L’Opéra-Comique : Laboratoire de production participative

Proposer un opéra en production participative grâce au crowdfunding ?

Véritable trublion du théâtre parisien depuis ses origines, l’Opéra-Comique reste aujourd’hui impertinent et disruptif. La “Salle Favart” continue aujourd’hui de surprendre par ses actions : financement participatif, animations grand public, nouvelles formes de mécénat et co-création. Rencontre avec Gérard Desportes, Secrétaire Général de l’Opéra Comique.

 

Comment décririez-vous la mission de l’Opéra-Comique?

opera comique logoL’Etat, les ministères de la Culture et Bercy,  qui sont nos tutelles, définissent ce qu’ils attendent de nous. En gros, faire vivre ce répertoire trois fois centenaire de l’Opéra-Comique et assurer un certain nombre de missions en direction des publics. Et puis, il y a un Conseil d’Administration qui dit son mot et bien entendu une direction qui impulse une politique. En l’occurrence celle d’Olivier Mantei qui vient de prendre ses fonctions après avoir été l’adjoint de Jérôme Deschamps pendant sept ans.

 

“Favart doit aussi devenir un laboratoire.”

 

Comment voyez-vous évoluer votre secteur ?

Justement, Olivier Mantei a été nommé sur un diagnostic et des propositions : trouver un nouveau modèle de production lyrique. De façon là encore lapidaire, l’argent public se fait exigeant, l’économie générale des spectacles d’opéra oblige à penser les projets en termes de co-production, de partenariats public-privé, d’interaction avec le public et les usages et les attentes des spectateurs ne cessent d’évoluer à grande vitesse. Il y a urgence à changer pour stabiliser les financements, accroître les fonds propres, rajeunir les publics, démocratiser un art encore trop élitiste et excluant.

Il faut donc s’ouvrir. S’ouvrir aux co-productions internationales et nationales, s’ouvrir au monde de l’entreprise et pas seulement sur le mode du vieux modèle du mécénat, ouvrir tout simplement les portes aux spectateurs afin qu’ils puissent accéder aux processus de création et aux métiers qui concourent à cette excellence que recherche l’opéra.

 

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Quel impact souhaitez-vous avoir en priorité ?

Le projet d’Olivier Mantei repose sur l’idée qu’une maison d’opéra qui ne favorise pas la création n’a pas d’avenir. Comme vous le savez, la salle Favart est fermée et n’ouvrira ses portes qu’en février prochain et bien, malgré cette fermeture, nous avons essayé de mettre en œuvre cette idée.

Nous avons créé des événements hors les murs, un web opéra, un flash mob lyrique et même un gâteau qui sera lancé pour la St Valentin en février 2017 ! Quand vous aurez la programmation de 2017, vous verrez que la création est le maître mot. Mais on va aussi lancer une maîtrise avec des enfants, un réseau de théâtres avec lesquels nous allons chercher de nouvelles formes artistiques et que nous appelons les « Folies Favart »,…

Favart doit aussi devenir un laboratoire. Faire vivre le répertoire d’un côté et expérimenter de l’autre. Et pas que sur scène. Par exemple, nous nous lançons dans l’interactivité avec nos spectateurs qui disposeront d’un compte personnalisé et pourront interagir avec nous.

 

Qu’est-ce qui vous anime au quotidien ?

La volonté de créer du désordre ! (rires)

 

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Kein Licht – Campagne de mécénat en ligne lancée sur Culture Time

Quels enseignements avez-vous retirés de votre campagne de crowdfunding ?

Mitigés. Au plan interne, le crowdfunding nous a clairement mis un couteau dans les reins. On s’est bougé pour réaliser l’objectif. Au plan externe, nous espérions pouvoir faire plus vivre le projet Kein Licht dans l’espace public. On a mis un peu de moyens, on a essayé de bien faire mais la mayonnaise n’a pas vraiment pris, on n’a pas su faire. Du point de vue de l’institution, la qualité des échanges entre les donateurs et nous a été décevante. On se dit qu’on fera mieux la prochaine fois !

En revanche, ce qu’il faut souligner c’est la volonté des artistes de Kein Licht de rentrer en contact avec le public au tout début du processus créatif via l’opération de levée de fonds. Et ça c’est à la fois nouveau et formidablement intéressant.

 

Quels sont les projets futurs de votre structure ?

Le 18 juin, nous organisons sur la fanzone de l’UEFA un karaoké géant sur les grands airs de l’Opéra-Comique. Tout le monde peut venir. C’est à 12h30 et c’est gratuit. Paris sera une fête.

 

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Un conseil, une pensée pour encourager nos lecteurs à s’engager dans leurs passions ?

Il y a une vie à vivre, autant la passer à fond.

 

Retrouvez la dernière opération de l’Opéra Comique

Commeon

Nous sommes la 1ère plateforme de mécénat participatif ! Notre mission ? Démocratiser le mécénat pour faciliter aux structures à but non-lucratif l'accès au financement participatif. Notre mot d'ordre ? J'aime, je mécène !

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