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Jeunes en conflit avec la loi

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Le projet

Grandir Dignement initie en France un projet dans le double objectif d'accompagner les jeunes en conflit avec la loi et de leur permettre de devenir des citoyens engagés. Le projet comporte deux activités principales complémentaires : Les Interventions en milieu carcéral : Des ateliers autour de questions de société sont animés par des bénévoles plusieurs fois par semaine dans les quartiers mineurs des Maison d’arrêt du Grand Est. Cela permet de rejoindre les jeunes afin de tisser un lien « dehors/dedans » et de les mettre en lien avec les questions de société. Mensuellement, des temps avec des personnes engagées issues de la société civile sont proposés. Enfin, des projets culturels sont organisés. Dans les années à venir, Grandir Dignement entend étendre ces interventions sur de nouveaux établissements pénitentiaires par la création d'unité locale de bénévoles.

Actuellement, 12 bénévoles en moyenne interviennent au sein de l'association. Le service civique adapté, levier d'insertion: Grandir Dignement propose à des jeunes en prise avec la justice (16/25 ans) de s'engager dans une mission solidaire dans le cadre d'un service civique avec un objectif d'insertion. Le dispositif comprend un temps d'accompagnement personnalisé (situation administrative, habitat, santé, gestion de la vie quotidienne, éducation) et un temps d'engagement associatif. Les jeunes sont en immersion au sein de diverses structures du secteur associatif et de l'ESS (ex : maison de retraite, handicap, écologie..). Chaque jeune est également appelé à découvrir par le biais de stages en entreprise le milieu professionnel. La particularité du dispositif d'insertion se situe dans le fait que les jeunes sont accompagnés par d'autres «Grands jeunes » également en service civique.

Cette démarche favorise ainsi l'implication de jeunes adultes bénéficiant d'une bonne insertion sociétale sur les problématiques de discrimination, d'exclusion et de justice. L'association envisage à moyen terme de conduire ce type de projet à plus grand échelle. Le projet présente un caractère novateur. Il y a peu d'associations non-gouvernementales intervenant auprès des jeunes en prise avec la justice. Par ailleurs, le projet vise à proposer le service-civique à un public globalement en marge et exclu de ce type de dispositif. Enfin, en se mettant au service de l'autre, les jeunes bénéficiaires changent le regard porté sur eux et deviennent acteurs de plaidoyer.

A quelle problématique sociale répond-il?

En septembre 2018, 811 mineurs, âgés de 13 à 18 ans, étaient incarcérés. La plupart des jeunes ont un parcours chaotique. Lors de leur mise en détention, des difficultés se sur-ajoutent.

Situation d’isolement : Les mineures sont incarcérées dans des cellules individuelles ce qui permet le respect de leur intimité et d'éviter les violences. Cependant, il est constaté que ceci accroît leur solitude. Selon les règlements intérieurs de l’administration pénitentiaire, ces jeunes peuvent demeurer jusqu'à 20h/jour en cellule. D'autre part, un certains nombres d'adolescents ne reçoivent pas ou peu de visites familiales durant leur détention.

Violences : Bons nombres d'adolescents posent des actes de violence ou contraire à la loi non car cela correspond à leur mode de vie mais pour exister au regard des autres. L'objectif étant pour eux de trouver un intérêt auprès des autres. La mise en détention a un effet néfaste puisque ces jeunes auront tendance à n'exister qu'à travers la gravité des actes posés. Par ailleurs, les problèmes de violence sont également liés à des difficultés à s’exprimer. Comme l'évoque Jean Marie Petitclerc, membre du conseil d'administration, il y a une corrélation entre le niveau de vocabulaire d’un sujet et l’intensité de sa violence. Lors de la sortie de détention, s'ajoutent de nouvelles difficultés.

Difficulté d'insertion sociale et professionnelle : les jeunes doivent retrouver un rythme de vie au sein de la collectivité avec une étiquette « d'ex détenu ». De plus, ils ont souvent des difficultés sociales et scolaires qui obscurcissent leur inscription dans le monde du travail ou de la formation. Egalement, les jeunes éprouvent des difficultés en ce qui concerne leur hébergement.

Exclusion de la société : Nous constatons qu'une des souffrances est également l'impression de ne pas pouvoir tenir un rôle positif dans la société. Il demeure primordial d'accompagner ces jeunes dans le développement de leur potentiel, la valorisation d’eux-mêmes et leur accès à leur citoyenneté. Le jeune aura davantage de risques de commettre des actes contraires à la loi s’il a une piètre image de lui-même, renforcée par le regard de la société, et s’il vit un quotidien sans perspectives.

Les paroles de Karim Mokhtari résument la situation « Je n’avais connu que des spirales destructrices. Le mal appelle le mal. L’exclusion à se couper du monde. Mais la solidarité, elle, n’appelait qu’à des choses positives. Elle ramenait chacun à son humanité fondamentale.»

Quelle est la solution apportée?

Les interventions en détention visent à rompre l'isolement, développer des moyens d'expressions, appréhender les questions de société. Le dispositif d'insertion remédie aux questions d'insertion professionnelle (via un axe « découverte professionnelle ») et sociale (via un temps d'accompagnement personnalisé). Il propose un engagement citoyen via des immersions au sein du secteur de l'ESS. Un espace de permaculture permet de sensibiliser les jeunes aux enjeux environnementaux.

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