gradus n'en croyait pas ses yeux. : ils dansaient du hip hop, du jazz, du classique, de la salsa, de l'électro... Debussy s'interrompit, s'approcha de Jimbo et le caressa : l'éléphant devint tout rose !
  C'est donc grâce à Debussy que si on caresse un éléphant gris, il devient rose...

Orion


 
  Il me demanda sarcastiquement si je savais que les éléphants étaient en réalité les derniers individus -oui monsieur-  et qu'ils représentaient, paraît-il, les derniers droits essentiels de la personne humaine, maladroits encombrants, anachroniques, menacés de toutes parts, et pourtant indispensables à la beauté de la vie.

                                                                                                                                                       (Romain Gary, Les racines du ciel)

  Le docteur Gradus, magicien maléfique, utilisa la musique de Debussy pour tuer tous les éléphants. Un, puis deux, puis trois éléphants, et ainsi de suite moururent, mais leurs défenses demeuraient. Un très vieil éléphant solitaire, rejeté par tous, le paria du village, avait survécu par miracle aux sortilèges. Il rêvait depuis longtemps de jouer dans un orchestre mais personne ne voulait de lui.  Cependant, il savait où puiser l'eau magique qui lui permettrait de retrouver Debussy. Il n'était pas encore fatigué de porter sa trompe qui lui servait de gourde et partit à la recherche du fameux remède.

  Sur son chemin, il trouva une poupée de chiffon assoiffée : il lui donna ses dernières réserves. Il rencontra ensuite un petit berger qui essayait vainement de rassembler son troupeau : notre vieil éléphant l'aida. Une fois arrivé au point d'eau, il découvrit Chouchou, la fille du compositeur, en pleurs car c'était elle qui fabriquait le remède sans le savoir. Elle cherchait son père. L'éléphant aspira ses larmes dans sa trompe, mit la fillette sur son dos et l'emmena au village, jusqu'à ce qu'ils arrivent devant le docteur Gradus.
  L'éléphant attrapa un tam tam et joua de la musique. Les larmes de Chouchou s'évaporèrent sur ses joues. Le docteur Gradus, furieux, disparut, emporté par une armée de croches en colère. Tout le monde était sans voix et applaudit le vieil éléphant musicien !

Sofia

 

 

                                                                                                                      

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