Historique du mécénat

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Mécénat : conseils, définitions et astuces

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Historique du mécénat

Le mécénat est un système incitatif d'encouragement à la participation citoyenne directe envers des projets d'intérêt général. Très français, ce système a pourtant des origines très anciennes et n'a cessé d'évoluer au cours des mutations de la société. Il est pourtant bien utile de connaître les tenants et aboutissants de ce dispositif pour bien en comprendre les enjeux !

 

De Mécène au mécénat

 

On ignore souvent que le nom commun mécénat provient en réalité d’un personnage bien réel, Mécène, qui fut l’un des premiers soutiens affichés du monde des arts dans la Rome antique.

Pour retracer les origines du mécénat, il faut en effet remonter à l’Antiquité sous le règne de l’empereur Auguste qui avait su s’entourer de personnalités de renom pour asseoir son influence. L’une d’entre elles était Mécène (ou Caius Cilnius Maecenas), grand promoteur des arts et des lettres. En échange de ses dons versés aux poètes tels que Virgile, Properce ou encore Horace, ces derniers lui rendaient hommage dans leurs vers.

Pouvoir économique et pouvoir politique au service des arts 

 

Au Moyen Âge, le mécénat évolue et devient l’apanage de princesses comme Isabeau de Bavière qui, par ses commandes, faisait vivre de nombreux orfèvres. Le mécénat devient également un instrument de propagande pour les rois et les grands féodaux avec des commandes telles que la Tenture de l'Apocalypse réalisée à la demande de Louis d’Anjou ou encore Les Très Riches Heures du duc de Berry.

Le mécénat poursuit son évolution pendant la Renaissance, souvent citée comme « l’âge d’or du mécénat ». Il se développe notamment en Italie, d’abord avec les Arti di Firenze qui, au-delà de protéger les corporations d’arts et de métiers médiévales, font vivre l’art religieux. La célèbre famille des Médicis, notamment sous Laurent le Magnifique, s’illustre également par des actions de mécénat, et donnera à la France deux reines, Catherine et Marie, elles-mêmes grandes protectrices des artistes.

En France, Catherine de Médicis, héritière de l’illustre famille florentine, va se positionner comme un des mécènes majeurs du XVIème siècle soutenant nombre d’artistes, de musiciens, d’hommes de lettres, de poètes et d’architectes. Au-delà du soutien aux artistes, le mécénat est l’occasion, pour cette femme qui fut tour à tour reine et régente, d’instituer son autonomie vis-à-vis du roi. Marie de Médicis, quant à elle, fit notamment travailler le célèbre peintre Rubens.

 

Séduction et démocratisation : les nouveaux enjeux du mécénat

Au XIXème siècle, la première grande souscription publique permettra à des milliers de donateurs de participer à l’édification de la Statue de la Liberté. Cette opération peut être considérée comme l’acte de naissance du système des business angels ou investisseurs providentiels.

Il ne faut pas oublier que, tout au long du XIXème siècle, l’État est le principal commanditaire des artistes, achetant chaque année au Salon de nombreuses œuvres qui seront ensuite réparties dans les musées et autres bâtiments publics.

Vers la fin du XIXème siècle, les initiatives collectives en faveur de la culture se développent. En 1895, Maurice Pottecher fonde le Théâtre du Peuple à Bussang, dont le but est d’impliquer la population locale dans la création artistique. Peut-être pouvons-nous y voir la première forme de financement participatif en nature.

Les deux siècles suivants sont marqués par l’implication de grandes fortunes dans le secteur de la culture, mais plus uniquement : l’environnement et la solidarité deviennent des préoccupations majeures des mécènes.

 

Le contexte du mécénat aujourd'hui

 

Le développement majeur du mécénat s’explique notamment par la mise en place d’un cadre juridique et fiscal de plus en plus avantageux pour les mécènes. La loi Balladur en 1987 forme cette première ossature. Mais c’est à la suite d’une crise de confiance des donateurs dans les années 1990 et face à la baisse des subventions publiques qu’est instituée la loi Aillagon posant les bases du mécénat tel que nous le connaissons aujourd’hui.

Votée en 2003, elle augmente, pour les particuliers, le plafond de réduction fiscale de 50% à 60%, puis à 66% en 2005 et cela dans la limite de 20% du revenu net imposable. De plus, on note que la réduction fiscale pour les entreprises passe de 33% à 60%. Ces différentes mesures rendent ainsi le mécénat accessible au plus grand nombre et permettent de créer une diversification des ressources.

 

Ce que tend à nous montrer cette brève histoire du mécénat, c’est bien que celui-ci est en perpétuelle évolution, il se développe, il innove, autant dans ses pratiques que dans les domaines et potentiels mécènes ciblés. Aujourd’hui, chacun peut contribuer à sa mesure afin de témoigner son attachement à un projet, sa volonté d’agir, ouvrant ainsi la voie à une nouvelle économie collaborative.