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Portraits oubliés de la Faculté de médecine

Ensemble, participons à la sauvegarde du patrimoine historique de la Faculté de médecine de Toulouse.
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Université Toulouse III - Paul Sabatier
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Toulouse

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IR 2019 IS 2019

Université Toulouse III - Paul Sabatier

Héritière d’une longue histoire L’enseignement est intimement lié à l’histoire de Toulouse qui voit la fondation de son Université dès 1229. Si les ...

Université Toulouse III - Paul Sabatier

Héritière d’une longue histoire L’enseignement est intimement lié à l’histoire de Toulouse qui voit la fondation de son Université dès 1229. Si les ...

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IR 2019 IS 2019
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Toulouse

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IR 2019 IS 2019

Université Toulouse III - Paul Sabatier

Héritière d’une longue histoire L’enseignement est intimement lié à l’histoire de Toulouse qui voit la fondation de son Université dès 1229. Si les ...

La médecine à Toulouse, une histoire qui s’écrit depuis 1229

Et quelle histoire ! Que l’on soit médecin de la reine, comme Auger Ferrier ou Antoine Dumay qui conseillèrent respectivement les reines Catherine de Médicis et Marguerite de Valois ; que l’on soit pionnière dans sa discipline comme Marthe Condat qui fut parmi les premières femmes reçues à l’agrégation des Facultés de médecine en France (1923), puis titulaire d’une chaire universitaire à Toulouse (1932) ; ou que l’on soit héros de la Résistance, comme Joseph Ducuing ou Camille Soula ; l’histoire de la médecine a laissé son empreinte à Toulouse.

De cette histoire, l’université Paul Sabatier conserve une galerie d’Illustres composée de 45 portraits peints, inscrits au titre des Monuments Historiques depuis 2009, encore aujourd’hui exposés dans les locaux historiques de la Faculté de médecine Purpan, au cœur du quartier des sciences de Toulouse.

Parmi ces 45 tableaux, un fonds ancien de 1776 et une autre collection du XIXe siècle ont été identifiés. Ce patrimoine artistique et historique représente un témoignage capital pour l’histoire de la médecine et de son enseignement dans la ville rose. Un précieux héritage donc, au regard de l’histoire locale et culturelle.

Si la plupart de ces figures vous sont inconnues, de grands noms surgissent également : Antoine Dumay, François de Purpan, Alexis Larrey etc.!

Un patrimoine marqué par le temps

Image du projet Portraits oubliés de la Faculté de médecine

Après avoir été alertée sur l’état de conservation inquiétant de certains portraits, l’université Toulouse III-Paul Sabatier a engagé les démarches nécessaires pour pouvoir préserver cet important patrimoine.

Un atelier de conservateurs-restaurateurs du patrimoine est donc intervenu pour effectuer les premiers constats d’état et poser les premiers diagnostics. Toiles distendues, lacunes, soulèvement de couche picturale, châssis infestés, certaines altérations sont bien préoccupantes et il nous faut agir !

Afin de pouvoir effectuer les travaux préconisés pour la sauvegarde de ces oeuvres dans des délais raisonnables, nous avons besoin de mobiliser les communautés de passionnés et de votre générosité pour faire sortir ces figures de l’ombre.

Les travaux consisteront en une stabilisation et une restauration des œuvres, ainsi qu’une analyse et un traitement sanitaires. Ils  seront également l’occasion d’entamer une réflexion sur une nouvelle muséographie.

Pourquoi nous soutenir ?

 

 

 

 

 

L’objectif de tels travaux est que ces œuvres puissent être à nouveau manipulées et faire également l’objet de prêts pour des expositions.

Le coût de restauration moyen d'un tableau nécessitant une intervention urgente est de 5000€. Si nous parvenons à récolter 9000€ nous pourrons alors restaurer une oeuvre en péril et un autre tableau moins endommagé.

Un second pallier est fixé à 17 000€. Si les dons nous permettent d'atteindre cette somme nous aurons la possibilité de prendre en charge deux oeuvres supplémentaires.

Pour que l’ensemble de ces personnalités ne sombre pas dans l’oubli et continue d’inspirer les étudiants de la Faculté de médecine de Toulouse, chaque don compte.

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... ET JE DÉCOUVRE MES CONTREPARTIES

  • Un grand merci !
  • Un tote bag aux couleurs de notre campagne
  • Une visite VIP de la Faculté de médecine Purpan (valable pour 1 personne)
  • Une visite privée du Jardin Botanique Henri Gaussen suivie d'un petit déjeuner sur place
  • Une invitation au vernissage de la présentation des oeuvres après restauration
  • Vous bénéficiez d'un " accès privilège " à 3 événements autour du patrimoine de l'UT3-PS
  • Un cartel nominatif mentionne votre implication pour la sauvegarde des portraits
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... ET JE DÉCOUVRE MES CONTREPARTIES

  • Un grand merci !
  • Une visite VIP de la Faculté de médecine Purpan (valable pour 1 personne)
  • Une invitation au vernissage de la présentation des oeuvres après restauration
  • Une visite du Jardin Botanique Henri Gaussen suivie d'un petit déjeuner sur place (pour 10 pers)
  • Un cartel nominatif mentionne votre implication pour la sauvegarde des portraits
  • Vous bénéficiez d'un "accès privilège" à 3 événements autour du patrimoine de l'UT3-PS (pour 3 pers)
Coût de votre don après déduction fiscale: 0

C'est simple : vous recevrez par email votre reçu fiscal à intégrer à votre déclaration d'impôts.

La vie du projet

22 jan.

Merci !

 

 

Notre campagne de financement participatif s'achève dans 33 jours et nous sommes déjà à 25% de notre objectif, ce qui représente 2250€ !

Restons mobilisés et surtout MERCI à vous tous d'être si nombreux à nous encourager et à nous soutenir.

Au fur et à mesure que les dons augmenteront, le portrait d'Henri Toussaint se colorisera symboliquement pour représenter toutes les oeuvres que nous pourrons sauver grâce à votre générosité. Si nous dépassons notre objectif, le portrait d'un autre professeur retrouvera ses couleurs.

18 fév.

Toiles sur fond d’Histoire : un air de famille

     A l'aube du XIXème siècle, l’Ecole impériale de médecine de Toulouse vit Pierre-Marie Dubernard remplacer son père, Louis Dubernard, à la chaire d’enseignement de Clinique Interne. Ayant vécu pendant une période secouée par de nombreux changements politiques et sociétaux, les deux hommes ont eu des vies bien différentes, et ce malgré leurs nombreux points communs.

Louis Guillaume Dubernard

     Louis Guillaume Dubernard est né en 1728 à Saint Girons. Brillant élève lors de ses études à Toulouse, il posa sa candidature à la chaire de Pharmacie et Chimie de la Faculté de médecine en 1757. Il remporta le concours haut la main, mais ne pouvant pas devenir professeur en raison de son âge, il dut attendre une année avant de pouvoir enseigner. Il prodigua des cours sur des matières négligées à l'époque, comme la chimie « pneumatique »  et la botanique. Il fut témoin de la fermeture de la Faculté après la Révolution française en 1793, occupant à ce moment le poste de régent. Il enseigna par la suite à l’Institut Paganel, puis à l’Ecole impériale de médecine à la chaire de Clinique Interne.

     Outre son investissement dans l’enseignement, il se distingua dans de nombreux autres domaines. Directeur du jardin de la Sénéchaussée, il y donna des cours de botanique dès 1763 et participa grandement au succès du jardin. Il partagea notamment la direction du jardin avec Philippe Picot de Lapeyrouse en 1778, grande personnalité dans le monde de la botanique à l’époque qui participera à l’ouverture du Jardin des Plantes à la fin du XVIIIème siècle.
     Louis Guillaume Dubernard fut également médecin de l’Hospice civil en 1770, poste dans lequel il s’investit pleinement. Il a également écrit quelques ouvrages de médecine portant sur des sujets divers tels que les fièvres tierces de l’automne. Ces nombreux faits lui permirent d’être nommé Capitoul de Saint-Sernin puis de la Dorade.


    Il finit sa vie en 1809 à l’âge de 82 ans, laissant derrière lui quatre enfants dont deux fils. L’un d’entre eux devint conseiller à la cour royale de Toulouse, quant à l’autre, il suivit les traces de son père en empruntant la voie de la médecine.

Pierre Marie François de Paule Dubernard


     Ce dernier, Pierre Marie François de Paule Dubernard, prit la succession de son père en 1809 à la chaire de Clinique Interne de la Faculté de Toulouse. Cependant, il n’eut pas la chance de pouvoir s’illustrer autant que ce dernier.

     Atteint de la goutte quelques années plus tard, il eut besoin du soutien de Jean Lannes dès 1814, docteur de la Faculté de médecine de Paris, pour continuer à enseigner. Quatre ans plus tard, le professeur Dubernard demanda à ce que son assistant soit nommé suppléant sans succès. A sa place fut recommandé Lafont-Gouzy, médecin aux idées bien différentes de celles de Dubernard fils. On ne sait que peu de choses sur la manière dont ce dernier a enseigné, si ce n’est qu’en 1819 il demande à la mairie de Toulouse un cadavre de détenu pour une démonstration anatomique.

     Reprenant les fonctions de directeur de l’Ecole impériale de médecine, à la mort d’Alexis Larrey en 1816, il garda tout de même sa place à la chaire de Clinique Interne jusqu’à sa mort en 1833.

 

Crédits photographiques :

Portrait de Louis Guillaume Dubernard, © Tous droits réservés

Portrait de Pierre Marie François de Paule Dubernard, © Tous droits réservés

14 fév.

Toiles sur fond d’Histoire : Roch Tarbès

    

Roch Tarbès
 

     14 Juillet 1789, prise de la Bastille. Une journée historique, qui précéda plusieurs années d’instabilité durant lesquelles un tout jeune gouvernement tentait de faire ses preuves. C’est dans ce contexte brumeux que Roch Tarbès, né en 1752 dans une famille modeste, exerçait en tant que maître chirurgien et professeur.

     Concerné par la santé publique, il fut l’un des enseignants de l’institut Paganel créé en 1794 à Toulouse pour donner un « enseignement national provisoire », en raison de la fermeture de la Faculté de médecine deux dans plus tôt. Découlant de l’application des lois du 14 juin 1791 et du 18 août 1792, où toutes corporations de citoyens de même état ou profession étaient illégales, l’institut survécu quatre courtes années avant de fermer définitivement ses portes, faute de budget. On retrouva Roch Tarbès par la suite à la Société de Médecine, Chirurgie et Pharmacie, fondée par l’initiative lancée en 1801 par des médecins de la ville rose. Allant à l’encontre des lois énoncées, cette société avait pour but de créer un enseignement de la médecine, mais aussi des consultations gratuites afin de contrecarrer l’afflux de charlatans dans la ville. Cinq années et le coup d’état de Napoléon Bonaparte plus tard, la faculté fut officiellement rouverte en tant qu’Ecole Impériale de Médecine de Toulouse.

     Son engagement dans la médecine ne fut pas que d’ordre éducatif, puisqu’il fut le promoteur de la première campagne de vaccination contre la variole dans la ville rose en 1800. Allant même jusqu’à en faire une démonstration publique pour convaincre les administrateurs de l’hôpital de Grave, c’est plus de 10% de la population toulousaine qui se fera finalement vacciner.

     Sympathisant des idées révolutionnaires, il fut peut-être l’un des rares membres du corps médical de la ville à s’engager aussi loin dans cette voie. Ses motivations restant pour le moins floues, il fut toutefois incarcéré peu de temps, après la chute de Robespierre. Ayant assisté à la fin de l’Empire et à la restauration de la Monarchie sous Louis XVIII, le chirurgien s’éteignit en 1830.

 

Crédits photographiques :

Portrait de Roch Tarbès, © Tous droits réservés

11 fév.

Toiles sur fond d’Histoire : la Faculté de médecine et ses régents aux XVIIème et XVIIIème siècles

     Le XVIIIème siècle est une période marquée par le mouvement des Lumières prônant, à travers la symbolique du rayonnement, la diffusion des savoirs comme arme contre les ténèbres de l’ignorance. De la mort du Roi-Soleil à la Révolution française, c’est toute la société de l’époque qui fut profondément influencée, dont le monde de la médecine et de son enseignement.

     A Toulouse, la Faculté de médecine avait hérité d’un certain prestige du siècle dernier grâce aux travaux de ses régents. On peut citer par exemple le Codex medicamentarius, écrit par Pons-François Purpan avec l’aide d’autres médecins comme Jean Lecocq. Cependant, un certain laxisme dans l’enseignement s’y était installé, les trois professeurs de la Faculté se faisant souvent remplacer pour la lecture de textes anciens.
     Ce pourquoi au début du siècle suivant, Louis XIV fit appliquer un édit royal visant à réorganiser les études et la pratique de la médecine. Certains changements virent ainsi le jour, comme le dédoublement de la chaire de Chirurgie et donnant naissance aux chaires de Chimie et Pharmacie et d’Anatomie et Chirurgie.

Jean Lecocq, régent à la Faculté de médecine de Toulouse en 1645


     Dans ce siècle de nouveautés, plusieurs figures nouvelles de la médecine firent ainsi leur apparition, comme Jean Astruc né à Sauves (Gard) en 1684.
     Ayant étudié la médecine à Montpellier au début du XVIIIème siècle, il devint professeur d’anatomie à Toulouse après son cursus avant qu’un conflit avec la communauté des maîtres chirurgiens ne le fasse revenir dans la ville de ses études. En 1729, il devint le médecin d’Auguste II, roi de Pologne qui l’invita à Dresde, à l’est de l’Allemagne. Il y passa une année avant de revenir à Paris pour être médecin de Louis XV avant de repartir pour Montpellier. En 1731, il fit une brève apparition à Toulouse où il fut nommé Capitoul en remerciement de ses cours sur l’anatomie qui était peu enseignée à l’époque. Puis la même année, il devint professeur de la Faculté de Paris, et s’y installa définitivement, siégeant au Collège de France. D’abord peu apprécié par ses pairs, il arriva tout de même à rentrer à l’Académie de médecine, bien que provincial d’origine.
     Jean Astruc était un érudit à l’esprit critique très aiguisé, aussi connu pour son fort caractère qui lui fit entrer en conflit avec de nombreuses personnes, chirurgiens, médecins ou même de la cour royale. Cela ne l’empêcha pas de publier jusqu’à sa mort en 1766 de nombreux travaux, tous sur des sujets plus variés les uns que les autres : sur la digestion, la mycologie, la botanique, ou encore la théologie. Il fit notamment une synthèse des travaux sur les maladies gynécologiques de l’époque, à laquelle il ajouta ses commentaires. Ses écrits les plus célèbres restent tout de même ceux sur les maladies vénériennes, précurseurs pour l’époque.

Jean Astruc, professeur d'anatomie à la Faculté de médecine de Toulouse de 1712 à 1715

 

     La Faculté quant à elle continua son évolution jusqu’à la fin du siècle, notamment avec la création en 1773 d’une nouvelle chaire d’enseignement : la chaire de Médecine Théorique et Pratique. Destinée aux étudiants de troisième année, elle fut fondée grâce au don de 20000 livres de deux médecins. Le premier, Thomas Perez, était un médecin réputé de la ville rose qui y exerça pendant plus de cinquante ans. Il occupa la chaire pendant deux ans avant de la laisser au second mécène, Giles Arrazat, docteur en médecine de l’Université de Montpellier. Ce dernier continua d’enseigner jusqu’à la fermeture de la Faculté après la Révolution française.

Thomas Perez, co-fondateur de la chaire de Médecine Théorique et Pratique en 1773

 

 

Crédits photographiques :

Portrait de Jean Astruc, © Tous droits réservés
Portrait de Jean Lecocq, © Tous droits réservés
Portrait de Thomas Perez, © Tous droits réservés

 

 

07 fév.

Visite de l’atelier de restauration Meyerfeld-Ruiz-Abreu

     Une grande maison perdue dans la campagne. C’est dans ce lieu de calme et de quiétude que seront restaurées les toiles des portraits de la Faculté de médecine. Afin de vous présenter l’envers du décor, nous sommes partis visiter l’atelier de restauration, où nous avons été accueillis par Florence Meyerfeld et Jérôme Ruiz.

L’atelier : les origines

     L’atelier a été fondé en 1997 par Florence Meyerfeld. Les débuts étaient assez difficiles, il y avait tout à installer, se créer un réseau…  le métier en lui-même était encore assez méconnu à l’époque, il était ainsi assez difficile de se faire connaître. Jérôme Ruiz l’a rejoint par la suite en 2003 à l’issue de son stage de fin d’étude à l’atelier. Sandra Abreu fut la dernière à rejoindre l’équipe de l’atelier.

     Si les trois restaurateurs effectuent le même métier, ils ont cependant des parcours différents : Florence Meyrefeld est diplômée de l’Institut National du Patrimoine, alors que Sandra Abreu a fait une formation privée à l’école de Condé. Quant à Jérôme Ruiz, il cumule les deux formations.

Leur travail

     La restauration demande une extrême patience et une grande précision : une œuvre pouvant demander plusieurs mois de travail, il est nécessaire de s’organiser entre les différentes commandes, certains formats impliquant la présence de plusieurs personnes pour être restaurés. C’est notamment le cas pour les grands tableaux, où s’entourer de personnes qualifiées est primordial pour mener de tels travaux (pendant les manœuvres de dépose et repose d'un tableau par exemple, qui sont extrêmement délicates). Cependant ce travail en équipe demande une vision commune de la manière de restaurer, d’être d’accord sur l’équilibre entre la conservation et la cohérence esthétique de l’œuvre.

     Sur un marché où la concurrence se fait de plus en plus sentir, les membres de l’atelier ont pris le partit de travailler localement. Ayant des commandes de beaucoup de communes, ils œuvrent surtout sur des peintures liturgiques. La fondatrice de l’atelier fait d’ailleurs remarquer qu’avec une telle expérience locale, ils ont à présent une bonne idée de de la cohérence picturale du XVII au XIXème dans les églises de la région.

Leurs expériences

     Avec presque vingt-deux ans d’existence, nombreuses sont les œuvres ayant été restaurées à l’atelier. Mais comme dans tout métier, certaines expériences marquent plus que d’autres. Aussi ont-ils choisi de nous parler de quelques-unes d’entre elles comme la Bataille de Constantin contre Maxence de Nicolas Tournier conservé au musée des Augustins de Toulouse par exemple. Ce chantier long de trois années a été réalisé in situ, dans l’espace d’exposition. La restauration de ce tableau aux dimensions impressionnantes (5,50 m de longueur pour 2,60 m de hauteur) s’est ainsi faîte en partie en public, les visiteurs pouvant ainsi assister au travail des restaurateurs. Une autre de leurs anecdotes était la découverte en plein centre d’une grande peinture liturgique, de la discrète signature de l’auteur.

     Travailler sur une collection comme celle des portraits de la Faculté de médecine de Toulouse est pour eux une expérience très intéressante, notamment dû au fait qu’une collection possède une richesse due aux à l'histoire qui lie les différentes pièces entre elles, chose que ne peut pas avoir un simple tableau.

     Le premier portrait de notre campagne à passer par l’atelier est celui d’Arnaud de Bosco, écolier des arts à Toulouse en 1378 et maître régent en médecine en 1423. Une vidéo portant sur ce tableau sera disponible prochainement, où vous découvrirez notamment plus en détails les différentes méthodes de travail utilisées pour restaurer les portraits.

 

Crédits photographiques :

 

Photographies de l'atelier : Emeline Restes, © Tout droits réservés

04 fév.

Toiles sur fond d’Histoire : Jehan Queyrats

Jehan de Queyrats

     Dans l’histoire de l’enseignement de la médecine de Toulouse, il n’est pas rare de voir, mis au premier plan, des grands noms comme Antoine Dumay ou Francisco Sanchez. Cependant, bien d’autres personnes moins connues ont pris part au développement de la Faculté, dont certaines dans des contextes de grandes crises. C’est notamment le cas de Jehan de Queyrats, médecin de la fin du XVIème siècle, qui se retrouva au cœur d’un long conflit opposant médecins et chirurgiens.

     Né à Carpentras (Vaucluse), il fit ses études de médecine à Montpellier où il décrocha son doctorat en 1593. Après quelques années où il aurait pratiqué dans le Languedoc, il rejoint Toulouse à l’aube du XVIIème siècle.

     A cette époque, les chirurgiens possédaient une certaine reconnaissance dans la ville rose : ayant créé en 1517 l’Office de chirurgie et de barberie de Toulouse, l’organisation dispensait des cours théoriques mais surtout pratiques, consistant en des démonstrations anatomiques sur des cadavres. La formation destinait les élèves à devenir maîtres chirurgiens, et même si elle n’était pas incluse dans l’enseignement de la Faculté de médecine (qui ne possédait à l’époque que deux chaires d’enseignement), cette dernière gardait tout de même un contrôle sur les examens finaux.

     C’est alors qu’en 1604, la chaire de Chirurgie et Pharmacie, fut créée par décret royal, nommant Jehan de Queyrats à sa tête. La création de cette chaire visait à suivre l’exemple d’autres villes comme Paris ou Montpellier, où ces matières étaient déjà enseignées. La nouvelle ne fut pas très bien acceptée par les médecins de l’établissement, objectant que l’image de la Faculté en serait dégradée. Ce fut alors le début d’une longue série de procès opposant les médecins aux chirurgiens et pharmaciens sur la légitimité de la chaire d’enseignement, qui se termina au bout de six années sur l’officialisation de cette dernière. Cependant Jehan de Queyrats n’avait pas attendu la fin du conflit pour commencer à enseigner, bien au contraire. Donnant cours à l’école de chirurgie, ses élèves étaient tout aussi bien des étudiants chirurgiens que médecins, ne voyant aucun mal à avoir cours ensemble. Il poursuivit ensuite son enseignement à la chaire nouvellement créé pendant deux années, avant qu’il ne remporte le concours à la régence de chaire de Médecine de Toulouse, alors tout juste libérée, laissant ainsi la chaire de Chirurgie et Pharmacie vide. Elle fut finalement supprimée pour n’être rétablie que près de quatre-vingt ans plus tard.

     Outre le rôle qu’il joua dans la reconnaissance de l’enseignement de la chirurgie et de la pharmacie, Jehan de Queyrats fut tout au long de sa vie une personne très impliquée dans le fonctionnement de la Faculté. Il succéda également à Antoine Dumay à la visite des prisons et publia quelques travaux comme le Bref recueil des remèdes les plus utilisés pour se préserver et guérir de la peste. Mort en 1642, il fut enterré au cimetière des pères de la Trinité à Paris, conformément à son souhait.

 

Crédits photographiques :

Portrait de Jehan Queyrats, © Tous droits réservés

 

31 jan.

Toiles sur fond d’Histoire : Francisco Sanchez

Francisco Sanchez

     Parmi les grandes figures pensantes de l’Histoire de France, il n’est pas rare de trouver des personnalités venant d’ailleurs, comme pour Francisco Sanchez. Né en 1550 à Tuy, à la frontière du Portugal et de l’Espagne, son père était un médecin juif reconnu, nouvellement converti au catholicisme. Malheureusement, ceci ne le mit pas à l’abri de l’Inquisition et craignant pour ses proches, il fuit avec sa famille vers Bordeaux, le jeune Francisco était alors âgé de douze ans.

     Suivant la voie de son père, il étudia la médecine à Rome puis à Montpellier, et y obtint son baccalauréat de médecine à l’âge de 23 ans, son doctorat l’année suivante ainsi qu’une chaire de professeur. Cependant, en plein contexte de guerre de religion entre catholiques et protestants, il finit par subir des persécutions de ces derniers et préféra partir pour Toulouse dès 1575.

     S’il y a bien une chose pour laquelle Francisco Sanchez était connu à l’époque, c’était pour son scepticisme. Etant à la fois médecin et professeur de philosophie, il était extrêmement critique sur la médecine de l’époque, rejetant les écrits antiques ou bien même les vérités mathématiques. Prônant toutefois une recherche de la connaissance même imparfaite, sa publication la plus célèbre Quod nihil scitur (1580) (traduisible par « Il n’est science de rien »), eut un important impact dans la société pensante de l’époque, dont les idées ont inspiré d’autres philosophes de son temps comme Descartes.

Frontispice de son ouvrage Opera medica


     Reprenant la chaire d’Antoine Dumay peu de temps avant la mort de ce dernier, Francisco Sanchez finit régent de la Faculté de médecine où il continua à publier jusqu’à sa mort. Certains de ses textes seront même édités à titre posthume, plus de vingt ans après qu’il ne se soit éteint.

 

Crédits photographiques :

Portrait de Francisco Sanchez, © Tous droits réservés

Frontispice : SANCHEZ, Franciscus, Opera medica, Edition Toulouse : P. Bosc, 1636
http://www.biusante.parisdescartes.fr/histmed/image?00383

28 jan.

Toiles sur fond d’Histoire : Antoine Dumay

Antoine Dumay

     C’est dans une France tourmentée par les conflits entre catholiques et protestants qu’Antoine Dumay vit le jour à Beaune en 1550. Sa famille anoblie depuis 1387 côtoyait la haute société, ce qui permit à ses frères d’occuper des places telles que seigneur ou conseiller du Roi. Mais ce ne fut pas le cas du jeune homme qui décida d’emprunter la voie de la médecine, peut-être pour suivre les traces de son oncle, Claude Le Belin. Il prit ainsi le chemin de Montpellier pour y faire ses études et décrocha, à peine âgé de 19 ans, son baccalauréat dans cette discipline. Il arriva peu de temps plus tard dans la ville rose où il y épousa une riche veuve du nom de Jeanne Cayla.


     Professeur à la Faculté de médecine dès 1588 à la chaire d’hygiène et thérapeutique, il resta  quelqu’un de discret, laissant la publication d’ouvrages à d’autres auteurs comme le philosophe et médecin Francisco Sanchez. Il fut néanmoins témoin de quelques événements majeurs dans l’histoire de la faculté, comme la polémique de la création de la troisième chaire de médecine, chirurgie et pharmacie pour laquelle la communauté des médecins était farouchement opposée.


     Mais en plus d’être professeur, Antoine Dumay était un fin diplomate et un excellent homme d’affaire, qualités qui l’érigèrent au rang de conseiller et premier médecin de Marguerite de Valois, sœur du roi Henri III et épouse de Henri de Navarre, futur Henri IV. Lui prodiguant soins et conseils sur son patrimoine, il a possiblement eu une influence non négligeable sur les décisions prises par la dame, alors que cette dernière était assignée à résidence lors de la guerre des trois Henri. Il commanda également la construction d’un hôtel particulier à son nom en lieu et place d’une des maisons que lui avait apportée sa femme en dot. Cet immeuble abrite aujourd’hui le musée du Vieux-Toulouse et l’association des Toulousains de Toulouse. Sa devise, inscrite sur le seuil, témoigne de son caractère calme et réfléchit qu’il conserva jusqu’à sa mort en 1611 : « Tempore et diligentia »  que l’on peut traduire : « Par le temps et l’application ».

Musée du Vieux-Toulouse

 

Crédits photographiques :

Portrait d'Antoine Dumay : © Tous droits réservés [https://toulousainsdetoulouse.fr/lassociation/antoine-dumay]

Photographie du musée du Vieux-Toulouse : Didier Descouens, CC BY-SA 4.0


 

24 jan.

Toiles sur fond d’Histoire : Auger Ferrier

Auger Ferrier

     Le XVIème siècle voit la diffusion de la Renaissance en Europe, offrant une véritable révolution dans les arts, le commerce, les courants de pensée… Il fut aussi profondément marqué par le début des guerres de religions entre catholiques et protestants, dans lesquelles Catherine de Médicis joua un rôle important. C’est en proche de la cour royale que le médecin, Auger Ferrier, exerça tout au long de sa vie.

 

     Né en 1513 à Toulouse et fils de maître chirurgien, il commença ses études de médecine dans cette même ville avant de les finir en 1540 à Montpellier. Il s’installa alors à Paris, où il sympathisa rapidement avec des membres de la haute société. Il fut ainsi présenté à la reine, qui le prit comme médecin personnel, mais aussi comme conseiller et astrologue pendant plusieurs décennies. Il revint sur Toulouse en 1581, pour y enseigner la médecine mais aussi pour exercer à l’Hôtel Dieu.


     Humaniste et intellectuel, il a participé à la redécouverte de textes antiques (grecs, romains et arabes) en les traduisant et les publiant. Du côté de la médecine, il s’illustra dans l’étude de la syphilis, récemment arrivée en France, mais aussi dans des travaux précurseurs de la psychanalyse sur l’analyse des rêves, basés sur l’oniromancie antique.


     Mais son écrit le plus célèbre reste son traité « Remèdes préservatifs et curatif de la peste » en 1548. Il contient une liste de précautions à prendre face à la maladie, comme quitter le foyer d’infection et ne revenir qu’une fois la menace écartée, mais aussi l’usage de saignées non abusives, de feux odorants et de bourses d’aromates pour combattre l’odeur. Le traité met aussi en garde contre les remèdes de charlatans tels que l’huile de scorpion, ou bien les pilules mercuriales. Outre ces précieuses informations pour l’époque, ce qui fit le succès de ce livre fut son format : de simples petits livres cousus, transportables et écrits en français, qui contrastaient avec les habituels gros ouvrages écrits en latin. Il fut réédité jusqu’au XVIIIème siècle et traduit dans de nombreuses langues.


     Reconnu par ses pairs, ses travaux reflètent la médecine de l’époque, expérimentale et en même temps archaïque. Mort en 1588, il est aujourd’hui considéré comme une des personnes ayant contribué le plus au rayonnement de la Faculté de Toulouse.

 

Crédits photographiques :


Portrait de Auger Ferrier, © Tous droits réservés

21 jan.

Toiles sur fond d’Histoire : Raymond de Sebonde

    

Raymond de Sebonde

     La fin du Moyen Âge est une période marquée par de profonds contrastes au sein même de la société. Ainsi coexistaient superstitions et foi véritable, charité et cupidité…  La situation politique qui régnait était chaotique, la mort de Charles VI au début du XVème siècle engendra une lutte pour la couronne entre Charles VII et les partisans d’Henri VI d’Angleterre, alors seulement nourrisson. Quant à l’Eglise, elle traversait une profonde crise, déclenchée par les conciles de Constance et de Bâle qui ont révélé les tensions au sein de la chrétienté. C’est dans ce sombre contexte que Raymond de Sebonde, médecin et théologien exerça à Toulouse.


     On ne sait que peu de choses sur sa vie : né à Barcelone au XIVème siècle, il finit par gagner la ville rose pour y devenir maître des arts, mais aussi docteur en médecine et professeur d’Écriture Sainte à l’Université. Il se fit surtout connaître pour ses écrits dont sa Théologie naturelle ou Livre des créatures (Theologia naturalis sive Liber creaturarum). Cet ouvrage, écrit peu de temps avant sa mort en 1436, illustre la crise sociale, politique et religieuse qui régnait à l’époque, en proposant une doctrine aidant à répondre à ses interrogations. Le livre connut un certain succès à sa sortie à la fin du XVème siècle et fut rapidement traduit en français par Montaigne au début du XVIème siècle.

 

Crédits photographiques :


Portrait de Raymond de Sebonde, © Tous droits réservés

 

16 jan.

Toiles sur fond d’Histoire : la médecine au XVème siècle

     Le XVème siècle est une période charnière entre le Moyen Age et la Renaissance. Il est marqué par de nombreux conflits, comme la Guerre de Cent Ans mais aussi par la tristement célèbre peste noire. C’est au cours de cette période que la Faculté de médecine de Toulouse vit se succéder à sa tête plusieurs personnalités comme Arnaud de Bosco, Bernard Salarti, André Soulé, ou Jean Dascis.

Jean Dascis, régent de la Factulté de médecine en 1494


     Cependant, l’enseignement de cette discipline était à l’opposé de ce que l’on fait actuellement. En effet, il était considéré que toute la connaissance nécessaire se trouvait dans les textes antiques, d’auteurs comme Hippocrate ou Aristote. Ainsi, les cours durant cette période-ci débutaient par la lecture de ces textes (lectio - leçon) suivie d’un débat pour argumenter pour ou contre le sujet du jour (quaestio/dispusatio – question/dispute). On enseignait entre autres la théorie quaternaire des humeurs et éléments, selon laquelle le corps humain serait composé de quatre éléments (eau, terre, air, et feu) et quatre humeurs (le sang, la bile, l’atrabile et la pituite). Par conséquent, la pratique était peu présente au programme, les premières autopsies n’ayant été autorisées par l’Eglise qu’au milieu du XIVème siècle.

Représentation d’un médecin du XVème siècle


     L’exercice de la médecine à cette époque se faisait presque exclusivement par examens d’urines, selles, du pouls et du sang du patient. L’idée était que la maladie donnait des signes caractéristiques, visibles lors de ces examens. La médecine était aussi souvent associée à l’astrologie, via la théorie selon laquelle les constellations auraient un impact sur l’état physique de l’être humain.

La gamme chromatique des urines, que les médecins consultaient pour émettre leur diagnostique


   Lorsqu’il était nécessaire de faire des opérations sur le corps, comme des saignées, la tâche était léguée à des barbiers spécialisés. Ces derniers, prenant plus tard le nom de chirurgiens, gagneront un certain succès auprès de la population, au point d’établir leur propre corporation en 1471.

 

Crédits photographiques :


Portrait de Jean Dascis, © Tous droits réservés

La gamme chromatique des urines, La Chronique médicale : revue bi-mensuelle de médecine historique, littéraire & anecdotique, 1908, n° 15, Edition Paris : Chronique médicale, 1908
http://www.biusante.parisdescartes.fr/histmed/image?med130381x1908x15x0775

Représentation d’un médecin du XVème siècle, LACROIX, Paul, Ouvrage Sciences et lettres au Moyen Âge et à l'époque de la Renaissance, Paris: Firmin Didot, 1877
http://www.biusante.parisdescartes.fr/histmed/image?01005

10 jan.

Toiles sur fond d'Histoire : l’origine de la collection

       L’histoire de cette collection remonte en 1776 avec le legs par M. d’Aubons d’une somme de 150 livres, destinée à habiller la salle d’assemblée de la Faculté avec les portraits des professeurs les plus émérites ayant enseigné dans cette institution.

       Le médecin avait déjà fait don de son vivant du portrait de Francisco Sanchez, ce qui fait de ce tableau le premier de la collection. Dix-neuf autres y seront ajoutés, comme entre autres celui d’Antoine Dumay. Leur composition est similaire à celle des portraits gravés aux XVIIème et XVIIIème siècles, utilisés comme frontispices de livres.

       Il faudra attendre la fin du XIXème-début XXème siècle, pour que la collection s’agrandisse de nouveau, avec des personnalités plus contemporaines. On trouve parmi ces vingt-cinq nouveaux tableaux, les portraits d’Alexis Larrey ou bien Roch Tarbès. Les compostions picturales y sont ici plus variées, certaines comportant même des éléments de leur vécu comme les livres qu’ils ont publiés.

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