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Fières d'être bourguignonnes !

Avec l’Inrap, devenez mécènes et participez à la restauration des statues bourguignonnes de Laives !
Image du projet Fières d'être bourguignonnes !

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Projet terminé : l'aventure continue

Découvrez le nouveau projet de l'organisation

Le projet qui figure sur cette page a été mené à bien, mais vous pouvez contribuer à donner vie au prochain projet de l'organisation.

Transmettre l'archéologie aux plus jeunes !

Devenez mécènes de l'Inrap et aidez-nous à sensibiliser les plus jeunes à l'archéologie !
 
L’archéologie est une discipline culturelle et scientifique qui touche tous les publics, en particulier les plus jeunes
C’est pourquoi, l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) développe un plan d'action national en faveur de l'éducation artistique et culturelle (EAC) s’appuyant sur les priorités communes des ministères de l’Education nationale et de la Culture.
L'archéologie ...

Transmettre l'archéologie aux plus jeunes !

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IR 2019
IS 2019
Programme

Découverte de deux statues du XVe siècle à Laives

Perchée sur un éperon culminant à 300 mètres au-dessus de la plaine de la Saône, l’église Saint-Martin-du-Haut de Laives, en Saône-et-Loire, a été bâtie au début de l’an Mil, à la même époque que Saint-Philibert de Tournus. En 2014, alors qu’ils effectuaient différents sondages sur le pourtour de ce bâtiment classé Monument historique, des archéologues de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) ont fait une surprenante découverte...

Fouillant une petite dépression du sol extérieur, ils ont mis au jour trois blocs sculptés. L’un s’est révélé être un buste de moine grandeur nature, vêtu d’un habit à capuchon et tenant un livre. Les deux autres, qui portent des traces de polychromie, représentent la tête et le corps d’un personnage féminin tenant une boîte à onguent, l’attribut caractéristique de Sainte Marie-Madeleine.

D’une qualité d’exécution notoire, ces deux statues en pierre évoquent très fortement la statuaire bourguignonne du XVe siècle et les plus fameux ateliers ducaux. Une multitude de fragments d’une troisième statue en terre cuite dont l’un porte la date de 1782, semble indiquer que ces sculptures auraient été vandalisées et enfouies pendant la période révolutionnaire.

Avant de rejoindre la chapelle de Lenoux, à Laives, et d’offrir au public la possibilité de les admirer, ces deux statues remarquables doivent être stabilisées et restaurées.

Ensemble, restaurons-les !

Image du projet Fières d'être bourguignonnes !

Les deux statues de Laives demandent une prise en charge par des experts pour refixer la polychromie originale et effectuer le recollement des morceaux.

L’Inrap fait donc aujourd’hui appel à la générosité des amoureux de l'art médiéval et aux bourguignons pour compléter le budget global de financement de cette restauration est de 10 000€.

  • Avec 3 200 euros, la statue de sainte Marie-Madeleine verra sa polychromie refixée et elle sera restaurée.
  • Avec 4 500 euros, la statue du moine pourra être traitée et restaurée.
  • Avec 5 600 euros, une étude des différents pigments utilisés pour la polychromie de Marie-Madeleine pourra être réalisée.
  • Avec 6 400 euros, une étude des différents pigments utilisés pour la polychromie du moine pourra être réalisée.
  • Avec 10 000 euros, une plaquette de présentation des statues sera éditée à l'attention du public.

Redonnons à ces statues leur éclat d’antan !

Retour à Laives !

De juin à septembre 2019, l’abbaye de Tournus accueillera l’exposition « Quoi de neuf au Moyen Âge ? Quoi de neuf près d’ici ? Tout ce que l'archéologie nous révèle », une adaptation régionale de l’exposition conçue par la Cité des sciences et de l’industrie en partenariat avec l’Inrap.

Si votre engouement nous permet de dépasser notre objectif final, les deux statues pourront y être exposées, parmi les découvertes majeures réalisées ces dernières années en terre bourguignonne médiévale !

Devenez mécènes du patrimoine bourguignon et ensemble contribuons à la réussite de ce projet !

Tous les dons permettront de mener à bien la restauration de ces deux statues exceptionnelles. Un grand merci !

Je choisis le montant de mon don...

  • 10
  • 50
  • 125
  • 250
  • 500
  • 1 000

... ET JE DÉCOUVRE MES CONTREPARTIES

  • Un grand merci !
  • Une carte postale numérotée des statues restaurées vous sera envoyée par voie postale en juin
  • Le livret de présentation d'une opération d'archéologie préventive vous sera envoyé par voie postale
  • Votre nom inscrit sur la plaque des donateurs à côté des statues présentées
  • Inauguration et visite VIP de l'exposition (hors frais de déplacement et d'hébergement)
  • DVD d'une découverte récente en archéologie préventive vous sera envoyé par voie postale
  • Visite de l'atelier de restauration (en avril 2019, hors frais de déplacement)
  • Invitation à la réinstallation des statues à Laives (hors déplacement et hébergement)
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  • 1 000
  • 2 000

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  • Inauguration et visite VIP de l'exposition (hors frais de déplacement et d'hébergement)
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  • Invitation à la réinstallation des statues à Laives (hors déplacement et hébergement)
  • Visite pour votre entreprise d'un centre Inrap et d'un chantier archéologique
  • Visite privative de l'exposition pour votre entreprise (hors déplacement)
  • Invitation à la soirée des trophées de l'Inrap à Paris (hors transport et hébergement)
  • Logo de votre entreprise mécéne sur notre site internet

La vie du projet

09 avr.

L’Inrap remercie ses mécènes !

GRÂCE À VOUS, L’ INRAP A ATTEINT ET MÊME DÉPASSÉ SES OBJECTIFS DE FINANCEMENT.


Vos contributions nous permettent aujourd’hui de restaurer ces deux statues bourguignonnes et de réaliser l’étude de leur polychromie. Cette étape permettra de mieux situer la place de ces deux statues dans le catalogue de la statuaire bourguignonne du XVe siècle, voire de confirmer leur rattachement à l’un des prestigieux ateliers ducaux de l’époque.


Les dons supplémentaires serviront notamment à la conception d’un dépliant d’accompagnement qui retracera l’origine et l’histoire de ces deux pièces remarquables de la statuaire bourguignonne du XVe siècle, vandalisées sous la Révolution, enfouies sous terre pendant deux siècles, puis sorties de l’oubli grâce à une opération de sondage archéologique.

 


ET MAINTENANT ?


Les deux statues sont actuellement en cours de restauration. Une fois restaurées, elles seront présentées pour la première fois au public à l’abbaye de Tournus au sein de l’exposition « Quoi de neuf au Moyen Âge ? Quoi de neuf près d’ici ? Tout ce que l'archéologie nous révèle », une exposition itinérante conçue par la Cité des sciences et de l’industrie en partenariat avec l’Inrap, de juin à septembre 2019. Elles iront ensuite enrichir durablement les collections lapidaires de Laives rassemblées dans la chapelle de Lenoux.

 


Encore un GRAND MERCI à nos généreux donateurs !

02 avr.

Questions à Matthieu Pinette

Conservateur en chef du patrimoine, Matthieu Pinette revient sur les premières hypothèses dévoilées lors de sa conférence (« Regards sur deux statues découvertes à Laives », 6 mars 2019).

 

D’après vous, quels personnages représentent les deux statues qui ont été découvertes près de l’église Saint-Martin-du-Haut ?


Matthieu Pinette : Des deux statues, l’une est facile à identifier : il s’agit de Marie-Madeleine, classiquement représentée avec son pot à onguents, avec lesquels elle a oint le corps du Christ avant la mise au tombeau. Il s’agit d’une iconographie traditionnelle, notamment en Bourgogne. Cependant la figure de Marie-Madeleine est plus complexe qu’il y parait a priori, car elle est le fruit d’un amalgame de trois saintes femmes. L’une est Marie de Magdala ou Marie la Magdaléenne, c’est-à-dire la Marie-Madeleine et la pécheresse des évangiles, celle qui a oint le Christ et à qui ce dernier a adressé son fameux Noli me tangere (« Ne me touche pas »). Une autre est Marie de Béthanie, la sœur de Lazare que le Christ ressuscite. Et enfin, une troisième est une sainte Marie, plus anonyme, qui lave les pieds du Christ. Le Moyen Age est coutumier de la Légende dorée de Jacques de Voragine, qui a raconté l’accostage des trois Marie dans le sud de la France, aux Saintes-Maries-de-la-Mer et l’établissement de Marie-Madeleine dans la grotte de la Sainte-Baume. Cette légende a eu une grande fortune en Bourgogne et à Vézelay où s’est institué un culte de Marie-Madeleine, symétrique à celui des reliques de Lazare, le frère de la sainte (Marie de Béthanie) à Autun, plus au sud. Le contexte religieux de cette statue est bien balisé et ne soulève pas de problème. D’après la littérature sur le sujet, cette statue remonte à la deuxième moitié du XVe siècle. Pour ma part, je la situerais dans les deux dernières décennies du XVe siècle, dans un contexte déjà un peu renaissant.

 

Et le personnage masculin ?


Matthieu Pinette : Ce personnage ou plutôt le buste qui en reste est plus problématique. C’est celui d’un homme assez jeune revêtu d’un habit monastique, d’un scapulaire et qui tient un livre, mais dont un bras est manquant. On a donc peu d’attributs : le livre, le scapulaire et l’habit monastique. Il s’agit d’un « saint » personnage ou d’un « saint » moine et il y a plusieurs candidats possibles. Saint Antoine était très populaire, sauf qu’il est vieux et traditionnellement représenté avec une barbe. Saint Léonard, le patron des prisonniers, tient aussi un livre, mais il est représenté avec ses attributs spécifiques, entraves et menottes. Saint Seine tient un livre mais aussi un bâton d’abbé ou une crosse. Le visage jeune de la statue pourrait aussi évoquer des saints juvéniles comme saint Laurent, saint Étienne, saint Prudent et saint Vincent, mais ceux-ci sont représentés en diacres et non en habits monastiques.
Saint Bernard de Clairvaux est un bon candidat. Il n’est pas sans lien avec la Bourgogne et est un des grands réformateurs de l’ordre cistercien. Il y a un certain tropisme bernardien dans la région de Laives, qui se situe à deux pas de l’abbaye de La Ferté, l’une des filles de Cîteaux. Il existe une statue très complète de saint Bernard dans l’église de Fontaine-lès-Dijon, mais celle-ci ne comporte pas de scapulaire. Enfin, il y a saint Fiacre, qui est un saint relié à l’agriculture, avec un capuchon, un scapulaire, tenant un livre dans une main et une pelle dans l’autre. Selon moi, saint Bernard et saint Fiacre sont, les deux options les plus envisageables, mais il existe certainement d’autres possibilités. En termes de datation, je pense que cette statue remonte aux années 1470 et qu’elle est légèrement antérieure, d’une dizaine d’années environ, à celle de Marie-Madeleine.

Statue de Saint Bernard, XVe siècle, église Saint-Bernard de Fontaine-lès-Dijon (Côte-d’Or)
Crédits : Arnaud 25 —CC BY-SA 3.0


Et pourquoi a-t-on enterré ces statues selon vous ?

 

Matthieu Pinette : Ces statues ont été vraisemblablement mutilées et brisées pendant la Révolution et mon impression, vu leur disposition dans le sol, est qu’on les a jetées sans ménagement. On n’observe pas ici ce qui se produit dans le cas des favissae, ces fosses sacrées où les objets de cultes sont déposés avec soin. Peut-être cet enfouissement représente-t-il une sorte de moyen terme. On l’a vu avec les 28 têtes monumentales des rois de Juda de Notre-Dame que l’on croyait détruites depuis la Révolution et que l’on a retrouvées lors de travaux dans la cour d’un hôtel particulier du 9e arrondissement de Paris. Il fallait ôter de la vue ces signes de la royauté et de la religion, mais on les a conservés quand-même, au cas où il y aurait un jour du jugement. Ces destructions ont pu donner lieu à des sentiments ambivalents, y compris à Laives. On ne sait jamais…

25 mar.

Questions à Jean-Claude Bécousse, maire de Laives

Quelle a été votre réaction quand les deux statues ont été découvertes ?


Jean-Claude Bécousse : Dès qu’ils ont découvert les statues, les archéologues de l’Inrap m’ont appelé et nous sommes allés les rejoindre sur la colline avec les associations. J’étais extrêmement heureux. L’église est déjà un pur joyau. C’est un lieu magique qui attire beaucoup de visiteurs. Vous vous sentez transporté là-haut. Il s’y passe vraiment quelque chose… et quand on a trouvé ces deux pièces, c’était vraiment, comme dit l’expression, la « cerise sur le gâteau ».

De gauche à droite: Laurent Vaxelaire (Directeur Inrap Bourgogne Franche-Comté) Jean-Claude Bécousse (maire de Laives) et Eddie Aït (Délégué aux relations institutionnelles et au mécénat Inrap). Cliché Inrap.

 

Et quelle a été la réaction des gens du village ?


Jean-Claude Bécousse : Les gens étaient enthousiasmés. Il faut dire que nous sommes gâtés. Par exemple, quand on a restauré la chapelle de Lenoux, on a trouvé une dalle dont la face, tournée vers le sol, était un retable sculpté du XVe siècle en polychromie. Et il y a cinq monuments dans la commune, l’église de Saint-Martin-du-Haut, la chapelle de Lenoux, une autre église, le porche des Antonins et le château de Sermaizey. Et il y a aussi tout un patrimoine vernaculaire : des fontaines, des lavoirs, un colombier... Laives était un village de tailleurs de pierres. Encore dans les années 1850, 53 familles y vivaient de la taille de la pierre. Aujourd’hui, le village compte 1000 âmes environ, et un dixième de sa population est engagé dans une activité qui concerne le patrimoine.

 

Et comment les archéologues de l’Inrap ont-ils été perçus par les habitants de Laives ?


Jean-Claude Bécousse : La relation a été très simple. Il y a eu une très bonne gestion de l’Inrap, en termes opérationnels et de suivi de l’information. Et la souscription, elle aussi, est très bien menée. Si elle grossit encore, il sera possible de réaliser un support de présentation des statues dans la chapelle de Lenoux, qui est très petite, 30m2. Honnêtement, j’étais un peu sceptique au départ, et puis il y a eu tous ces dons, dont une part importante vient de Suisse. Rayonner ainsi et hors de nos frontières, cela nous donne de la fierté.

19 mar.

Questions à Serge Pernot, président des « Amis de Saint-Martin de Laives »

Vous rappelez-vous de la découverte des statues ?


Serge Pernot : Je montais à Saint-Martin à pied, juste au moment où Benjamin Saint-Jean Vitus a fait sa découverte. Les statues émergeaient à peine du sol. C’était une surprise, mais le rapprochement avec les révolutionnaires s’est fait très vite. Une tête était buchée, les statues étaient enfouies devant l’ancienne chambre de repos du curé. Je suis pharmacien et à la retraite, mais je connais bien ce patrimoine et cette histoire. Il y a eu donc ce premier moment de la découverte, suivi par l’inquiétude d’une disparition des statues dans la cave quelconque d’un musée. Et l’on a vu que cela se passait très bien avec l’Inrap. Maintenant, je suis très satisfait, la cagnotte augmente de plus en plus et nos amis ont donné.

 


Le patrimoine a-t-il une place importante dans le village ?


Serge Pernot : Oui, il y a un grand intérêt. C’est une cité de caractère. On l’appelle le « village de pierre et d’eau ». On y trouve beaucoup de fontaines, des lavoirs, une carrière et il y avait autrefois beaucoup de tailleurs de pierre. Aujourd’hui, après le déjeuner du dimanche, les villageois montent jusqu’à l’église de Saint-Martin. C’est un petit pèlerinage régulier. Et beaucoup de gens viennent de l’extérieur. De juin à septembre 2017, nous avons eu 4500 visiteurs et l’église était seulement ouverte pendant trois heures, le dimanche et les jours fériés.

 

L’église va-t-elle être restaurée ?


Serge Pernot : Oui, une importante restauration est programmée en 2019. Elle prévoit la réfection de l’ensemble de la toiture qui est faite en laves [pierres de calcaire], puis la réfection de tout l’enduit de la nef et la restauration des chapelles latérales du XVe siècle. D’anciennes fenêtres vont être réouvertes et il y aura de nouveaux vitraux. Une deuxième porte de sortie va être créée en reperçant la porte qui communiquait avec l’ancienne chambre du curé. Ces travaux vont nécessiter de redescendre le terrain, comme cela a été le cas pour les travaux de drainage qui ont nécessité l’intervention des archéologues de l’Inrap.

 


Et que pensez-vous de la statue du « moine » ?


Serge Pernot : J’ai mon idée sur le sujet. Au XVe siècle, en 1476, Jehan Géliot, un chanoine puissant qui était un enfant de Laives, a financé la construction de la chapelle nord de l’église de Saint-Martin-du-Haut, et c’est ce même Jehan Géliot qui a également financé la construction de la chapelle de Lenoux, dans le village. Les documents religieux, comme les actes de baptême, étaient anciennement conservés dans un coffre en bois à Saint-Martin-du-Haut puis ils ont été transférés au XVe siècle à la chapelle de Lenoux. Une statue de saint Fiacre orne la chapelle de Lenoux, car ce saint était dans le cœur de Jehan Géliot. Selon moi, la statue du « moine » qui a été retrouvée serait une statue représentant saint Fiacre. Elle devait orner l’église de Saint-Martin-du-Haut où un petit autel était d'ailleurs dédié à saint Fiacre.

Saint Fiacre, XVe siècle, chapelle de Lenoux, cliché Serge Pernot

 

Façade de la chapelle de Lenoux (Laives), avec statue de saint Fiacre, cliché Serge Pernot


 

12 mar.

La restauration des statues

Des spécialistes en restauration de la pierre doivent intervenir sur les statues de Laives afin de pouvoir les présenter au public. Stéphane Cren, conservateur-restaurateur du patrimoine, nous explique la démarche qui sera adoptée pour la prise en charge de ces deux témoins de pierre, conservés, mais fragilisés malgré tout, par leur enfouissement. Durant cette phase de restauration, les mécènes sont invités à découvrir en avant-première le travail réalisé en laboratoire.

Conservation curative

Les interventions ont pour but de redonner une intégrité physique et historique aux objets et de ralentir leur dégradation. Elles se déroulent en plusieurs étapes dont les principales sont la phase du diagnostic et la phase du traitement en vue d’une conservation curative. Dans la phase du diagnostic, un constat d’état de la pièce est établi ainsi qu’une documentation sur les caractéristiques historiques, les techniques et les matériaux. Dans ce cas précis, les deux statues sont restées sous terre plus de deux siècles et malgré le nettoyage de surface réalisé par les archéologues lors de leur découverte, il est nécessaire d’enlever des résidus de dépôts et de sels consécutifs à leur enfouissement. Après la stabilisation de la polychromie, l’application de compresses et le nettoyage avec des solvants permettront de décrasser les surfaces et de rendre plus apparents les restes de polychromie. La tête et le corps de Marie-Madeleine seront réassemblés, afin que la statue retrouve son unité.

L'atelier de restauration de Stéphane Cren

Cliché : Stéphane Cren

Les hypothèses

Les examens prévus sous loupe binoculaire, couplés à des analyses physico-chimiques de laboratoire, porteront tout particulièrement sur les restes de polychromie, afin d’identifier les matériaux mis en œuvre et éventuellement reconnaître le liant et la nature du pigment employé à l’époque. Cette étape est importante, car elle devrait permettre de mieux situer la place de ces deux statues dans le catalogue de la statuaire bourguignonne du XVe siècle. À plusieurs endroits, en effet, les traces d’une polychromie sont encore conservées sur une couche de préparation ocre. Or, cette préparation colorée de la pierre a été observée et documentée sur l’ange attribué à Claus de Werve (1380-1439) visible au Musée des Beaux-Arts de Dijon et sur les anges en pierre de Saint-Bonnet-de-Cray (71), attribués à Antoine Le Moiturier (1425-1497). Cette étude devrait permettre aux spécialistes de confirmer ou d’infirmer ces hypothèses, voire d’apporter de nouveaux éléments sur le culte de Marie-Madeleine à Laives ou sur l’identité du personnage masculin, dit le « moine ».

Exemple de polychromie du début du XVIe siècle, avec ocre rouge (strate 1) et ocre ayant fonction d'apprêt et blanc de plomb (strate 2).

Cliché : Stéphane Cren

Quoi de neuf au Moyen Âge ?

Après la restauration des statues, une documentation sera constituée sur l’intervention et sur l’étude, complétée d’une restitution graphique de la polychromie d’origine. Ces résultats seront présentés en juin 2019, à l’occasion de l’exposition « Quoi de neuf au Moyen Âge ? Tout ce que l’archéologie nous révèle » (coproduite par l’Inrap et la Cité des sciences et de l’industrie), qui voyage à Tournus de juin à septembre 2019. En six îlots thématiques, l’exposition dépoussière nos idées reçues sur le Moyen Âge et présente un focus inédit sur les dernières découvertes archéologiques de la région (« Quoi de neuf, près d’ici ? »). Le patrimoine tournugeois et son histoire seront ainsi mis à l’honneur avec la présentation de ces deux statues bourguignonnes.

 

11 mar.

Merci à tous nos mécènes

Grande nouvelle pour notre projet « Fières d’être bourguignonnes ! » nous avons atteint et dépassé l’objectif initial pour le financement total de la restauration et de l’étude des pigments des deux statues. A quelques jours de la fin de la campagne nous proposons un nouvel objectif pour lancer la conception d’un livret de présentation de ces statues qui sera mis à disposition du public sur leur futur lieu de présentation à la Chapelle de Lenoux, commune de Laives. Au-delà de ce nouveau palier de 10 000 euros, toutes les sommes versées seront consacrées à la mise en valeur de cette découverte.

05 mar.

Le culte bourguignon de sainte Marie-Madeleine

Docteure en histoire médiévale (Marie Madeleine en Occident; les dynamiques de la sainteté dans la Bourgogne des IXe-XVe siècles, thèse soutenue en 2012), Raphaëlle Taccone est rattachée au Centre Interdisciplinaire d'Histoire et d'Archéologie Médiévales (CIHAM) de Lyon. Dans cet article, elle revient pour nous sur l'origine et le développement du culte de Marie-Madeleine en Bourgogne.

 

Culte de la Madeleine à Vézelay

Vers 1025, l'abbé Geoffroi élabora une propagande monastique pour fixer le culte de la Madeleine à Vézelay. Exhumant l'antique légende bourguignonne de la sainte, il confirma que la pieuse sépulture de la Madeleine se trouvait à l'abbaye de Vézelay depuis le IXe siècle. En effet, dès cette époque, les reliques de la sainte avaient été volées à la Provence par le moine Badilon, sur ordre du comte Girard de Roussillon - le fondateur du monastère, afin qu'elles ne soient pas pillées par les sarrasins. Aussitôt, les foules de pèlerins vinrent en grand nombre dans la cité. Le corps de la sainte, entreposé dans la nouvelle crypte romane, devint l'objet d'une grande vénération et le monastère acquis une célébrité considérable sur l'ensemble de l'Occident chrétien.
Pour asseoir le culte magdalénien, l'abbé Geoffroi mit en place un dossier hagiographique conséquent et développa les grands pèlerinages de la Madeleine (principalement le 22 juillet, jour de la sainte et au temps de Pâques). Les fidèles furent de plus en plus nombreux à fréquenter le sanctuaire et, au début du XIIe siècle, Vézelay s'imposa comme un véritable phare de la chrétienté.

Les cheveux dénoués, sans nimbe et sans voile, sainte Marie-Madeleine est représentée dans son état de pécheresse repentie au pied de la croix.
Sainte Marie-Madeleine au pied de la croix, Crucifixion. Heures à l'usage d'Autun, vers 1460. Orléans, BM, ms 138, f. 68

Cliché : Raphaëlle Taccone

 

Concurrence provençale

Devant l'engouement du culte vézelien, les prétentions provençales ne tardèrent pas à se réveiller et, vers 1250, le bruit se fit entendre que la sépulture de la sainte reposait toujours à Saint-Maximin en Provence. La nouvelle plongea le culte de la Madeleine dans une situation bipolaire, partagé entre la Bourgogne et la Provence. En 1279, pour mettre fin à la discorde, le prince Charles de Salerne entreprit des fouilles à Saint-Maximin. En présence d'une assistance nombreuse, il  découvrit le tombeau supposé de la sainte. Dès cet instant, les deux monastères entrèrent dans une concurrence cultuelle exacerbée. Si les moines de Vézelay arguaient détenir le corps authentique de la Madeleine, les chanoines de Saint-Maximin prétendaient que le corps jadis emporté par Badilon était celui de saint Sidoine.


Au début du XIVe siècle, devant une telle polémique, le culte de Vézelay subit une contraction régionale et celui de Saint-Maximin, soutenu par les comtes de Provence et la papauté nouvellement installée à Avignon, opéra un brillant essor. Toutefois, Vézelay continuait toujours d'attirer les foules. Le culte devint régional et, grâce au soutien des ducs de Valois, il fut considéré comme une gloire de la Bourgogne. En effet, selon une prestigieuse politique princière, les ducs de Bourgogne se présentèrent comme les descendants du comte Girard de Roussillon et, dans ce dessein, la Madeleine devint une sainte dynastique. Bien loin de s'amoindrir, le culte magdalénien connut une fortune nouvelle sur l'ensemble de la Bourgogne. De nombreux édifices prirent la titulature de la sainte et un grand nombre d'édifices religieux se dotèrent de statue de la Madeleine afin d'installer de nouveaux foyers de dévotion.

Reliquaire de sainte Marie-Madeleine, 1876. Vézelay, basilique Sainte Marie-Madeleine, confession de la crypte.
À l'intérieur du reliquaire se trouve une côte de la sainte qui fut offerte au cardinal Simon de Brion lors de la reconnaissance solennelle des reliques de Vézelay en 1267.

Cliché : Raphaëlle Taccone

 

01 mar.

6 mars 2019 : conférence de Matthieu Pinette "Regards sur deux statues découvertes à Laives"

26 fév.

Quel statut pour les statues ?

À la suite de l’opération d’archéologie préventive réalisée par l’Inrap qui a permis la découverte des statues de Laives en 2014, la Direction régionale des affaires culturelles de Bourgogne-Franche-Comté – Service régional de l’archéologie a instruit dès 2015 le dossier de partage entre l’État et le propriétaire du terrain où la découverte a eu lieu. La première étape qui consiste à reconnaître l’État comme propriétaire a été franchie en décembre 2018. Aujourd’hui, il est proposé l'inscription de ces œuvres au titre des Monuments Historiques en tant qu'objets mobiliers. Une convention sera prochainement établie entre l’État et la commune de Laives pour que cette dernière puisse proposer leur présentation au public dans la chapelle de Lenoux.


Les biens archéologiques mis au jour à la suite d’opérations archéologiques sont régis par le Code du Patrimoine modifié par la loi relative à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine (LCAP) promulguée le 7 juillet 2016. Si depuis l'entrée en vigueur de cette loi LCAP, il existe une présomption de propriété de l’État pour tous les biens archéologiques découverts, il continue de coexister plusieurs statuts de propriété, en fonction de la date d’acquisition des terrains et de la date de réalisation des opérations archéologiques. Le diagnostic archéologique de Laives ayant eu lieu avant la promulgation de la loi LCAP, les statues appartenaient pour moitié à la commune de Laives et pour moitié à l’État. La commune de Laives a préféré renoncer à sa part au profit de l’État, afin de garantir une gestion cohérente de l'ensemble des objets découverts.

Les statues de Laives sont actuellement conservées à des fins d’études et de stabilisation dans un centre Inrap en attente du versement de la collection à l’État. C’est à ce titre que l’établissement porte actuellement l’appel à collecte avec l’accord des services de l’État pour la stabilisation des deux statues découvertes lors du diagnostic de 2014.

 

Cliché : Inrap/Gaëlle Pertuisot

19 fév.

Un dialogue entre histoire et archéologie à Laives

Située sur les hauteurs de Laives, l’église de Saint-Martin-du-Haut est une des plus vieilles églises romanes de Bourgogne du Sud. Une datation dendrochonologique (étude des cernes de croissance du bois) réalisée sur la charpente du clocher situe la construction du bâtiment d’origine dans la première moitié du XIe siècle. Bien que très ancienne et classée au titre des Monuments historiques depuis 1905, l’église est assez peu documentée. D’après des archivistes et des érudits locaux de la fin du XIXe siècle, la première mention écrite de Sanctus Martinus in Monte figure dans une charte de 894, mais il faut attendre 1112 pour relever une nouvelle allusion au Mont-Saint-Martin, puis 1142 pour identifier ce site comme possession bâtie de l’abbaye bénédictine de Saint-Pierre-de-Chalon. Un chapelain puis un prieur y sont cités au cours du XIIIe siècle. Au XVe siècle, les moines auraient quitté les lieux, établissant à leur place un curé pour servir l’église. Les curés ont été logés dans une maison du village, avant qu’on ne construise au sud de l’église une petite chambre voûtée servant de sacristie et de lieu de repos pour le curé, chambre qui se serait écroulée ensuite faute d’entretien. L’église n’a guère fait parler d’elle ensuite. Elle est demeurée paroissiale jusqu’en 1833, date de son remplacement par un nouvel édifice, construit au pied de la butte dans le village de Laives. Le cimetière a suivi ce mouvement et les dernières inhumations sur le Mont-Saint-Martin ont eu lieu en 1836.

 

Le diagnostic archéologique

Dans la perspective d’un projet d’assainissement et de réouverture d’une porte de l’époque moderne, l’église a fait l’objet en 2014 d’un diagnostic archéologique, dont la réalisation a été confiée à Benjamin Saint-Jean Vitus (voir son entretien), de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap). Les trois sondages effectués au pied des murs extérieurs de la nef ont permis d’atteindre des niveaux médiévaux et modernes, à moins de 60 cm de profondeur, de compléter certaines sources historiques manquantes pour renouveler notre regard sur l’église.

Le vestige le plus ancien est une arase de maçonnerie détruite avant la construction de l’église actuelle. Elle semble dater du haut Moyen Âge, entre les VIIe/VIIIe et Xe siècles. La datation de l’église a aussi pu être affinée. Un squelette découvert contre le mur méridional a fait l’objet d’une datation au carbone 14. Par recoupement avec la datation dendrochronologique du clocher, on peut maintenant situer la construction de l’église entre 1010 et 1019, en même temps qu’ont été bâties  l’avant-nef et des parties basses de la nef de Saint-Philibert de Tournus

Découvertes

Dans son premier état roman, l’église se composait d’un plan basilical à trois nefs, avant de connaître de multiples transformations aux siècles suivants, dont l’ajout aux XVe/XVIe siècles de deux chapelles sur les deux bras du transept.

À l’ouest, les archéologues ont décelé, sous la pelouse actuelle, l’arase (base de construction) du mur d’un porche disparu qui précédait l’entrée de l’église jusqu’au XIXe siècle. Au nord, les chercheurs ont dégagé des niveaux de circulation extérieurs d’époques moderne et médiévale, venant lécher les ressauts de fondation de l’église du XIe siècle et recouvrant des sépultures, révélatrices de l’emplacement du cimetière médiéval. Enfin, au sud, la porte moderne bouchée donnait initialement sur l’intérieur du bâtiment du XVIIIe siècle qui abritait la chambre voûtée du curé. L’arase de son mur oriental a été retrouvée sous le niveau actuel, ainsi que les témoins de son dallage intérieur et du sol extérieur. C’est au ras de ce sol de cour qu’ont été découverts les fragments des trois statues, dont l’une représente un moine et l’autre une Marie-Madeleine, probablement vandalisées, puis enfouies à la Révolution.

Le diagnostic archéologique ouvre de nouvelles questions sur l’histoire de cette église aujourd’hui désaffectée. Les études en cours indiquent que ces statues n’ont pas été produites en même temps. La présence de la statue de Marie-Madeleine est-elle liée au culte de la sainte revendiqué par le pouvoir ducal de Bourgogne ? La statue représentant un moine aurait-t-elle un lien avec l’abbaye bénédictine de Saint-Pierre-de-Chalon ? Que s’est-il passé, enfin, sous la Révolution ? Dans les semaines à venir, des chercheurs livreront l’état de leur réflexion sur ces questions.

À suivre…

 

Photo 1 : Vue de Saint-Martin-du-Haut (drône), avec l'aimable autorisation de l'association des amis de Saint-Martin de Laives

Photo 2 : Diagnostic (sondage), cliché Inrap/Benjamin Saint-Jean Vitus

11 fév.

Questions à Benjamin Saint-Jean Vitus, l’archéologue

Ingénieur chargé de recherches et responsable d'opérations à l'Inrap, Benjamin Saint-Jean Vitus a dirigé en 2014 les opérations de diagnostic archéologique qui sont à l’origine de la découverte des deux statues à l’église Saint-Martin-du-Haut.

 

Quel souvenir gardez-vous du diagnostic de Saint-Martin-du-Haut ?

B.S.-J.V : Tout d’abord, je me souviens de l’image automnale de l’apparition du Mont-Blanc au lever du soleil ! C’est un très joli site, dont la localisation sur une colline bordant la plaine de Saône, est très particulière. Son occupation est sans doute très ancienne. Ensuite, j’ai un souvenir très fort des gens de la commune et des Amis de Saint-Martin-du-Haut. Il faut comprendre que la présence d’archéologues qui réalisent des opérations préventives est parfois perçue comme ambigüe ou contraignante par les aménageurs et les riverains. De plus, nous venons de l’extérieur et pouvons être vus comme seulement de passage. Ici, il y a un attachement très fort de la population à son patrimoine, il y avait une réelle attente par rapport à cette petite opération de diagnostic. Nous avons été immédiatement bien accueillis, et à plusieurs reprises, des habitants, membres ou responsables des associations locales, sont montés sur ce site pourtant à l’écart, pour suivre l’avancée de nos travaux. Plus tard, quand j’ai donné une conférence à la mairie sur mes travaux, la salle était comble. Il y a un réel intérêt des habitants de Laives et des environs pour ce site et pour leur patrimoine.

 

Quelle a été votre réaction quand vous avez découvert les statues ?

B.S.-J.V : Je ne m’y attendais pas, mais le plus surpris a été le pelleteur qui n’était pas encore très habitué à ce type de travaux et pour qui tout se passait un peu comme dans un film… Rappelons que le but de l’opération était de faire des sondages sur le pourtour de l’église pour savoir où effectuer des travaux de drainage et cela le moins en profondeur possible. Pour ma part, je n’étais pas venu pour des statues. Ce "petit" diagnostic m’intéressait pour la problématique liée à l’église romane, déjà l’une des mieux datées de la région, grâce à des analyses dendrochrologiques [par mesure des variations d’épaisseur des cernes du bois] qui avaient été effectuées dans le clocher. En l’occurrence, de nouvelles analyses, par le radiocarbone, d’un squelette trouvé au diagnostic, m’ont permis d’aboutir, par recoupement des deux dates, à une chronologie assez fine de la construction (autour de 1010 à 1020), ce qui en fait une référence. Bien sûr, j’ai été très surpris par la découverte des statues, même si, rétrospectivement, cela n’apparaissait pas si abracadabrant. En contrebas, le village de Laives est connu historiquement, depuis le Moyen Âge, pour ses carriers et tailleurs de pierre. Par exemple, ses carrières ont approvisionné la construction de l’abbaye cistercienne de la Ferté, toute proche. En outre, il y a déjà d’autres statues à Laives, présentées dans la chapelle de Lenoux qui sert aujourd’hui de musée lapidaire. Il y a donc déjà présence de carrières, d’une statuaire et d’une architecture de qualité depuis le Moyen Âge en lien avec ce village : en prenant du recul, ce n’est pas si surprenant que l’on ait découvert ces statues.
 

Selon vous, pourquoi ces statues ont-elles été enfouies ?

B.S.-J.V : D’après les fragments de terre cuite d’une autre sculpture brisée, que l’on a trouvés avec les blocs de pierre, et dont l’un porte la date de 1782, les statues ont très probablement été enfouies pendant la Révolution – qui signe la fin de l’activité de Saint-Martin-du-Haut, l’église ayant été déménagée au village au XIXe siècle. Les statues ont été enterrées devant le seuil d’un petit bâtiment du XVIIIe siècle qui servait de "salle de repos" pour le curé. En effet, cela soulève une interrogation, parce que ce n’est pas que de la pierre sculptée que l’on a enterrée. Ces statues sont des objets de dévotion, elles sont sacrées. On peut imaginer, mais c’est vraiment une hypothèse, que dans l’esprit de ceux qui les ont enfouies, ces statues méritaient une forme de sépulture.

 

Que pensez-vous de la suite des opérations ?

B.S.-J.V : Je suis satisfait que l’on trouve une solution. Quand on fait ce genre de découverte, on évite d’en faire trop de publicité immédiate, pour que des gens ne viennent pas retourner tout le terrain. Avec l’association des Amis de Saint-Martin de Laives, évidemment très intéressée, nous avons cherché ensemble une solution satisfaisante pour ces statues, mais pour toutes sortes de raisons, les délais sont longs. Les habitants de Laives sont très contents que l’on arrive à ce résultat, je pense qu’ils attendent avec impatience de pouvoir récupérer les statues restaurées pour les présenter avec les autres, dans la jolie chapelle de Lenoux. J’espère que cela pourra se faire.

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