Le mécénat de rencontres

Yohan Rimaud, Conservateur au Musée des Beaux-Arts et d’Archéologie de Besançon, fermé au public pour rénovation. Confronté à la problématique d’animer le musée sans pouvoir inviter le public à le visiter, il a fait preuve d’originalité et d’audace pour faire parler du musée en lançant sa campagne de crowdfunding pour restaurer un « Portrait de Jeune homme à la roque rouge » malicieusement intitulée « Jeune homme de 545 ans cherche mécènes »

 

Collecter des fonds, mais aussi communiquer

Bien que le Musée soit fermé pour travaux, son activité n’est pas au point mort pour autant : « Nous avons plusieurs projets hors les murs, pour présenter les collections permanentes » rappelle ainsi Yohan, qui souhaitait pourtant aller plus loin.

L’idée de lancer une campagne de crowdfunding s’impose petit à petit, inspirée des succès de grands musées parisiens. « Je savais que ça se faisait, surtout pour des acquisitions, mais aussi pour des restaurations », précise le conservateur, avant de poursuivre : « J’avais l’impression que toutefois, la pratique était moins courante pour les musées de province, à ancrage plus territorial. J’avais envie qu’on le fasse, parce que cela nous permettait d’une part de collecter des fonds, mais aussi de communiquer : c’était très important de pouvoir communiquer pendant la fermeture sur des activités de restauration qui sont cruciales pour nous, en particulier pour préparer le futur musée. »

 

jeune-homme-musee-besancon-restaurationL’occasion de toucher le grand public

A priori, l’idée aurait pu laisser perplexe : lancer une campagne de financement participatif pour un musée à ancrage territorial et fermé au public de surcroît !

Pourtant, l’envie de Yohan est contagieuse : « l’idée de communiquer un peu différemment sur les activités du Musée a été bien reçue. L’initiative a tout de suite connu un écho positif de la part du pôle culture de la ville : ils ont été très enthousiastes. La direction générale et le maire ont accueilli très favorablement cette idée! « Ils se sont impliqués immédiatement. » Condition primordiale pour une campagne réussie : l’envie de travailler ensemble, et de se distinguer !

L’action a donc permis d’apporter du dynamisme au Musée entre deux expositions :

« On communique à chaque lancement des expositions hors les murs, mais en dehors de ces moments forts, il est plus difficile de communiquer. Nous avons une activité sur notre page Facebook et le magazine municipal, mais ce qui m’intéressait avec ce projet, c’est que ça a été l’occasion de publier un communiqué de presse, une campagne d’affichage, d’utiliser tous ces outils pour toucher le grand public. »

Crédits photo : Centre régional de conservation et de restauration des œuvres d’art (CRRCOA) de Vesoul

 

Une prise de parole différente

Et l’équipe de Yohan Rimaud a bien saisi les enjeux d’un telle démarche : sa campagne s’est distinguée par un angle d’approche original, centré autour de l’humour et un ton informel, en faisant parler le personnage du tableau à la première personne.

« Au départ, le ton de la campagne était un peu plus institutionnel. J’ai proposé à l’équipe de communication du Musée de participer à la réflexion sur la création de la page de présentation du projet sur Culture Time (devenu Commeon). C’est à l’issue de cette confrontation que mes collègues ont eu l’idée de nous éloigner un peu de ce ton institutionnel et attendu, et d’avoir un discours plus original en présentant le portrait par lui-même. » Une démarche qui porte ses fruits : « Je pense que ça a bien plu : les gens n’ont pas forcément plus donné, mais ça a fait parler de la campagne ! ».

 

musee-besancon-crowdfunding-commeon-restauration

Page de projet sur le site Commeon

 

Les clefs du succès : une campagne originale qui s’adresse au public

La campagne a connu vif succès : un mois avant la fin, l’objectif de 4000€ a été atteint : un résultat prévisible, mais encourageant, selon Yohan Rimaud. « On nous avait prévenu que la campagne pouvait avoir un beau potentiel, et que le seuil qu’on avait défini était assez atteignable, mais comme c’était une première, on a préféré être prudents ».

Prudents, oui, mais mettant toutes les chances de son côté pour rendre la campagne efficace : « Je pense que la présentation de l’œuvre était attractive dès le titre :  ça a permis de donner envie de lire la page. Le choix de l’œuvre a fait l’objet de beaucoup de réflexions, on a choisi celle-ci parce qu’elle était déjà connue du public : elle était présentée dans les salles du musée et avait été utilisée pour des affiches et des flyers de communication par le Musée au moment de l’annonce des travaux, donc les gens la connaissaient déjà un peu. »

Durant la campagne, le Musée a sollicité toutes ses ressources pour adresser sa propre audience, mais il s’est également appuyé sur un réseau professionnel étendu :

« Je crois qu’on avait un bon fichier de mailing : nous avons enregistré des dons après chaque newsletter et campagnes de mailing que l’équipe de communication du Musée lançait. J’avais également des relais dans mon cercle professionnel, notamment à Paris : des conservateurs et historiens de l’art qui ont permis de faire passer l’information. »

Contacts, relais et coordination des actions : les ingrédients secrets d’une campagne efficace !

 

« Un moment très intéressant et agréable »

La campagne a également permis une expérimentation des outils de gestion de projet : Yohan explique qu’il a été « assez étonné, parce que cela a été relativement facile de mettre la campagne en place, tant avec la plateforme qu’avec nos équipes en interne. Quand on va chercher du financement, la simplicité est un atout important. » Un argument qui nous tient à cœur sur Commeon !

La campagne a enfin atteint un objectif symbolique et capital, celui de tisser de nouveaux liens avec un public renouvelé. Dans ses contreparties, le Musée des Beaux-Arts proposait « d’organiser une visite de la restauration avec les mécènes, et ça a été un très bon moment. » Inviter le public à un moment privilégié permet souvent de joindre de nouvelles audiences, prêtes à s’engager. Yohan a ainsi été agréablement surpris par la réaction des mécènes :

« Ils étaient très enthousiastes et cela nous ont confirmé qu’ils seraient prêts à participer à nouveau dans la suite. Pour nous aussi ça a été très intéressant et agréable : dans l’ensemble, une opération très positive. »

 

Et vous, qu’attendez-vous pour faire parler de vous sur Commeon ?

 

Un jeune donateur, Quentin, a accepté de partager avec nous son expérience de mécène, vous pouvez la retrouver dans cet article.

 

Envie de voir d’autres campagnes de financement participatif de musées réussies ?

Retrouvez l’interview sur “Tous pour Twiga” au Musée d’histoire naturelle de Toulouse (François Gurtler) ou bien de “Soutenez la République” par le Musée de la Révolution Française (Hélène Puig)

 

 

Commeon

Nous sommes la 1ère plateforme de mécénat participatif ! Notre mission ? Démocratiser le mécénat pour faciliter aux structures à but non-lucratif l'accès au financement participatif. Notre mot d'ordre ? J'aime, je mécène !

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