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Portraits oubliés de la Faculté de médecine

Ensemble, participons à la sauvegarde du patrimoine historique de la Faculté de médecine de Toulouse.
Image du projet Portraits oubliés de la Faculté de médecine

collectés sur un objectif
de 9 000

107%
icone mecenes 76 donateurs
icone réalisé Campagne terminée
Ville

Toulouse

IR 2019 / IS 2019

Les dons donnent droit à une réduction fiscale

La médecine à Toulouse, une histoire qui s’écrit depuis 1229

Et quelle histoire ! Que l’on soit médecin de la reine, comme Auger Ferrier ou Antoine Dumay qui conseillèrent respectivement les reines Catherine de Médicis et Marguerite de Valois ; que l’on soit pionnière dans sa discipline comme Marthe Condat qui fut parmi les premières femmes reçues à l’agrégation des Facultés de médecine en France (1923), puis titulaire d’une chaire universitaire à Toulouse (1932) ; ou que l’on soit héros de la Résistance, comme Joseph Ducuing ou Camille Soula ; l’histoire de la médecine a laissé son empreinte à Toulouse.

De cette histoire, l’université Paul Sabatier conserve une galerie d’Illustres composée de 45 portraits peints, inscrits au titre des Monuments Historiques depuis 2009, encore aujourd’hui exposés dans les locaux historiques de la Faculté de médecine Purpan, au cœur du quartier des sciences de Toulouse.

Parmi ces 45 tableaux, un fonds ancien de 1776 et une autre collection du XIXe siècle ont été identifiés. Ce patrimoine artistique et historique représente un témoignage capital pour l’histoire de la médecine et de son enseignement dans la ville rose. Un précieux héritage donc, au regard de l’histoire locale et culturelle.

Si la plupart de ces figures vous sont inconnues, de grands noms surgissent également : Antoine Dumay, François de Purpan, Alexis Larrey etc.!

Un patrimoine marqué par le temps

Image du projet Portraits oubliés de la Faculté de médecine

Après avoir été alertée sur l’état de conservation inquiétant de certains portraits, l’université Toulouse III-Paul Sabatier a engagé les démarches nécessaires pour pouvoir préserver cet important patrimoine.

Un atelier de conservateurs-restaurateurs du patrimoine est donc intervenu pour effectuer les premiers constats d’état et poser les premiers diagnostics. Toiles distendues, lacunes, soulèvement de couche picturale, châssis infestés, certaines altérations sont bien préoccupantes et il nous faut agir !

Afin de pouvoir effectuer les travaux préconisés pour la sauvegarde de ces oeuvres dans des délais raisonnables, nous avons besoin de mobiliser les communautés de passionnés et de votre générosité pour faire sortir ces figures de l’ombre.

Les travaux consisteront en une stabilisation et une restauration des œuvres, ainsi qu’une analyse et un traitement sanitaires. Ils  seront également l’occasion d’entamer une réflexion sur une nouvelle muséographie.

Pourquoi nous soutenir ?

 

 

L’objectif de tels travaux est que ces œuvres puissent être à nouveau manipulées et faire également l’objet de prêts pour des expositions.

Le coût de restauration moyen d'un tableau nécessitant une intervention urgente est de 5000€. Si nous parvenons à récolter 9000€ nous pourrons alors restaurer une oeuvre en péril et un autre tableau moins endommagé.

Un second pallier est fixé à 17 000€. Si les dons nous permettent d'atteindre cette somme nous aurons la possibilité de prendre en charge deux oeuvres supplémentaires.

Pour que l’ensemble de ces personnalités ne sombre pas dans l’oubli et continue d’inspirer les étudiants de la Faculté de médecine de Toulouse, chaque don compte.

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... ET JE DÉCOUVRE MES CONTREPARTIES

  • Un grand merci !
  • Un tote bag aux couleurs de notre campagne
  • Une visite VIP de la Faculté de médecine Purpan (valable pour 1 personne)
  • Une visite privée du Jardin Botanique Henri Gaussen suivie d'un petit déjeuner sur place
  • Une invitation au vernissage de la présentation des oeuvres après restauration
  • Vous bénéficiez d'un " accès privilège " à 3 événements autour du patrimoine de l'UT3-PS
  • Un cartel nominatif mentionne votre implication pour la sauvegarde des portraits
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... ET JE DÉCOUVRE MES CONTREPARTIES

  • Un grand merci !
  • Une visite VIP de la Faculté de médecine Purpan (valable pour 1 personne)
  • Une invitation au vernissage de la présentation des oeuvres après restauration
  • Une visite du Jardin Botanique Henri Gaussen suivie d'un petit déjeuner sur place (pour 10 pers)
  • Un cartel nominatif mentionne votre implication pour la sauvegarde des portraits
  • Vous bénéficiez d'un "accès privilège" à 3 événements autour du patrimoine de l'UT3-PS (pour 3 pers)

La vie du projet

Un très grand merci à tous !

 

     Notre campagne de financement participatif vient de s’achever et nous avons le plaisir de vous annoncer que nous avons atteint et dépassé notre objectif initial !

     Votre générosité et votre implication nous ont permis de récolter un total de 9370 € !
     Cette somme nous permettra de financer la restauration des portraits de Pons-François de Purpan, Francisco Sanchez et Auger Ferrier, dont l’état critique nécessite une intervention urgente.

     Nous souhaitons remercier la fondation Catalyses qui a soutenu ce projet dès ces prémices. Enfin, nous adressons un immense merci à tous nos généreux mécènes qui, par leur don, participent activement à la préservation du patrimoine artistique et historique de la Faculté de médecine de Toulouse !

 

21 mar.

Toiles sur fond d’Histoire : Pons-François de Purpan

Pons-François de Purpan

     Parmi les grands noms ayant marqués la ville de Toulouse, celui de Pons-François de Purpan est peut-être l’un des plus connus. Une renommée qu’il doit en partie à ses titres et ses propriétés, mais également à sa grande implication dans le monde de la médecine, que ce soit dans l’enseignement ou bien par les travaux qu’il réalisa.

     Né en 1593 et fils d’un chirurgien de renom, François Purpan, il vécut ses premières années à Sistéron (Alpes-de-Haute-Provence). Suivant les traces de son père, il partit pour la ville de Montpellier où il étudia la chirurgie avant de prendre la direction de Toulouse pour compléter ses connaissances médicales. C’est en arrivant dans la région de Toulouse en 1608 qu’il acheta avec son frère, le chanoine Jean Purpan, le domaine Lavelanet qu’ils rebaptisèrent à leur nom. Marié en 1617 à Demoiselle Peyronne de Cocural, il exerça sa profession dans les environs de la ville rose pendant plusieurs années.

     Son talent de praticien ne passa pas inaperçu et il fut désigné en 1628, avec d’autres médecins comme Jean Lecoq, pour l’écriture d’un registre des médicaments necessaires à Toulouse. Cette décision, provenant des capitouls et du procureur du roi, avait pour objectif d’apaiser le chaos régnant au sein de la ville rose au sujet de la fabrication de médicaments, partagées entre pharmaciens et charlatans.
     Formant alors une équipe composée de grandes figures de la médecine de l’époque, Pons-François de Purpan et ses collègues travaillèrent pendant vingt années pour éditer la première version de la Pharmacopée toulousaine ou Codex medicamentarius. Répertoriant à sa sortie 379 remèdes, une seconde édition sortit bien plus tard en 1695, modifiée et enrichie par les apothicaires.

     Sa vie fut également marquée par la peste, notamment l’épisode de 1628 à 1632 à Toulouse qui aurait emporté près de vingt pourcent de la population au cours de ces quatre ans. Face à ces pandémies meurtrières, Pons-François de Purpan et d’autres médecins de l’époque auraient quitté la ville rose pour se réfugier dans leurs propriétés campagnardes, suivant ainsi les recommandations du livre Remèdes préservatifs et curatifs de la peste d’Auger Ferrier qui préconisait de fuir le lieu d’infection pour éviter la contamination. Cependant, cette action leur aurait été reprochée par les capitouls par le biais de deux ordonnances, jugeant cet acte indigne de leur responsabilité de médecin.

     Pons-François de Purpan occupa également une place importante au sein de la Faculté de médecine de Toulouse. Maître ès-arts en 1632, il fut nommé sept ans plus tard régent avant d’obtenir le titre de doyen en 1642. Cette même année, il succéda également à Jehan Queyrats au service de médecin des prisons. Impliqué dans la vie universitaire, il présida aux examens pendant plus de vingt ans.

     Il finit par s’éteindre au début de l’année 1660, alors âgé de 67 ans. De nombreux hommages funèbres lui furent rendus, honorant ses qualités d’orateur mais aussi de praticien. Aujourd’hui certains lieux portent son nom, comme la Faculté de médecine située allées Jules Guesde, mais aussi un quartier de Toulouse ainsi qu’un hôpital suburbain.

 

Crédits photographiques :

Portrait de Pons-François de Purpan © Tout droits réservés

14 mar.

Toiles sur fond d’Histoire : Edouard Filhol

Edouard Filhol

     Parmi les grandes figures de la médecine, il n’est pas rare de retrouver des personnes s’étant illustrées dans plusieurs domaines, parfois bien éloignés de la discipline médicale. Ce fut le cas d’Edouard Filhol, né à Toulouse en 1814, qui fut bien plus qu’un professeur à l’École de médecine.

     Il débuta ses études au collège de Toulouse et apprit la pharmacie durant trois années, avant de partir pour Paris où il réussit le concours d’interne en pharmacie aux hôpitaux. A l’issue de ses études, il fut nommé pharmacien en chef à l’hôpital Beaujon.

     Il retourna dans sa ville natale en 1841, où il fit son entrée dans le monde de l’enseignement. Titulaire de la chaire de Chimie et Pharmacie à l’École de médecine, il donna également des cours de chimie à la Faculté des sciences. Parmi ses élèves figuraient de grands noms liés à Toulouse comme Paul Sabatier, qui lui succéda d’ailleurs dans son rôle de professeur de chimie à la Faculté. En 1858, il prit le poste de directeur de l’École de médecine, place qu’il conserva jusqu’à sa mort vingt-six ans plus tard.

     Ses recherches portèrent sur des domaines variés, comme l’hydrologie, la toxicologie ou bien l’anthropologie. Il fit notamment une étude de la chimie des laits de la région avec l’aide de Nicolas Joly, professeur de zoologie à la Faculté des Sciences de Toulouse. Leur collaboration fut d’ailleurs récompensée en 1855 par le prix de l’académie royale de Bruxelles. Il s’intéressa également aux propriétés des eaux thermales, et assista Félix Garrigou dans ses premières expéditions anthropologiques dans les cavernes de l’Ariège.

     En plus de ses recherches, Edouard Filhol s’impliqua grandement au sein de la communauté scientifique, notamment via les nombreuses sociétés savantes auxquelles il appartenait. Parmi les plus notables figurent l’Académie de médecine de Paris, l’Académie des sciences de Toulouse, ainsi que la Société de médecine de Haute-Garonne. Il fut aussi l’un des fondateurs de la Société d’histoire naturelle de Toulouse (1866), inspiré par l’idée de rassembler de grandes figures de cette discipline pour publier les résultats de leurs recherches et doter le Muséum de collections issues de ces recherches.
    Ainsi, il fut l’un des porte-parole réclamant la création d’un Muséum d’Histoire Naturelle à Toulouse. Celui-ci, à son ouverture en 1865, présentait, entre autres, « la galerie des cavernes ». Cette exposition longtemps unique en France exhibait des pièces récoltées durant différentes expéditions anthropologiques, dont celles de Félix Garrigou.

     Pendant près d’une décennie, il occupa simultanément de nombreux postes à responsabilité. Directeur d’établissements tels que l’École de médecine et le Muséum, il fut également membre du conseil municipal, puis maire de Toulouse de 1867 à 1870 et président de la Société d’Histoire Naturelle.
     Ce cumul de responsabilités prit fin à l’arrivée de la Troisième République, marquant le début d’une période plus calme pour Edouard Filhol, dans laquelle il conserva tout de même ses fonctions à l’Ecole de médecine et à la Faculté des sciences. Il continua ainsi d’exercer jusqu’à sa mort en 1883, s’impliquant également dans des actions bénévoles telles que la création du carillon de la paroisse Saint-Exupère, dont le couvent abritait l’école de médecine et le Muséum.

Crédits photographiques :

Portrait d'Edouard Filhol © Tout droits réservés

14 mar.

Prolongement de la campagne jusqu’au 24 mars 2019

     Nous avons le plaisir de vous annoncer que notre campagne de crowdfunding est prolongée jusqu’au 24 mars 2019 !
     Merci à tous nos généreux mécènes qui nous ont permis de récolter la somme de 8230 euros ! Grâce à vos dons, nous sommes actuellement en mesure de financer la restauration de deux portraits en grand danger, ceux de Francisco Sanchez et d’Auger Ferrier, ainsi qu’un autre moins endommagé, celui de Pons François de Purpan.
     Restons mobilisés pour qu’ensemble, nous puissions préserver ce patrimoine historique de la Faculté de médecine. Le coût d’une intervention dépend de l’urgence des travaux à effectuer et peut varier de 1500 à 3600 euros pour les toiles les plus abimées. En atteignant notre objectif de 9000 euros, nous aurons ainsi la possibilité de prendre en charge la restauration d’un plus grand nombre de tableaux en très mauvais état.
     Aussi nous vous proposons parmi les portraits suivants d’en choisir deux qui seront restaurés avec celui de Pons François de Purpan, si cette somme est atteinte !


 

Auger Ferrier

 Coup de restauration estimé : 3336€                                            

Bernard Salarti

Coût de restauration estimé : 3564€

 

André Soulé

Coût de restauration estimé : 3336€

       Francisco Sanchez

Coût de restauration estimé : 3636€

 

 


N’hésitez pas à participer sur nos réseaux sociaux !

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Merci encore pour votre engagement et votre soutien !

 

Crédits photographiques :

Portrait de Francisco Sachez © Tout droits réservés

Portrait d'Auger Frerrier © Tout droits réservés

Portrait de Bernard Salarti © Tout droits réservés

Portrait d'André Soulé © Tout droits réservés

12 mar.

Vidéo : dans les coulisses de l'atelier Meyerfeld-Ruiz-Abreu

     La campagne de crowdfunding a pu permettre la restauration du portrait d’Arnaud de Bosco, qui était dans un état critique. Mais comment a-t-il été restauré ?
     Dans cette vidéo tournée dans l'atelier Meyerfeld-Ruiz-Abreu, Jérôme Ruiz nous explique en détail les étapes et techniques employées durant ce travail.


     La campagne arrive bientôt à son terme et nous ne sommes qu’à 79% de notre objectif. Pour permettre de restaurer et préserver la collection de portrait de la Faculté de médecine, chaque don compte.

11 mar.

Toiles sur fond d’Histoire : Joseph Louis Félix Garrigou

    

Portrait de Félix Garrigou

     Le XIXème siècle fut une période de grande évolution pour la médecine, que ce soit en matière d’enseignement ou dans le développement de certains domaines, comme la médecine thermale, basée sur l’hydrologie. Ce fut grâce à l’influence de son oncle que Félix Garrigou, dès son plus jeune âge, se prit de passion pour cette discipline.

     Joseph Louis Félix Garrigou vit le jour à Tarascon en Ariège en 1835. Fils d’un écrivain distingué, il commença ses études à l’Ecole de médecine de Toulouse en 1854 avant de partir à Paris deux ans plus tard, afin de parfaire ses connaissances. Là-bas, il suivit avec soin les cours de médecine clinique de Jean-Baptiste Bouillaud, devenant rapidement son élève privilégié. Il étudia en parallèle la géologie et la chimie, matières qu’il estimait essentielles pour une connaissance complète de l’hydrologie. Présentant sa thèse en 1860 sur l’Entéro-mésentérite typhoïde (inflammation de la membrane muqueuse de l’intestin), il reçut par la suite le grade de docteur en médecine.

     Il s’investit dans de nombreux domaines, à commencer par la médecine thermale. Commençant à Aix-les-Bains en tant que médecin libre aux eaux, il devint par la suite médecin consultant à Luchon en 1868. Très impliqué dans cette discipline, il organisa entre autres le premier congrès international d’hydrologie à Biarritz en 1886.
     En parallèle, il s’intéressa également à l’archéologie, dès 1861 et entreprit de nombreuses expéditions dans les cavités de l’Ariège. Préférant l’analyse des sites de fouilles à la simple collecte, il abordait une démarche scientifique dans ses observations, afin de comprendre et retracer les événements passés. Ses recherches furent notamment présentées à l’Exposition Universelle de Paris en 1867.

     Il fit son entrée dans le monde de l’enseignement à Toulouse en 1891, année d’inauguration de la Faculté de médecine et pharmacie. Depuis sa fermeture en 1793, cette réouverture faisait l’objet de nombreuses réclamations de la part de la communauté médicale de la ville rose, mais aussi de nombreuses personnalités d’autres milieux. Le programme d’enseignement fut revu pour l’occasion, permettant la création de nouvelles matières comme l’hydrologie, ainsi confiée à Félix Garrigou. Pédagogue et investit, ce dernier donnait non seulement des cours théoriques, mais aussi des excursions pratiques dans des établissements thermaux pyrénéens.
     Quatre ans plus tard, il poursuivit son engagement avec la fondation, à ses frais, d’une école d’hydrologie dans la ville de Luchon. Les cours, gratuits, se basaient sur l’apprentissage de la géologie, la chimie et la médecine, reflétant la vision de la discipline qu’il avait développée lors de ses études. Cependant, une suite de conflits avec la municipalité finit par l’épuiser, le forçant à prendre du repos. Il laissa la direction de l’école à un de ses élèves, Henri Racine.

     Félix Garrigou était un scientifique renommé, réputation qu’il obtint notamment grâce à ses travaux sur des sujets variés. Ses recherches, publiées par de nombreuses structures scientifiques comme l’Académie des Sciences de Toulouse, lui permirent d’obtenir le titre de membre titulaire au sein de certaines d’entre elles. Il fut également reconnu à l’étranger, ayant entre autres la place de membre honoraire du Blackmore Muséum au Royaume-Uni, ou bien le titre de chevalier de la Couronne d’Italie.
     Cependant, ses recherches sur certains éléments chimiques l’affaiblirent peu à peu. Victime d’un empoisonnement au radium, il s’éteignit en 1920, à l’âge de 85 ans.

 

Crédits photographiques :

Portrait de Félix Garrigou © Tout droits réservés

07 mar.

Toiles sur fond d'Histoire : Charles Marguerite Guillaume Viguerie

Charles Marguerite Guillaume Viguerie

     Durant la seconde moitié du XVIIème siècle, au sein de l’Hôtel-Dieu Saint-Jacques de Toulouse exerçait l’un des précurseurs de la chirurgie moderne : Jean Guillaume Viguerie. Occupant le poste de chirurgien major, il œuvra pour la mise en place de démonstrations anatomiques, alors très restreintes à l’époque. Il était convaincu que pour exceller, il fallait pratiquer le plus tôt possible. C’est dans cette optique qu’il forma son fils cadet, Charles Marguerite Guillaume Viguerie, à l’art chirurgical dès son plus jeune âge. Une rude éducation qui porta ses fruits puisque ce dernier se distingua comme un des plus talentueux chirurgiens de son temps.

     Né en novembre 1779 à Toulouse, Charles Viguerie débuta ainsi ses études, alors tout juste âgé de quatorze ans. Apprenant d’abord auprès de son père, il entra par la suite au collège royal de Toulouse où il obtint de très bons résultats. Cependant l’arrivée de la Révolution française et la fermeture des institutions royales interrompirent son cursus scolaire.
     La Première République cherchant à se renforcer, de grandes vagues de recrutement militaires eurent lieu à travers tout le pays, chose à laquelle Charles Viguerie n’échappa pas : alors à peine âgé de dix-huit ans, il se retrouva nommé chirurgien d’une brigade toulousaine. Quittant d’abord la ville rose pour Perpignan, son régiment fut rapidement appelé à Paris afin de servir de garnison. Gagnant ainsi la capitale, Charles Viguerie profita de l’occasion pour perfectionner ses connaissances médicales en suivant notamment les cours d’Alexis Boyer et de Philippe Pinel, deux éminentes figures de la médecine de l’époque. Il y passa deux années, avant de revenir sur Toulouse en 1800.

     Fort de ses nombreuses compétences, il entra facilement à l’Hôtel-Dieu Saint-Jacques à 21 ans en tant que chirurgien adjoint. Il occupa le poste pendant deux années sous la direction de son père, avant de lui succéder, à la mort de ce dernier, en 1802. Portant alors le titre de chirurgien major, il entreprit de nombreuses réformes afin d’améliorer les conditions de travail du personnel, mais aussi de celles de séjour des malades. Outre son investissement dans la vie de l’Hôtel-Dieu, il sut se distinguer dans de nombreux services de l’établissement, allant de la médecine pratique aux accouchements, en passant par la haute chirurgie.
     Il débuta sa carrière universitaire en parallèle, en commençant par présenter sa thèse en 1802 à Montpellier, obtenant ainsi le grade de docteur en médecine. Il entra l’année qui suivit à la Société de Médecine, Chirurgie et Pharmacie, où il donna des cours sur les maladies externes. A la fondation de l’Ecole impériale de médecine en 1806, il obtint la chaire de Clinique Externe. Il enseigna cette matière pendant près de quarante-cinq ans, au travers desquels il fut témoin des nombreux changements de l’Ecole, devenant d’abord une école secondaire en 1820, puis préparatoire vingt ans plus tard.

     Charles Viguerie avait la réputation d’une personne généreuse et amicale, grandement soucieuse de ses patients et élèves. Relativement discret, il n’écrivit que quelques mémoires sur divers sujets de médecine, mais dont certains renfermaient des idées novatrices pour l’époque : celui sur le Traitement médical des blessures (1811) par exemple mettait en avant la nécessité de combiner la chirurgie et la médecine dans les pratiques médicales, au lieu de les utiliser séparément.
     En 1851, il se retira de ses fonctions, souffrant alors de vives douleurs à la poitrine. A sa mort quatre ans plus tard, de nombreux hommages lui furent fait : une rue de Toulouse fut baptisée à son nom, une plaque commémorative sur sa maison natale fut posée et son portrait fut accroché pendant un temps à l’hospice où il avait exercé durant de longues années. C’est ce même portrait qui est actuellement conservé à la Faculté de médecine Purpan.

Crédits photographiques :

Portrait de Charles Marguerite Guillaume Viguerie © Tout droits réservés

03 mar.

Toiles sur fond d'Histoire : Alexis Larrey


Alexis Larrey

     Au cours des XVIIIème et XIXème siècles, le nom de Larrey marqua à plusieurs reprises l’histoire de la médecine. Que ceux qui l’aient porté soient proches de Napoléon Bonaparte ou bien membre de l’Académie nationale de médecine, ils apportèrent tous une grande contribution au développement de la médecine. Cependant, le premier d’entre eux, Alexis Larrey, né d’une famille modeste, n’était pourtant pas prédestiné à entrer dans le monde médical.

     Né à Beaudéan en 1750, il eut la chance de bénéficier du soutien du baron de Beaudéan pour entrer à l’hospice Saint-Joseph de la Grave en tant qu’aide-soignant, alors à peine âgé de quinze ans. Très studieux et prometteur, il finit lauréat du prix de l’émulation de l’École de chirurgie. Il décida alors de suivre les cours de Mr. Frizac en 1772, chirurgien renommé de l’époque. Six ans après, il se présenta au concours du titre de chirurgien-major à l’Hôtel Dieu qu’il obtint à sa seconde tentative.

     Quelques années plus tard, la Révolution française éclata apportant son lot de bouleversements dans le monde de la médecine. Après la fermeture des Facultés, l’Institut Paganel fut mis en place à Toulouse en 1794 pour assurer un enseignement provisoire. Les professeurs devant prêter serment à la Constitution de la Première République, certains s’y refusèrent et durent alors laisser leur place. Parmi les remplaçants figurait Alexis Larrey. Il y donna cours jusqu’en 1798, date à laquelle l’Institut fut fermé, faute de moyens financiers.
     Il fonda alors avec l’aide de quelques collègues, la Société de Médecine, Chirurgie et Pharmacie, projet qui fut soutenu par la ville de Toulouse et ouvrit ses portes en 1801. Le professeur Larrey y enseigna l’anatomie durant trois ans, jusqu’à ce que la Société soit remplacée par l’École impériale de médecine.

     La fondation de cet école fut en partie possible grâce aux relations de son neveu Dominique Larrey, chirurgien de la garde royale, qui suggéra l’idée à Napoléon Bonaparte. À son ouverture en 1806, l’oncle occupa pendant dix ans le poste de directeur avant de laisser sa place à Pierre-Marie Dubernard, professeur de clinique interne. Très impliqué dans ses fonctions, il fut également titulaire de la chaire d’Anatomie et Physiologie, qu’il conserva bien des années après son remplacement à la tête de l’École de médecine.
     Au cours de ses fonctions, Alexis Larrey fut témoin du début des changements au sein de l’enseignement, notamment avec l’avènement de la médecine d’observation : la maladie et les troubles n’étaient plus sujets aux débats théoriques, mais au contraire à l’examen et l’expérimentation. Suivant cette nouvelle conception, des concours d’internats aux hôpitaux commencèrent à voir le jour à Toulouse dès 1821.

     Peu de temps avant sa mort en 1827, il fut atteint d'une maladie entraînant une paralysie progressive. Posant alors l’hypothèse qu’il était sujet à une inflammation chronique des méninges, ses dernières volontés furent d’être autopsié pour vérifier l’exactitude de son diagnostic. Lors de l’opération, il fut constaté plusieurs lésions cérébrales et un épaississement de ces mêmes méninges ainsi que des ventricules latéraux, dues à une maladie originaire de la muqueuse intestinale. Confirmant alors sa prédiction, son corps fut par la suite utilisé pour l’enseignement, conformément à ses souhaits.

 

Crédits photographiques :

Portrait d'Alexis Larrey © Tout droits réservés

28 fév.

Toiles sur Fond d’Histoire : les origines de l’Université de Toulouse et de l’enseignement de la médecine

     Beaucoup d’universités françaises furent fondées au cours du Moyen-Âge: les premières furent créées au XIIIème siècle comme celle de Paris créée en 1215, même si certaines ne virent le jour qu’au cours du XVème siècle. L’Université de Toulouse figure parmi les plus anciennes (1229), dont la fondation est profondément liée à l’histoire de la région.


     Le début du XIIIème siècle fut marqué par des croisades contre les cathares dans le Languedoc. Ces derniers prônaient un retour à un christianisme plus simple, rejetant les pratiques et symboles apportés par le catholicisme. La rapide expansion de cette doctrine dans le sud de la France inquiéta l’Eglise qui en appela aux croisés pour l’éradiquer. Les chevaliers marchèrent ainsi dans toute la région, ciblant notamment les villes jugées trop tolérantes envers le catharisme. La ville rose subit deux attaques en 1218 et 1229, qui forcèrent le comte de Toulouse Raymond VII à signer le traité de Meaux-Paris, le 10 avril 1229. Sur ordre du pape Grégoire IX et du roi Louis IX, il dut renoncer à ses possessions provençales et carcassonnaises et donner sa fille unique, Jeanne, en mariage au comte Alphonse de Poitiers, frère du roi. Il fut également obligé de fonder une université dont la principale mission était d’empêcher le développement du catharisme en renforçant la position de l’Eglise dans la région.


Illustration de la croisade contre les cathares

     Pour ce faire, un financement sur dix ans ainsi que la rétribution de quatorze maîtres furent nécessaires à la fondation des trois facultés de Toulouse : celle de théologie, celle de droit et enfin celle des arts libéraux. Dans cette dernière étaient enseignées la grammaire, la logique, mais aussi la médecine, où les professeurs étaient appelés « physiciens ». Lupus Hispanicus, médecin de Raymond VII en fut l’un des premiers.

Lupus Hispanicus, l'un des premiers professeurs de médecine de la Faculté


     Le programme des cours de médecine était centré sur l’étude d’écrits antiques comme ceux d’Hippocrate mais aussi de Galien ou Aristote. En plus de la théorie quaternaire des humeurs et éléments, les étudiants apprenaient au fil des leçons à poser des diagnostics via différentes méthodes. L’une des plus populaires, l’uroscopie, consistait en l’étude à l’œil nu des urines en prenant compte de la couleur, de la clarté ou bien des dépôts. Une autre se basait sur l’examen du pouls, qui selon divers facteurs comme la vitesse, l’intensité ou la régularité, permettait d’identifier un trouble.

Illustration d'un cours de médecine du Moyen-Âge


     L’enseignement de la médecine resta tel quel pendant plusieurs siècles, refusant toute opportunité d’innover. Les cours pratiques restaient très rares, tout le savoir nécessaire étant censé se trouver dans les ouvrages, sans qu’il y ait pour autant de remise en question. Il fallut attendre le XVIème siècle pour que des critiques comme Francisco Sanchez commencent à se faire entendre et changer peu à peu la vision de l’enseignement à la Faculté.

 

Crédits photographiques :

Illustration de la croisade contre les catahres : https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/5/5a/Albigensian_Crusade_01.jpg/290px-Albigensian_Crusade_01.jpg

Portrait de Lupus Hispanicus, © Tous droits réservés

Illustration d'un cours de médecine du Moyen-Âge : La grande chirurgie de Guy de Chauliac, chirurgien, maître en médecine de l'Université de Montpellier composée en l'an 1363, Paris : Alcan, 1890 http://www.biusante.parisdescartes.fr/histmed/image?med20523x0194

 

25 fév.

Toiles sur fond d’Histoire : Pierre Naudin et Henry Toussaint

     La France au XIXème siècle est marquée par de nombreux bouleversements. Sur le plan politique, pas moins de huit régimes se sont succédé, du Premier Empire à la Troisième République, dont certains ont drastiquement modifié les frontières du pays. En parallèle, la révolution industrielle s’étendait peu à peu à travers toute l’Europe, ouvrant la voie à de nombreux progrès technologiques. L’innovation s’est également faîte sur les plans scientifiques, intellectuels, artistiques et sociétaux.
     C’est au cours de cette époque de grands changements que deux figures de l’Ecole de médecine se suivirent, Pierre Naudin et Henry Toussaint.

Pierre Naudin

     Pierre Naudin vit le jour en 1783 en Ariège. Alors à peine âgé de dix-huit ans, il se rendit à Toulouse pour faire ses études de médecine, suivant entre autres les cours d’anatomie et de chirurgie d’Alexis Larrey. Nommé professeur adjoint en 1809, il ne put cependant obtenir son doctorat à l’Ecole impériale de médecine, les Facultés étant les seules à pouvoir délivrer le grade de docteur. C’est pourquoi il dut présenter sa thèse sur les polypes utérins à Paris en 1813. Suppléant dès 1820 à la chaire d’Anatomie et de Physiologie, il devint professeur à part entière huit ans plus tard à cette même chaire d’enseignement.
     Il fut témoin des différents changements que subit l’Ecole dans la première moitié du siècle, comme son déménagement aux allées Saint-Michel (actuellement allées Jules Guesde) en 1837 ou bien sa réorganisation en tant qu’Ecole préparatoire de médecine et de pharmacie dans les années qui suivirent. Il y fut nommé professeur honoraire en 1855, poste qu’il conserva jusqu’à sa mort dix ans après.

 

Henry Toussaint

     Jean-Joseph Henry Toussaint, né dans les Vosges en 1847, eut un parcours académique différent. Ce dernier acheva ses études à l’Ecole vétérinaire de Lyon en 1869, lauréat par la suite du concours pour le poste de chef de service d’Anatomie et Physiologie de cette même école. Il arriva sept ans plus tard à Toulouse où il enseigna à l’Ecole vétérinaire à la chaire d’Anatomie, Physiologie et Zoologie.
     Cherchant toujours à parfaire ses connaissances, il obtint par la suite un doctorat ès sciences naturelles et un autre ès médecine, qui lui permirent d’obtenir le titre de professeur de physiologie à l’École de médecine en 1878. Cependant sa santé commença à décliner dans les années qui suivirent, en raison de troubles neurologiques. Il occupa la chaire Anatomie et d’Extérieur en 1884, avant d’être mis en disponibilité trois ans après.
     Tout au long de sa carrière, Henry Toussaint s’impliqua beaucoup dans le domaine de la recherche. Il étudia entre autres la fièvre charbonneuse ainsi que le choléra des oiseaux de basse-cour. Ses travaux ont permis de grandes avancées dans la vaccination animale, alors peu maîtrisée.
     Le vétérinaire fut récompensé par de nombreux prix et distinctions dès 1877, comme les prix Bréant et Montyon décernés par l’Académie de médecine ou bien le titre de chevalier de la Légion d’Honneur. Il s’éteignit le 3 août 1890 et fut enterré à Toulouse, au cimetière de Terre-Cabade.

 

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Portrait de Pierre Naudin, © Tous droits réservés

Portrait d' Henry Toussaint, © Tous droits réservés

21 fév.

La restauration du premier portrait vient de s’achever !

     Après presque trois mois de travail, la restauration du portrait d’Arnaud de Bosco vient de se terminer !


Le portrait restauré d'Arnaud de Bosco

     Pour son retour à la Faculté de médecine Purpan, une soirée d’inauguration a été organisée le mardi 19 février dans la salle du Conseil, rénovée depuis peu. La pièce a été modernisée, tout en gardant l’atmosphère de l’époque. L’imposant lustre doré restauré à Versailles orne de nouveau le centre la pièce, au-dessus de l’ancien plancher qui était auparavant dissimulé sous la moquette usée. Entourés de quelques-uns des tableaux de professeurs accrochés aux murs, nous avons accueilli le premier portrait restauré en présence des doyens des Facultés de médecine Purpan et Rangueil, du Président de l’université, mais aussi des représentants de la fondation Catalyses et de l’atelier de restauration Meyerfeld-Ruiz-Abreu.


L'inauguration du portrait, en présence des nombreux invités.

     Entre ces murs chargés d’histoire, nous avons pu assister à deux conférences, préparées pour l’occasion. Dans la première, Jacques Frexinos, professeur émérite à la Faculté de médecine de Toulouse et auteur de l’ouvrage Histoire de la médecine à Toulouse de 1229 à nos jours, a retracé les grands évènements de l’enseignement de cette discipline dans la ville rose ainsi que la vie de quelques professeurs figurant dans la collection. Puis, Jérôme Ruiz, membre de l’atelier de restauration Meyerfeld-Ruiz Abreu, nous a expliqué les différentes étapes de son travail sur le tableau d’Arnaud de Bosco. Au travers d’un diaporama, nous avons ainsi pu observer l’évolution de l’état du portrait tout au long de la restauration, et constater de nouveau l’importance de ce travail dans la préservation de ce patrimoine. Vous pourrez prochainement découvrir une vidéo réalisée dans l'atelier de restauration Meyerfeld-Ruiz-Abreu où le restaurateur détaille les différentes altérations menaçant le tableau et les diverses techniques utilisées pour que cette œuvre retrouve son intégrité et sa lisibilité.
 


Jacques Frexinos, au cours de sa conférence sur l'histoire de la médecine à Toulouse

     Un grand merci à Jacques Frexinos et Jérôme Ruiz pour leurs interventions, mais aussi à la Faculté de médecine Purpan qui a pu permettre l’organisation de cet évènement, ainsi qu’à la fondation Catalyses qui s’est engagée dans le financement de quelques-uns des tableaux les plus endommagés.


     Nous avons également le plaisir de vous annoncer que la campagne est prolongée jusqu’au 15 mars 2019. Pour préserver ce patrimoine ancré dans l’histoire de l’enseignement à Toulouse, chaque don compte, nous comptons sur votre aide.

 

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18 fév.

Toiles sur fond d’Histoire : un air de famille

     A l'aube du XIXème siècle, l’Ecole impériale de médecine de Toulouse vit Pierre-Marie Dubernard remplacer son père, Louis Dubernard, à la chaire d’enseignement de Clinique Interne. Ayant vécu pendant une période secouée par de nombreux changements politiques et sociétaux, les deux hommes ont eu des vies bien différentes, et ce malgré leurs nombreux points communs.


Louis Guillaume Dubernard


     Louis Guillaume Dubernard est né en 1728 à Saint Girons. Brillant élève lors de ses études à Toulouse, il posa sa candidature à la chaire de Pharmacie et Chimie de la Faculté de médecine en 1757. Il remporta le concours haut la main, mais ne pouvant pas devenir professeur en raison de son âge, il dut attendre une année avant de pouvoir enseigner. Il prodigua des cours sur des matières négligées à l'époque, comme la chimie « pneumatique »  et la botanique. Il fut témoin de la fermeture de la Faculté après la Révolution française en 1793, occupant à ce moment le poste de régent. Il enseigna par la suite à l’Institut Paganel, puis à l’Ecole impériale de médecine à la chaire de Clinique Interne.

     Outre son investissement dans l’enseignement, il se distingua dans de nombreux autres domaines. Directeur du jardin de la Sénéchaussée, il y donna des cours de botanique dès 1763 et participa grandement au succès du jardin. Il partagea notamment la direction du jardin avec Philippe Picot de Lapeyrouse en 1778, grande personnalité dans le monde de la botanique à l’époque qui participera à l’ouverture du Jardin des Plantes à la fin du XVIIIème siècle.
     Louis Guillaume Dubernard fut également médecin de l’Hospice civil en 1770, poste dans lequel il s’investit pleinement. Il a également écrit quelques ouvrages de médecine portant sur des sujets divers tels que les fièvres tierces de l’automne. Ces nombreux faits lui permirent d’être nommé Capitoul de Saint-Sernin puis de la Dorade.


    Il finit sa vie en 1809 à l’âge de 82 ans, laissant derrière lui quatre enfants dont deux fils. L’un d’entre eux devint conseiller à la cour royale de Toulouse, quant à l’autre, il suivit les traces de son père en empruntant la voie de la médecine.

Pierre Marie François de Paule Dubernard


     Ce dernier, Pierre Marie François de Paule Dubernard, prit la succession de son père en 1809 à la chaire de Clinique Interne de l'Ecole impériale de médecine de Toulouse. Cependant, il n’eut pas la chance de pouvoir s’illustrer autant que ce dernier.

     Atteint de la goutte quelques années plus tard, il eut besoin du soutien de Jean Lannes dès 1814, docteur de la Faculté de médecine de Paris, pour continuer à enseigner. Quatre ans plus tard, le professeur Dubernard demanda à ce que son assistant soit nommé suppléant sans succès. A sa place fut recommandé Lafont-Gouzy, médecin aux idées bien différentes de celles de Dubernard fils. On ne sait que peu de choses sur la manière dont ce dernier a enseigné, si ce n’est qu’en 1819 il demande à la mairie de Toulouse un cadavre de détenu pour une démonstration anatomique.

     Reprenant les fonctions de directeur de l’Ecole de médecine au départ d’Alexis Larrey en 1816, il garda tout de même sa place à la chaire de Clinique Interne jusqu’à sa mort en 1833.

 

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Portrait de Louis Guillaume Dubernard, © Tous droits réservés

Portrait de Pierre Marie François de Paule Dubernard, © Tous droits réservés

14 fév.

Toiles sur fond d’Histoire : Roch Tarbès

    

Roch Tarbès
 

     14 Juillet 1789, prise de la Bastille. Une journée historique, qui précéda plusieurs années d’instabilité durant lesquelles un tout jeune gouvernement tentait de faire ses preuves. C’est dans ce contexte brumeux que Roch Tarbès, né en 1752 dans une famille modeste, exerçait en tant que maître chirurgien et professeur.

     Concerné par la santé publique, il fut l’un des enseignants de l’institut Paganel créé en 1794 à Toulouse pour donner un « enseignement national provisoire », en raison de la fermeture de la Faculté de médecine deux dans plus tôt. Découlant de l’application des lois du 14 juin 1791 et du 18 août 1792, où toutes corporations de citoyens de même état ou profession étaient illégales, l’institut survécu quatre courtes années avant de fermer définitivement ses portes, faute de budget. On retrouva Roch Tarbès par la suite à la Société de Médecine, Chirurgie et Pharmacie, fondée par l’initiative lancée en 1801 par des médecins de la ville rose. Allant à l’encontre des lois énoncées, cette société avait pour but de créer un enseignement de la médecine, mais aussi des consultations gratuites afin de contrecarrer l’afflux de charlatans dans la ville. Cinq années et le coup d’état de Napoléon Bonaparte plus tard, la faculté fut officiellement rouverte en tant qu’Ecole Impériale de Médecine de Toulouse.

     Son engagement dans la médecine ne fut pas que d’ordre éducatif, puisqu’il fut le promoteur de la première campagne de vaccination contre la variole dans la ville rose en 1800. Allant même jusqu’à en faire une démonstration publique pour convaincre les administrateurs de l’hôpital de Grave, c’est plus de 10% de la population toulousaine qui se fera finalement vacciner.

     Sympathisant des idées révolutionnaires, il fut peut-être l’un des rares membres du corps médical de la ville à s’engager aussi loin dans cette voie. Ses motivations restant pour le moins floues, il fut toutefois incarcéré peu de temps, après la chute de Robespierre. Ayant assisté à la fin de l’Empire et à la restauration de la Monarchie sous Louis XVIII, le chirurgien s’éteignit en 1830.

 

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Portrait de Roch Tarbès, © Tous droits réservés

11 fév.

Toiles sur fond d’Histoire : la Faculté de médecine et ses régents aux XVIIème et XVIIIème siècles

     Le XVIIIème siècle est une période marquée par le mouvement des Lumières prônant, à travers la symbolique du rayonnement, la diffusion des savoirs comme arme contre les ténèbres de l’ignorance. De la mort du Roi-Soleil à la Révolution française, c’est toute la société de l’époque qui fut profondément influencée, dont le monde de la médecine et de son enseignement.

     A Toulouse, la Faculté de médecine avait hérité d’un certain prestige du siècle dernier grâce aux travaux de ses régents. On peut citer par exemple le Codex medicamentarius, écrit par Pons-François Purpan avec l’aide d’autres médecins comme Jean Lecocq. Cependant, un certain laxisme dans l’enseignement s’y était installé, les trois professeurs de la Faculté se faisant souvent remplacer pour la lecture de textes anciens.
     Ce pourquoi au début du siècle suivant, Louis XIV fit appliquer un édit royal visant à réorganiser les études et la pratique de la médecine. Certains changements virent ainsi le jour, comme le dédoublement de la chaire de Chirurgie et donnant naissance aux chaires de Chimie et Pharmacie et d’Anatomie et Chirurgie.

Jean Lecocq, régent à la Faculté de médecine de Toulouse en 1645


     Dans ce siècle de nouveautés, plusieurs figures nouvelles de la médecine firent ainsi leur apparition, comme Jean Astruc né à Sauves (Gard) en 1684.
     Ayant étudié la médecine à Montpellier au début du XVIIIème siècle, il devint professeur d’anatomie à Toulouse après son cursus avant qu’un conflit avec la communauté des maîtres chirurgiens ne le fasse revenir dans la ville de ses études. En 1729, il devint le médecin d’Auguste II, roi de Pologne qui l’invita à Dresde, à l’est de l’Allemagne. Il y passa une année avant de revenir à Paris pour être médecin de Louis XV avant de repartir pour Montpellier. En 1731, il fit une brève apparition à Toulouse où il fut nommé Capitoul en remerciement de ses cours sur l’anatomie qui était peu enseignée à l’époque. Puis la même année, il devint professeur de la Faculté de Paris, et s’y installa définitivement, siégeant au Collège de France. D’abord peu apprécié par ses pairs, il arriva tout de même à rentrer à l’Académie de médecine, bien que provincial d’origine.
     Jean Astruc était un érudit à l’esprit critique très aiguisé, aussi connu pour son fort caractère qui lui fit entrer en conflit avec de nombreuses personnes, chirurgiens, médecins ou même de la cour royale. Cela ne l’empêcha pas de publier jusqu’à sa mort en 1766 de nombreux travaux, tous sur des sujets plus variés les uns que les autres : sur la digestion, la mycologie, la botanique, ou encore la théologie. Il fit notamment une synthèse des travaux sur les maladies gynécologiques de l’époque, à laquelle il ajouta ses commentaires. Ses écrits les plus célèbres restent tout de même ceux sur les maladies vénériennes, précurseurs pour l’époque.

Jean Astruc, professeur d'anatomie à la Faculté de médecine de Toulouse de 1712 à 1715

 

     La Faculté quant à elle continua son évolution jusqu’à la fin du siècle, notamment avec la création en 1773 d’une nouvelle chaire d’enseignement : la chaire de Médecine Théorique et Pratique. Destinée aux étudiants de troisième année, elle fut fondée grâce au don de 20000 livres de deux médecins. Le premier, Thomas Perez, était un médecin réputé de la ville rose qui y exerça pendant plus de cinquante ans. Il occupa la chaire pendant deux ans avant de la laisser au second mécène, Giles Arrazat, docteur en médecine de l’Université de Montpellier. Ce dernier continua d’enseigner jusqu’à la fermeture de la Faculté après la Révolution française.

Thomas Perez, co-fondateur de la chaire de Médecine Théorique et Pratique en 1773

 

 

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Portrait de Jean Astruc, © Tous droits réservés
Portrait de Jean Lecocq, © Tous droits réservés
Portrait de Thomas Perez, © Tous droits réservés

 

 

07 fév.

Visite de l’atelier de restauration Meyerfeld-Ruiz-Abreu

     Une grande maison perdue dans la campagne. C’est dans ce lieu de calme et de quiétude que seront restaurées les toiles des portraits de la Faculté de médecine. Afin de vous présenter l’envers du décor, nous sommes partis visiter l’atelier de restauration, où nous avons été accueillis par Florence Meyerfeld et Jérôme Ruiz.

L’atelier : les origines

     L’atelier a été fondé en 1997 par Florence Meyerfeld. Les débuts étaient assez difficiles, il y avait tout à installer, se créer un réseau…  le métier en lui-même était encore assez méconnu à l’époque, il était ainsi assez difficile de se faire connaître. Jérôme Ruiz l’a rejoint par la suite en 2003 à l’issue de son stage de fin d’étude à l’atelier. Sandra Abreu fut la dernière à rejoindre l’équipe de l’atelier.

     Si les trois restaurateurs effectuent le même métier, ils ont cependant des parcours différents : Florence Meyrefeld est diplômée de l’Institut National du Patrimoine, alors que Sandra Abreu a fait une formation privée à l’école de Condé. Quant à Jérôme Ruiz, il cumule les deux formations.

Leur travail

     La restauration demande une extrême patience et une grande précision : une œuvre pouvant demander plusieurs mois de travail, il est nécessaire de s’organiser entre les différentes commandes, certains formats impliquant la présence de plusieurs personnes pour être restaurés. C’est notamment le cas pour les grands tableaux, où s’entourer de personnes qualifiées est primordial pour mener de tels travaux (pendant les manœuvres de dépose et repose d'un tableau par exemple, qui sont extrêmement délicates). Cependant ce travail en équipe demande une vision commune de la manière de restaurer, d’être d’accord sur l’équilibre entre la conservation et la cohérence esthétique de l’œuvre.

     Sur un marché où la concurrence se fait de plus en plus sentir, les membres de l’atelier ont pris le partit de travailler localement. Ayant des commandes de beaucoup de communes, ils œuvrent surtout sur des peintures liturgiques. La fondatrice de l’atelier fait d’ailleurs remarquer qu’avec une telle expérience locale, ils ont à présent une bonne idée de de la cohérence picturale du XVII au XIXème dans les églises de la région.

Leurs expériences

     Avec presque vingt-deux ans d’existence, nombreuses sont les œuvres ayant été restaurées à l’atelier. Mais comme dans tout métier, certaines expériences marquent plus que d’autres. Aussi ont-ils choisi de nous parler de quelques-unes d’entre elles comme la Bataille de Constantin contre Maxence de Nicolas Tournier conservé au musée des Augustins de Toulouse par exemple. Ce chantier long de trois années a été réalisé in situ, dans l’espace d’exposition. La restauration de ce tableau aux dimensions impressionnantes (5,50 m de longueur pour 2,60 m de hauteur) s’est ainsi faîte en partie en public, les visiteurs pouvant ainsi assister au travail des restaurateurs. Une autre de leurs anecdotes était la découverte en plein centre d’une grande peinture liturgique, de la discrète signature de l’auteur.

     Travailler sur une collection comme celle des portraits de la Faculté de médecine de Toulouse est pour eux une expérience très intéressante, notamment dû au fait qu’une collection possède une richesse due aux à l'histoire qui lie les différentes pièces entre elles, chose que ne peut pas avoir un simple tableau.

     Le premier portrait de notre campagne à passer par l’atelier est celui d’Arnaud de Bosco, écolier des arts à Toulouse en 1378 et maître régent en médecine en 1423. Une vidéo portant sur ce tableau sera disponible prochainement, où vous découvrirez notamment plus en détails les différentes méthodes de travail utilisées pour restaurer les portraits.

 

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Photographies de l'atelier : Emeline Restes, © Tout droits réservés

04 fév.

Toiles sur fond d’Histoire : Jehan Queyrats

Jehan de Queyrats

     Dans l’histoire de l’enseignement de la médecine de Toulouse, il n’est pas rare de voir, mis au premier plan, des grands noms comme Antoine Dumay ou Francisco Sanchez. Cependant, bien d’autres personnes moins connues ont pris part au développement de la Faculté, dont certaines dans des contextes de grandes crises. C’est notamment le cas de Jehan de Queyrats, médecin de la fin du XVIème siècle, qui se retrouva au cœur d’un long conflit opposant médecins et chirurgiens.

     Né à Carpentras (Vaucluse), il fit ses études de médecine à Montpellier où il décrocha son doctorat en 1593. Après quelques années où il aurait pratiqué dans le Languedoc, il rejoint Toulouse à l’aube du XVIIème siècle.

     A cette époque, les chirurgiens possédaient une certaine reconnaissance dans la ville rose : ayant créé en 1517 l’Office de chirurgie et de barberie de Toulouse, l’organisation dispensait des cours théoriques mais surtout pratiques, consistant en des démonstrations anatomiques sur des cadavres. La formation destinait les élèves à devenir maîtres chirurgiens, et même si elle n’était pas incluse dans l’enseignement de la Faculté de médecine (qui ne possédait à l’époque que deux chaires d’enseignement), cette dernière gardait tout de même un contrôle sur les examens finaux.

     C’est alors qu’en 1604, la chaire de Chirurgie et Pharmacie, fut créée par décret royal, nommant Jehan de Queyrats à sa tête. La création de cette chaire visait à suivre l’exemple d’autres villes comme Paris ou Montpellier, où ces matières étaient déjà enseignées. La nouvelle ne fut pas très bien acceptée par les médecins de l’établissement, objectant que l’image de la Faculté en serait dégradée. Ce fut alors le début d’une longue série de procès opposant les médecins aux chirurgiens et pharmaciens sur la légitimité de la chaire d’enseignement, qui se termina au bout de six années sur l’officialisation de cette dernière. Cependant Jehan de Queyrats n’avait pas attendu la fin du conflit pour commencer à enseigner, bien au contraire. Donnant cours à l’école de chirurgie, ses élèves étaient tout aussi bien des étudiants chirurgiens que médecins, ne voyant aucun mal à avoir cours ensemble. Il poursuivit ensuite son enseignement à la chaire nouvellement créé pendant deux années, avant qu’il ne remporte le concours à la régence de chaire de Médecine de Toulouse, alors tout juste libérée, laissant ainsi la chaire de Chirurgie et Pharmacie vide. Elle fut finalement supprimée pour n’être rétablie que près de quatre-vingt ans plus tard.

     Outre le rôle qu’il joua dans la reconnaissance de l’enseignement de la chirurgie et de la pharmacie, Jehan de Queyrats fut tout au long de sa vie une personne très impliquée dans le fonctionnement de la Faculté. Il succéda également à Antoine Dumay à la visite des prisons et publia quelques travaux comme le Bref recueil des remèdes les plus utilisés pour se préserver et guérir de la peste. Mort en 1642, il fut enterré au cimetière des pères de la Trinité à Paris, conformément à son souhait.

 

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Portrait de Jehan Queyrats, © Tous droits réservés

 

31 jan.

Toiles sur fond d’Histoire : Francisco Sanchez

Francisco Sanchez

     Parmi les grandes figures pensantes de l’Histoire de France, il n’est pas rare de trouver des personnalités venant d’ailleurs, comme pour Francisco Sanchez. Né en 1550 à Tuy, à la frontière du Portugal et de l’Espagne, son père était un médecin juif reconnu, nouvellement converti au catholicisme. Malheureusement, ceci ne le mit pas à l’abri de l’Inquisition et craignant pour ses proches, il fuit avec sa famille vers Bordeaux, le jeune Francisco était alors âgé de douze ans.

     Suivant la voie de son père, il étudia la médecine à Rome puis à Montpellier, et y obtint son baccalauréat de médecine à l’âge de 23 ans, son doctorat l’année suivante ainsi qu’une chaire de professeur. Cependant, en plein contexte de guerre de religion entre catholiques et protestants, il finit par subir des persécutions de ces derniers et préféra partir pour Toulouse dès 1575.

     S’il y a bien une chose pour laquelle Francisco Sanchez était connu à l’époque, c’était pour son scepticisme. Etant à la fois médecin et professeur de philosophie, il était extrêmement critique sur la médecine de l’époque, rejetant les écrits antiques ou bien même les vérités mathématiques. Prônant toutefois une recherche de la connaissance même imparfaite, sa publication la plus célèbre Quod nihil scitur (1580) (traduisible par « Il n’est science de rien »), eut un important impact dans la société pensante de l’époque, dont les idées ont inspiré d’autres philosophes de son temps comme Descartes.

Frontispice de son ouvrage Opera medica


     Reprenant la chaire d’Antoine Dumay peu de temps avant la mort de ce dernier, Francisco Sanchez finit régent de la Faculté de médecine où il continua à publier jusqu’à sa mort. Certains de ses textes seront même édités à titre posthume, plus de vingt ans après qu’il ne se soit éteint.

 

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Portrait de Francisco Sanchez, © Tous droits réservés

Frontispice : SANCHEZ, Franciscus, Opera medica, Edition Toulouse : P. Bosc, 1636
http://www.biusante.parisdescartes.fr/histmed/image?00383

28 jan.

Toiles sur fond d’Histoire : Antoine Dumay

Antoine Dumay

     C’est dans une France tourmentée par les conflits entre catholiques et protestants qu’Antoine Dumay vit le jour à Beaune en 1550. Sa famille anoblie depuis 1387 côtoyait la haute société, ce qui permit à ses frères d’occuper des places telles que seigneur ou conseiller du Roi. Mais ce ne fut pas le cas du jeune homme qui décida d’emprunter la voie de la médecine, peut-être pour suivre les traces de son oncle, Claude Le Belin. Il prit ainsi le chemin de Montpellier pour y faire ses études et décrocha, à peine âgé de 19 ans, son baccalauréat dans cette discipline. Il arriva peu de temps plus tard dans la ville rose où il y épousa une riche veuve du nom de Jeanne Cayla.


     Professeur à la Faculté de médecine dès 1588 à la chaire d’hygiène et thérapeutique, il resta  quelqu’un de discret, laissant la publication d’ouvrages à d’autres auteurs comme le philosophe et médecin Francisco Sanchez. Il fut néanmoins témoin de quelques événements majeurs dans l’histoire de la faculté, comme la polémique de la création de la troisième chaire de médecine, chirurgie et pharmacie pour laquelle la communauté des médecins était farouchement opposée.


     Mais en plus d’être professeur, Antoine Dumay était un fin diplomate et un excellent homme d’affaire, qualités qui l’érigèrent au rang de conseiller et premier médecin de Marguerite de Valois, sœur du roi Henri III et épouse de Henri de Navarre, futur Henri IV. Lui prodiguant soins et conseils sur son patrimoine, il a possiblement eu une influence non négligeable sur les décisions prises par la dame, alors que cette dernière était assignée à résidence lors de la guerre des trois Henri. Il commanda également la construction d’un hôtel particulier à son nom en lieu et place d’une des maisons que lui avait apportée sa femme en dot. Cet immeuble abrite aujourd’hui le musée du Vieux-Toulouse et l’association des Toulousains de Toulouse. Sa devise, inscrite sur le seuil, témoigne de son caractère calme et réfléchit qu’il conserva jusqu’à sa mort en 1611 : « Tempore et diligentia »  que l’on peut traduire : « Par le temps et l’application ».

Musée du Vieux-Toulouse

 

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Portrait d'Antoine Dumay : © Tous droits réservés [https://toulousainsdetoulouse.fr/lassociation/antoine-dumay]

Photographie du musée du Vieux-Toulouse : Didier Descouens, CC BY-SA 4.0


 

24 jan.

Toiles sur fond d’Histoire : Auger Ferrier

Auger Ferrier

     Le XVIème siècle voit la diffusion de la Renaissance en Europe, offrant une véritable révolution dans les arts, le commerce, les courants de pensée… Il fut aussi profondément marqué par le début des guerres de religions entre catholiques et protestants, dans lesquelles Catherine de Médicis joua un rôle important. C’est en proche de la cour royale que le médecin, Auger Ferrier, exerça tout au long de sa vie.

 

     Né en 1513 à Toulouse et fils de maître chirurgien, il commença ses études de médecine dans cette même ville avant de les finir en 1540 à Montpellier. Il s’installa alors à Paris, où il sympathisa rapidement avec des membres de la haute société. Il fut ainsi présenté à la reine, qui le prit comme médecin personnel, mais aussi comme conseiller et astrologue pendant plusieurs décennies. Il revint sur Toulouse en 1581, pour y enseigner la médecine mais aussi pour exercer à l’Hôtel Dieu.


     Humaniste et intellectuel, il a participé à la redécouverte de textes antiques (grecs, romains et arabes) en les traduisant et les publiant. Du côté de la médecine, il s’illustra dans l’étude de la syphilis, récemment arrivée en France, mais aussi dans des travaux précurseurs de la psychanalyse sur l’analyse des rêves, basés sur l’oniromancie antique.


     Mais son écrit le plus célèbre reste son traité « Remèdes préservatifs et curatif de la peste » en 1548. Il contient une liste de précautions à prendre face à la maladie, comme quitter le foyer d’infection et ne revenir qu’une fois la menace écartée, mais aussi l’usage de saignées non abusives, de feux odorants et de bourses d’aromates pour combattre l’odeur. Le traité met aussi en garde contre les remèdes de charlatans tels que l’huile de scorpion, ou bien les pilules mercuriales. Outre ces précieuses informations pour l’époque, ce qui fit le succès de ce livre fut son format : de simples petits livres cousus, transportables et écrits en français, qui contrastaient avec les habituels gros ouvrages écrits en latin. Il fut réédité jusqu’au XVIIIème siècle et traduit dans de nombreuses langues.


     Reconnu par ses pairs, ses travaux reflètent la médecine de l’époque, expérimentale et en même temps archaïque. Mort en 1588, il est aujourd’hui considéré comme une des personnes ayant contribué le plus au rayonnement de la Faculté de Toulouse.

 

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Portrait de Auger Ferrier, © Tous droits réservés

22 jan.

Merci !

 

 

Notre campagne de financement participatif s'achève dans 10 jours et nous sommes déjà à 78% de notre objectif, ce qui représente 7030€ !

Restons mobilisés et surtout MERCI à vous tous d'être si nombreux à nous encourager et à nous soutenir.

Au fur et à mesure que les dons augmenteront, le portrait d'Henri Toussaint se colorisera symboliquement pour représenter toutes les oeuvres que nous pourrons sauver grâce à votre générosité. Si nous dépassons notre objectif, le portrait d'un autre professeur retrouvera ses couleurs.

21 jan.

Toiles sur fond d’Histoire : Raymond de Sebonde

    

Raymond de Sebonde

     La fin du Moyen Âge est une période marquée par de profonds contrastes au sein même de la société. Ainsi coexistaient superstitions et foi véritable, charité et cupidité…  La situation politique qui régnait était chaotique, la mort de Charles VI au début du XVème siècle engendra une lutte pour la couronne entre Charles VII et les partisans d’Henri VI d’Angleterre, alors seulement nourrisson. Quant à l’Eglise, elle traversait une profonde crise, déclenchée par les conciles de Constance et de Bâle qui ont révélé les tensions au sein de la chrétienté. C’est dans ce sombre contexte que Raymond de Sebonde, médecin et théologien exerça à Toulouse.


     On ne sait que peu de choses sur sa vie : né à Barcelone au XIVème siècle, il finit par gagner la ville rose pour y devenir maître des arts, mais aussi docteur en médecine et professeur d’Écriture Sainte à l’Université. Il se fit surtout connaître pour ses écrits dont sa Théologie naturelle ou Livre des créatures (Theologia naturalis sive Liber creaturarum). Cet ouvrage, écrit peu de temps avant sa mort en 1436, illustre la crise sociale, politique et religieuse qui régnait à l’époque, en proposant une doctrine aidant à répondre à ses interrogations. Le livre connut un certain succès à sa sortie à la fin du XVème siècle et fut rapidement traduit en français par Montaigne au début du XVIème siècle.

 

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Portrait de Raymond de Sebonde, © Tous droits réservés

 

16 jan.

Toiles sur fond d’Histoire : la médecine au XVème siècle

     Le XVème siècle est une période charnière entre le Moyen Age et la Renaissance. Il est marqué par de nombreux conflits, comme la Guerre de Cent Ans mais aussi par la tristement célèbre peste noire. C’est au cours de cette période que la Faculté de médecine de Toulouse vit se succéder à sa tête plusieurs personnalités comme Arnaud de Bosco, Bernard Salarti, André Soulé, ou Jean Dascis.

Jean Dascis, régent de la Factulté de médecine en 1494


     Cependant, l’enseignement de cette discipline était à l’opposé de ce que l’on fait actuellement. En effet, il était considéré que toute la connaissance nécessaire se trouvait dans les textes antiques, d’auteurs comme Hippocrate ou Aristote. Ainsi, les cours durant cette période-ci débutaient par la lecture de ces textes (lectio - leçon) suivie d’un débat pour argumenter pour ou contre le sujet du jour (quaestio/dispusatio – question/dispute). On enseignait entre autres la théorie quaternaire des humeurs et éléments, selon laquelle le corps humain serait composé de quatre éléments (eau, terre, air, et feu) et quatre humeurs (le sang, la bile, l’atrabile et la pituite). Par conséquent, la pratique était peu présente au programme, les premières autopsies n’ayant été autorisées par l’Eglise qu’au milieu du XIVème siècle.

Représentation d’un médecin du XVème siècle


     L’exercice de la médecine à cette époque se faisait presque exclusivement par examens d’urines, selles, du pouls et du sang du patient. L’idée était que la maladie donnait des signes caractéristiques, visibles lors de ces examens. La médecine était aussi souvent associée à l’astrologie, via la théorie selon laquelle les constellations auraient un impact sur l’état physique de l’être humain.

La gamme chromatique des urines, que les médecins consultaient pour émettre leur diagnostique


   Lorsqu’il était nécessaire de faire des opérations sur le corps, comme des saignées, la tâche était léguée à des barbiers spécialisés. Ces derniers, prenant plus tard le nom de chirurgiens, gagneront un certain succès auprès de la population, au point d’établir leur propre corporation en 1471.

 

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La gamme chromatique des urines, La Chronique médicale : revue bi-mensuelle de médecine historique, littéraire & anecdotique, 1908, n° 15, Edition Paris : Chronique médicale, 1908
http://www.biusante.parisdescartes.fr/histmed/image?med130381x1908x15x0775

Représentation d’un médecin du XVème siècle, LACROIX, Paul, Ouvrage Sciences et lettres au Moyen Âge et à l'époque de la Renaissance, Paris: Firmin Didot, 1877
http://www.biusante.parisdescartes.fr/histmed/image?01005

10 jan.

Toiles sur fond d'Histoire : l’origine de la collection

       L’histoire de cette collection remonte en 1776 avec le legs par M. d’Aubons d’une somme de 150 livres, destinée à habiller la salle d’assemblée de la Faculté avec les portraits des professeurs les plus émérites ayant enseigné dans cette institution.

       Le médecin avait déjà fait don de son vivant du portrait de Francisco Sanchez, ce qui fait de ce tableau le premier de la collection. Dix-neuf autres y seront ajoutés, comme entre autres celui d’Antoine Dumay. Leur composition est similaire à celle des portraits gravés aux XVIIème et XVIIIème siècles, utilisés comme frontispices de livres.

       Il faudra attendre la fin du XIXème-début XXème siècle, pour que la collection s’agrandisse de nouveau, avec des personnalités plus contemporaines. On trouve parmi ces vingt-cinq nouveaux tableaux, les portraits d’Alexis Larrey ou bien Roch Tarbès. Les compostions picturales y sont ici plus variées, certaines comportant même des éléments de leur vécu comme les livres qu’ils ont publiés.

Les entreprises mécènes...

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