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La traversée humaniste de l'Europe : 10 000 km à pied

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Programme annuel

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Deux Pas Vers L'Autre
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Paris

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IR 2019 IS 2019

Deux Pas Vers L'Autre

Deux Pas Vers l'Autre est une association loi 1901, reconnue d'intérêt général. L'association a pour mission de pratiquer et de valoriser la pratique...

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Deux Pas Vers L'Autre

Deux Pas Vers l'Autre est une association loi 1901, reconnue d'intérêt général. L'association a pour mission de pratiquer et de valoriser la pratique...

PRENEZ PART À l'AVENTURE DEUX PAS VERS L'AUTRE À NOS CÔTÉS

MARIE & NIL, FONDATEURS DE L’ASSOCIATION

Une randonnée de 10 000 kilomètres à pied pour vous raconter l’Europe, du Portugal à la Turquie, pendant 500 jours, 4 saisons, 17 pays et plus de 120 parcs naturels !

 

Cette aventure débute en février 2018

Son objectif ? Aller à la rencontre des femmes et des hommes de l'Europe, nos voisins, les écouter, les photographier et leur donner une voix à travers nos médias. Que savons-nous des Bulgares ? Quelles images nous viennent à l'esprit lorsque l'on parle du Kosovo ? A quoi ressemblera cette photographie prise en 2018 de l'Europe du sud ? Qu'en est-il de la culture et de l'identité européenne au-delà des villes et des frontières ?

Pour que ces espaces soient encore aussi accueillants dans quelques années, nous nous engageons également dans une démarche de sensibilisation et de protection de l'environnement avec le programme 1KG FOR THE PLANET.

 

Grâce à vos contributions, nous pourrons compléter le budget de l'aventure !

Même si nous nous sommes fixé un budget de 10€ par jour et par personne, pour 2 personnes pendant 550 jours, cela représente 11 000 €. A cela s'ajoute une partie du matériel que nous devons encore financer et la logistique du voyage.

 

EN SOUTENANT DEUX PAS VERS L'AUTRE, VOUS :

 

  • Contribuez à valoriser et à faire découvrir le patrimoine naturel et culturel d'Europe

Via nos interviews et nos reportages photos, nous souhaitons faire découvrir les Hommes, les métiers, les terroirs et les paysages de régions d'Europe souvent oubliées des touristes et des médias.

Afin de rendre ces découvertes accessibles au plus grand nombre, nous les partageons largement, en français et en anglais, nous invitons notamment les gens à venir marcher avec nous et à nous faire découvrir ces régions de l'intérieur.

 

  • Agissez pour la planète !

Bien que chaque gramme compte dans une aventure comme celle-ci, nous transporterons dans nos sacs jusqu'à 1kg de déchets ramassés sur la route avant de pouvoir les jeter et de recommencer ! Nous pourrons ainsi collecter jusqu'à 1 tonne de déchets pendant notre périple.

Un geste simple auquel nous sensibilisons notre audience afin qu'elle fasse de même lors que chaque sortie nature. 

 

  • Entrez dans le monde de la culture 3.0

Si pour certains technologie et nature s'opposent, nous pensons au contraire pouvoir tirer le meilleur des deux. L'interactivité est au coeur des technologies de l'avenir, c'est pourquoi nous les utilisons pour inspirer et promouvoir un continent vert et humaniste ! 

En collaborant avec des écoles, en produisant du contenu qui s'adresse à tous, en rendant aussi notre site internet participatif et inclusif, nous mettons la modernité au service du partage.

 

QUI SOMMES-NOUS ?

 

Deux Pas Vers l'Autre est une association loi 1901 reconnue d'intérêt général. Tous ses membres sont actuellement mobilisés à mettre en place cette fantastique aventure qui ouvrira une fenêtre pour tous sur l'Europe du sud.

Mais ce projet nous ne le faisons pas tout seuls ! Jamais il n'aurait pu voir le jour sans les solides soutiens que nous recevons de nos partenaires : différentes institutions comme le Parlement Européen ou la Maison de l'Europe de Paris, comme des grandes marques qui nous fournissent du matériel de qualité et de médias qui relayent notre projet. 

Deux Pas Vers l'Autre n'existerait pas non plus sans tous les gens qui nous soutiennent d'une manière ou d'une autre, qui viendront marcher avec nous, qui nous accueillerons peut-être chez eux...

 

Un grand merci à vous !

 

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La vie du projet

17 jan.

Toutes les raisons de rejoindre Deux Pas Vers l'Autre (ou pas)

J'ai eu le grand honneur d'être le huitième invité de Deux Pas Vers l'Autre lors de leur randonnée à travers l'Europe du Sud. Je m'appelle Jesse et je vis aux Pays-Bas, où je travaille comme chercheur pour une institution culturelle. Chaque fois que j'en ai l'occasion, j'échange mon bureau contre des chaussures de randonnée et les plaines contre les montagnes à divers endroits : en Norvège, en Écosse et dans les Alpes. L'année dernière, j'ai parcouru 1 500 kilomètres sur le Continental Divide Trail, l'un des sentiers de longue distance traversant les États-Unis. Le compte Instagram de 2PVA a attiré mon attention début 2018, cela semblait être une aventure tellement cool ! Plusieurs mois plus tard, j'ai réussi à rejoindre Nil et Marie pour quelques jours. Pendant environ deux semaines au mois d’août, je me suis familiarisé avec les tenants et les aboutissants et avec les personnes à l'origine du projet : Nil et Marie. Voici quelques-unes des raisons pour lesquelles vous devriez les rejoindre pour une partie de leur parcours (faites-le !) Et pourquoi vous devriez peut-être y réfléchir à deux fois avant de le faire.

 

1. Suivre le rythme

Donc, je suis un gars plutôt en forme, je sais ce que c'est de marcher en montagne. Mais Nil et Marie ont plus de 6 mois de randonnée dans les jambes. Ils ont la force d'un bœuf, l'agilité d'un bouquetin, la persévérance d'un carcajou (wolverine). Sérieusement, soyez prêt à bouger vos fesses. Mais sachez que si vous vous retrouvez derrière... Ils vous attendront. Parce qu'ils sont comme ça.

 

2. Se salir les mains

Comme vous l'avez peut-être remarqué, 2PVA ce n'est seulement de la randonnée. Par exemple, Nil et Marie ramassent systématiquement les déchets dans la nature, collectant 1KG FOR THE PLANET, quelque chose qu'ils prennent très au sérieux. Je ne plaisante pas quand je dis que je les ai vus contempler un ravin de 10 mètres pour ramasser un morceau de plastique, vous auriez dû voir la tristesse dans leurs yeux quand cela s'est avéré trop difficile. Alors, soyez prêts à vous salir les mains !

 

3. Ultralight

Si vous décidez de vous joindre à Nil et Marie, sachez qu’un soir viendra où Nil videra son sac à dos pour vous faire soupeser comme il est léger. 2PVA travaille avec un certain nombre de sponsors spécialisés dans ce que les randonneurs appellent des équipements « ultralégers ». Et heureusement ! Parce que Nil et Marie transportent BEAUCOUP de choses pour ce voyage. En fait, si vous le sentez, gardez peut-être de la place dans votre sac pour les aider à transporter quelques objets de temps en temps. Ou encore mieux : venez avec un âne !

 

4. Acide borique

Passer des jours et des jours sur les sentiers amène des odeurs corporelles plutôt désagréables. Mes chaussures en particulier se sont avérées capables de dégager une puanteur incroyable (pensez : rat mort). Comme vous dormirez souvent proche de Nil et Marie, certaines mesures de précaution sont recommandées. La poudre d'acide borique diminuera considérablement l'odeur des chaussures, je l'ai appris de Marie, alors apportez-en. Bien que… Vous savez quoi, l'odeur corporelle joue un grand rôle dans le lien social, alors peut-être oublier ce que je viens de dire !

 

5. Ne pas poser

Nil et Marie sont tous deux d’excellents photographes, mais ont insisté dès le début sur le fait que poser n’était pas autorisé. Quelques exceptions : quand les produits sponsorisés doivent être promus, quand la lumière est trop belle pour être ignorée, quand le paysage est incroyable mais a besoin d'un petit quelque chose au premier plan, quand on s'ennuie, quand on a l'air trop cool en faisant quelque chose de dangereux... En fait, maintenant que j'y pense, la plupart du temps, poser est autorisé.

 

6. L'attente

Si vous décidez de ne pas participer à une partie de cette aventure, sachez que Nil et Marie travaillent dur pour partager ce voyage avec des gens comme vous : de belles photos sur Instagram et Facebook, des vidéos sur les différentes régions, des interviews de personnes intéressantes sur Youtube... Ce que vous remarquerez seulement si vous vous joignez à eux sur le terrain, c'est combien de temps cela prend. Tourner un journal de bord, piloter le drone, éditer les photos et les vidéos, etc. : préparez-vous à attendre, à traîner avec les habitants, à avoir des conversations dans des langues dans lesquelles vous ne pouvez même pas dire « bonjour » (mes compétences de conversation en italien ont été poussées à leurs extrêmes limites en parlant légalisation de la drogue avec Mario, 70 ans), préparer le déjeuner, repérer l'itinéraire pour la prochaine section... Mettez votre temps à profit !

 

7. L'amitié

J'adore randonner, c'est vraiment l'une de mes activités préférées. Mais "il n'y a pas de jours faciles" comme on dit, surtout dans les Alpes. Sous la pression, je suis sûr que 2PVA et moi-même avons eu nos petites irritations, des blagues mal choisies, des malentendus, etc. Mais sous la même pression, j'ai tellement apprécié Nil et Marie, en et nous avons tissé une amitié en deux semaines ! Ils étaient très accommodants, même avant mon arrivée et ont été généreux, honnêtes, amusants et dignes de confiance tout au long de mon séjour. Si tout ce qui est écrit ci-dessus ne vous rebute pas (ça ne devrait pas), je ne peux que vous recommander vivement de rejoindre l'aventure 2PVA pour une section !

 

2PVA LOGBOOK 14, KM 3,705 de POMIERI à AOSTA

 

Jesse


 

01 déc.

A la découverte d'une autre Italie

Quand on dit qu’on a randonné en Italie plus de 1 000 km d’ouest en est, les gens pensent tout de suite à des gondoles, des tours penchées, des pizzas, des pâtes et du linge qui sèche aux fenêtres.

On ne va pas se mentir, oui on a mangé des pizzas et pâtes :) Mais croyez-nous si on vous dit que le reste ne s’est pas du tout passé comme ça !

​​

Traverser l’Europe, c’était notre projet. Traverser les Alpes, c’était un rêve. Et la fenêtre météo pour le réaliser, était relativement courte : avant juin c’était trop tôt, après octobre ça aurait été trop tard et il fallait bien compter 3 ou 4 mois pour les traverser. Notre date de départ le 5 février dernier à Sagres avait été fixée en prévision de cette épique section de notre voyage.

C’est sûr que, même maintenant, notre vision de l’Italie est très partielle. Mais il en va de même pour tous les pays qu’on a traversé et qu’on traversera pendant ce voyage à pied. Même si on progresse lentement, qu’on passe beaucoup de temps dans certains pays, on ne découvre qu’une ligne étroite à l’échelle d’un pays tout entier.

​​

 

Pendant presque 3 mois de randonnée en Italie, on a découvert les Alpes italiennes, traversé 6 régions, grimpé 69 500 mètres de dénivelé positif, dormi 30% du temps chez l’habitant et dépensé le double de notre budget prévu, soit une moyenne de 20€ par jour et par personne.

Les gens s’étonnent quand on explique qu’on n’a pas réussi à tenir notre budget en Italie. Ce n’est pas tant lié au pays lui-même, mais plutôt à la montagne en général. Les produits sont difficiles à acheminer et donc plus chers, les commerces sont rares donc on se contente de ce que l’on trouve et au prix où on le trouve, des conditions météo difficiles peuvent vite devenir dangereuses et nous ont parfois poussé à dormir en refuge là où ailleurs nous aurions pu camper, les villages et donc les rencontres ont aussi été plus rares et ainsi l’aide que nous reçue.

 

Merci !

Les rencontres ont été moins fréquentes, mais elles ont tout de même été là ! On ne remerciera jamais assez tous ces gens qui nous ont accueilli ou aidé d'une manière ou d'une autre !

Ce qui nous a aussi largement aidé, ce sont les bivouacs (en italien bivacco), ces cabanes, de toute taille, de toute forme et de tout niveau de confort, en général construites, entretenues et mises à disposition par le Club Alpin Italien. Les plus confortables prennent la forme d’un grand chalet d’une seule pièce avec une douzaine de lits avec draps et couvertures, le gaz, l’électricité et une grande table pour les repas. Les plus sommaires ressemblaient à des boîtes de conserve géantes avec entre 2 et 8 couchettes où parfois on ne pouvait pas tenir debout.


 

On n’est jamais vraiment prêt

Ces bivouacs ont souvent été salutaires. Oui, traverser les Alpes est sans doute l’une des choses les plus difficiles que nous ayons fait. Physiquement et mentalement. Nous sommes arrivés au pied des Alpes après déjà 6 mois de marche. Un bon entraînement oui, mais en fait, rien ne pouvait nous préparer à ce qui allait suivre : une moyenne de 1000m de dénivelé positif quotidiennement sur une si longue période. On pourrait penser qu’au bout de 2 ou 3 semaines de ce régime, on s’habitue. En fait, non. En tout cas, on n’est pas tous égaux sur le sujet.

S’il y a bien une chose qui nous a aidé à aller au bout de cette traversée alpine, ce sont les “wahou”, “pfiou”, “dis donc, c’est vachement beau” que nous poussions des dizaines de fois par jour. Jamais, ni l’un ni l’autre, n’avions connu un tel émerveillement quotidien et systématique. Nous avons découverts des endroits sublimes dans tous les pays que nous avons traversé mais jamais avec une telle concentration !

 

La crème de la crème

Cet article pourrait faire 30 pages sans qu’on n’épuise la liste des sites fantastiques qui marqueront notre esprit pour toujours. On va quand même essayer de vous en donner un aperçu.

 

Le plus grand espace naturel protégé du Piémont

Nous sommes entrés en Italie par le Parco delle Alpi Marittime. Pour nous un des endroits les plus bruts et les plus riches en vie sauvage des Alpes italiennes. Partout bouquetins, chamois, marmottes, pics acérés et lacs d’altitude où on a parfois eu le courage de se baigner, pour être honnêtes, surtout quand on avait besoin de se laver ! 

Cerise sur le gâteau, nous sommes retournés au Rifugio Emilio Questa que nous avions découvert un an avant, pendant la préparation de notre voyage à pied. Là-bas nous y avons retrouvé Flavio, gardien du refuge depuis 31 ans. D’ailleurs, il en parle mieux que nous :

​​

 

S’approcher des étoiles

Voir le Mont Viso de vraiment très très près nous a un peu titillé. La météo n’étant pas vraiment de notre côté, on a choisi d’en faire le tour et n’avons pas regretté pour deux raisons. La première c’est qu’on a fini cette journée pris dans une tempête de vent et de pluie. La seconde c’est qu’après avoir dormi dans l’adorable bivacco de la Punta Venezia, on s’est réveillés avec une vue à couper le souffle sur le Viso.

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Malgré tout, par la suite, la tentation de découvrir, même à une petite échelle, la haute montagne nous a suivi. Quand Jesse, notre premier invité en Italie nous a rejoint et qu’il nous a dit que ça l’excitait beaucoup aussi, on s’est décidé. Nous voilà en route pour le paradis, le Grand.

Il s’est imposé comme une évidence : notre itinéraire passait à ses pieds et le Grand Paradis (4061m) est réputé comme l’un des 4000 les plus accessibles des Alpes.

Evidemment, avant de se lancer, on s’est longuement documenté, on a rencontré et consulté plusieurs guides, répété nos manip’ de sécurité, etc.


Quelques petits trucs qu’on a appris en chemin :

- U️ne ascension digne de ce nom doit commencer tôt, genre vraiment tôt. On parle de 4h du matin là. Pourquoi ? Parce que vous ne voulez pas vous retrouver à traverser un glacier plein de crevasses en plein après-midi ensoleillé.

- Pas de bras, pas de chocolat. Ici, pas de soleil, pas de chaleur. On enfonce une porte ouverte ? Oui, mais froid en bas dans la vallée et froid au-delà de 3000m, ça ne veut pas dire la même chose. Alors on se couvre !

- Quand le soleil s’est enfin montré, on a vu l'une des plus belles choses de toute notre vie et on a vite oublié les heures difficiles pour arriver là-haut.

Peu de temps après, c’est dans le massif du Monte Rosa que l’euphorie des cimes nous a repris. Enfin, surtout Nil et Jesse. Je me sentais trop fatiguée pour les suivre, je suis donc restée dans la vallée pour me reposer et travailler. Nous traversions les Alpes depuis 3 semaines et, loin de m’habituer à l’effort, je me sentais au contraire de plus en plus fatiguée.

Les garçons ont séjourné dans la magnifique Capanna Gnifetti et ont fait l'ascension de la Pointe Parrot (4432), du Ludwigshöhe (4341), du Balmenhorn (4167) et de la Pyramide Vincent (4215). Oui, tout ça !

En voyant les photos incroyables qu'ils ont rapporté, j’étais presque jalouse…

 

Ich spreche kein deutsch

Après avoir traversé la Suisse, nous sommes retournés en Italie par le Trentin-Haut Adige. On était terriblement impatients de retrouver une culture plus chaleureuse et une langue plus familière. Raté. Il faut croire que nos livres d'Histoire avaient omis de nous parler de ce détail. Pendant des siècles, la situation de cette région germanophone a été complexe, changeant de camp au gré des conflits. Jusqu’à la Première Guerre Mondiale, elle appartenait à l’Autriche qui l’a finalement cédée à l’Italie en échange de son engagement aux côtés des Alliés. Traverser l’Europe, c’est aussi découvrir son histoire !

Nous voilà donc dans une Italie où l’on parle allemand et où la culture est plus germanique que latine.

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Mangez des pommes !

Le Val di Non, dans le Trentino ne nous a pas marqué par ses paysages à couper le souffle mais plutôt par sa monoculture intensive de la pomme. En effet, depuis plus de 2000 ans, des pommes sont cultivées en Val di Non. Son altitude entre 500 et 1000m et son microclimat en font un environnement particulièrement favorable à cette culture. Jusqu’à la fin des années 1980, cette production était essentiellement le fruit de nombreuses activités familiales. Soucieux de protéger leur produit et son appellation et de rationaliser leur processus de vente, ils se sont regroupés en une coopérative sous la marque Mélinda. Aujourd’hui Mélinda représente une part importante des pommes vendues en Europe et impose aux agriculteurs des standards stricts pour uniformiser la production…

 

De l’art qui rapproche

100 000 habitants, pour nous, ça fait une grande ville. A force, on perd l’habitude de traverser des endroits aussi bondés et en plus, on n’y prend aucun plaisir. Pourtant on est restés un bon moment à Bolzano. Nous avons rencontré Maria qui est Espagnole mais vit à Bolzano depuis plusieurs années. Elle a immédiatement accepté de nous héberger et d’une nuit, nous sommes finalement restés près d’une semaine.

Chez Maria, on a aussi rencontré Jacopo. Il est artiste de cirque et avec d’autres, il a monté l’association SLAM dont la mission est d’enseigner la pratique des arts du cirque mais surtout de créer du lien social entre des personnes qui ne se seraient peut-être pas rencontrées autrement. On a eu la chance de les suivre lors d’un spectacle de rue et d’une une animation pour les portes ouvertes d’un centre d’accueil pour réfugiés.


Winter is coming

On se souviendra longtemps de notre journée aux alentours du Piz Boè. Pourquoi ? Parce qu’elle a marqué notre arrivée dans les Dolomites ! Cette froide journée brumeuse nous a aussi envoyé un signal assez clair : l'hiver approchait.

Comme on vous le disait, cette région a été fortement marquée par la Première Guerre Mondiale. Le Mont Lagazuoi marquait la ligne de front entre les armées autrichiennes et italiennes. Pour déloger les Autrichiens de leurs positions en altitude, l’armée italienne a creusé des kilomètres de galeries dans la montagne. Ces tunnels sont accessibles aujourd’hui. Du col, il est possible de redescendre quelques centaines de mètres plus bas par ces tunnels.


 

Instagramers de malheur :)

Nos deux invités suivants ont été gâtés pour leur arrivée. Nous avons emmené Caroline et Antoine voir un des lacs les plus photographiés d’Italie. On comprend pourquoi. Le lac de Braies est enclavé entre de hautes montagnes, la roche calcaire blanche alentour et les couleurs d’automne s’accordent parfaitement. Petit bémol, même hors saison, tôt le matin, l’endroit très accessible était assailli de photographes, groupes de touristes, tous venus prendre la même photo.

​​

Mythiques Dolomites

En approchant d’un coin aussi célèbre que les Tre Cime di Lavaredo, on ne pouvait pas s’empêcher de se demander si on n’allait pas être déçus. C’est vrai, les attentes sont forcément très hautes, à force, l’idée qu’on s’en fait est sans doute déformée par tout ce qu’on lit ou entend.

Rien de décevant dans ce qui a suivi pourtant…

L’approche était déjà somptueuse mais la découverte des trois cimes nous a coupé le souffle à tous les quatre. Ces géants sortis de terre, entourés de pierriers redoutables, laisseraient n’importe qui sans voix. Ici, nous nous sommes séparés. Les garçons ont suivi un sentier au plus près des mastodontes et les filles, un chemin plus direct vers le Rifugio Locatelli, fermé en cette saison, mais avec l’espoir de trouver un refuge hivernal ouvert, comme on nous l’avait indiqué. Ainsi, nous avons pu réunir un butin de clichés variés, de nos vedettes du jour prises sous tous les angles.

 

La montagne pour tous ?

Avec les derniers rayons du soleil, on a croisé un couple de touristes en jean et basket, petite veste de fourrure, en train de prendre des photos des Tre Cime. “Vous savez qu’il va très vite faire nuit et que le parking où vous avez certainement laissé votre voiture se trouve à 2h de marche sur un sentier difficile ? Il va bientôt faire très froid, vous devriez repartir, genre MAINTENANT !” Mais notre inquiétude n’a pas franchement eu l’air contagieuse et ils ont continué leur séance photo. Le lendemain matin, nous découvrons à une dizaine de mètres de la porte du bivouac un homme tremblant de froid dans son duvet d’un autre âge. En visite dans la région pour quelques jours, il ne s’attendait pas à trouver le refuge fermé, n’a pas trouvé l’entrée du bivouac et s’est fait surprendre par la nuit. On partage avec lui notre petit déjeuner et un café bien chaud (non, il n’avait pas de réchaud non plus…).

Ces rencontres nous poussent à nous demander si le fait de rendre la montagne de plus en plus accessible… et surtout si l’illusion de son accessibilité à travers les réseaux sociaux est une bonne chose. D’un côté, c’est permettre au plus grand nombre de découvrir des sites fantastiques, d’un autre, ça représente évidemment le danger de voir arriver là-haut des personnes non préparées et mal équipées.

Qu’est-ce que vous en pensez, vous ?

 

Rencontre avec Adrian

Après avoir quitté Antoine et Caroline, on s’est encore dit à quel point ils avaient eu de la chance. Déjà, ils nous ont accompagné dans ce qui restera pour nous l’un des plus beaux endroits du voyage. Ensuite, ils sont partis juste avant que la tempête Adrian ne frappe le nord de l’Italie et en particulier, l’endroit précis où on se trouvait ! Nous aussi on a eu beaucoup de chance. La chance de rencontrer Gigi qui nous a accueillis dans son bed&breakfast puis celle de tomber sur Patrizia à Forni di Sopra, plus lucide et mieux informée que nous sur la météo des jours à venir. Sans se poser tellement plus de questions, elle nous a donné les clés de sa maison de famille pour que nous y restions le temps que ça se calme un peu. On pensait y passer une nuit, on est restés 3 jours. Oui, c’était une sérieuse tempête. Pas d’électricité ni de réseau téléphonique et internet dans tous les villages alentour pendant cette période mais un toit sur la tête et un poêle à bois.

Il a fallu s’occuper pendant tout ce temps. Aux côtés de Timilin, un passionné de l’histoire rurale de sa région, nous avons visité le musée local et appris beaucoup sur le mode de vie du siècle passé.


 

Finir en beauté

La tempête a laissé des routes impraticables, des ponts effondrés, des sentiers très encombrés mais nous savions que notre fenêtre de tir pour passer la frontière slovène était mince. Nous cherchions un passage ni trop en altitude (on était déjà trop avancés dans la saison pour jouer à ça) ni trop plan-plan, en gros, on cherchait un moyen de terminer honorablement cette traversée des Alpes.

Le col du Sella Prevala, tout près du Mont Kanin cochait toutes les cases : 1195m d'altitude, plusieurs bivouacs sur la route donc plusieurs solutions de couchage et côté slovène, nous débouchions directement sur le village de Bovec où nous devions retrouver notre 13ème invité quelques jours plus tard. Un plan sans accrocs… en théorie.

Le bon côté de cette météo capricieuse, c’est que nous étions absolument seuls dans la montagne et que nous avons rencontré un nombre incalculable d’animaux !

Après notre nuit au Bivacco Igor Crasso où heureusement on a pu faire sécher nos chaussures devant le poêle à bois, ️les choses se sont compliquées. Plus on montait, plus on comprenait que là-haut, il allait y avoir de la neige ! Au départ juste un peu sur le sentier puis de plus en plus. Sur le dernier 1,5 km (qui nous aura bien pris 2h), le sentier n'existait tout simplement plus. La roche qui se trouvait sous la neige était fissurée de crevasses. A chaque pas, on ne savait pas si on allait tenir, glisser sur un rocher glacé ou s'enfoncer d'un mètre. On est arrivé au Bivacco speleologico "Davanzo - Vianello - Picciola", trempés de sueur, épuisés mais émerveillés par cet endroit.


 

Pour atteindre la Slovénie, nous devrons passer deux cols. Avant d'atteindre le premier Marie glisse sur les fesses et se rattrape de justesse avec les pieds pour éviter une crevasse.

Les genoux en trembleront longtemps.

Le premier col, c'était finalement plutôt un mur enneigé. Un sentier inexistant, un mètre de neige, une pente presque verticale et toujours ces crevasses rocheuses. L'ascension a été dure. En particulier ce passage vraiment abrupte. Honnêtement, on s'est fait peur !

Pour atteindre le deuxième col, il s'agira de remonter une piste de ski. Pas dangereux mais long et éprouvant. Et puis là-haut... la vue sur le chemin parcouru derrière et l'excitation des premiers paysages slovènes devant…

 

Une page se tourne.


En attendant notre prochain article, continuez de découvrir la nature et la culture de l'Europe à nos côtés sur Youtube, Facebook, Instagram et notre site internet !

 

A très vite !

Marie & Nil

Voir nos 4 galeries photo d'Italie

01 déc.

La Suisse, le plus européen des pays d'Europe (ne leur dites pas)

Premier pays hors de l’Union Européenne de notre traversée de l’Europe, la Suisse a accueilli notre voyage à pied pendant 460 kilomètres et un peu plus de 3 semaines.

Quel accueil nous a été réservé ? Est-ce que la vie était réellement chère en Suisse ? Y trouve-t-on encore des espaces sauvages ou est-ce que les gazons bien tondus ont tout remplacé ? Quelle langue a-t-on parlé ? Quel était l’état des sentiers ? Question essentielle, est-ce qu’on a bien mangé ?

 

4 langues officielles, vraiment ?!

En Suisse, nous avons eu un aperçu de ce qu’allait être notre vie pendant les prochains mois, dans des pays où la langue nous est totalement étrangère. Jusqu’à présent entre le portugais, l’espagnol, le français et l’italien, on s’en sortait plutôt bien. Mais l’allemand et encore plus le romanche nous ont laissé un peu démunis. Il faut pourtant que l’on s’y prépare, on sera bientôt en Slovénie puis en Croatie, Bosnie… où les points de repères linguistiques seront de plus en plus rares. Par chance, la Suisse est par culture multilingue. Avec ses 4 langues officielles, elle s’affiche selon nous comme le plus européen des pays d’Europe ! N’allez pas leur dire, ils n’aiment pas trop qu’on leur parle de l’Europe…

En général, on s’en est sorti avec l’italien, l’anglais et parfois le français.

 

Une première rencontre

Pour passer la frontière, au Monte Moro, nous attendait notre 9ème invité. Matthieu a traversé les Alpes l’été dernier, sur les sentiers de la Via Alpina, il en a même fait un film : Via Alpina - L’Envers du Chemin. Malgré son expérience, Matthieu a sans doute découvert une autre Suisse à nos côtés et aussi une autre approche de la randonnée.

 

Connectés à la nature

On entend souvent des gens opposer nature et modernité et on ne pourrait pas être moins d’accord ! Que l’on souhaite s’isoler, débrancher d’une vie stressante, ultraconnectée, parfois futile, c’est tout à fait concevable, sûrement très sain. Mais rejeter la technologie sous prétexte qu’elle nous éloigne de la nature, non ! Le progrès, que ce soit en termes d’équipement de randonnée, de matériel électronique ou de technologie de communication, a permis et permet toujours à l’Homme d’aller plus loin dans l’exploration du monde et de la nature notamment.

Sans notre matériel de randonnée ultralight, sans le GPS, sans notre appareil photo tout en un (Olympus, OMD EM-1 MKII) et sans le développement d’internet, jamais nous n’aurions pu entreprendre ce voyage, jamais nous n’aurions pu devenir randonneurs et digital nomads à la fois.

Les réseaux sociaux sont une auberge espagnole, on y trouve ce que l’on y apporte. Plutôt que de leur fermer la porte parce que leur contenu est désolant, essayons d’élever le débat et d’y mettre ce qu’on aimerait y trouver.

 


460 KM HIKING IN SWITZERLAND - Breathtaking mountains

 

Une autre Suisse

Oui, on nous a dit plusieurs fois et on l’a beaucoup lu sur internet aussi, que la Suisse n’avait plus rien de sauvage. De ce côté-là, on a parfois été tentés de leur donner raison : télécabines partout, balustrades, sentiers bétonnés, électricité à tous les étages, gazons parfaitement tondus même dans les alpages, refuges ressemblant plus à des hôtels de luxe en altitude… Tout ça, c’est vrai !

Mais il y a plus.

Sur les conseils d’Angelo rencontré pendant notre première soirée suisse, nous nous sommes mis en tête de rejoindre le Glishorn, une montagne surplombant la vallée du Rhône et offrant “la plus belle vue de la Suisse… ou au moins du Valais”. Nous avons atteint le Glishorn après deux jours et demi de marche sur des sentiers-balcons, dominant les vallons, croisant plus de brebies que d’êtres humains, se gavant de myrtilles qui, de toute évidence, n’étaient pas ramassées. En deux mots, c’était plutôt sauvage !

 

Les brebis, pas n’importe lesquelles : le Nez Noir du Valais, ces adorables boules de poils originaires du canton du Valais ont la tête et les sabots noirs, la laine blanche et des cornes en forme de spirales.

On y a aussi passé deux nuits glaciales sous la tente, nos premières nuits en-dessous de 0° depuis l’Espagne ! La chute des températures et l’arrivée des couleurs d’automne sont des signes que nous ne pouvons pas négliger… L’hiver approche et on n’a pas tellement envie de le voir de trop près tant qu’on est dans les Alpes !

 

Prendre de la hauteur

Pour nous, la Suisse aura aussi été l’occasion de renouveler l’expérience de la haute montagne et de côtoyer des merveilles de la nature ainsi que de mesurer leur caractère fragile et éphémère.

En surplomb de la vallée du Rhône, s’étend une langue de glace de 23km de long qui, de 4000 mètres d’altitude, descend jusqu’à 2500 mètres. Pour le moment en tout cas. Aletsch, le plus grand glacier des Alpes, recule d’environ 50 mètres tous les ans. Découvrir un tel géant était une expérience unique. Oubliez tout ce que vous pensiez savoir sur le temps et l’espace, ça ne s’applique pas là-bas. Les distances n’ont jamais été aussi trompeuses et avancer dans la même direction, en voyant notre destination sans que jamais elle ne semble se rapprocher nous a fait un drôle d’effet ! Le glacier est large d’1,5 km, il nous semblait pourtant que ses côtés ne se trouvaient jamais à plus de 200 mètres de nous. Notre principal point de repère aura été les innombrables hélicoptères chargés de touristes pour leur faire découvrir le glacier à moindre effort. Nous les entendions comme s’ils nous survolaient et réalisions en les voyant si minuscules qu’ils étaient en fait très loin.

Plus d’hélicoptères que d’humains donc puisque nous n’avons croisé absolument personne ce jour-là.

 

Ouhou, il ya quelqu’un ?

La Suisse n’aura pas été le pays des rencontres pour nous. Non pas que les Suisses n’étaient pas ouverts ou accueillants, mais surtout que les occasions d’en rencontrer ont été rares. Après le Portugal, l’Espagne, le sud de la France et l’Italie où les gens ont plutôt l’habitude de vivre dehors, de socialiser au café du coin, il nous a fallu admettre que la vie de village suivait un autre rythme en Suisse. Le climat plus rude et plus montagneux, ainsi peut-être qu’une culture plus saxonne que latine, pousse les gens à passer plus de temps chez eux. Les rencontres fortuites et spontanées ont donc été plus rares et pour trouver des gens, il a fallu aller les chercher !

On pense à notre première nuit en Suisse où Angelo et ses amis ont passé quelques coups de fil pour nous trouver un toit, à Daniela ce même jour qui nous a finalement préparé une chambre dans son hôtel, à Anna et Tiziano qui nous ont accueillis chaleureusement dans leur hôtel, à Massimo et aussi à Roberto qui nous ont offert tout plein de choses dans leur restaurant et on pense évidemment à Kristian, François et Christoph qui ont rendu notre arrivée dans le Tessin inoubliable.

En Suisse nous avons dormi le plus souvent en refuge, montagne oblige, un quart du temps sous la tente, un autre quart à l’hôtel (dont deux fois en étant invités) et une seule fois chez l’habitant (merci Kim !!).

 

Notre 10ème invité(e) !

La Suisse a été le lieu de notre rencontre avec une seconde invitée : Marie. L’arrivée de Marie a permis d’allonger la liste des nationalités nous ayant rejoint, bien qu’elle habite maintenant à Zurich, elle est Allemande. Pendant 4 jours, Marie aura été un compagnon de marche, une prof de yoga, une mine d’information sur les champignons et la flore en général.

 

FRUITS DE SAISON

En randonnée longue-distance, pouvoir se nourrir grâce à ce que l’on trouve dans la nature est un vrai plus. En passant l’été dans les Alpes, on n’avait pas vraiment réfléchi au fait qu’on allait rater la saison pour la plupart des arbres fruitiers. Dommage. Mais on ne s’est pas laissé abattre. On est loin d’être spécialistes des plantes sauvages mais on sait reconnaître un myrtillier quand on en voit un et de ce côté-là, on ne s’est pas privé !

Pour les champignons, on est plutôt du genre prudent (et on vous recommande de l’être aussi !) mais il y en a quelques uns sur lesquels on a pas trop de doutes quand même. Les coulemelles et les rosés des prés par exemple, ce soir-là on donné une autre dimension à notre habituelle pasta du soir !

 

Nature et culture

En termes de culture, nous avons découvert un peu plus la vie dans les alpages, eu le plaisir d’écouter un concert de cor des alpes et participé au rassemblement annuel du Club Saurer du Tessin. La marque suisse a arrêté de produire des camions civils en 1983 mais passionnés et collectionneurs continue de lui rendre honneur.

 

Nous avons passé notre dernière nuit dans le Tessin dans un endroit fabuleux. Située à 2200 m d’altitude et s’étendant sur un kilomètre sur six, la plaine de la Greina est un paysage de toundra alpine unique en son genre. Des ruisseaux la traversent, des lacs et de hauts marais caractérisent son paysage. On s’est sentis d’autant plus chanceux de découvrir cet endroit quand on a appris qu’elle avait failli disparaître sous un lac de barrage dans les années 1980. Elle a été sauvée grâce à la mobilisation de la population locale et est désormais classée à l’Inventaire fédéral des paysages, sites et monuments naturels d’importance nationale.

 

Nous avons quitté ce 4ème pays (en comptant que l’Italie sera le 5ème) en beauté. De la vallée Roseg, nous sommes montés au refuge Diavolezza pour passer la journée du lendemain sur le glacier du Bernina, autour du Piz Palü. Une magnifique journée d’exploration d’un territoire rare, fragile et grandiose. Avant de partir, ni l’un ni l’autre n’avions déjà expérimenté quoi que ce soit se rapprochant de l’alpinisme. Nous faisons donc nos armes cet été dans les Alpes, petit à petit, en se documentant beaucoup, en prenant conseil et en commençant par des sommets réputés peu difficiles.

 

Budget quotidien

En Suisse, notre budget de 10€ par jour et par personne a été sérieusement mis à mal. Deux raisons à cela : en montagne la vie est plus chère, on l’avait déjà constaté en Italie et… en Suisse la vie est plus chère ! Cela a donc été deux fois plus compliqué pour nous de nous en tenir à notre budget. Nous avons dépensé en moyenne 25€ par jour chacun, on se dit qu’on se rattrapera dans les Balkans :) Forcément, notre alimentation s’en est ressentie, heureusement que ça n’a pas duré trop longtemps !

 

Nous retournons en Italie où nous traverserons 4 régions avant d’atteindre la Slovénie, en espérant arriver là-bas avant les premiers signes de l’hiver.

 

En attendant notre prochain article, continuez de découvrir la nature et la culture de l'Europe à nos côtés sur Youtube, Facebook, Instagram et notre site internet !

Marie & Nil

01 déc.

Découvrir la France à pied, préparez-vous à être surpris !

TREK EN FRANCE - Découvrez 940 km de ce pays magnifique

2PVA COUNTRY EPISODES FRANCE

 

Préparez-vous à découvrir la France d'une manière totalement différente ! Nous pensions connaître notre pays, mais le découvrir en randonnée est quelque chose d'unique. Des Pyrénées aux Alpes, nous avons trouvé des endroits sauvages et désertiques, de forts terroirs, des gens fiers et généreux. Voilà comment nous nous souviendrons de notre traversée de France.

Avant d’y être, on n’avait pas imaginé que, fin mai, on aurait du mal à trouver un passage praticable dans les Pyrénées. Et pourtant, passer la frontière française s’est avéré difficile à cause de toute cette neige. On a eu beau préparer autant que possible notre voyage à pied, nous ne pouvions pas TOUT prévoir (heureusement) et encore moins les aléas du climat. A force de patience et de recherches, c’est finalement à 2000 mètres d’altitude, près de Puigcerda, que nous sommes retournés au pays !

 

Globalement, depuis le début du voyage, on n’a pas été gâtés par la météo. Là où, au Portugal, ils n’avaient pas vu de pluie depuis 2 ans, nous en avons eu pendant 3 semaines, jour et nuit ! Les Espagnols nous ont expliqué que, de mémoire d’homme, on n’a jamais vu un hiver si long et rigoureux… En France, les orages quotidiens et les inondations qui en découlent ne nous ont quasiment pas quitté jusqu’à mi-juillet ! Depuis que nous sommes en France, nous avons entendu une “explication” : c’est l’année des treize lunes. Le mois lunaire étant légèrement plus court que le mois solaire, en 2018, il y aura 13 pleines lunes. Une vieille croyance populaire associe ces années-là aux catastrophes naturelles, à des périodes particulièrement pluvieuses et néfastes aux récoltes. Drôle d’année pour une traversée de l’Europe en randonnée ultralight !

 

C’est dans cette atmosphère humide que nous avons retrouvé la France et très vite accueilli notre sixième invitée. Fran @frantictwalks est l’auteure du site seizeyouradventure.com qui relate les aventures et exploits sportifs de personnes souffrant d’épilepsie.

Peu de temps après, c’est Rémi @lenomaderandonneur qui nous a rejoint. Guide de randonnée, Rémi aura tout connu pendant son séjour : la météo changeante, l’attente de colis, les dures journées de marche, les jours de boulot, de très chouettes rencontres… Il vous raconte tout ici.

 

Si quelques pessimistes nous avaient laissé entendre que faire deux pas vers l’autre en étant bien reçu serait peut-être plus difficile en France qu’ailleurs, nous avons vite eu la confirmation qu’ils s’étaient trompés. Evidemment le fait que nous soyons Français, que nous puissions parler de notre projet dans notre langue maternelle a dû faire tomber pas mal de barrières. Toujours est-il que l’accueil a été généreux, sincère et spontané et nous avons dormi 60% du temps chez l’habitant !

 

La liste des endroits insolites dans lesquels nous avons dormi a continué de s’allonger : dans une grange, dans une grotte, dans une cahute de fruits et légumes, dans un domaine viticole où nous n’aurions sans doute pas dû nous trouver, sur la plage, sur l’estrade d’une salle des fêtes, dans une vacherie…

 

Avant de nous éloigner des montagnes, nous avons quand même pris un peu de bon temps en nous baignant dans les belles sources d’eau chaude de Fontpédrouse et pris un petit cours d’Histoire en passant une nuit à Latour-de-France, premier village français après la frontière avant que le Traité des Pyrénées en 1659 n'octroie plus de territoires à la France.

 

Puis, enfin, nous avons atteint un des points centraux de notre projet : la Méditerranée ! C’est vrai, même si notre curiosité nous pousse à aller visiter quelques pays voisins, notre voyage à pied s’attache à découvrir les pays européens qui bordent la Méditerranée (hors pays insulaires). Il nous tardait donc de la voir ! Nos nombreuses rencontres avec elle ont été entrecoupées de retours dans les terres, en grande partie parce que malheureusement la côte méditerranéenne est très construite. Nous avons tout de même réussi à dénicher des endroits sublimes et sauvages.

 

Les étangs de Gruissan au sein du Parc naturel régional de la Narbonnaise en Méditerranée représentent un patrimoine naturel unique, une réserve pour la faune et la flore exceptionnelle et des couleurs rares. C’est aussi un des endroits où Marie a passé beaucoup de vacances et qu’elle était heureuse de retrouver.

 

La Camargue… Difficile de trouver les mots pour décrire à quel point nous avons été surpris par cet endroit. Evidemment, les couleurs des marais salants nous ont coupé le souffle, bien sûr les flamants roses, hérons et autres oiseaux en pagaille ainsi que les typiques chevaux camarguais nous ont émerveillés, mais ce qui nous a beaucoup surpris, c’est le désert. Sur les conseils de Vincent que nous avions rencontré un peu plus tôt, nous voulions passer par Beauduc. Depuis les Saintes-Marie-de-la-Mer, nous avons choisi d’y aller par la plage. Une légère croûte de sel recouvre une partie de la plage, ce qui la rend plus praticable, chargés comme nous le sommes. Nous avons arpenté cette côte pendant près de 24 heures, nous y avons passé la nuit et le tout sans croiser personne. C’est la plage la plus gigantesque que nous n’avions jamais vue, c’est un désert de sable et de sel, c’est une expérience inoubliable.

Arrivés à Beauduc, nous avons découvert des centaines de kite surfeurs venus du monde entier sur ce spot mythique.

 

Ok, on oublie un détail qui va paraître insignifiant après toute cette splendeur : les moustiques. Sur la plage où il y avait un peu de vent, nous avons été épargnés, en revanche dans les marais autour de la ville fortifiée d’Aigues-Mortes, nous avons passé une nuit atroce. En Camargue, il ne fait pas bon dormir sous un tarp, même bricolé d’une moustiquaire de dernière minute.

 

Si on nous met régulièrement en garde contre les ours, les loups ou même les chiens que l’on croisera peut-être, on vous assure que les moustiques et les tiques sont autrement plus terrifiants pour nous ! On se dit souvent que si on revient de cette traversée de l’Europe sans aucune des maladies qu’ils transmettent, ce sera une belle victoire...

 

En arrivant à Carry-le-Rouet, nous avons découvert un tout autre décor qui allait nous suivre quelques temps : des calanques. Jusqu’à Marseille, nous avons suivi le GR51 dans un cadre somptueux d’eaux turquoises et de criques paradisiaques.

Après Marseille, c’est dans le Parc National des Calanques que nous avons randonné. Ce fut sans doute l’une des journées les plus belles du voyage mais l’important dénivelé, le terrain rocheux et parfois glissant, la chaleur insoutenable et, par conséquent, le manque d’eau en ont aussi fait une des journées les plus difficiles.

 

De ces dures journées, nos pieds s’en souviennent encore. Parlons-en de nos pieds d’ailleurs. Si côté santé, on se porte comme des charmes depuis presque 6 mois maintenant, il faut bien avouer que nos pieds ont connu des jours meilleurs. Les ampoules, on en fait notre affaire, on sait comment les éviter et elles n’ont pas été un problème depuis notre départ. En revanche, cette sensation d’avoir deux bouts de bois au bout des jambes chaque matin, on ne la connaissait pas ! La partie marrante, c’est qu’on a mal aux pieds quand on ne marche pas. Il n’empêche que ça en devient parfois préoccupant. Bon, on sait ce qu’on devrait s’étirer plus, se masser régulièrement, on est parfois un peu fainéants de ce côté-là. On espère juste qu’ils tiendront le coup pour les 7000 km restant de notre voyage… à pied.

 

Arrivés à Cassis, exactement un mois après notre entrée en France, nous n’avions encore trouvé personne à interviewer. Via le Fédération Française de Randonnée des Bouches-du-Rhône, nous avons rencontré Bernard Bonetto. Bernard nous a guidé entre Cassis et La Ciotat parmi les superbes falaises Soubeyranes. Il a consacré sa vie au milieu associatif sportif, notamment avec l’association Ambition Réussite, mais on ne vous en dit pas plus, regardez plutôt ça :

 

Notre dernière rencontre avec la mer, c’était à Porquerolles. Difficile de l’éviter là-bas, c’est une île, l’une des trois du Parc National de Port-Cros. Bien que Nil la connaisse comme sa poche pour y avoir passé la majorité de ses vacances étant enfant, elle nous a encore réservé quelques surprises. Accompagnés de quatre motivés, nous avons fait le tour de l’île à pied, 35 km et des conditions comparables aux Calanques. Ceux qui croyaient connaître l’île par coeur depuis des dizaines d’années ont dû avouer ne jamais l’avoir vue sous cet angle ! Ces quelques jours à Porquerolles ont aussi été l’occasion de passer quelques moments réconfortants en famille.

Porquerolles a aussi été le témoin d’une séquence émotion puisque nous y avons organisé la première projection publique de nos vidéos !

 

Mais en France, nous n’avons pas vu que la mer, loin de là.

Dans l’Hérault, nous nous sommes autorisé une escapade dans la plus grande ville traversée depuis le début du voyage : Montpellier. Nous avons passé un weekend chez le père de Marie mais n’avons pas chômé pour autant. Le festival annuel des fanfares avait lieu ce weekend-là, comme fait exprès !

Dans les petits villages du sud-ouest de la France, quelque chose de récurrent nous a frappé. C’est la petitesse de ce que les habitants considèrent comme “chez eux”, “leur coin”. Une ville ou un village situé à 20 ou 30 km, c’est déjà ailleurs, une autre région, un autre terroir, c’est déjà trop loin pour qu’ils se sentent avoir quelque chose en commun.

On leur a pourtant trouvé au moins un point commun : leur passion pour la chasse, plus que pour le ramassage des déchets...

 


1KG FOR THE PLANET

 

Et pourtant, d’un bout à l’autre du département, d’un bout à l’autre du pays (et comme nous en sommes de plus en plus sûrs, d’un bout à l’autre de l’Europe), nous avons trouvé des gens ouverts et généreux, des personnes qui parfois possédaient peu et avaient malgré tout beaucoup à donner. Plusieurs fois, nous avons trouvé notre addition déjà payée, l’espace de quelques heures ou de quelques jours, nous avons partagé la vie de familles, de couples ou de personnes solitaires que nous avons quitté, comme toujours, avec beaucoup d’émotion.

 

En arrivant dans le Parc des Pré-Alpes d’Azur, nous avons renoué avec les souvenirs de notre premier trek de préparation, effectué presque jour pour jour un an plus tôt. Sur les hauteurs de Grasse, nous avons retrouvé le Sentier du Paradis, le long du Canal du Foulon, ce tuyau rouillé qui serpente à flanc de montagne et sous des tunnels rafraîchissants.

 

Avant de quitter la France, nous avons traversé un troisième parc national. Notre premier jour dans le Mercantour nous a réservé une belle surprise. Nous avons eu la chance de visiter le Parc Alpha, dédié à l’animal mythique du Mercantour : le loup. De retour en France depuis 1992, le loup fait débat dans la région, entre les bergers qui jusque-là avaient vécu sans et ceux qui se réjouissent du retour de cette espèce protégée ayant failli disparaître en Europe. Trois scénographies immersives exposent, sans parti pris, les différents points de vue sur la présence du loup en France. Vincent, responsable animalier, nous a accompagné pendant toute notre visite. Vous trouverez son interview ici.

 

En parlant du Mercantour, vous vous souvenez d’Andrea ? Ce vacher italien qui nous avait accueilli l’année dernière et que nous avions interviewé. Cette année, nous lui avons fait une visite surprise, en fin de journée, pendant la traite. La Vacherie du Collet est située aux abords du village de Mollières, un village qui était encore italien avant la Seconde Guerre Mondiale. Andrea, sa femme Barbara, leurs quatre enfants, Federico qui passe la saison d’été avec eux et leur 270 bêtes font deux fois par an la transhumance entre Cuneo, en Italie, et Mollières, en mettant au cou de leurs vaches ces grosses cloches qui racontent l’histoire de la famille et du troupeau qui fait d’ailleurs un peu partie de la famille : “cette vache, c’est moi qui l’ai fait naître, sa mère, c’est mon père qui s’en est occupé et sa grand-mère… c’est mon grand-père”.

 

Nous avons découvert notre pays d’une manière et avec des yeux totalement nouveaux. Nous sommes arrivés avec les a priori de personnes qui croient connaître quelque chose, ces clichés ont été chamboulés, pour notre plus grand plaisir.

Nous entamons cette traversée de l’arc alpin avec beaucoup d’excitation et un peu d’appréhension, physiquement ce sera sans doute une autre paire de manche que la Camargue...

 

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A très vite !

Marie & Nil

15 juil.

Le second pays le plus haut d'Europe : 1 500 km de randonnée en Espagne

 

Après 2 mois, nous venons de franchir la frontière française. Heureusement, nous avions une carte pour nous l’indiquer sinon nous ne nous en serions pas rendu compte. De plus en plus, nous sommes persuadés que les frontières n’existent que sur les cartes. De la terre ou du ciel, ici nous n’avons pas vu la différence entre la partie portugaise et la partie espagnole de cette même montagne. Nous avons encore 17 frontières à franchir pendant cette traversée de l’Europe et autant d’occasions d’éprouver notre hypothèse.

Vous voyez une frontière, vous ?

Mais prenons les choses dans l’ordre. Nous sommes en Espagne depuis quelques heures, nous voici en Extremadura dans le village d’Eljas. Ici, ils parlent un drôle de patois, mélange de portugais et d’espagnol. Nous sommes rapidement invités à dormir chez Miguel, un habitant du village. Nous serons tout aussi bien accueillis le lendemain à Hoyos. On a vu plus brutal comme dépaysement !

Voyager, aller à la rencontre des gens, découvrir par soi-même, sortir des sentiers battus, c’est, d’après nous, la meilleure façon de bousculer ce que l’on croit savoir.
Si España rime avec playa, fiesta et tapa(s), c’est d’une toute autre Espagne dont nous avons fait la connaissance en y randonnant pendant exactement 2 mois. La première surprise a sans doute été la quantité phénoménale de massifs montagneux que nous avons découvert. Oui, l'Espagne est le second pays le plus haut d'Europe après la Suisse, avec une altitude moyenne de 650 mètres. Près de la moitié de la superficie du pays est un plateau situé à 600 mètres d’altitude, c’est la Meseta Centrale.

 

Mais l’Espagne compte aussi la région la moins densément peuplée d’Europe, oui moins que la Laponie ! C’est la province de Soria en Castille-y-Leon.

 

Fin du “Le Saviez-vous ?” mais ces premières surprises, si basiques et évidentes nous ont remis les idées en place : ce pays si proche du nôtre, dont nous parlions tous les deux la langue s’est révélé beaucoup plus inattendu et insaisissable que nous le pensions. Notre voyage nous réserve sans doute encore beaucoup de surprises et de bouleversements de nos certitudes !

Nous avons parcouru des territoires rudes et merveilleux à la fois, traversé un hiver 2018 interminable, visité des villages isolés, parfois abandonnés, rencontré des gens austères, voire méfiants et d’autres qui nous ont ouvert leur porte et leur coeur en quelques minutes.
Ces découvertes nous les avons partagées avec pas moins de 4 marcheurs qui nous ont accompagné sur les sentiers espagnols. Des amis de longue date et d’autres que nous rencontrions pour la première fois.

 

Nous avons poursuivi l’effort 1KG FOR THE PLANET et nous avons dans l’ensemble trouvé moins de déchets qu’au Portugal.

Cette fois encore, les endroits où nous avons dormi ont été très variés ! Un camp de vacances d’une paroisse catholique, un gymnase, une caravane, deux vieux refuges de montagne, le porche d’une église, une école, une ferme, le local d’une mairie, un grenier, une grange, dans la rue... Nos bivouacs sont devenus de plus en plus minimalistes et nous avons troqué notre tente 3 personnes (la Triplex de Zpacks), contre un simple tarp (le Rectangulaire, toujours de Zpacks). Nous avons passé un tiers de nos nuits invités chez l’habitant. Ici encore, nous avons pu constater que dans la grande majorité des cas, ce sont ceux qui possèdent le moins qui donnent le plus.


Ce que l’Espagne a su nous donner sans compter, ce sont des paysages incroyables, variés, monumentaux ou discrets voire cachés.

Des sentiers espagnols, nous avons malheureusement confirmé notre première impression. En août 2017, pendant notre second voyage de préparation, nous avions randonné sur une partie du GR1 espagnol. Nous avions regretté de découvrir de splendides voies pavées, bordées de murs en pierres sèches, totalement délaissées, envahies de végétation et, de toute évidence, plus empruntées depuis des années. Cette année encore, les cartes ont parfois failli à leur promesse : des sentiers de bonne taille sur la carte étaient devenus des jungles quasi infranchissables. Nos jambes écorchées peuvent encore en témoigner.
Elles peuvent aussi témoigner des dizaines de kilomètres de détour que plusieurs rivières en crue nous ont fait faire ! Lâcher d’eau du barrage ou fonte des neiges selon les cas, nous n’avons pas été ménagés de ce côté-là non plus.

 

L’hiver ayant duré anormalement longtemps cette année, avant d’être gênés par l’eau de fonte, nous avons beaucoup souffert de la neige.
Faute d’équipement adéquat (nous ne pensions pas avoir besoin de nos raquettes avant l’hiver prochain !), notre traversée de la magnifique Sierra de Gredos s’est résumée à des passages à 1500 mètres, à l’exception de notre escapade à la Laguna del Barco avec Noé, le frère de Nil, située à 1800 mètres, mais même là, nous avons dû renoncer aux derniers kilomètres.

Il nous a été très difficile de nous résigner à nous limiter à des passages à basse altitude car nous pensions ne pas revoir autant de neige avant longtemps… Quelle erreur ! Camille, notre seconde invitée pourrait vous en parler. De cette nuit du 9 avril par exemple. Nous pensions passer la nuit dans un refuge non gardé à une soixante kilomètres de Madrid. Cela semblait la façon idéale de finir cette belle journée de marche dans la neige et au soleil. En guise de refuge nous avons trouvé 4 murs, un toit en passe de s’effondrer, une fenêtre qui n’en avait que l’encadrement, une porte tordue impossible à fermer complètement et beaucoup d’ordures. La chaleur d’un feu était hors de portée tant tout était trempé et nous nous sommes “réveillés” avec de la neige sur nos sacs de couchage.

 

L’Espagne aura en quelque sorte été un bon entraînement, pour ne pas dire une mise en garde avant la suite de notre randonnée ultralight. Nous avons retrouvé la montagne et les journées à fort dénivelé, juste un tout petit avant goût des Alpes.

Calmés par cette expérience nous nous sommes dirigés vers des températures plus clémentes voire totalement caniculaires. De notre traversée du désert des Bardenas Reales, nous sommes ressortis extasiés par ces paysages lunaires, uniques et merveilleux. J’en suis aussi ressortie un peu sonnée par une insolation tellement le soleil était déchaîné et l’ombre inexistante.

 

Notre itinéraire nous aura réservé quelques surprises, notamment cette portion qui a été retenue par le vote sur Facebook : la Sierra de Alcarama y Valle del Rio Alhama. Au premier abord, ce paysage nous a paru quelconque, très agricole… Mais plus nous nous sommes enfoncés entre les collines, plus nous avons été émerveillés par les paysages et la vie sauvage environnante.

 

En Aragon, nous avons découvert les Mallos de Riglos. Ce sont ces murs rouges coniques formant une muraille de près de 300 mètres de haut. Un régal pour les grimpeurs du monde entier.

 

En approchant de la Catalogne, nous avons à nouveau remonté le canyon du Congost de Mont Rebei. C’était un plaisir de partager ce beau souvenir de notre second voyage de préparation avec le troisième marcheur : Bram.


Les écarts de température, nous les avons aussi ressentis dans l’accueil qui nous a été réservé d’un bout à l’autre du pays. Après avoir été chaudement accueillis en Extremadura, nous avons connu une grande traversée du désert… Passer la Semaine Sainte dans la Sierra de Gredos nous a largement compliqué la vie : le débarquement massif des Madrilènes et autres touristes espagnols rendait les contacts plus difficiles.

Comme vous le savez, nous traversons essentiellement des zones rurales, nous sommes partis en ayant l’a priori que les rencontres seraient plus faciles dans les petits villages que dans les villes. Dans l’ensemble, depuis le début de notre voyage à pied, ce préjugé s’est confirmé, mais dans certaines régions du centre, l’accueil a parfois été glacial. En vérité, nous avons compris que, sans doute, si nous avions passé plus de temps dans un même village, certaines barrières auraient fini par tomber.


Des villages totalement abandonnés ou sur le point de le devenir, nous en avons vu beaucoup. L’industrialisation massive lancée à l’époque par Franco a connu un succès rapide, vidant les campagnes et engorgeant les villes. Sur la période 1970-1990, la ville de Madrid a doublé sa population.

Ces semaines de solitude ont vite été éclipsées par l’accueil de villages tout entiers. À Serón de Nágima, les habitants se sont pliés en quatre pour nous faire découvrir l’histoire de ce petit village de Castille. À Cabretón, après avoir dormi dans l’école nous avons passé une partie de la matinée à présenter notre projet aux 4 élèves de l’école. 4 élèves pour tout une école, c’est peu. À la rentrée 2018 ils n’auraient été plus que 3 et c’est pour cette raison qu’elle va fermer. Nous avons appris cette nouvelle quelques semaines après notre passage et en avons été émus aux larmes. A Cabreton, nous avons surtout rencontré des gens d’une gentillesse et d’une ouverture d’esprit incroyable.


Arrivés dans le village de Luna en Aragon, on nous a prêté une maison ! Sans cela, nous n’aurions sans doute pas pu découvrir d’aussi près la tradition des Fiestas de la Primavera : le lâcher de vaches dans les rues du village.


En Aragon, nous avons aussi retrouvé Luis, le gardien du refuge de Goriz que nous avions interviewé l’année dernière. Quelques jours avant une opération du genou, ce n’était pas vraiment le moment pour lui de venir marcher avec nous, c’est donc chez lui avec sa famille que nous avons passé ces beaux moments.

 

Enfin, juste avant de passer la frontière, nous avons fait étape dans un refuge. Dans cet endroit magnifique et hors du temps, nous avons noué une belle amitié et sommes finalement restés plus longtemps que prévu pour donner un coup de main à nos nouveaux amis ! Au Refuge de Quatre Cases, comme à Cabreton, nous prévoyons déjà de revenir un jour…

 

L’Espagne restera aussi pour nous le pays où nous avons célébré les 30 ans de Marie. Passer un tel cap en vivant cette belle aventure a été le plus beau des cadeaux !

...Vous aussi vous trouvez qu’il y a quelque chose qui cloche dans cet article ? En effet, on ne vous a pas encore parlé de nourriture. Et pour cause. Ce qu’on a vu de la gastronomie espagnole n’aura pas été une grande révélation pour nous. Souvent trop grasse à notre goût, pas toujours variée. On n’a pas trouvé de remplaçant à notre pasteis de nata presque quotidien au Portugal et ça nous a manqué ! Rassurez-vous, on ne s'est pas laissé mourir de faim non plus !

Nous quittons l’Espagne avec des sentiments contradictoires. Nous sommes très impatients de découvrir comment se passera notre aventure dans notre propre pays mais nous nous éloignons un peu plus de personnes chères rencontrées sur les 1500 kilomètres parcourus ici.

 

A très vite

Marie & Nil

25 juin.

La première étape d'une longue série : notre traversée du Portugal en 750 km à pied

 

Mi-excités, mi-nostalgiques, nous franchissons la première frontière de l’aventure et quittons le Portugal. Premier des 17 pays de notre traversée de l’Europe à pied, il nous a accueilli comme nos grands-mères l’auraient fait : chaleureusement avec un baiser sur le front en nous servant un plat réconfortant, quelque part où l’on se sent toujours chez soi.

 

 

De nos premiers pas au pied du phare du Cap Saint-Vincent, 750 kilomètres nous séparent. Mais pas seulement ! 3 régions traversées, 7 parcs naturels, des dizaines de pasteis de nata avalées, environ 40 kilos de déchets collectés, une moyenne de 16,50 € par jour dépensés à nous deux, 5 marcheurs nous ont accompagnés… Nous avons déjeuné dans une maison de retraite, dormi dans une caserne de pompiers, un atelier de sculpteur, une caravane, une cabane...


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au-delà des chiffres, nous avons vécu notre voyage à pied au Portugal comme une expérience intense, immergés dans un pays magnifique, dont nous avons traversé essentiellement les zones rurales, un pays au climat parfois rude mais dont les habitants se sont toujours montrés accueillants ! Sur les 42 jours passés au Portugal nous avons été invités 18 nuits à dormir chez des inconnus qui très vite n’en étaient plus. En quelques heures un lien fort et intime s’est parfois créé, même lorsque le Portugais restait notre meilleure option pour communiquer. Bien souvent, nous nous sommes quittés les larmes aux yeux le lendemain.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De manière générale, le voyage suscite probablement ces relations qui se tissent très vite. Le voyageur ne faisant que passer, le temps imparti pour se connaître est très court. Mais nous aimons croire qu’au-delà de ce sentiment d’urgence, c’est aussi leur tempérament qui a donné à ceux que nous avons rencontré au Portugal la curiosité d’aller vers nous.

C’est déroutant de voir ces connexions se faire si vite quand, par ailleurs, tout notre rythme se trouve ralenti. Après ces 7 semaines, nous sommes plutôt bien accoutumés à notre rythme et à notre condition de marcheurs et nous avons généralement l’impression d'avancer assez vite. Mais quand, vers 17h, le soleil commence à faiblir, après avoir marché entre 15 et 35 kilomètres, nous demandons à quelqu’un croisé au bord du chemin s’il sait où nous pourrions passer la nuit ou boire un verre et qu’il nous indique satisfait un café situé à 6 kilomètres, sans comprendre nos visages dépités, nous mesurons alors le décalage avec le monde qui nous entoure. Nous le mesurons aussi très bien quand il nous arrive de marcher au bord de la route : dans l’ensemble, les Portugais conduisent extrêmement vite !

Marcher au bord de la route, cela nous est arrivé quelques fois au Portugal et c’est dans ces moments-là que nous avons compris à quel point la marche n’était pas perçue partout de la même manière. Nous avons la chance en France d’avoir cette culture de la marche ainsi que l’accès à un réseau de sentiers quasi infini. Ici, au Portugal, dans l’esprit de beaucoup de gens et notamment des plus âgés, marcher serait l’affaire des pauvres, ceux qui marchent sont ceux qui ne peuvent pas faire autrement. Tout cela est en train de changer évidemment, grâce au travail notamment d’acteurs comme la Rota Vicentina,  le Sentier des Villages de Schiste, la Via Algarvina ou bien d’autres encore. Ainsi, certains coins du Portugal se trouvent quasiment dépourvus de sentiers de randonnée. C’est pour cette raison que nous avons finalement modifié notre itinéraire initial pour traverser moins de zones agricoles bordées par des routes et plus de parcs naturels et de montagne.

De l’Algarve à la région Centro en passant par l’Alentejo, nous avons découvert des paysages aussi merveilleux que variés. En Algarve, nous avons été frappés par cette terre où presque rien ne pousse tant le vent souffle sans répit. Evidemment, la côte vicentine qui remonte jusqu’en Alentejo nous a laissés sans voix. En février, nous y étions juste au bon moment pour assister au retour des cigognes blanches qui nidifient ici. Il n’y a d’ailleurs qu’ici que l’on peut observer des cigognes faire leur nid sur des falaises maritimes.

 

 

 

 

 

 

 

Nous avons eu l’occasion de randonner une journée avec un passionné de la région et nous avons appris beaucoup. Rudolf Muller est tombé amoureux du Portugal et de l’Alentejo il y a 35 ans et ne l’a plus quitté. Il y a 10 ans, son souhait de développer l’économie dans la région tout en préservant sa nature et sa culture s’est concrétisé et a donné naissance à la Rota Vicentina. On vous raconte tout cela en détail dans notre article Ce que vous ne saviez pas sur la Rota Vicentina. Vous pouvez aussi regarder notre interview du personnage.
A ses côtés, ainsi qu’avec une dizaine de volontaires de la Rota Vicentina, nous avons contribué à nettoyer une plage. Emballages plastiques alimentaires, filets de pêche, polystyrène de planches de surf, on a trouvé de tout. En quelques heures, des dizaines voire des centaines de kilos d’ordures collectés qu’il a ensuite fallu remonter en haut de la falaise par un petit sentier sinueux.

 

Que ce soit sur les plages, le long des sentiers dans la campagne ou au bord des routes, nous ne nous attendions pas à trouver autant de déchets. Notre programme 1KG FOR THE PLANET a donc démarré en fanfare ! Il parait qu’en regardant dans les poubelles de quelqu’un on peut en apprendre beaucoup sur lui, nous on a surtout découvert la passion des Portugais pour les yaourts à boire...

 

Dès qu’on entre dans les terres, plus loin de la côte, là où le vent s'essouffle, on est enivré par le parfum des arbres. Pas n’importe lesquels : les eucalyptus. Passé notre premier émerveillement devant ces silhouettes élancées et leurs effluves, nous avons réalisé que l’eucalyptus n’était pas vraiment au Portugal dans son environnement naturel. Pourtant il recouvre presque 10% du territoire (source : Institut pour la conservation de la nature et des forêts - ICNF) et surtout la pâte à papier qu’il sert à produire représente près de 5% des exportations du pays. Très rentable puisqu’il est coupé environ tous les 10 ans, l’eucalyptus est surtout un désastre environnemental : très gourmand en eau, il va chercher l’eau très profondément et assèche les terres. Son écorce, ses feuilles et surtout son huile sont hautement inflammables. Pendant l’été et l’automne 2017, l’association de ces plantations d’eucalyptus et de pins à l’absence de pluie depuis des mois, ainsi qu’une terre asséchée par cette culture intensive et des températures anormalement élevées a conduit aux incendies meurtriers de juin et d’octobre 2017.

Nous avons traversé ces terres dévastées de la région Centro, la pluie et le brouillard rendant ces visions d’autant plus bouleversantes. Comme pour nous redonner espoir, nous avons rencontré Pedro qui a vécu ces incendies mais surtout, a décidé de réagir. Découvrez son interview :

 

Ce que nous avons découvert avec plaisir, ce sont les antiques, mythiques, typiques chênes-liège du Portugal. Ces drôles d’arbres biscornus ont l’air de vieux sages qui veillent sur les collines alentéjanes. Tous les 9 ans, ils sont écorcés pour produire des bouchons et du matériau d’isolation pour le monde entier. Le Portugal en est le premier producteur mondial. Le chêne-liège est une espèce protégée au Portugal par une très ancienne loi, impossible d’abattre un arbre sans une autorisation expresse des autorités compétentes. On s’en réjouit parce qu’entre autre choses, il forme une excellente barrière contre le feu.

 

Au Portugal, nous avons eu un sérieux coup de coeur pour la nourriture. On y a trouvé tout ce qu’on aime : de la variété, de bons produits mis en valeur, de la terre, de la mer, de la gourmandise, du bon pain, des nouveautés, de la cuisine familiale comme chez mamie… Depuis que nous sommes en Espagne, nous n’avons pas trouvé de produit de substitution à notre pastel de nata quasi quotidien qui marquait la fin (et parfois aussi le début) d’une longue journée de marche.
Nous avons aussi découvert les percebes, pouce-pied en français, ce crustacé qui pousse à flanc de falaise et dont la pêche est si dangereuse. Ils ressemblent à des doigts de sorcière mais sont délicieux !
Parmi nos souvenirs gustatifs les plus marquants, on citera le porc à l’Alentéjane de Victor à Zambujeira do Mar, les sardines aux pommes de terre et aux oignons de Fernanda à Ramalheira et toutes les oranges qu'on nous a offert au bord de la route. Tous de beaux moments de partage !

Nous quittons le Portugal en sachant que nous y reviendrons, peut-être même pour y passer un bout de vie. C’est un au revoir que nous faisons à ces paysages merveilleux, à cette langue que nous commencions tout juste à apprivoiser, à toutes ces familles qui sont maintenant un peu la nôtre et à ces petits plats qui nous manquent déjà.

L’Espagne nous attend et nous continuons à aller de l’avant, beaucoup d’autres belles surprises nous attendent sans aucun doute pendant cette traversée de l’Europe.

 

A très vite

Marie & Nil

www.2pva.com

03 avr.

Tic-tac, tic-tac : le départ approchait et nous on courrait partout !

Les dernières semaines avant notre départ ont été… chargées ! Je pense qu’on n’est jamais réellement prêt pour partir pour une telle aventure. Quelle que soit la forme que prend un grand voyage, entre les démarches à faire avant de partir, les au revoir aux proches et la préparation du voyage en tant que tel, il faut une organisation à toute épreuve pour n’avoir aucun regret !

De notre côté, on avoue avoir eu quelques sueurs froides en voyant les jours filer avant le départ pour notre traversée de l'Europe. Il faut dire qu’on avait placé la barre très haut en termes de quantité de travail à fournir ! 

Ici, on aimerait revenir sur 4 aspects de notre préparation qui peuvent probablement servir à tous. Ce dont on ne vous parlera pas, c’est de la préparation de notre itinéraire parce que nous l’avons déjà fait dans 3 articles détaillés que vous trouverez sur notre site internet.

 

1. Le matériel : choisir, tester, changer d'avis, bricoler, ne pas regretter

Eh oui le matériel ! Vous imaginez bien que pour nous lancer dans un petit voyage à pied de 10 000 km, nous avons choisi notre matériel avec beaucoup beaucoup de soin. D’ailleurs, on vous présente jusqu’aux plus petits objets présents dans nos sacs sur nos pages MATÉRIEL

Une fois sélectionné, pas question de partir sans l’avoir essayé ! C’est un coup à se retrouver avec des ampoules aux pieds ou un drone qui ne fonctionne pas. Bon je vous rassure, tout cela est arrivé quand même.

Si nous avions pu partir pour deux trips de préparation cet été, nous n’avions malheureusement pas pu le faire avec l’ensemble de notre matériel définitif car nous ne l’avions pas encore ! Nous voilà donc partis pour de plus petites sorties, plus proches de chez nous mais qui nous ont tout de même permis de tester notre matériel de randonnée ultralight : chaussures, vêtements, sacs à dos, tente, duvets, tapis de sol, réchaud… L’essentiel quoi !

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​​Grâce à ces tests sur le terrain, nous avons identifié ce qu'il nous manquait, ce qui avait besoin d’être adapté, ce qui était finalement superflu, ce sur quoi nous pouvions économiser un peu de poids… Ces sorties ont donc donné lieu à des ajustements du contenu de nos sacs et à quelques bricolages. 

Dans l’équipe, le pro de la bricole, c’est Nil. C’est donc surtout lui qui a œuvré, mais il faut dire que c’est un truc de famille, donc son père, son frère et son oncle ont aussi mis leur grain de sel.

 

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Les quatre pièces majeures de notre équipement customisé sont la coque de l’ordinateur portable, celles des téléphones, la “multiprise” et le trépied pour la photo et la vidéo. 

Pour la coque de l’ordinateur, il nous fallait quelque chose qui protège des chocs, des torsions dans le sac, de la poussière, de l’humidité, des éclaboussures… mais qui soit extrêmement léger. Après de longues recherches, nous n’avons rien trouvé de satisfaisant dans le commerce. La résistance et la légèreté sont des qualités difficiles à combiner ! Nous avons même tenté de convaincre un Américain qui avait un jour fabriqué des coques en carbone de se repencher sur la question pour nous en faire une ou nous fournir un prototype qui traînait peut-être dans son atelier. Peine perdue, il avait désormais une autre activité et n’a pas pu nous aider. Qu’à cela ne tienne, nous allions imaginer la nôtre, sur-mesure pour notre voyage à pied.

 


Notre coque est donc composée de deux plaques de carbone que nous avons fait découper sur-mesure : un peu plus grandes que le pc et percées de trous pour gagner du poids. Sur chaque plaque, de la mousse est collée, découpée sur-mesure pour former un coffrage autour de l’ordinateur. L’ensemble est ensuite glissé dans une pochette Aqua Quest, souple et étanche, qui ferme avec un zip. 

Nos téléphones, les OnePlus 5T, venaient tout juste de sortir quand nous les avons reçu. Au moment de notre départ, il n’y avait donc que très peu d’options en termes de coque pour les protéger. En fait, il n’y en avait qu’une : celle d’Armor-X. Bien que la marque soit spécialisée dans l’outdoor, nous avons eu peur que notre aventure d’un an et demi soit trop rude pour nos téléphones malgré leur coque, c’est pourquoi, Nil a encore frappé ! A grands renforts de mousse isolante, de strap et de plexiglass, quelques coups de cutter plus tard, nous avions de nouvelles coques ! Probablement pas les plus élégantes, mais certainement les plus sûres !

Afin de ne pas trop déranger quand nous nous arrêtons dans un café pour recharger nos appareils et pour gagner du temps et du poids, nous avons (ok le père de Nil a) élaboré une prise pouvant recevoir trois chargeurs, chacun ayant plusieurs prises usb en tous genres. Avec une seule prise, nous sommes donc capables de charger quasiment tous nos appareils en même temps, ordinateurs inclus. Cela représente un sérieux gain en efficacité !

​​Enfin, en associant notre tout petit trépied Pedco avec trois bâtons de randonnée et un peu de ficelle, nous voilà désormais avec un vrai trépied, sans nous alourdir plus !

Un petit peu d’imagination et de débrouille nous ont donc fait gagner en poids et en polyvalence de notre matériel. La base pour une randonnée ultralight !

 

2. Préparation physique : faites ce que je dis, pas ce que je fais

On nous demande souvent quelle préparation physique nous avons suivi en prévision de notre voyage, du coup on a consacré un article complet à ce que nous pensons être la préparation idéale, vous pouvez le lire ici. 

Vous noterez la nuance entre “notre préparation” et “la préparation idéale” :) 
En théorie, on avait un programme de préparation physique super bien ficelé qu’on aurait tenu scrupuleusement si on avait eu que nos corps à préparer… 

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Bon même si on n’a pas tenu exactement tous les entrainements qu’on avait prévu, on est quand même du genre sportif à la base. On a donc maintenu nos séances de sport habituelles, d’escalade en particulier, y avons ajouté des séances de renforcement musculaire, de cardio et de souplesse. 

3. 1KG FOR THE PLANET​​

Rapidement, nous avons décidé de profiter de notre passage sur 10 000 km de sentiers de randonnée pour les rendre plus propres, plus accueillants et pour faire un geste pour l’environnement. Ce geste était tellement simple à faire, même pour nous qui remettons en question chaque gramme de ce qui se trouve dans nos sacs, que nous avons eu envie d’inviter et d’inspirer les gens à faire de même. Comme dans la légende du colibri, si chacun fait sa part, on avancera plus vite dans la bonne direction.

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Soyons honnêtes, en créant le programme 1KG FOR THE PLANET, nous n’avons fait que mettre des mots sur ce que beaucoup de randonneurs et autres amoureux de la nature font déjà depuis bien longtemps. Mais nous pensons que communiquer à propos de ce geste simple, permet de fédérer autour d’une cause commune et incitera les gens à rejoindre le mouvement !

Nous avons donc créé le groupe Facebook 1KG FOR THE PLANET et sur Instagram le #1kgfortheplanet afin que tout le monde puisse se retrouver dans un même “lieu” pour partager ses actions.


Mais nous avons voulu aller plus loin. 

En faisant produire des sacs réutilisables, peu encombrants et faciles à accrocher sur un sac à dos, nous donnions à chacun les moyens de faire sa part lors de chaque sortie nature. Les sacs 1KG FOR THE PLANET sont fabriqués en nylon RPET, soit à partir de bouteilles plastiques recyclées. Résistants et réutilisables, à eux seuls ils représentent une démarche positive pour l’environnement. Pour accompagner les sacs et expliciter la démarche, nous avons fait imprimer de petits dépliants en papier, recyclé lui aussi. Enfin, pour pouvoir accrocher son sac partout, sur un sac de randonnée par exemple, nous y ajoutons un petit mousqueton.

Evidemment, tous ces éléments sont arrivés indépendamment et il nous a fallu les assembler. Ici encore, nous avons eu un peu d’aide ! Et heureusement !

Ne restait plus qu’à organiser la distribution… 

Cette initiative, nous n’avions aucune volonté de la développer seuls, bien au contraire. C’est pourquoi nous avons impliqué dans la distribution gratuite des sacs de collecte, plusieurs de nos partenaires, sensibles à cette cause. La Fédération Française de Randonnée a évidemment répondu présent, ainsi que la Rota Vicentina. Avec cette dernière, nous avons même été plus loin lors de notre passage sur les sentiers du sud du Portugal, nous avons participé à une collecte de déchets avec une dizaine d’autres volontaires et avons contribué à nettoyer une des sublimes plages de la côte d’Alentejo. D’autres acteurs de l’outdoor nous accompagnent, le magasin dédié au matériel ultralight High Mobility Gear ainsi que le blog I-Trekkings.

 

4. Randonnée longue distance et logistique

Aïe, gros sujet… Pour répondre à une question que l’on nous pose souvent : non nous n’avons pas avec nous tout le matériel pour ces 17 mois d’aventure. Nous ne transportons pas nos raquettes à neige et notre sonde à avalanche toute l’année. Pour nos changements de matériel en fonction des saisons, nous avons donc prévu des colis à nous faire envoyer depuis Paris.

Mais ce n’est pas tout. Chez nous, nous avons aussi des repas lyophilisés envoyés par nos partenaires REAL et MX3 que nous prévoyons de nous faire acheminer au fil de l’eau, en particulier dans les pays où le coût de la vie est très élevé et dans les région où nous risquons de ne trouver que peu de possibilités de réapprovisionnement. 


Nos vitamines NuPower, fournies par Nutriting sont également stockées à Paris et nous serons envoyées au fur et à mesure. 

Enfin, pour certains produits d’hygiène et de santé , plutôt que d’acheter, quand nous n’en avons plus, un plein tube de dentifrice ou de crème anti-friction et de nous retrouver avec des formats qui ne conviennent pas toujours, des emballages encombrants ou lourds, nous avons choisi de préparer tout cela à l’avance. Avant de partir, nous avons donc reconditionné tout un tas de produits pour n’emporter que de petites doses et profiter des envois de matériel et de nourriture pour y faire glisser un morceau de strap réenroulé autour d’une petite boîte pouvant contenir une aiguille et du fil ou quelques millilitres d’huiles essentielles. 


La principale difficulté de cet exercice a été notre souci de faciliter la vie de ceux qui auront à nous faire parvenir ces colis. Nous avons tenté de trouver le meilleur compromis entre des colis pré-préparés avec ce dont nous savons avoir besoin régulièrement et ce que nous pouvions difficilement anticiper. Difficile de savoir si nous allions arriver à cours de compresses au moment où nous n’aurions plus de gel à l’arnica. 

L’organisation et le stockage de tout ce matériel ont été un vrai casse-tête, en particulier quand on sait que nous serons toujours en mouvement et qu’il nous est donc très difficile de prévoir où nous faire envoyer les colis. L’autre paramètre de cette équation, c’est le coût. Même entre pays européens, l’envoi de colis peut rapidement coûter très cher, ce qui ajoute une complication à notre système… il vaut mieux être sûr de son coup ! L’avenir nous dira si notre organisation est viable !

Contrairement à la façon dont nous voyageons habituellement, nous avons préparé ce voyage avec beaucoup de soin. Il faut dire que nous n’avions jamais entrepris une telle expédition. Malgré cela, nous sommes partis en ayant l’impression de ne pas nous être suffisamment préparé à beaucoup de choses, mais je crois que c’est inévitable et que cela fait partie de la découverte et du plaisir de l’aventure !

En parlant d'aventure, on vous laisse, la nôtre va commencer !


Marie & Nil

02 mar.

2PVA, LA TRAVERSÉE DU SUD DE L'EUROPE À PIED

 

Bonjour à tous ! Hommes, Femmes, Jeunes et Vieux, Aventuriers pour la vie ou pour un week-end, nous sommes aujourd'hui très heureux de vous présenter un projet unique, humain et avant tout Européen.

 

Deux Pas Vers L'Autre c'est une randonnée unique et une aventure humaine fantastique: 10 000 kilomètres à pied, 500 jours, 17 pays, plus de 120 parcs naturels, quatre saisons et des centaines de rencontres.

 

Jetez un œil à l'itinéraire sur la carte, c'est facile et accessible via Google Maps.

Notre objectif: rencontrer les autres, nos voisins européens, donner la parole aux personnes que nous avons rencontrées sur la route et dont vous n'auriez probablement jamais entendu parler autrement!

Pas après pas, d'un pays à l'autre, venez rencontrer nos concitoyens européens et découvrez avec nous la diversité et la richesse du vieux continent. 
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Qu'est-ce qui rassemble ou différencie ces pays avec des identités aussi fortes ? Comment vivons-nous aujourd'hui en Europe méditerranéenne ? Les rencontres seront-elles aussi faciles partout ? Et comment survivrons-nous à cette aventure ?

 

On nous demande souvent ce qui nous a amené à entreprendre un tel voyage. On va tenter de vous l’expliquer ici. 


Vivre un rêve d'enfant, une épopée de héros, prendre le temps de vivre, profiter d'aujourd'hui avant demain, mieux comprendre notre continent… En décidant de traverser le sud de l'Europe à pied, nous avions toutes ces choses en tête et bien d’autres encore.

 Nous sommes Européens et avons pourtant l’impression de ne rien savoir sur certains pays de notre continent et d’en connaître parfois beaucoup plus sur des régions du monde plus lointaines. Nous voulons rencontrer, découvrir, apprendre puis partager tout ce que l’Europe a à offrir. 

L’objectif premier d’un blog de voyage est de partager. Avec Deux Pas Vers l’Autre, notre plus grand désir est de donner une voix à tous ces gens que nous n’entendons pas dans les médias plus classiques et que nous n’aurions sans doute jamais rencontré si notre itinéraire ne nous avait pas mené sur le pas de leur porte. 

 

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Via ce blog, nos galeries de photos, les vidéos et les réseaux sociaux sur lesquels nous partageons nos aventures, vous pourrez vivre cette expérience avec nous dans son intégralité.

Bien sûr, nous avons tous l’occasion de lire ou d’entendre des informations sur la sécheresse en Espagne ou la crise économique en Grèce, mais l’occasion de regarder tout cela dans un ensemble non politisé est plus rare. Dans chaque pays, nous marcherons une semaine avec un habitant, l'idée étant avant tout de porter un regard plus éclairé sur les cultures et les situations que nous rencontrerons, de partager cette proximité propice à la discussion et de s'enrichir ensemble de cette aventure.

En écrivant sur ces pays et sur notre expérience, nous espérons aussi partager notre expérience de voyageurs et vous donner les moyens d'organiser votre aventure, vos voyages ou vos randonnées sans hésiter à sortir des sentiers battus.

Nous aurons remporté notre pari si, en nous lisant, vous sentez qu’une aventure exceptionnelle est à portée de main et peut commencer à deux pas de chez vous.

 

En espérant que ce projet vous passionne et vous emmène avec nous vers ce que nous avons hâte de découvrir : les autres.

 

Nous déclarons ce blog chaleureusement ouvert !

Marie & Nil

Ils ont donné...