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Théâtre - Chaos et quête de soi dans l'art et la littérature

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THEATRE-CHAOS ET QUETE DE SOI...

Le projet « Théâtre – chaos et quête de soi dans l’art et la littérature » entend répondre aux objectifs suivants :

Découvrir et étudier des textes littéraires et œuvres d’art offrant des « Regards sur l’histoire et le monde contemporains », sous le prisme du chaos ; lecture d’œuvres variées portant sur la thématique du chaos, découverte de 7 flashes – Traversée 14 (création de la Compagnie de la Yole), visite de l’exposition « Là où commence le jour » au LaM,

Composer, rédiger, figurer une expérience personnelle fictionnelle portant sur une situation chaotique ;

Porter cette parole littéraire et personnelle (l’un n’empêchant pas l’autre) sur scène dans une création collective ;

Donner corps et voix aux textes littéraires et personnels des élèves, apprendre à se (re)connaître et à (re)connaître l’autre dans ses différences ; prendre confiance en soi et en l’autre afin d’incarner devant un public une mémoire singulière, fût-elle personnelle à l’origine et collective en représentation.

La vie du projet

Chaos et quête de soi dans l'art et la littérature : vidéo

07 avr.

Vous prendrez bien un "ver"...

 

Pour conclure notre projet, M. Laschamp nous a fait étudier une nouvelle de Jacques Sternberg : La Nourriture. L'auteur imagine une épidémie qui est due au fait que les hommes mangent trop et mal : "Depuis le temps que l’homme avalait du sous-traité, du surgelé, du chimique, du colorant, du pollué à haute dose, il semblait s’être habitué à tout sans jamais risquer le moindre malaise. On aurait vraiment pu affirmer qu’il était immunisé, vacciné, à jamais conditionné."  Les hommes qui souffrent de la famine ne sont pas frappés par cette épidémie; du coup, le texte se conclut sur cette question : "comment remanier le monde en partant du principe que, désormais, pour survivre, il fallait crever de faim ?"

 

Nous avons donc eu un débat sur la nourriture, sur l'agriculture (ce qui tombait bien parce que les agriculteurs manifestaient au moment où nous étudiions le texte) et nous avons essayé d'imaginer des façons de manger moins, de manger mieux, de consommer moins de ressources naturelles pour éviter le chaos. Nous avons alors évoqué le fait que certains se nourrissent d'insectes qui consomment moins d'eau que les bovins. M. Laschamp nous a alors proposé une dégustation : pas très ragoûtant à première vue, mais cela nous a obligé à dépasser nos a priori et à envisager les insectes comme une nourriture d'avenir...

Vous prendrez bien un dernier ver...

 

07 avr.

Le chaos dans l'art

 

Vendredi 8 janvier, nous sommes allés visiter le Palais des Beaux-Arts de Lille avec une autre classe. Les élèves de Mme Grandsir sont allés voir une exposition sur la joie de vivre et nous, les élèves de M. Laschamp, nous avons suivi un parcours autour de la thématique du Chaos.

 

Ce sont les tableaux suivants qui nous ont le plus plu : il s'agit du Paradis terrestre et des Enfers de Dirk Bouts. On y voit comment le peintre oppose le paradis et les enfers en jouant sur les couleurs, sur les symboles, sur les contrastes. Certains d'entre nous ont même choisi ces tableaux pour l'épreuve d'histoire des arts !

 

 

07 avr.

« Ce livre ne parle pas de Tchernobyl mais du monde de Tchernobyl. »

 

« Ce livre ne parle pas de Tchernobyl mais du monde de Tchernobyl. »

 

Notre professeur nous a proposé de travailler sur le chaos. Nous ne savions pas ce qu'était le chaos. Nous avons fait quelques recherches et nous avons compris que cela venait de la mythologie grecque et puis que l'autre sens c'était la fin du monde, une sorte d'apocalypse. Il nous a demandé d'écrire un texte dans lequel nous racontions une scène de fin du monde. Puis nous avons étudié un extrait de C'est la guerre de Louis Calaferte qui raconte l'exode: "la peur, la panique, la peur, la panique". Nous avons compris les moyens qui existent pour exprimer le chaos et nous avons réécrit notre texte en nous en inspirant. Notre professeur nous a aussi obligés à lire Ulysse from Bagdad ; tout le monde n'a pas tout lu mais franchement c'était moins nul que d'autres livres que l'on nous a fait lire les années précédentes. En plus, avec la crise des migrants, c'était d'actualité !

 

Ensuite, c'est une nouvelle "Cycle de survie" que nous avons lue. Petit à petit, nous sommes entrés dans le monde du nucléaire.

 

Nous ne connaissions rien du nucléaire. Encore moins de Tchernobyl. Roland et M. Laschamp en étaient étonnés mais nous n'étions pas nés ! Alors, nous avons lu des extraits de La Supplication de Svetlana Alexievitch (prix Nobel de littérature 2015) sélectionnés par notre professeur ; c'était très compliqué et ça tournait un peu en rond mais M. Laschamp nous a dit qu'on ne pouvait pas toujours faire des choses faciles et que c'était bien aussi de s'attaquer à des choses plus difficiles ; ça parlait de l'accident de Tchernobyl le 26 avril 1986 ou plutôt des gens qui ont vécu cet accident. L'auteur écrit: « Ce livre ne parle pas de Tchernobyl mais du monde de Tchernobyl. »

 

 

Nous avons ensuite choisi et appris des phrases dans les extraits proposés par Roland et M. Laschamp ; c'est à partir de ces phrases que nous avons travaillé en atelier théâtre; en voici quelques-unes :

 

« Une agence de voyage de Kiev propose de voyager à Tchernobyl et une tournée au cœur des villages morts… Naturellement, pour de l’argent. Visitez La Mecque du nucléaire… »

« Ferme les lucarnes… Il y a un incendie à la centrale. Je serai vite de retour. »

Les miliciens criaient : « Près des voitures, la radiation bloque les compteurs… Ne vous approchez pas ! »

« Je l’aimais. »

« La muqueuse se décollait par couche… en pellicules blanches. »

« Mon amour !... Il ne faut pas m’enlacer, il ne faut pas m’embrasser ! »

« La peau des bras, des jambes se fissurait ; tout le corps se couvrait d’ampoules… »

« Il n’était plus qu’une énorme plaie… Je lui ai soulevé le bras et l’os a bougé car sa chair s’était détachée. »

« Ce n’est plus votre mari qui se trouve devant vous mais un objet radioactif. »

« J’ai enfanté deux semaines avant terme… Elle avait une cirrhose… Quatre heures plus tard, on m’a annoncé que ma fille était morte. »

« Au moment de partir, j’ai mis dans une sacoche un peu de terre de la tombe de ma mère. Je suis resté à genoux : « Pardonne-moi de te laisser. » Les gens inscrivaient leur nom dans leur maison. Sur les poutres. Sur les palissades. Sur l’asphalte. »

« Dans son grand uniforme, on l’a glissé dans le sac en plastique que l’on a noué… Et ce sac, on l’a placé dans un cercueil en bois… Et ce cercueil, on l’a couvert d’un autre sac en plastique transparent mais épais comme une toile cirée… Et l’on a mis tout cela dans un cercueil en zinc. »

« Des morceaux de poumons, de foie, lui sortaient par la bouche… Il s’étouffait avec ses propres organes internes. »

« Le 26 avril 1986, à 1h23, une série d’explosions détruisit le réacteur et le bâtiment de la quatrième tranche de la centrale nucléaire de Tchernobyl. Cet accident est devenu la plus grande catastrophe technologique du 20ème siècle. »

« La superficie totalement interdite à l’agriculture représente 264 000 hectares. »

« A la suite de l’influence permanente de petites doses d’irradiation, le nombre de personnes atteintes, en Biélorussie, de cancers, d’arriération mentale, de maladies nerveuses et psychiques ainsi que de mutations génétiques s’accroît chaque année… »

« Sept heures… A sept heures, on m’a fait savoir qu’il était à l’hôpital. J’ai couru, mais la milice avait déjà isolé le bâtiment et n’y laissait entrer personne. »

« Je l’ai vu… Tout gonflé, boursouflé… Ses yeux se voyaient à peine…

« Il faut du lait. Beaucoup de lait. Qu’ils boivent au moins trois litres ! »

« Mais le lait les faisait horriblement vomir. »

La radiation bloque le compteur, ne vous approchez pas !

« Les médecins répétaient qu’ils étaient empoisonnés aux gaz, personne ne parlait de radiation. »

« Si tu pleures, je te renvoie tout de suite. Il est interdit de s’embrasser et de se toucher. Ne pas s’approcher. Tu as une demi-heure. »

« Le pronostic du mal aigu des rayons est de quatorze jours… L’homme meurt en quatorze jours… »

« Vous ne devez pas oublier que ce n’est plus votre mari, l’homme aimé, qui se trouve devant vous, mais un objet radioactif avec un fort coefficient de contamination. »

« Vous allez vous consumer ensemble. »

« Il couchait nu, juste recouvert d’un drap léger que je changeais tous les jours. Le soir, il était tout couvert de sang. Lorsque je le soulevais, des morceaux de peau restaient collés sur mes mains. »

« Il n’avait plus de corps solide… Il n’était plus qu’une énorme plaie… »

« Beaucoup meurent. Sur le coup. Un homme était assis sur un banc, et il est tombé. Un autre attendait l’autobus, dehors, et il est tombé. […] Les gens n’ont pas envie d’entendre parler de la mort. »

07 avr.

Iyana témoigne

Mes impressions sur l'atelier théâtre:

C'est un atelier qui m'a beaucoup plu car moi qui suis extrêmement timide, ça m'a permis de prendre sur moi pour réussir tous les exercices.

L'exercice qui m'a le plus plus est celui où on devait marcher dans l'espace. Tous les exercices étaient très bien! Ca nous a permis à tous de pouvoir oublier les tensions (s'il y en avait), de pouvoir être en contact et de pouvoir se parler puis "s'extérioriser". Pouvoir crier ou même courir dans ce genre d'atelier a pu aider certaines personnes.

J'ai même découvert certains de mes camarades que je n'avais jamais entendus avant et que je n'imaginais pas être capables de faire ce qu'ils ont fait.

C'est un super atelier qui nous plaît à tous je pense.

Iyana, 3ème A

07 avr.

Faire cours autrement

Pendant plusieurs semaines, nous n'avons pas eu français; ou plutôt, pas comme d'habitude.

Nous n'avons pas eu français dans notre salle de classe habituelle, nous n'avons pas fait des exercices de grammaire et des explications de texte comme d'habitude, mais nous avons fait du théâtre. Notre professeur nous a bien dit que ce que nous faisions c'était du français, mais c'était tellement différent de ce que nous faisions d'habitude...

La première fois, Roland - le comédien qui nous a fait faire du théâtre s'appelait Roland - nous a fait nous mettre en cercle ; c'est d'ailleurs devenu notre rituel. Il nous a montré comment on prend une position neutre et s'est moqué - gentiment -  de nos gestes parasites. Et puis il nous a demandé de prononcer notre prénom assez fort pour être entendu de l'autre côté du cercle; même notre prof a dit : "Jean-Luc". Il nous a fait répéter plusieurs fois notre prénom quand nous ne l'avions pas dit assez fort.

Autre exemple : nous avons commencé nos séances de cours par... du sport : on s'étire vers le haut, vers la droite, vers la gauche, vers le bas, on se penche en avant en gardant le dos droit, on marche, on court, on s'arrête, on se déplace en ayant chaud, en ayant froid, en ayant peur... comme à Tchernobyl.

On a aussi fait des exercices de concentration (faire silence, ce qui n'est pas facile), se croiser sans sourire, se regarder droit dans les yeux sans rire, agir en miroir, faire la bouteille, faire des portées...

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