Et si l’on choisissait, avec la Culture, de changer le monde ?  

Fin 2015, trois événements exceptionnels coïncidaient. Bien que distincts, ils me paraissent liés : ils illustrent en quoi notre monde entre dans une ère nouvelle pour la culture et l’engagement partagés.

Le 13 novembre, Paris était frappée par des attentats sans précédent dont la barbarie et la violence ont touché toute la nation au cœur. Le 11 décembre, la COP 21 se concluait par un accord universel des 195 nations réunies contre le réchauffement climatique. Si cet accord n’est « pas parfait », la planète en ressort gagnante, notamment grâce à la mobilisation des populations. Le 1er décembre, Mark Zuckerberg et son épouse Priscilla Chan annonçaient sur Facebook la naissance de leur fille Max. Ils déclaraient conjointement sur le réseau social le don progressif de 99% de leurs actions Facebook, au cours de leur existence, pour financer des projets philanthropiques via « The Chan Zuckerberg Initiative ». Pour donner à leur fille un monde meilleur.

 

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Nouveau rapport à l’autre

Facebook, et son créateur Mark Zuckerberg, ont profondément modifié notre rapport à l’autre et à la société en rendant publics et partageables à l’infini des moments de notre vie quotidienne. Cet élargissement de la sphère privée à la sphère publique s’est rapidement propagé dans le milieu professionnel, en faisant aujourd’hui de Facebook le plus grand espace de marketing et de communication au monde. Mark Zuckerberg est devenu le symbole et l’exemple d’une vaste communauté de start-uppers et de citoyens qui rêvent de changer le monde.

Par son geste et son annonce, comme Bill Gates ou Warren Buffet l’avaient fait avant lui, Mark Zuckerberg prend une initiative aussi exceptionnelle qu’inattendue qui peut aujourd’hui engendrer un impact fort sur le développement de la philanthropie. Sa volonté d’avoir un impact réel et concret est symbolique d’une quête de sens qui se pose aujourd’hui de façon de plus en plus prégnante pour les nouvelles générations.

 

Nouveau rapport au monde

En rapport avec cette si importante quête de sens, la mobilisation autour de la COP21. Certaines images resteront : tant de chefs d’Etat réunis, Laurent Fabius ému au moment de l’annonce de l’accord final ou l’autodérision d’un Nicolas Hulot plutôt percutant. Sa vidéo Break the internet destinée à sensibiliser les jeunes a été vue 1,9 millions de fois. Le porte-parole de la Fondation Nicolas Hulot, Matthieu Orphelin estimait d’ailleurs qu’avec « 700 000 personnes [qui] ont marché dans le monde le premier jour de la COP21, plus rien n’arrêter[ait] cette mobilisation citoyenne ».

breaktheinternet

La transformation profonde des modes d’échanges, de communication et des médias qui est en cours est fondamentale. La mobilisation lors de la COP 21 en est l’exemple. Ce n’est pas un media qui en remplace un autre, mais de nouveaux espaces et formats d’échanges qui se créent. Il s’agit désormais de plateformes digitales autour desquelles s’organisent des communautés mobiles, diverses et mondiales.

Ce qui change : le poids que prend la recommandation dans les choix de chacun, favorisée par les réseaux sociaux. Frédéric Mazzela de BlaBlaCar parle de « plateformisation » : la « mise en commun de ce qui, avant, était moins partagé » : les contenus, les connaissances, les réseaux, les biens, l’argent et l’accès au financement. Les plateformes créent de nombreuses optimisations de ressources, elles libèrent les échanges de contraintes temporelles et spatiales : un terrain favorable au partage, à l’action et à l’engagement. Comme le dit Frédéric Mazzela, « le online transforme nos vies et nos habitudes offline ».

Le crowdfunding fait partie de ces grands concepts qui sont « plateformisés ». Il constitue à la fois une mise en commun de nos ressources financières et de l’accès au financement pour de nouveaux projets, pour TOUS les projets. Et c’est aussi vrai pour les projets de mécénat !

 

Nouveau rapport à la Culture

Ce 13 novembre 2015, Paris ville de culture et de lumière connaissait les attentats les plus meurtriers de son histoire. Les lieux touchés sont ceux où sortent les parisiens. Nous comprenons immédiatement ce qui était en jeu et ce que les terroristes voulaient ébranler. Craignant la baisse de fréquentation et la fragilisation de modèles économiques parfois déjà affaiblis, les professionnels de la culture appellent à « Aller au spectacle ».

Alors qu’une nouvelle année commence, cet environnement culturel si riche que la France a construit au fil des siècles, doit perdurer. Diversité, dynamisme, humour, créativité, innovation, jeunesse, folie, grandeur, émotions, esprit critique, vision, plaisir etc. c’est tout ce que les projets culturels nous promettent et ceux vers quoi ils nous emportent.

Ce début d’année doit donc aussi marquer notre volonté d’agir pour cette culture, cette liberté d’expression que certains ont voulu anéantir et que d’autres créent tous les jours.

Comme Facebook a ouvert le pouvoir pour chacun de communiquer au monde, le mécénat participatif et la philanthropie 2.0 ouvrent le pouvoir pour chacun de contribuer à changer le monde. Et l’acte posé par Mark Zuckerberg, outre les sommes exceptionnelles en jeu, est particulièrement fort en ce qu’il est porteur de ce nouvel élan.

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Culture et solidarité se mêlent et se co-construisent.

Les associations, les fondations, les établissements culturels, ont compris cette quête de sens. Avec le crowdfunding en mécénat, c’est à dire le mécénat participatif, ils diversifient les financements de leurs projets. C’est bien sûr un moyen de continuer à agir, créer et innover malgré des budgets publics qui se réduisent. Mais c’est aussi un moyen de permettre au public et au privé de se rencontrer, à de nouvelles collaborations de naître, au maillage territorial de perdurer et à chacun d’être acteur de beaux projets à son échelle.

Nous le constatons chaque jour, les projets financés grâce au mécénat participatif fédèrent une communauté spécifique, de composition très variée. Côté donateurs, des jeunes actifs, des familles, des entrepreneurs, des seniors, et des jeunes qui s’initient ainsi très tôt à la philanthropie parce que le projet leur plait et qu’il leur est transmis par leurs pairs sur leurs réseaux de communication.  Les échanges d’un nouveau genre que permet cette forme de financement contribuent à créer des liens inédits entre artistes, porteurs de projet, publics, collectivités territoriales…. Les plateformes, au-delà du service qu’elles apportent, en sont une caisse de résonnance. Elles sont la preuve sociale de cette approche commune de petits et de grands établissements, au cœur de la puissance de l’économie collaborative.

Nous sentons que notre société change et qu’elle est portée par ce mouvement qui rassemble culture et solidarité. Le mécénat participatif propose à la culture proximité, spontanéité et diversité. Elle peut désormais être financée, créée et partagée par tous ! C’est une dynamique positive qui a de beaux jours devant elle.

 

 

Thérèse Lemarchand

Présidente, co-fondatrice de Culture-time.com

 

 

 

 

 

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