Les mécènes-acteurs

Interview de JeanChristophe, 35 ans, habitant à Marseille.

Contributions aux projets « Tant va la Cruche » de lEnvolée Lyrique, et « Le Théâtre musical » de Funny Musical Productions 

 

Ténor lyrique de profession, Jean-Christophe est à la fois porteur de projets artistiques et mécène engagé : il partage aujourd’hui cette double expérience sur le mécénat participatif pour y relever les points les plus encourageants selon lui.

 

« Soutenir les gens qui sont moins connus »

En tant qu’acteur du secteur culturel en France, Jean-Christophe ne se fait pas d’illusion sur les difficultés de financer des projets pour les plus petites. Attendre après les subventions n’est plus une solution réaliste pour bon nombre de projets, et le mécénat participatif prend alors tout son sens. « Le mécénat participatif, c’est formidable, puisque cela permet aux gens de créer leur projet sans attendre après les institutions qui sont parfois très frileuses, surtout pour soutenir les gens qui sont moins connus. »

 

On le remarque de plus en plus, la prise de conscience est collective, tant pour les acteurs que pour les spectateurs : d’après Jean-Christophe, « les gens comprennent qu’il y a un problème dans la culture en ce moment ». En proposant un nouveau modèle plus direct et plus rapide, le mécénat participatif permet donc de dynamiser des projets qui n’auraient peut-être pas pu bénéficier de soutien par les moyens traditionnels.

 

 

« Défendre une certaine culture » locale en tant que mécène

Marseillais engagé dans la vie locale, Jean-Christophe prend son rôle très à cœur : soutenir des projets locaux est un moyen de faire vivre le territoire et de défendre des valeurs qui lui sont chères. « Comme j’habite Marseille, c’est important pour moi que des artistes s’engagent pour défendre une certaine culture marseillaise. »

 

Son activité de mécène est en pleine continuité avec son expérience de porteur de projets : « Je sais à quel point c’est difficile de monter son projet et d’arriver au bout ». Le don a une valeur financière, bien entendu, mais c’est également un soutien d’intention au sein d’une communauté, qui témoigne d’une dynamique et d’un intérêt fort. Le mécénat participatif permet d’encourager les initiatives locales et des projets originaux, mettant en lumière des éléments patrimoniaux propres à un territoire. « Ça me semble logique et normal », ajoute Jean-Christophe, confiant.

 

« Heureusement qu’il existe des solutions alternatives »

Pour Jean-Christophe, le financement participatif est un moyen de rééquilibrer la distribution culturelle :  les grandes institutions, qui concentrent une grande partie des financements publics et bénéficient souvent de plus d’espace médiatique, ne sont pas les seules à faire vivre la culture. « Ce n’est pas le reflet de la culture : heureusement qu’il y a des solutions alternatives », résume le ténor, en se référant au mécénat participatif, mais également aux productions participatives en vogue aux Etats-Unis, pays qu’il connaît bien pour y avoir suivi une partie de ses études.

 

Le mécénat est en effet bien plus qu’une simple sollicitation financière : quand on participe, « on a envie de se sentir un peu plus VIP, privilégié. D’avoir davantage de retours. » Selon lui, ce modèle offre bien plus de perspectives que les sollicitations traditionnelles qui s’accompagnent souvent de courriers de relance, cartes postales et autres goodies non-désirés qui, bien souvent, « finissent directement à la poubelle ».

 

L’enjeu du mécénat participatif est à la hauteur des possibilités qu’il offre : il s’agit pour les mécènes de prendre conscience du rôle qu’ils ont à jouer à soutenant des projets concrets et originaux, et pour les porteurs de projet d’inclure et de faire participer leurs publics, pour créer une nouvelle relation plus riche et plus pérenne.

 

Devenez mécène-acteur !

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