Agir… pour l’école ?

Chaque mois, nous vous proposons  un projet d’Écho, la communauté philanthropique des clients de la Gestion Privée d’AXA, que vous pouvez rejoindre sur Commeon.
Interview de Laurent Cros, Directeur Général de l’association Agir pour l’École.
Créée en 2010, Agir pour l’école est une association loi de 1901 guidée par l’ambition de trouver des solutions contre l’échec et les inégalités scolaires. Elle en appelle à la prise de conscience par le citoyen, le politique, le secteur public et les entreprises d’une responsabilité collective au service de l’avenir.

Quelle est la mission de votre structure ?

Agir pour l’école est engagée depuis 2011 dans la lutte contre l’échec scolaire précoce, problème majeur en France qui menace la vitalité sociale et économique de notre pays. Aujourd’hui, 1 enfant sur 5 entre au collège sans savoir lire correctement et 150 000 jeunes par an sortent du système scolaire sans diplôme. Or, il est prouvé que ces derniers connaîtront deux fois plus de périodes de chômage au cours de leur vie active que les diplômés.

Agir pour l’école œuvre donc pour trouver des solutions contre l’échec scolaire précoce et les inégalités dans la réussite académique. Notre association conçoit, pilote et coordonne des projets de diffusion de techniques d’apprentissage structuré de la lecture afin de transmettre à tous les élèves les compétences nécessaires à leur future vie sociale, professionnelle et civique. Ces projets sont conduits par l’association au sein des écoles publiques à une échelle inédite en France.

L’association a acquis la certitude qu’intervenir au plus tôt de l’entrée en scolarité, pour les enfants « à risque » en matière d’échec scolaire, permet de décupler l’efficacité de l’intervention pour un coût social et économique réduit. C’est pourquoi Agir pour l’école intervient dès la classe de grande section de maternelle et suit les cohortes d’élève jusqu’en fin de CE1, période à laquelle le rattrapage avec les enfants moyens ou forts doit avoir eu lieu.

 

Quel est votre projet avec AXA ?

Axa est un partenaire historique et fondateur d’Agir pour l’École. Agir pour l’école et AXA travaillent ensemble depuis plusieurs année et ont forgé ensemble une vrai dynamique de co-construction.

Depuis 2016, le soutien d’AXA s’est particulièrement intéressé à l’académie de Lille. Dans cette académie, la situation sociale et scolaire est particulièrement alarmante : le taux de retard des élèves à l’entrée en 6e est parmi les plus élevé de France (14,8% des élèves). C’est pour cette raison qu’Agir pour l’École et AXA ont décidé de concentrer leurs efforts sur ce pôle régional, pour offrir à ces enfants un enseignement de la lecture adapté à leur besoin, pour réduire les écarts et leur offrir des bases solides pour la suite de leurs études et de leur vie professionnelle. Calais est également la première ville à avoir testé les applications numériques utilisant la reconnaissance vocale, installant dans les classes une véritable innovation pédagogique et technologique.

Agir pour l’Ecole envisage de passer de 60 classes aujourd’hui à 90 classes à la rentrée 2019/2020 dans deux sites particulièrement sinistrés : Boulogne-sur-Mer et Calais grâce au soutien d’AXA notamment, qui permet à Agir pour l’Ecole de renforcer son essaimage et continuer à développer de nouveaux outils numériques innovants.

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Quelles actions concrètes proposez-vous ?

L’association propose un cadre d’action spécifique en se focalisant sur l’acquisition de 3 compétences prédictives essentielles du niveau de lecture d’un enfant (et donc de l’avenir de son « parcours scolaire ») : la fluence de lecture, le vocabulaire, et la compréhension orale.

Les pratiques d ‘Agir pour l’Ecole ont la spécificité de s’inscrire dans le temps scolaire et reposent sur une organisation particulière de la classe et de l’emploi du temps : petits groupes de 5 à 8 enfants, travail intensif par niveau des compétences fondamentales.

Cette autonomie est assurée grâce à des outils pédagogiques, dont notamment des applications numériques développées en parallèle par l’association. Ces applications numériques à destination des élèves sont basées sur les résultats de la recherche et utilisent de la technologie de pointe, notamment un logiciel de reconnaissance vocale utilisant des techniques de machine learning.

Les équipes locales d’Agir pour l’école et les assistants pédagogiques viennent également tout au long de l’année pour accompagner les enseignants, pour suivre en détail l’application de la méthode et les progrès des enfants.

 

Quels résultats avez-vous obtenu jusqu’à maintenant ? Quels sont vos objectifs pour la suite ?

Depuis 2011, plus de 10 000 élèves entre 5 et 7 ans (Grande section maternelle, CP, CE1) scolarisés dans des zones REP ont participés à l’expérimentation d’Agir pour l’Ecole.

Deux évaluations ont déjà été menées dans les classes Agir pour l’école et des études mettent en lumière les résultats exceptionnels. Les études réalisées dans 78 écoles et avec 3 534 enfants ont mesurées qu’au niveau individuel, les élèves faibles rattrapent de 20 à 50% leur niveau par rapport à un élève moyen. Au niveau collectif, les études prouvent que le nombre d’élèves en difficulté en CE1 a diminué de 30% à 50%.

Une seconde phase d’évaluation a démarré à la rentrée 2014, et s’étend jusqu’en 2018. Cette étude est fondée sur la même méthode que pour la première phase, c’est-à-dire la comparaison des résultats obtenus par une cohorte témoin constituée par le Ministère de l’Éducation à la cohorte testée suivant le programme d’Agir pour l’école.

Les premiers résultats obtenus, à Villeneuve-la-Garenne, montrent que le taux d’enfants « fragiles » en lecture (c’est à dire dont la vitesse de lecture est inférieure à 14 mots par minute) est de 11,48% dans les classes suivant le programme Agir pour l’Ecole, contre 27,4% dans les classes hors protocole. Concernant les élèves « non décodeurs », (dont la vitesse de lecture est inférieure à 8 mots par minute), ils représentent 10,22% des classes hors programme et moins de 1% dans les classes suivant le programme lecture !

Le programme a ainsi permis de diminuer drastiquement les problèmes de lecture dans ces classes, apportant une nouvelle preuve supplémentaire de l’efficacité de la méthode d’Agir pour l’École.

Nous sommes très fiers de ces résultats qui montrent que l’association a su maintenir l’efficacité de son protocole malgré la forte augmentation d’échelle de l’expérimentation (150 classes en 2011, 320 en 2016).

Quels sont vos enjeux aujourd’hui ?

L’objectif d’Agir pour l’Ecole est maintenant double : continuer l’essaimage pour « paver » le territoire français de réussites d’Agir pour l’école afin de préparer une diffusion à grande échelle du modèle pédagogique proposé. Il s’agit donc pour Agir pour l’Ecole d’augmenter le nombre de classes pour atteindre 500 classes par an à l’horizon 2019 dans les académies déjà ciblées par Agir (Lille, Marseille et la région parisienne)

Mais il s’agit également pour l’association de continuer le développement de ses applications numériques pour couvrir tous les champs d’apprentissage de la lecture en continuant de développer des applications numériques basées sur la reconnaissance vocale et le machine learning.

Le principal enjeu d’Agir pour l’Ecole est budgétaire, car son financement repose à 75% sur des acteurs privés. Ces fonds permettent de rémunérer les formateurs, acheter le matériel pédagogique adéquat et créer de nouveaux supports pour les enseignants, d’organiser le suivi de cohortes et l’évaluation des résultats… etc. Mais pour financer son essaimage et le développement de son projet numérique, Agir pour l’Ecole doit augmenter ses ressources en 2017/2018.

Auriez-vous des actualités marquantes, passées ou à venir, que vous souhaiteriez partager ?

Le 6 février dernier, au cours d’une conférence sur le thème de l’échec scolaire, Christian Forestier, ancien recteur et administrateur général du CNAM, a dressé devant l’audience des Académiciens un bilan très étayé de la situation de l’éducation en France. Il a également présenté Agir pour l’école comme une réponse possible et efficace pour réduire le taux de décrochage dans les classes. Selon lui, avec Agir pour l’école « il est possible de réduire de façon drastique le taux de mauvais lecteurs à la fin du cycle des apprentissages fondamentaux ».

Retrouvez les articles de presse qui relaient les actions d’Agir pour l’École :

 

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Commeon

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