“Tous pour Twiga” : La participation au musée, naturellement !

François Gurtler est le responsable du développement du Muséum d’Histoire Naturelle de Toulouse, qui a collecté plus de 16 000 € lors de la campagne « Tous pour Twiga », destinée à financer la naturalisation de Twiga, un spécimen rare de girafe d’Abyssinie. Au-delà de l’apport financier, c’est la dimension participative et fédératrice sur laquelle l’équipe du musée s’est concentrée et qui a assuré le succès de la campagne. Retour sur la première opération de ce type lancée par un établissement de la Ville de Toulouse.

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Bannière de la campagne “Tous Pour Twiga” lancée sur Culture Time

 

« Contribuer à un patrimoine collectif »

L’idée de se lancer dans notre première campagne de crowdfunding n’allait pas de soi : le milieu dans lequel s’inscrit le Muséum est très administratif, et l’idée du mécénat participatif ne faisait pas partie de la culture de cette institution.  Cela nous a permis de faire évoluer les pratiques, mais nous a également sensibilisé au fait qu’une campagne de crowdfunding ne fonctionne pas toute seule : il ne suffit pas de se lancer, la campagne génère du travail qu’il faut prendre en compte.

L’objectif était double : trouver une somme complémentaire pour boucler un budget prédéfini, mais aussi motiver les communautés et les faire travailler sur des sujets participatifs. En naturalisant la girafe lors d’une session publique -une première en France- on proposait de contribuer à un patrimoine collectif. Le projet lui-même était donc participatif, et visait à renforcer le lien avec le public local et la région. Cela avait aussi pour but de rajeunir l’attractivité du musée qui a déjà 200 ans. Il y avait également la volonté de mettre en avant un patrimoine autre qu’architectural : la biodiversité, en l’occurrence.

 

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Aussi, au travers de la campagne, nous avons pu communiquer avec la communauté et faire passer des messages, répondre à leurs questions. Les connaissances ne sont pas toujours très étendues sur le domaine : existe-t-il des variétés de girafes, sont-elles en voie de disparition et pour quelles raisons ? La précédente girafe que nous avions datait de 1930, nous en avons donc également profité pour présenter des études sur les variations. Cela nous a permis de nous rendre compte que le sujet était très peu abordé en France.

Pour le projet, nous avons dû imaginer des contreparties, et cela nous a en fait permis de réaliser des outils réutilisables pour la suite, qu’elles soient matérielles ou non. Au-delà des réunions de rencontre, nous avons expérimenté des offres montées ad hoc mais qui pourraient devenir pérennes, comme un module qui s’appelle « observer comme un naturaliste », dans lequel j’ai pu mobiliser les différents professionnels du Muséum.

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Installation suivie en direct par le public

« Nourrir le lien »

On essaie toujours d’élargir notre public. Si notre cœur d’audience est généralement constitué de personnes sensibles à la question du patrimoine toulousain, ou faisant preuve d’un intérêt pour la zoologie et les grands mammifères, nous avons essayé au travers de la campagne de toucher des gens simplement curieux, qui souhaitent en savoir plus sur une initiative et les problématiques liées. Même pour les gens qui ne fréquentent pas les muséums et qui ne sont pas très familiers d’internet, la campagne offre de la visibilité parce qu’elle génère du bouche-à-oreille. En effet, le Muséum bénéficie d’une base de visiteurs très familiale, de groupes d’amis, où l’information circule rapidement. Nous sommes fiers d’avoir pu contribuer à nourrir ce lien.

Pour la suite, nous aimerions aider les citoyens à s’approprier leur territoire, le leur faire vivre sous l’aspect d’un naturaliste, les amener à observer l’environnement, et à le partager. C’est ce qu’on appelle les sciences participatives : associer un public à une démarche constructive.

Ce qui m’anime, c’est d’être dans le vivant, d’avoir le plaisir d’ensemencer des choses qui arrivent à vivre par elles-mêmes par la suite, qui contribuent à l’enrichissement individuel et collectif. La meilleure manière d’être vivant, c’est de participer à une dynamisation collective : l’être humain n’est pas un animal solitaire, c’est un univers fertile.

Commeon

Nous sommes la 1ère plateforme de mécénat participatif ! Notre mission ? Démocratiser le mécénat pour faciliter aux structures à but non-lucratif l'accès au financement participatif. Notre mot d'ordre ? J'aime, je mécène !

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